L' est une attaque au couteau perpétrée par un terroriste islamiste à Nice (Alpes-Maritimes, France), le , entre et . L'attentat a lieu au sein de la basilique Notre-Dame-de-l'Assomption, à Nice et fait trois morts (deux femmes et un homme). L'assaillant, Brahim Issaoui, un de vingt-et-un ans, est blessé par les tirs des policiers qu'il tentait d'attaquer, puis est interpellé et hospitalisé.

L'auteur est condamné en 2025 à la réclusion criminelle à perpétuité incompressible.

De nombreuses personnalités politiques de premier plan dans le monde s'indignent de ce drame.

Contexte national

Le , un terroriste islamiste attaque et blesse, à l'aide d'un couteau, deux militaires de l'opération Sentinelle qui gardaient un centre communautaire juif de Nice..

Le , un attentat au camion-bélier fait et sur la promenade des Anglais, à Nice.

La France est confrontée à une vague d'attentats sans précédent liés au djihadisme. Les trois victimes décédées dans cette attaque sont, depuis , les , et tuées dans un attentat islamiste sur le sol français..

Après Paris, la ville de Nice est la deuxième ville de France la plus meurtrie par les attentats islamistes, les attaques attribuées ou revendiquées par la mouvance djihadiste ont fait 89 morts dans la capitale azuréenne depuis 2015..

L'attentat de Nice survient treize jours après la décapitation d'un professeur, Samuel Paty, par un terroriste islamiste, et alors que se tient en France le procès des auteurs de l'attentat ayant visé la rédaction du journal Charlie Hebdo en 2015, dont le prétexte était notamment la publication par ce journal de caricatures de Mahomet. Les caricatures danoises de 2006 viennent en outre d'être republiées par le même journal le ., ce qui a suscité des appels à représailles provenant du Pakistan.. Ces appels se traduisent rapidement à Paris par un attentat le près des anciens locaux de Charlie Hebdo..

Déroulement des faits L'auteur de l'attentat, Brahim Issaoui. ( ou en arabe), initialement désigné dans les premières dépêches comme Brahim Aouissaoui. ou Brahim al-Aouissaouihttps://reuters.com/article/france-security-nice-tunisia-int-idUSKBN27F2IG, parfois écrit de façon inexacte., a été aperçu à , dans la gare de Nice-Ville. Il y modifie sa tenue vestimentaire en retournant sa doudoune et change de chaussures. Il se rend dans une salle de prières derrière la gare.. Il en sort à .

Une fois sorti de la gare, il entame une marche d'environ et se retrouve devant la basilique Notre-Dame de Nice. Brahim Issaoui entre à l'intérieur de l'édifice à où il reste un peu moins de et s'attaque aux trois victimes : Vincent Loquès, sacristain de la basilique ; une femme de , qu'il égorge profondément pour tenter de la décapiter; une deuxième femme, qui, blessée, parviendra à s'enfuir à par le côté gauche de la basilique donnant sur la rue d'Italie avant de succomber à ses blessures.

À , avertie par un témoin ayant recueilli la deuxième femme blessée dans son établissement, une équipe de quatre policiers municipaux intervient. Ils entrent dans les lieux par le côté gauche, s'avancent dans un couloir puis font face à l'assaillant qui, d'un air menaçant, se dirige vers les forces de l'ordre en criant « Allahu akbar ». Ils utilisent tout d'abord un pistolet à impulsion électrique avant de dégainer leurs armes de service, ouvrant le feu à 14 ou 15 reprises sur l'individu (11 balles l'atteignent) qui est grièvement blessé à l’abdomen, aux jambes et à l’épaule et interpellé.., en criant à plusieurs reprises « Allahu akbar ».. Il reçoit les premiers soins sur place., puis est transféré dans un hôpital..

Victimes + Victimes de l'attentat de la basilique Notre-Dame de Nice Nom Âge Nationalité Infos SourcesNadine Devillers 60 ans Fidèle de la basilique. . Vincent Loquès 54 ans Né le 30 octobre 1965, il est père de deux enfants et sacristain de la basilique. . Simone Barreto Silva 44 ans Mère de trois enfants, auxiliaire de vie et fidèle de la basilique. .Attentat de Nice: qui sont les trois victimes ?

