Charles de Gontaut, duc de Biron, né en 1562 à Saint-Blancard, et exécuté le à la Bastille, est un militaire français. Maréchal de France, il est connu pour l'amitié que lui portait Henri IV, qu'il a pourtant trahi.

Biographie Famille Fils d'Armand de Gontaut-Biron, maréchal de France, il naît à Saint-Blancard en 1562 et est élevé à Biron, dans le Périgord, au château éponyme que possède sa famille.

Sa mère était protestante et son père catholique. Baptisé catholique, sa tante, Madame de Brizambourg, l'éduque néanmoins dans la religion protestante, sans parvenir à l'y convertir.

Carrière militaire Le , il tue en duel un rival, le prince Claude de Carency, fils de Jean d'EscarsD'après .. Il fait ses premières armes sous les ordres de son père et sert ensuite Henri IV avec autant de dévouement que d'intrépidité. Maréchal de camp en 1590, il se couvre de gloire lors du siège de Gournay-en-Bray puis aux batailles d'Arques et d'Ivry, aux sièges de Paris et de Rouen, au combat d'Aumale () et à la bataille de Fontaine-Française (1595).

En récompense, le roi, qui lui sauve la vie à Fontaine-Française et au siège d'Amiens (1597)., le comble d'honneurs. Il est ainsi nommé amiral de France et de Bretagne (1592), maréchal de France (1594) puis gouverneur de la Bourgogne. Il est créé duc et pair du royaume (1598) sur sa terre de Biron puis envoyé en ambassade auprès de la reine Élisabeth.

Le complot Le maréchal de Biron, vieil ami et compagnon d'armes d'Henri IV, était éternellement insatisfait des bienfaits dont le roi le comblait.

En 1595 Biron s'est laissé débaucher par Picoté, ancien ligueur, et a commencé à comploter avec les Espagnols. Biron rêvait de faire renaître la Ligue catholique, et Charles-Emmanuel pensait la chose possible.

Biron complote avec le duc de Savoie En 1598, lors de la paix de Vervins, Biron était prêt à agir. Un rapport de l'envoyé espagnol à Turin indiquait qu'..

Le , le roi reçut le duc de Savoie à Fontainebleau. Durant son séjour, Charles-Emmanuel rencontra Biron et ils eurent l'occasion de mettre au point le plan de la conspiration, épisode qui est attesté dans les mémoires de Sully. Le duc de Savoie proposa à Biron d'épouser sa troisième fille en échange d'un soulèvement de la noblesse contre Henri IV. En échange, Biron aurait obtenu la souveraineté sur la Bourgogne et sur la Franche-Comté.

De plus, il s'insinua dans les bonnes grâces d'Henriette de Balzac d'Entragues, marquise de Verneuil, qui était la maîtresse du roi depuis la mort de Gabrielle d'Estrées, en lui faisant de somptueux cadeaux. Afin de rallier quelques comploteurs supplémentaires, il s'efforça également de gagner en sa faveur les ducs d'Épernon, de Bouillon, de La Trémoille, et le comte d'Auvergne, fils naturel de Charles IX, qui étaient mécontents du roi.

Afin de régler le différend, Henri IV offrit à Charles-Emmanuel, soit de garder le marquisat de Saluces contre la cession de la Bresse, soit de le rendre purement et simplement. Le duc de Savoie demanda un délai de réflexion de trois mois et repartit très mécontent en ; cette attitude et ce délai n'étaient faits que pour gagner du temps et laisser la conspiration se développer.

Le , la guerre franco-savoyarde débuta. Henri IV destinait le poste de gouverneur de Bresse, après sa conquête, à Biron mais destinait le poste de gouverneur de la citadelle de Bourg-en-Bresse au huguenot Pierre d'Escodeca, baron de Boesse-Pardaillan et mestre de camp du régiment de Navarre.

Biron, étant très engagé avec le duc de Savoie, fit avertir Jacques de Bouvens, le gouverneur de Bourg, de se tenir sur ses gardes et lui donna le jour et l'heure de l'attaque de la ville, mais la ville fut prise malgré la trahison du commandant en chefMémoires du Duc de Sully, Volume 3, page 51 et suivantes, par Maximilien de Béthune, duc de Sully..

Aux environs du , le roi Henri avait envoyé Sully visiter plusieurs citadelles qui étaient investies. Sully vint coucher à Bourg-en-Bresse où il fut bien accueilli par Biron. Le jour de son départ pour Lyon, Sully reçut un avis qu'un groupe de deux cents hommes, ennemis, venaient d'arriver dans un château proche du lieu où il devait passer la nuit. Ayant parlé de cette information à Biron, celui-ci la trouva totalement ridicule. Sully demanda toutefois à Biron de lui donner une escorte jusqu'à Lyon. Biron donna comme escorte ses propres gardes qui accompagnèrent Sully jusqu'à Villars où l'escorte le quitta.

