La politique étrangère du Brésil désigne l’ensemble des relations internationales de la république fédérative du Brésil depuis son indépendance du Portugal reconnue . Le Brésil est membre des Nations unies, du Marché commun du Sud (Mercosur), et des BRICS, fédération réunissant depuis 2011 Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud. Le Brésil fait partie des pays qui réclament un siège permanent au Conseil de sécurité de l'ONU.

La géographie du Brésil est caractérisée par un accès à la mer, une dizaine de pays frontaliers, et d'importantes ressources naturelles partagés avec d'autres pays d'Amérique du Sud, ce qui en fait un acteur essentiel de la mondialisation.

Une situation géographique singulière

vignette|Carte du Brésil Avec une superficie de plus de 8,5 millions de kilomètres carrés le Brésil est le cinquième plus grand pays de la planète, derrière la Russie, le Canada, les États-Unis et la Chine. Mais à la différence des États-Unis et du Canada, le Brésil est aussi caractérisé par un nombre très important de pays frontaliers (dix pays), qui en font le troisième pays au monde en nombre de riverains, après la Russie et la Chine.

À l'Est, le long de l'Atlantique, le littoral brésilien s'étend sur tandis qu'à l'Ouest, le Brésil partage de frontières, dont trois sont classées dans les 20 les plus longues du monde.

Sur la terre ferme, le Brésil partage une longueur total de frontière de 15 230 kilomètres, dont trois frontières de plus de , sont classées dans les vingt les plus longues du monde. Le Brésil a également d'importantes ressources naturelles minières, pétrolières hydrauliques (dont la majeure partie de l'électricité brésilienne est issue) et agricoles partagés avec d'autres pays d'Amérique du Sud.

Ces caractéristiques font du Brésil un acteur central et incontournable en Amérique du Sud dont la quasi-totalité des pays lui sont riverains (à l’exception du Chili et l'Équateur), et un acteur majeur de la mondialisation.

Chronologie des relations

De l'indépendance au milieu du siècle

Dictature militaire (1964-1985) vignette|redresse|Humberto de Alencar Castelo Branco fut le premier président du régime militaire instauré au Brésil, issu du coup d'État de 1964

À partir de 1964, le Brésil connut, comme d'autres pays d'Amérique latine, une dictature militaire de droite. La junte militaire qui prit le pouvoir lors d'un coup d'État en 1964, et qui s'y maintint de manière parfois autoritaire, voire brutale, pendant deux décennies, força le pays à adopter un nouveau type d'économie.

Dans les années 1970, le gouvernement brésilien participa à l'opération Condor, vaste plan de coordination entre les dictatures militaires latino-américaines, piloté par la CIA, avec comme but de lutter dans tout le continent contre les opposants aux régimes. On compte un grand nombre de groupes révolutionnaires qui, dès 1964, ont organisé la résistance contre le pouvoir militaire. La plupart d'entre eux ont pris forme dans les milieux d'étudiants, dont le MR-8, plutôt basé à Rio de Janeiro, ou l'ALN (Action de libération nationale), basée à São Paulo.

C'est finalement la crise financière qui mine la plupart des pays d'Amérique du Sud, le développement de la pauvreté et de l'insécurité dans les immenses favelas, ainsi que la ruineuse corruption des militaires et les mouvements syndicaux qui feront perdre les derniers soutiens économiques du régime militaire.

Restauration de la démocratie gauche|vignette|Ulysses Guimarães tenant la Constitution de 1988 dans les mains En 1985, Tancredo Neves fut élu à la présidence, mais décéda avant son entrée en fonction. C'est alors le vice-président José Sarney qui devint président. La démocratie s'installa dans un contexte économique et financier difficile. Le Congrès national établit une nouvelle constitution adoptée le .