La première victime est une femme de égorgée à l'intérieur de la basilique. La deuxième victime âgée de , est le sacristain de la basilique, mortellement blessé à coups de couteau à la gorge, également retrouvé dans la basilique, il aurait eu le lendemain. La troisième victime, une femme de franco-brésilienne, est morte dans un bar près de la basilique, où elle s'était réfugiée après avoir été blessée..

Les obsèques de Vincent Loquès se déroulent dans l'intimité familialehttps://www.dansnoscoeurs.fr/loques/3190899.

Hommage national vignette|droite|Dépôt de fleurs devant la basilique.

Un hommage national aux trois victimes présidé par le Premier ministre Jean Castex est célébré le samedi à 10 h 30 sur la colline du Château. dominant la baie des Anges.

Les portraits des victimes sont portés chacun par deux proches. Cela se fait au son de L'Indifférence, chanson de Gilbert Bécaud pour Nadine Devillers. Le portrait de Simone Barreto est porté au son de Toda menina baiana, du musicien brésilien Gilberto Gil.

Pour Vincent Loquès, un comédien du théâtre de Nice lit le célèbre poème de Victor Hugo, Demain, dès l'aube... (écrit après la mort de sa fille Léopoldine Hugo). Cette lecture se fait sur un fond instrumental.

La comédienne Muriel Mayette-Holtz, directrice du Théâtre national de Nice, lit un texte de Romain Gary (« Une puissance et une promesse rassurante », publié dans L'affaire homme1962, éd. Gallimard, 2005.).

Un arrangement instrumental de l'« Hymne aux victimes du terrorisme », de Manuel Carrasco, est joué par une violoniste et le violoncelliste Gautier Capuçon. Des membres du chœur de l'Opéra de Nice, accompagnés par l'orchestre d'harmonie des sapeurs-pompiers de Nice, font entendre l'hymne national, La Marseillaise, à l'entrée du Premier ministre puis à la fin de la cérémonie. Pour la revue des troupes l'orchestre joue la traditionnelle Marche des soldats de Robert Bruce, marche d'origine écossaise. vignette|Le monument I Love Nice sur la promenade des Anglais avec une bande noire après l'attaque. Un discours est prononcé par le maire de Nice Christian Estrosi, puis par le Premier ministre.

Le violoncelliste Gautier Capuçon et le pianiste Jérôme Ducros interprètent une version de l’Ave Maria développé par le compositeur Charles Gounod sur un prélude de Jean-Sébastien Bach (partition profane conçue à l'origine pour clavier seul) : de ce fait, cet arrangement est souvent entendu lors de cérémonies religieuses. Mais ici, le texte religieux chanté disparait au profit de la transcription pour violoncelle.

Les victimes sont décorées à titre posthume de la médaille nationale de reconnaissance aux victimes du terrorisme par le Premier ministreNice Matin, Revivez l'hommage national. La cérémonie se termine au son de la chanson What a Wonderful World, connue à l'origine par l'interprétation qu'en avait donnée Louis Armstrong et interprétée ici par les membres du chœur de l'opéra de Nice..

Une seconde cérémonie a lieu à midi pour la remise de décoration par le Premier ministre aux policiers municipaux ayant neutralisé le terroriste. L'un est fait officier de la légion d'honneur, trois autres chevaliers de la légion d'honneur et trois autres chevaliers de l'ordre national du Mérite.

Assaillant

L'auteur de l'attaque, Brahim Issaoui (également connu sous le nom Aouissaoui), âgé de 21 ans, est un Tunisien originaire de la région de Sfax, né le selon un document de la Croix-Rouge italienne retrouvé sur lui... Il est connu pour des faits de droit commun et gagne sa vie comme réparateur de mobylettes., puis vendeur d'essence au marché noir.

Fin 2018, il délaisse la drogue et dans sa pratique du culte musulman, relatent sa famille et des amis d'enfance. Il effectue notamment les jeûnes surérogatoires du lundi et du jeudi et multiplie les injonctions religieuses () à sa famille et ses amis.