Des rumeurs parvinrent à la Cour et le complot fut révélé par Jacques de La Fin (venu d'une famille huguenote ; cf. l'article La Nocle ; son neveu Prégent de La Fin, † 1624, fut le dernier vidame héréditaire de Chartres-La Ferté), qui avait été l'agent et l'émissaire de Biron, mais s'était semble-t-il brouillé avec lui.

Le procès vignette|gauche|200px|Charles de Gontaut-Biron. Biron veut tout nier mais il est confondu par ses écrits. Henri IV, qui lui avait déjà pardonné une première traîtrise à Lyon, essaie, mais en vain, d'obtenir l'aveu et le repentir de ce nouveau crime afin de lui pardonner. Biron est donc arrêté à Fontainebleau dans la nuit du 13 au Le 16 juin selon . Le , La Fin arrive à Paris, sous bonne escorte, et le 14 Biron est confronté à son accusateur. Le , le procès de haute trahison est remis aux mains des conseillers du Parlement, où le maréchal, entretemps incarcéré à la Bastille., comparaît le en l'absence des pairs du royaume, qui ont refusé de participer au procès.

Le , Charles de Gontaut, duc de Biron est condamné à mort pour crime de haute trahison et décapité le 31, non en place de Grève comme le prévoyait la condamnation mais (Henri IV)Le à Monsr de Beaumont, cf. .. Il avait aussi reçu la charge de maréchal général des camps et armées du roi mais, sommé le matin de son exécution de rendre son épée et son bâton de maréchal, .. Comme il avait refusé d’avoir les mains liées et, se relevant et se remettant à genoux, disait ., celui-ci ..

Postérité Biron était populaire ; l'opinion nobiliaire et populaire retiendra le destin injuste du soldat et l'ingratitude des rois.

Quant à Jacques de La Fin, il fut assassiné en avril 1606 par des inconnus sur le pont Notre-Dame.N'aurait été que blessé contrairement à la croyance populaire par un membre de la famille du Maréchal défunt voulant venger celui-ci, ce dernier aurait survécut d'après Pierre de L'Estoile puis son meurtrier gracier ultérieurement par le roi d'après Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont Duc de La Force et de ses deux fils, Volume 1, 1843 de Jacques Nompar de Caumont (duc de la Force.).

Son orgueil et peut-être son suicidaire entêtement à ne pas reconnaître devant Henri IV son ultime trahison aurait inspiré l'expression populaire « Être con comme Biron ».

Il est probablement à l'origine de la chanson enfantine Quand Biron voulut danser.

Littérature L'histoire de la trahison de Biron, ainsi que son procès, ont été mis en scène par le dramaturge anglais George Chapman (1559 ?–1634), dans une double pièce intitulée The Conspiracy and Tragedy of Charles Duke of Byron (1608).

Gérard de Nerval fait allusion à non pas à ce Biron dans son poème El Desdichado mais au fondateur de sa race : Gaston Ier de Gontaut Biron. «… Suis-je Amour ou Phœbus, Lusignan ou Biron… » mettant côté à côté le roi de Jérusalem Guy de Lusignan, parangon de chevalerie médiévale, et le traître.

Dans son roman Masca, Valérie Stein fait référence à ce personnage dissimulé derrière un pseudonyme très proche. Faits historiques et fiction s'entremêlent.

Une version des derniers jours de Biron est racontée dans la chanson « La complainte du maréchal Biron » (1978) du groupe rock Canadien-Français Garolou. Dans la pièce, Biron, à la suite de son retour à Paris, a une relation secrète avec la reine, poussant le roi à faire exécuter Biron.

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Bibliographie . Charles de Montigny, Le Maréchal de Biron : sa vie, son procès, sa mort, 1562-1602, Hachette, Paris, 1861. . Trois pièces concernant l'accusation du duc de Biron : 1602, Documents historiques : 1599-1602, Éditions Eugène Halphen, Paris, 1886. Berthold Zeller, et Biron, Sully et l'alliance anglaise, 1600-1604, extraits des Économies royales de Sully et des mémoires-journaux de l'Estoile, Hachette, Paris, 1888. Roger de Gontaut-Biron, Armand de Gontaut, premier maréchal de Biron (1524-1592), Plon, 1950. . . . .

Articles connexes Famille de Gontaut Quand Biron voulut danser

Liens externes

Catégorie:Amiral de France Catégorie:Baron français du XVIe siècle Catégorie:Bataille d'Arques Catégorie:Bataille d'Ivry Catégorie:Chevalier de l'ordre du Saint-Esprit Catégorie:Condamné à mort exécuté en France au XVIIe siècle Catégorie:Duc français du XVIIe siècle Catégorie:Duc français du XVIe siècle Catégorie:Exécuté pour trahison envers la France Catégorie:Guerre franco-savoyarde Charles Catégorie:Maréchal de France nommé sous le règne d'Henri IV Catégorie:Militaire français du XVIe siècle Catégorie:Personnalité des guerres de religion Catégorie:Personnalité incarcérée à la Bastille Catégorie:Naissance en 1562 Catégorie:Naissance en Gascogne Catégorie:Décès en juillet 1602 Catégorie:Décès à Paris