La pandémie de Covid-19 est une crise sanitaire majeure provoquée par une maladie infectieuse émergente apparue fin 2019 en Chine continentale, la maladie à coronavirus 2019, dont l'agent pathogène est le SARS-CoV-2. Ce virus est à l'origine d'une pandémie, déclarée le par l'Organisation mondiale de la santé.
La pandémie de Covid-19 à Wallis-et-Futuna démarre officiellement le . À la date du , le bilan est de 7 morts.
La pandémie de Covid-19 (en wallisien et en futunien ) touche la collectivité française d'outre-mer de Wallis-et-Futuna en avec quelques cas importés, et se répand parmi la population en . Pendant près d'un an, Wallis-et-Futuna demeurent le dernier territoire français (avec les TAAF) à être épargnés par le virus du SARS-CoV-2, notamment du fait de l'isolement du territoire. Toutefois, face à une population vulnérable et des moyens sanitaires très limités, les autorités décident en janvier de mettre en place des contrôles à l'aéroport de Hihifo. En mars, le territoire choisit de se couper du reste du monde et suspend les vols de passagers.
Une réouverture progressive de Wallis-et-Futuna débute alors, avec la reprise des vols commerciaux depuis la Nouvelle-Calédonie. Les passagers en provenance de métropole sont mis en quatorzaine dans des hôtels à Wallis. Un premier cas importé à Wallis confirmé est détecté le , un deuxième un mois plus tard et un troisième le , mais ces quelques cas sont isolés en quarantaine et n'entraînent pas de contagion.
Un confinement général de deux semaines est instauré à partir du et reconduit jusqu'au . Les lieux publics, écoles, églises et commerces non-alimentaires sont fermés, les déplacements fortement restreints et soumis à attestation, les rassemblements de plus de trois personnes sont interdits et le port du masque dans l'espace public est obligatoire. Au , 410 cas et trois morts sont recensés : 400 à Wallis, fortement touchée, tandis que Futuna ne compte que 10 cas. Une campagne de vaccination est lancée à partir du ; au , 45% de la population est vaccinée.
Contexte
Un territoire isolé vignette|Carte de la pandémie COVID-19 à Wallis en haut à droite et Futuna en bas à gauche (au 30 avril 2021 ). Wallis-et-Futuna est un territoire isolé dans l'Océan Pacifique. Ses seuls liens avec l'extérieur sont, à Wallis, une liaison aérienne entre l'aéroport de Wallis-Hihifo et l'Aéroport international de Nouméa-La Tontouta en Nouvelle-Calédonie, et le port de Mata Utu, ravitaillé régulièrement par des cargos. L'île de Futuna est encore plus isolée : seule une liaison aérienne la relie à Wallis.
Une population à risque Même si les deux îles restent préservées de la pandémie pendant plusieurs mois, les craintes sont grandes parmi les habitants, certains médias parlant même de . En effet, la population wallisienne et futunienne est particulièrement à risque : . Le territoire doit également envoyer les tests PCR en Nouvelle-Calédonie pour qu'ils soient analysés, avant l'acquisition d'une machine pouvant effectuer les tests sur place en .
D'autre part, la diaspora wallisienne et futunienne est très nombreuse en Nouvelle-Calédonie, ce qui explique les liens forts et des flux importants de personnes entre ces deux territoires.
La dernière collectivité français épargnée Depuis le début de la pandémie de Covid-19 en France en 2020, plusieurs collectivités d'outre-mer sont touchées tour à tour par le virus. Toutefois, en , Wallis-et-Futuna reste, avec Saint-Pierre-et-Miquelon, la dernière collectivité française à ne pas être touchée par le virus du SARS-CoV-2.
Mesures préventives (janvier-février 2020) Fin , alors que le virus commence à circuler dans la région du Pacifique Sud, des contrôles se mettent en place à l'aéroport de Hihifo (prise de température des passagers) pour détecter d'éventuels cas et 5000 masques sont commandés.