Le , l'ancien syndicaliste Luiz Inácio Lula da Silva remporta l'élection présidentielle. Il fut réélu le . Il est le premier président du Brésil issu du Parti des travailleurs. Le pays sort du marasme économique, accède au statut de puissant pays émergent, grâce au développement accordé à la classe moyenne qui soutient massivement les réformes démocratiques du président, et la création d'un grand marché intérieur qui attire les capitaux étrangers et les industries d'exportation à la suite du retour de la confiance des banques et la stabilisation de la monnaie du pays. En réussissant en la plus grande augmentation de capital de l'histoire, le géant pétrolier Petrobras devient le symbole de cette forte croissance.

De 2003 à 2010, près de de Brésiliens (sur une population de ) sont sortis de la pauvreté.. La malnutrition infantile a régressé de 46 %.

Dilma Rousseff, elle aussi membre du Parti des travailleurs, est élue le pour succéder à Luiz Inácio Lula da Silva et lui succède le ,devenant la première femme présidente du Brésil. Elle est réélue en .

Le Brésil organise à l'été la de la coupe du monde de football, gagnée par l'Allemagne. Rio de Janeiro accueille ensuite la des Jeux Olympiques d'été en .

En débute l'opération Lava Jato, une enquête judiciaire anti-corruption de grande ampleur visant de nombreuses personnalités politiques de droite comme de gauche liés à l'entreprise Petrobras puis à l'entreprise Odebrecht. Le discrédit de la classe politique et la crise économique que subit le Brésil de à provoquent des contestations populaires. Dilma Roussef est visée par un impeachment pour avoir dissimulé l'ampleur du déficit public brésilien et elle est destituée par un vote du Sénat le . Son vice-président Michel Temer, membre du Parti du mouvement démocratique brésilien, lui succède et adopte une politique libérale. Impopulaire dès le début de sa présidence, il est accusé de corruption dans le cadre de Lava Jato en , de même que Luiz Inácio Lula da Silva qui est condamné à neuf ans de prison.

L'élection présidentielle de 2018 oppose le député d'extrême-droite Jair Bolsonaro au candidat du Parti des travailleurs Fernando Haddad, Luiz Inácio Lula da Silva ayant été empêché de se présenter par la justice. Jair Bolsonaro est élu le et devient président le . L'année est marquée par une vague d'incendies en Amazonie, et l'année par la pandémie de Covid-19 lors de laquelle le Brésil est le deuxième pays le plus touché au monde après les États-Unis.

Relations avec le continent américain

Relations avec l'Amérique du Sud Le Brésil est membre du Mercosur, et a des frontières avec dix pays d'Amérique du Sud : l'Argentine, la Bolivie, la Colombie, la France via la Guyane, le Paraguay, l'Uruguay et le Venezuela.

Relations avec l'Argentine Le Brésil et l'Argentine sont membres du Mercosur et partagent une frontière de 1 224 km.

Relations avec la Bolivie Le Brésil et la Bolivie partagent une frontière de 3 400 km, soit la frontière la plus longue du monde, qui traverse une grande variété de régions, des grandes zones urbaines, des déserts et des forêts, du Pantanal à la forêt amazonienne.

Relations avec la Colombie Le Brésil et la Colombie partagent une frontière de 1644 kilomètres.

Relations avec le Guyana Le Brésil et le Guyana partagent une frontière de 1605 kilomètres.

Relations avec le Paraguay Le Brésil et le Paraguay sont membres du Mercosur et partagent une frontière de 1290 kilomètres, séparée par un mur depuis 2007 pour empêcher la contrebande.

Relations avec le Pérou Le Brésil et le Pérou partagent une frontière de 2995 kilomètres.

En 2013, le anniversaire de l'alliance stratégique entre les deux pays est célébré. À l'occasion de cet anniversaire, la présidente brésilienne Dilma Rousseff s'est rendue en visite officielle le au Pérou. Parmi les objectifs principaux de l'alliance stratégique brésilio-péruvienne, on trouve l'intégration dans les infrastructures, la coopération (principalement sur les questions sociales et de sécurité), l'intégration frontalière et l'intégration économique et commerciale.

