Le chêne en France est représenté par neuf espèces autochtones, auxquelles s'ajoutent certaines espèces exotiques, appartenant toutes au genre Quercus.
Histoire L'histoire des chênes en France est étroitement liée à celle de l'Homme, non seulement par l'utilisation du bois, mais aussi à travers l'agriculture et l'élevage. La plupart des chênaies sont ainsi chargées d'histoire. Les plus connues sont devenues des monuments biologiques, par exemple la Forêt de Bercé dans la Sarthe ou la forêt de Tronçais avec la futaie Colbert, dans l'Allier. Le ministre de Louis XIV avait fait aménager et protéger cette forêt pour les besoins de la Marine royalep.193..
Au Moyen Âge, les glands étaient un bien précieux, indispensables à l'élevage des porcs, lesquels étaient menés en forêt, et même parfois utiles à la survie de la population : en cas de disette, on mêlait de la farine de glands à celle des céréales. Parfois, les paysans avaient aussi le droit de ramasser directement les glands pour les donner aux porcs à l'étable. Le chêne fut ainsi valorisé pendant des siècles, jusqu'à l'arrivée de la pomme de terre au milieu du , et de la multiplication des cultures de céréales prenant la place des chênaies.
Espèces Plus de de chênes poussent à travers le monde, dont en Europe, principalement dans le Bassin méditerranéen. Parmi elles on trouve neuf espèces autochtones en France. Les huit espèces arborescentes couvrent 41 % de la surface forestière en France.
Les plus grands et les plus répandus sont le Chêne sessile et le Chêne pédonculé, premières essences forestières des plaines et de l'étage collinéen du pays, occupant à eux-deux le tiers des forêts françaises, à part à peu près égalesp.192..
Le Chêne pubescent, plus thermophile, occupe également de grandes surfaces, notamment sur les terrains calcaires des deux tiers sud du pays. Le Chêne tauzin est une espèce moins fréquente, également assez thermophile, que l'on trouve quant à lui sur les sols acides du Centre-Ouest et du Sud-Ouest.
Dans le Sud de la France, on rencontre le Chêne vert sur les sols souvent calcaires, et le Chêne liège uniquement sur les sols siliceux arides. Ces deux espèces sont surtout méditerranéennes mais se rencontrent aussi dans le sud-ouest. Le Chêne kermès est un arbuste sclérophylle des garrigues méditerranéennes.Le Chêne chevelu est un grand chêne plutôt méridional présent surtout dans les Alpes-Maritimes mais qu'on trouve aussi très ponctuellement dans différentes régions de France plus au nord.
Enfin le chêne crénelé est quant à lui l'espèce la plus rare en France. Présente dans l'extrême sud-est de celle ci, c'est un hybride stable du chêne chevelu et du chêne liège.
Liste des espèces Espèces indigènes Quercus robur - Chêne pédonculé Quercus petraea - Chêne sessile ou Chêne rouvre Quercus pubescens - Chêne pubescent Quercus ilex - Chêne vert Quercus suber - Chêne liège Quercus pyrenaica - Chêne tauzin Quercus coccifera - Chêne kermès Quercus cerris - Chêne chevelu Quercus crenata - Chêne crénelé
Espèces introduites Quercus rubra - Chêne rouge d'Amérique Quercus palustris - Chêne des marais
Liste complète L'Inventaire National du Patrimoine Naturel recense au total dans toute la France, outre-mer compris, parmi lesquelles de nombreux hybrides (avec un « x »).
Le chêne dans la culture française vignette|Le Chêne d'Allouville (gravure de 1755). En France, les chênes sont parfois qualifiés de « famille royale » du fait de la majesté des deux grandes espèces : le Chêne pédonculé et le Chêne sessile. Cette appellation se réfère aussi à l'usage noble ou stratégique qui a été fait de leur bois, utilisé pour la construction des grandes charpentes des cathédrales et châteaux, navires de guerre et navires marchands, ainsi que les tonneaux imprégnant les vins d'une note boisée.
Symbolique En France, au , la symbolique du chêne est devenue prépondérante aux dépens de celles des autres arbres. Cette orientation était influencée par la celtomanie et l'exaltation du culte marial dans une vision nationalistep.190..
Toponymes et patronymes en France Il existe au moins toponymes en France évoquant des localités probablement établies dans ou près d'une forêt de chênes. ..
Les anciennes formes françaises et les formes dialectales du mot chêne, à savoir chesne, chaîne et quesne, ont donné les noms de , , , . Le latin robur se retrouve dans les toponymes et patronymes , , , et le latin ilex (chêne vert) dans yeuse, euze, elze.
La racine dreu, derv- se retrouve très probablement dans les hydronymes et toponymes en Druy- (commune de Druyes-les-Belles-Fontaines).