Le , le ministre de la santé Olivier Véran déclenche le plan contre la pandémie de covid-19 ; comme le reste de la France métropolitaine et des territoires d'outre-mer, Wallis-et-Futuna passe en . L'agence de santé du territoire met en place un protocole pour pouvoir prendre en charge un éventuel cas, dont la création d'une salle d'isolement dans l'aéroport de Hihifo. La collectivité garde son autonomie par rapport à la métropole pour gérer la situation sanitaire : le préfet, Thierry Queffelec, est en effet chargé de la sécurité du territoire. Un Comité de suivi du covid (COMIS), composé du préfet, d'élus, de responsables coutumiers et religieux, est mis en place.
Fermeture de l'archipel (mars-avril 2020)
Arrêt des liaisons aériennes Afin de préserver l'archipel, les autorités décident fin mars d'arrêter les vols de passagers en provenance de la Nouvelle-Calédonie (territoire où résident de nombreux Wallisiens et Futuniens, et unique liaison aérienne avec les deux îles) : à compter du , seul un vol de fret tous les dix jours est prévu. Les vols de passagers depuis l'extérieur sont suspendus, ainsi que les vols entre Futuna et Wallis. Pour Wallis-et-Futuna La Première, .
Conséquence de la fermeture des frontières, environ 300 ressortissants sont bloqués en Nouvelle-Calédonie, aux Fidji ou en Australie, tandis que certains Calédoniens en vacances sur le territoire ne peuvent plus rentrer chez eux. Une quarantaine de personnes arrivées à Wallis en avion depuis des zones jugées à risques sont mises en quatorzaine à domicile.
Conséquences En dépit de fortes inquiétudes au sein de la population, la vie quotidienne n'est que peu perturbée : les écoles restent ouvertes et le confinement décrété en métropole le ne s'applique pas sur le territoire, qui est toujours au stade 1 de l'épidémie. Seuls les rassemblements de plus de cent personnes sont proscrits.
Fin mars, certains parents d'élèves décident de retirer leurs enfants des écoles et collèges par crainte de contagion dans le milieu scolaire. , le vice-rectorat décide de prolonger les vacances scolaires d'une semaine. À la rentrée le , seuls un tiers des élèves futuniens du lycée de Wallis-et-Futuna reviennent à Wallis, tandis que les autres restent à Futuna, par crainte de leurs familles.
L'isolement des deux îles fait craindre une pénurie de médicaments, l'agence de santé devant être approvisionnée très régulièrement. Finalement, un cargo et un avion arrivent début avril pour ravitailler Wallis-et-Futuna.
Mi-avril, les autorités coutumières de la chefferie de Sagato Soane décident d'annuler toutes les cérémonies coutumières et les festivités lors des fêtes religieuses paroissiales, qui occupent une place importante dans la culture wallisienne et futunienne. Cette décision est .
Ouverture progressive (mai-juillet 2020) vignette|Le yacht de croisière Le Lapérouse (ici en 2018) est utilisé comme pour rapatrier les résidents de Wallis-et-Futuna bloqués en Nouvelle-Calédonie en mai 2020.
Quarantaine flottante et rapatriements depuis la Nouvelle-Calédonie En , les autorités font appel à la compagnie du Ponant et à son yacht de croisière, le Lapérouse, pour aller rapatrier les quelque 300 Wallisiens et Futuniens bloqués en Nouvelle-Calédonie. Afin de garantir un isolement suffisamment long, le voyage est étalé quatorze jours au lieu des cinq habituels. Le premier voyage de cette , unique au monde, arrive à Wallis le . Un appareil permettant de réaliser des tests PCR est acheminé à Wallis, mais à cause de sa lenteur, l'analyse des tests prend du temps et retarde la sortie de quatorzaine des passagers.
Le navire est à nouveau utilisé pour mettre en quatorzaine des passagers arrivés de Nouméa et de métropole par avion le . Le , 115 personnes sont autorisées à sortir de l'isolement au bout de 14 jours, leurs tests s'étant tous révélé négatifs. Au total, près de 200 ressortissants Wallisiens et Futuniens ont été rapatriés par avion. Néanmoins, les quelques-uns se trouvant dans des pays étrangers sont contraints d'attendre l'ouverture des frontières, comme six commerçants bloqués aux Fidji pendant près de trois mois qui sont finalement rapatriés le par un vol spécialement affrété pour eux.