En matière d'intégration physique, une fois l'autoroute interocéanique reliant l'état d'Acre à l'océan Pacifique inaugurée en 2011, les deux nations commencent à étudier un projet d'autoroute biocéanique, sujet d'un mémorandum d'entente entre le Brésil, le Pérou et la Chine conclu en . Ce type de projet est stratégique pour l'intégration des économies du nord et du Midwest du Brésil à celles du Pérou et de l'océan Pacifique.

Relations avec le Suriname Le Suriname a une frontière terrestre de 597 km avec le Brésil. La relation avec le Brésil est une priorité pour le Suriname. Le Président Desi Bouterse se rend en visite officielle à Brasilia le au cours de laquelle plusieurs accords de coopération ont été signés.

Relations avec l'Uruguay L’Uruguay et le Brésil sont membres du Mercosur, et partagent une frontière de .

En 2009, un chantier interconnexion électrique entre les deux pays est lancé par Areva, pour un budget de 150 millions de dollars.

En , à la suite de l'élection de Luis Lacalle Pou à la présidence de l'Uruguay, son homologue brésilien Jair Bolsonaro l'invite à « venir visiter le Brésil rapidement ».

En , à l’occasion des quarante ans du Parti des travailleurs, les anciens présidents brésiliens et uruguayen Luiz Inacio Lula da Silva et José Mujica, se rencontrent et s'affichent ensemble sur scène.

Relations avec le Venezuela

Le Brésil et le Venezuela ont été simultanément membres du Mercosur avant la suspension de l'adhésion du Venezuela en 2016 dans un contexte de dérive autoritaire du président Nicolás Maduro, et partagent une frontière de 2 199 kilomètres.

Le Roraima, l'état le plus septentrional du Brésil, connaît en 2018 un afflux massif d'immigrants venus du Venezuela en raison de la crise économique que traverse le pays à la suite de la baisse des prix du pétrole dont le Venezuela est très dépendant. Le , le gouvernement régional a réclamé la fermeture de la frontière auprès du tribunal suprême fédéral brésilien, que ce dernier a refusé le jour même sur la base d'arguments constitutionnels.

Le , au cours de la crise présidentielle au Venezuela, le président Nicolás Maduro ferme la frontière pour empêcher l'arrivée de l'aide humanitaire par voie terrestre. La réouverture de la frontière est annoncée par le Venezuela en .

Au début du mois de , le Brésil rappelle l'intégralité de son personnel diplomatique présent au Venezuela et demande à ce dernier pays d'en faire de même, sans pour autant que les ambassades réciproques ne ferment. Cet épisode témoigne de la crispation des relations entre les deux pays, alors que le président vénézuélien traitait son homologue brésilien de fasciste et l'accusait de soutenir des groupes terroristes ayant attaqué un poste militaire au Venezuela le mois précédent.

Relations avec l'Amérique du Nord

Relations avec les États-Unis En 2013, la présidente Dilma Rousseff annule sa visite aux États-Unis après la publication dans le cadre des révélations d'Edward Snowden de documents relatifs à sa mise sur écoute par la NSA.

En 2019, John Bolton, le conseiller à la sécurité nationale des États-Unis, se déplace à Brasília afin d'y saluer un « partenaire sur la même longueur d’onde que nous » en la personne du président Jair Bolsonaro.

Les relations entre les deux pays se renforcent sous les présidences de Donald Trump et de Jair Bolsonaro : vente du constructeur aéronautique Embraer, créé par l’armée brésilienne, à Boeing, promotion du Brésil au rang d’ « allié privilégié » en dehors de l’Otan en , ou encore feu vert donné par Brasilia à l’utilisation, par Washington, de la base de lancement spatial d’Alcàntara. Le ministre brésilien des Affaires étrangères, Ernesto Araújo, propose même aux États-Unis l’installation d’une base militaire en territoire brésilien.