Sans prévenir sa famille, il quitte son pays dans la nuit du au à bord d'une embarcation avec dix autres personnes. Il est récupéré par un bateau de secours italien et arrive à LampedusaMarie Lemonnier, « L’assaillant de Nice est un Tunisien de 21 ans arrivé clandestinement en France », nouvelobs.com, 29 octobre 2020. le où il est pris en charge par la Croix-Rouge italienne et mis en quarantaine à cause du Covid-19.

Il est ensuite emmené par le bateau d'une ONG, la GNV Rhapsody, qui transporte près de 800 migrants de Palerme à Bari « 780 migranti a bordo della GNV Rhapsody, dalla Sicilia a Bari », rainews.it, 6 octobre 2020. « Bari, arrivata in porto la Rhapsody: a bordo 800 migranti. Avviato il riconoscimento », Il Quotidiano italiano – Bari, 8 octobre 2020., où il est placé le dans un centre d'identification.

Visé par une obligation de quitter le territoire italien sous sept jours car il n'y a plus de place dans le centre, il est laissé libre et part travailler dans une oliveraie en Sicile. Le , à , il est à Rome, d'où il écrit à un ami : ..

Le , à , il arrive clandestinement à la gare de Nice, vraisemblablement à bord d'un train en provenance de Rome.. Le , à , il écrit : , avant d'ajouter quelques minutes plus tard : . Le lendemain à , il commet son attentat. , relève l'avocate de la famille de Vincent Loquès, Samia Maktouf, qui doute que Brahim Aouissaoui ait décidé, seul, et pense qu'il a été . Toutefois, l'enquête ne permet d'identifier aucun complice ou commanditaire.

Il n'a pas effectué pas de demande d'asile, ni avant de se rendre sur le territoire français ni une fois en France..

Il est mis en examen et écroué le . En détention provisoire, où il enchaîne les incidents et se rapproche de détenus radicalisés, il se vante aussi d'être l'assaillant de Nice, notamment auprès d'Abdelhakim Sefrioui (incarcéré pour son rôle dans l'assassinat de Samuel Paty), qui le qualifie pour cela de . Deux semaines après son arrivée en au centre pénitentiaire de Meaux, il est transféré en urgence à Beauvais, soupçonné de préparer une attaque contre les surveillants avec deux autres détenus radicalisés.

Enquête

Immédiatement après l'attaque, le parquet national antiterroriste s'est saisi de l'enquête pour et . Elle a été confiée à la direction centrale de la Police judiciaire (DCPJ) et à la direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI).

Les enquêteurs ont trouvé à l'intérieur de la basilique l’arme du crime, un couteau avec une lame de 17 cm, un sac de vêtements, un du Coran et deux téléphones, ainsi que deux couteaux non utilisés. Les deux téléphones sont en cours d’exploitationOuest France, Où en est l'enquête ?.

Le soir même, un homme de 47 ans a été placé en garde à vue, soupçonné d'avoir été en contact avec l'auteur des faits la veille de l'attaque. ainsi qu'un autre homme de 35 ans, le soir du .. Un troisième homme de 33 ans qui se déclare cousin du meurtrier est placé en garde à vue le vendredi soir. Il était en contact avec la deuxième personne interpellée..

Un quatrième homme, un Tunisien de 29 ans, Ahmed B-A, est interpellé à Grasse par les équipes de la sous-direction anti-terroriste (SDAT) le samedi . Il aurait effectué le voyage entre la Tunisie et la France avec le terroriste.. Le dans la soirée, un homme de 63 ans et un homme de 25 ans sont placés en garde à vue. Ils sont proches du quatrième interpellé..

Le , la Tunisie ouvre également une enquête en raison de la nationalité du tueur. Dans un entretien à La Voix du Nord, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, déclare que le terroriste était venu en France La Voix du Nord, article du 31 octobre 2020.

Le suivant est levée la garde à vue de l'homme de 47 ans aperçu par des caméras de vidéosurveillance la veille avec l'auteur des assassinats, un individu de 35 ans et le du terroristeLe Point, article du 1er novembre 2020.