Fin mai, la collectivité commande masques à des couturières locales pour se préparer à une éventuelle épidémie sur le territoire, pour un montant de 7,5 millions de francs Pacifique. L'État français fait parvenir masques supplémentaires par fret mi-juin.
Lorsque le premier confinement prend fin en France métropolitaine, les liaisons aériennes reprennent progressivement, avec mise en quarantaine des passagers en provenance de métropole. Ceux originaires de Nouvelle-Calédonie, qui à ce moment-là n'a pas de cas de covid-19, peuvent rejoindre directement leurs familles. En juillet, c'est près de 5% de la population de Wallis-et-Futuna qui est passée par un sas d'isolement.
Le préfet, Thierry Queffelec, indique vouloir maintenir cette stratégie jusqu'à ce qu'un vaccin soit trouvé et distribué.
Conséquences économiques Malgré la reprise des vols commerciaux, la pandémie de covid-19 entraîne une réduction de l'activité des entreprises wallisiennes et futuniennes, en particulier dans le secteur du tourisme. Une soixantaine d'entreprises reçoit des aides nationales ou territoriales.
Toutefois, la bulle aérienne entre Wallis-et-Futuna et la Nouvelle-Calédonie favorise le tourisme : ne pouvant plus se déplacer ailleurs, de nombreux Calédoniens décident de passer des vacances à Wallis. grâce à cet .
Premiers cas importés (octobre 2020-février 2021) Premier cas contact (août 2020) Le , le premier cas contact est enregistré parmi les passagers d'un vol en provenance de Paris. Cette annonce provoque de vives inquiétudes dans la population, mais les tests PCR réalisés par la personne s'avèrent tous négatifs.
Cas importés (octobre-février) Le , un premier cas de covid-19 est enregistré : il s'agit d'un voyageur arrivé en avion de métropole dont le test PCR est positif. La personne est isolée à l'hôpital sous haute surveillance. Le , les autorités du territoire choisissent de laisser repartir le premier ancien patient après plusieurs tests négatifs, et l'archipel est déclaré à nouveau sans Covid. La procédure de dépistage est modifiée : désormais, un test PCR est réalisé sur les personnes confinées au jour d’isolement, en plus du test à la fin des 14 jours, afin de mieux détecter les cas et obtenir l'autorisation légale auprès du juge des libertés d'une obligation à rester confiné une troisième semaine. Le , un nouveau cas de covid-19 est détecté parmi des passagers en quatorzaine, et un troisième est détecté le . Chaque personne positive est placée à l'isolement dans la seule chambre dédiée au coronavirus de l'hôpital de Wallis-et-Futuna à Sia.
Le , quatre nouveaux cas sont détectés parmi les passagers en provenance de métropole. Les patients sont transférés à l'hôpital pour isolement, ce qui nécessite une réorganisation de l'hôpital et le report de certaines opérations. Cela porte le nombre de cas à neuf au total. À la suite de cette recrudescence de cas, et pour ne pas surcharger les structures hospitalières de Wallis-et-Futuna, les autorités locales obtiennent du gouvernement calédonien que la quatorzaine des passagers à destination de l'aéroport de Hihifo soit réalisée dans un hôtel en Nouvelle-Calédonie à partir du vol du .
Le comité de suivi du covid (COMIS) est du territoire ; il est nécessaire d'avoir un motif impérieux pour prendre l'avion. Ce comité décide si les motifs avancés sont valables et dresse une liste des passagers pouvant se rendre sur l'archipel ou le quitter.
Une campagne de vaccination est planifiée à partir de fin par les autorités, à réception des doses du vaccin Moderna.
Propagation du virus et confinement (mars 2021)
Multiplication des cas vignette|Le collège Vaimoana de Lavegahau, où travaillait le premier cas de covid local enregistré le 6 mars 2021.