Jeanne-Charlotte Schroeder (ou Schreuder), également connue sous le nom de Madame Saint-Aubin ou encore Madame Belmont, née le à Paris, où elle est morte le , est une chanteuse d'opéra française qui a chanté les principaux rôles de soprano à la Comédie-Italienne et à l'Opéra-Comique. Elle créa plus de deux cents rôles, en vingt-deux ans qu'elle joua à Favart et à Feydeau. Elle a laissé son nom à l'emploi des ingénues à l'Opéra-Comique ("rôles à corset").
Biographie Charlotte Schroeder est la fille de Frédéric Schroeder, en , militaire hollandais, puis comédien, régisseur et directeur de théâtre, et d'Antoinette Malter, née à Lyon en . Elle est la sœur de quatre artistes, l'ainée Louise-Frédérique ou Caroline (vers 1747-48 et morte en 1780), danseuse et comédienne connue sous le nom Frédéric puis de Moulinghen, sociétaire de la Comédie-Italienne en ; Françoise-Jacqueline (La Haye, - ?), dite Frédéric cadette, danseuse et chanteuse à la Comédie-Italienne ; Frédéric-Pierre (Amsterdam, - Paris, 1843), premier danseur à la Comédie-Italienne en et à l'Opéra en ; et Lambert qui fait ses débuts à la Comédie Italienne en .
Charlotte Schroeder a à peine huit ou neuf ans lorsqu'elle joue, sous le nom de Frédéric, devant Louis XV, le rôle de la fée Ninette dans Acajou de Favart. À onze ans, la jeune Charlotte fait déjà partie de la troupe de la Montansier. Elle commence à jouer en public dans diverses villes en province, Versailles, Caen, Tours ou Angers..
En , elle va, à Bordeaux, où toujours sous le nom de Frédéric, elle commence à obtenir du succès, tant dans l'emploi des amoureuses de la comédie que dans les paysannes ingénues d'opéra-comique qu'on appelle « rôles à corset » et dans les travestis.
Engagée au Grand Théâtre de Lyon, après trois années à Bordeaux, elle épouse, le , l'un de ses camarades du théâtre, le ténor Augustin-Alexandre d'Herbez, dit Saint-AubinActe de mariage à Lyon (Saint-Pierre-Saint-Saturnin), n° 1249, vue 72/79., avec qui elle est engagée à l'Opéra de Paris, après s'être montrée, le , dans le rôle de Colinette de La Double Épreuve ou Colinette à la cour, opéra de Grétry.. Elle joue ce rôle trois fois, mais elle se montre fort désireuse de quitter l'Opéra pour la Comédie-Italienne.
Malgré le refus du comité de l'Opéra, Madame Saint-Aubin reçoit l'ordre du ministre, le Maréchal de Richelieu, le , de débuter à la Comédie-Italienne. Elle débute le , dans les rôles de Marine, de La Colonie., et de Denise de L'Épreuve villageoise. Elle joue coup sur coup toute une série d'autres rôles : Babet de Blaise et Babet, Colombine du Tableau parlant, Isabelle d’Isabelle et Gertrude, Chloé du Jugement de Midas, Lindor de L'Amoureux de quinze ans, Babet du Droit du seigneur, Agathe de L'Ami de la maison, Annette d’Annette et Lubin, Jacinthe de L'Amant jaloux..
Madame Saint-Aubin est reçue sociétaire à quart de part en et obtient part entière en . Elle occupe les emplois d'amoureuses (Adolphe et Clara, Le Prisonnier de Della Maria), de soubrettes (Ma tante Aurore, L'Amant jaloux), de grandes coquettes (La Fausse Duègne), de premiers rôles (Mélidore et Phrosine, Lodoïska), et jusqu'aux travestis (Les Deux Petits Savoyards, Jean et Geneviève).
Elle fait partie du comité des cinq administrateurs de l'Opéra-Comique. En , pendant la longue fermeture de l'Opéra-Comique, Saint-Aubin va donner des représentations à Lyon et Marseille, avec son mari, Jean-Pierre Solié et Simon Chenard.
La faillite du théâtre Favart, en , lui fait perdre ses économies. Fin 1800, elle s'éloigne du théâtre Favart, pour aller donner quelques représentations en province. L'année suivante, lors de la réunion des deux troupes d'opéra-comique, elle conserve le rang de sociétaire mais du fait de son état de sa santé demande à ne s'engager que pour deux ans, à l'expiration desquels elle pourrait obtenir, avec sa pension de retraite, la remise de ses fonds sociaux. Une grave maladie l'éloigne de la scène pendant plusieurs mois. Elle ne peut s'y représenter que dans les premiers jours de .
Elle se retire de la scène le , elle partage le produit de sa représentation de retraite avec la veuve de Dozainville. Elle parait une fois encore sur la scène, le , dans Une heure de mariage, pour la représentation au bénéfice de Saint-Aubin. Elle se retire à Nogent-sur-Marne et meurt à Paris dans une maison de retraite.
Création À l'Opéra-Comique
Descendance Les quatre enfants du couple sont également musiciens, Jean-Denis d'Herbez Saint-Aubin (1783 - vers 1810), violoniste et compositeur ; Louis-Philibert Saint-Aubin (1784-1846), professeur au conservatoire de Paris ; Cécile Duret-Saint-Aubin (1785-1862) et Alexandrine Saint-Aubin (1793-1867), toutes deux chanteuses d'opéra. Leur dernière fille, Frédérique, se marie avec Eugène de Planard, et leur petite-fille Eugénie (1818-1874) épouse l'auteur dramatique et librettiste Adolphe de Leuven (1802-1884).
Références
Sources Une série de 14 articles d'Arthur Pougin parus dans . . .
. . . (article manquant). . . . . . .
Sitographie Dessins des costumes de Madame Saint-Aubin Portrait de Madame Saint-Aubin du Théâtre de l'Opéra Comique en , par Pierre-Michel Alix, Musée Carnavalet Portrait de Madame Saint-Aubin, collection du musée de la Philharmonie de Paris
Liens externes
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