Le breton distingue le tann (au sens de chêne rouvre), du taouz (tauzin). Le mot tan est d'origine celtique *tanno-. Comme le breton, il a survécu assez longtemps au sens de « chêne ». Cette racine celtique se retrouve dans des toponymes qui évoquent la présence de tanneries ou de chênes : Tanis, Thennes, Thenney, , Tanay, Theneuil, Theneuille, Thénioux, Tannerre-en-Puisaye, Thenailles et Thenelles mais des confusions sont possibles avec la tanière (tanne) et le mot latin thannus qui désigne un buisson, un tronc d’arbre..
Utilisations Les chênes les plus utilisés en France sont le Chêne pédonculé et le Chêne rouvre, dont le bois est d'ailleurs très difficile à distinguer l'un de l'autre.
Autrefois, le chêne servait de bois-énergie pour l'artisanat et l'industrie (industrie du sel, verreries, métallurgie), servait de bois de chauffe, de charbon de bois ; également pour la construction : pour le des galeries de mines, les constructions navales, les ponts, le charronnage, les roues et les wagons. De plus, les glands servaient de nourriture aux porcs ainsi que de succédané de cafép.205..
Aujourd'hui, le bois de chêne est utilisé en menuiserie, en ébénisterie, pour la construction de charpentes, pour les traverses de chemin de fer, les poteaux, les piquets, les merrains (tonneaux) et pour l'énergie.
Évolutions et prospectives vignette|Le Gros Chêne de Salm en automne. L'aire de répartition des différentes espèces de chênes en France a évolué dans le passé, et devrait encore évoluer dans le futur, notamment avec le réchauffement climatique.
Le Chêne pubescent Les chênaies pubescentes, ou chênaies blanches, s’étendent en région méditerranéenne française sur environ . Elles furent le principal écosystème forestier en région méditerranéenne française jusqu’il y a environ mais leur exploitation et leurs défrichements ont progressivement provoqué leur déclin. Cette tendance s’est ensuite inversée depuis la fin du du fait de la déprise rurale et de la désintensification de l’exploitation forestière qui concourent à la colonisation de nouveaux espaces et au retour du Chêne pubescent au sein de certains taillis de Chêne vert, notamment. Les changements climatiques représentent aujourd'hui la principale menace pour cet écosystème. En effet, l’aridification du climat méditerranéen rend les conditions de moins en moins favorables au développement du Chêne pubescent. Son état sanitaire se dégrade progressivement à l’échelle de toute l’écorégion, tandis que des changements sont observés dans la composition floristique de ces forêts.
Le Chêne-liège Les forêts dominées par le Chêne-liège, appelées suberaies, recouvrent environ sur trois principaux secteurs de la région méditerranéenne française : les massifs provençaux des Maures et de l’Estérel, le sud de la Corse et les Pyrénées-Orientales.
Depuis la fin du , la baisse d’intérêt pour l’exploitation du liège a entraîné l’abandon de nombreuses suberaies au sein desquelles le Chêne-liège se trouve désormais en concurrence avec les autres essences méditerranéennes. Ces suberaies évoluent alors vers des peuplements mélangés et plus recouvrant, où le Chêne-liège se retrouve en tant qu’essence secondaire. La récurrence d’incendies et d’épisodes de sécheresse, en particulier dans le massif des Maures, constitue également une menace pour une partie des suberaies méditerranéennes françaises. Celles-ci pourraient disparaître de ces secteurs dans un avenir proche, avec l’augmentation de la fréquence de ces incendies en raison des changements climatiques.
Le Chêne vert Les forêts dominées par le Chêne vert, appelées yeuseraies, s’étendent sur près de de la région méditerranéenne française depuis les Pyrénées-Orientales jusqu’aux frontières italiennes, ainsi qu’en Corse. Si les incendies sont les principales perturbations ayant permis l’expansion des yeuseraies, leur forte récurrence les maintient à l’état de peuplements jeunes et très inflammables. Pourtant, une fois passé un stade critique d’embroussaillement, le vieillissement de la yeuseraie permet de diminuer fortement cette inflammabilité. Les chênes verts des anciens taillis exploités et vieillissants ont cependant des difficultés à se régénérer naturellement du fait de leur densité et de l’âge avancé de leurs souches.
Le Chêne tauzin En France, ce Chêne est présent spontanément des Pyrénées, jusqu'en Bretagne, dans le Centre, en Sarthe et en Ile-de-France. Il est parfois planté et subspontané dans d'autres régions plus au nord et à l'est. Cette espèce se maintient assez bien ; elle est cependant vulnérable en limite de son aire de répartition. Ce sont surtout les habitats associés à cette espèce qui sont menacés et non l'espèce en elle-même. Elle est tout de même classée « en danger » (EN) en Bretagne et dans le Limousin.
Chênes remarquables en France
Notes et références
Autres
Voir aussi Articles connexes
Bibliographie
Liens externes
Catégorie:Chêne Catégorie:Arbre en France Catégorie:Sylviculture en France