Théobald Lalanne, né le à Labatut et mort le à Saint-Vincent-de-Paul, est un religieux catholique, enseignant et linguiste français.

Son œuvre principale est l'invention de la dialectométrie, basée sur l'étude et l'analyse des variétés linguistiques du gascon maritime, dont il rend compte dans L'indépendance des aires linguistiques en Gascogne Maritime dès 1949 et qu'il utilise dans le cadre de ses enquêtes pour lAtlas linguistique et ethnographique de la Gascogne, auprès de Jean Séguy.

Biographie Théobald Lalanne entre dans la Congrégation de la Mission le , à Dax, où il sera ordonné prêtre le . L'ordre des Lazaristes auquel il appartient l'envoie au Chili en 1905, puis au Pérou en 1909 avant d'être mobilisé en 1915. En 1919, il est placé au Berceau de Saint Vincent de Paul où, bien qu'ayant suivi une formation poussée en mathématiques, il enseigne la rhétorique, le grec, l'espagnol et le latin. Il en sera longtemps préfet des études.., et secrétaire permanent de l'Amicale des anciens élèves et professeurs du Berceau.

Il montre son goût pour une approche quantitative de l'enseignement des lettres dès 1938, avec son projet de « planétique », qui consiste à établir des statistiques sur les fautes les plus courantes dans les copies rendues par les élèves de lettres, afin d'en rappeler les règles au dos des cahiers d'écoliers, en lieu et place des tables de multiplication.

Travaux linguistiques Dans le cadre de l'élaboration du Nouvel Atlas linguistique de la France, sur proposition de Jean Bouzet, Lalanne est d'abord nommé enquêteur linguistique en Gascogne Maritime. par Albert Dauzat, qui en publiera plusieurs éloges dans la revue Le Français moderne de 1949 à 1953. Il sera par la suite enquêteur principal et coauteur des trois premiers tomes de l'Atlas linguistique et ethnographique de Gascogne sous la direction de Jean Séguy et aux côtés notamment de Jacques Allières.

Ce premier travail de terrain en Gascogne Maritime. le confronte à une réalité linguistique tout autre que celle qu'il croyait connaître par expérience et par ses connaissances. La représentation qu'il élabore des résultats de ses enquêtes sous forme de cartes, ne révèle aucune zone géographique caractérisée par une identité dialectale. Il tente alors un premier changement d'approche : ayant sélectionné un nombre limité de caractéristiques linguistiques d'un parler, il en établit la carte. C'est un nouvel échec : certaines caractéristiques ne couvrent pas intégralement la zone connue pour parler ce dialecte, tandis que d'autres la débordent largement.

Confronté à des aires en apparence indépendantes et entremêlées, il ne se résigne pas et change radicalement d'approche : il ne recherche plus les invariants ou traits communs à quelque parler, mais dénombre les différences linguistiques - de toute nature - entre deux points d'enquête contigus : à l'interpoint., un concept dont Goebl rappelle. qu'il était déjà exploité en dehors du domaine roman dès 1898, par Haag.

Lalanne caractérise l'interpoint par sa fonction, démarcative ou communicative, et lui affecte le nombre de différences entre les deux points qu'il sépare.. Il constate alors que ce nombre est relativement constant sur l'ensemble de son territoire d'enquête. Lalanne y voit le signe qu'une approche quantitative des variations linguistiques est possible et il en pose les fondations conceptuelles.. tout en indiquant que sa mise en œuvre nécessite un territoire plus vaste que le sien.

Jean Séguy développera ultérieurement cette innovation sur l'ensemble du territoire Gascon et nommera le premier cette discipline « dialectométrie. » en 1973.

La rigueur scientifique et le goût des chiffres de Lalanne font de lui un collaborateur emblématique de l'école de dialectologie toulousaine fondée par Jean Séguy, à qui Lalanne écrivait : « Qu'il y ait des chiffres, c'est mon régal, en des matières où l'on s'obstine à ne pas en mettre. ».

Apports

Inventeur de la dialectométrie Atlas linguistique de la Gascogne maritime, suffisamment complet et précis pour traduire les ethnotextes de Félix Arnaudin.

Reconnaissance

Prix Montyon 1942 de l'Académie française, pour son livre « Théophraste à Lilliput ». Lalanne est cité en référence aujourd'hui encore dans les publications de recherche en dialectométrie, pour l'invention de l'interpoint en 1953, dans le cadre de ses travaux dans l'espace Roman. À noter que pour Goebl, ce concept est décrit dès 1898 par Karl Haag dans le cadre d'études géolinguistiques des parlers alémaniques du Wurtemberg..

Publications de Théobald Lalanne

Références

Liens externes

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