Le FESPACO 2003 est la édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou. Il se déroule du au à Ouagadougou. Il a pour thématique : Le comédien dans la création et la promotion du film africain.

Contexte Un tableau des salles de cinéma au Burkina Faso établi en par la Société nationale d'exploitation et de distribution cinématographiques du Burkina (SONACIB) indique que le pays compte 53 sallesPolycopié réalisé par la SONACIB : 15 sont à Ouagadougou. Le Ciné-Burkina (530 places, climatisée), le Ciné-Rialé et le Ciné Kadiogo (couverte et ventilée) sont la propriété de la SONACIB. Sont en gérance SONACIB le Ciné-Oubri (privée) ainsi que les salles des secteurs 29, 20, 17 et 15 (provinciale). Sont privées le Ciné-Neerwaya (1000 places, climatisées) et le Ciné-Tanghin (secteur 23). On compte également la salle du secteur 25 (provinciale), le Théâtre populaire (étatique, gérance privée), la Maison du peuple (étatique), le Georges Méliès du Centre culturel français et celle du secteur 28 (communale). 8 sont à Bobo-Dioulasso. Sont la propriété de la SONACIB le Ciné-Sanyon (647 places, climatisée), le Ciné-Sya et le Ciné-Houet. Sont privées le Ciné-Guimbi (gérance SONACIB), la salle Henri Matisse du Centre culturel français, le Ciné-Nayala, le Ciné-Tiye Indji et la salle du secteur 15. 2 sont à Ouahigouya. Le Ciné-Yadéga est propriété de la SONACIB tandis que le Ciné-Palace est une salle privée en gérance SONACIB. 2 sont à Koudougou. Le Ciné-Sibiri est propriété de la SONACIB tandis que le Ciné-Ya est une salle privée. 2 sont à Banfora : le Ciné-Nérigaga (privée) et le Ciné-Paysan noir (provinciale). 24 salles sont uniques dans leurs localités. Sont provinciales en gérance privée : Ciné-Négafio à Réo, Ciné-Nahouri à Pô, Ciné-Faso Kadi à Orodara, Ciné-Zoundwéogo à Manga, Ciné-Sissili à Léo, Ciné-Poni à Gaoua, Ciné-Djelgodji à Djibo et Ciné-Bougouriba à Diébougou. Sont provinciales Ciné-Ganzourgou à Zorgo, Ciné-Oubri à Ziniaré, Ciné-Sourou à Tougan, Ciné-Boulougou à Tenkodogo, Ciné-Neb nooma à Pouytenga, Ciné-Numadu à Nouna, Ciné-Bam à Kongoussi, Ciné-Neerwaya à Kaya, Ciné-Neerwaya à Gourcy, Ciné-Poni à Gaoua, Ciné-N'Gourma à Fada N'Gourma, Ciné-Wélindé à Dori, Ciné-Djelgodji à Djibo, Ciné-Bougouriba à Diébougou, Ciné-Loba à Dédougou et Ciné-Boulsa à Boulsa. Sont privées Ciné-Koulbalé à Tenkodogo, Ciné-Buudu à Koupéla et Ciné-Bittou à Bittou.

La SONACIB publie également l'évolution du nombre d'entrées comptabilisées en salles pour les films africains. Les films burkinabés ont bien sûr les meilleurs scores 1989-2002 cumulés : pour Yaaba d'Idrissa Ouedraogo ; pour Buud Yam de Gaston Kaboré ; pour Yelbeedo d'Abdoulaye D. Sow ; pour Tilaï d'Idrissa Ouedraogo ; pour Keïta ! L'Héritage du griot de Dani Kouyaté. On note également pour Guimba, un tyran, une époque du réalisateur malien Cheick Oumar Sissoko, lequel a aussi engrangé pour Nyamanton, ou bien pour Mobutu roi du Zaïre du Belge Thierry Michel. La comédie Rue Princesse de l'Ivoirien Henri Duparc a quant à elle réuni .

Sa dette s'élevant à plusieurs milliards, la SONACIB est placée sous administration provisoire en . Ses difficultés sont liées à la prolifération des séances de vidéo clandestines et aux pertes liée à la fraude : l’argent est pris à la porte sans billet ou bien le billet est récupéré entier pour être revendu au guichet. Une étude a montré que la société subit ainsi une perte de recettes de 25 %. L’action de contrôleurs assermentés depuis 1993 les fit remonter de 27 % ! Sa mise sous liquidation administrative n'est cependant prononcée que fin 2003, le gouvernement confiant ces secteurs à une société privée en , l’ARPA (Association des réalisateurs et producteurs africains), dont le délégué général est Idrissa Ouedraogo.

A l'occasion du Fespaco 2003 est inauguré l'Institut Imagine animé par son créateur Gaston Kaboré, dans un immeuble de trois étages à Ouagadougou. Il se donne pour objectif le perfectionnement professionnel des métiers de l'image et du son à travers des ateliers thématiques animés par des experts (scénario, montage, etc.).

Une étude de faisabilité est faite sur l'annualisation du Fespaco. Selon le délégué général Baba Hama, l'irrégularité de la production africaine ne permet pas d'organiser chaque année le festival, mais cela reste une perspective. Il indique également que le Fespaco organise des événements durant toute l'année : des semaines de films consacrées à des cinématographies d'un pays à d'une région, des galas pour des premières ou avant-premières de films, un ciné-club régulier. Il signale aussi qu'un centre de documentation permet des recherches sur les cinémas d'Afrique et que le Fespaco publie chaque trimestre une Fespaco News Letter axée sur l'actualité cinématographique africaine. Il ajoute que c'est un défi d'accueillir un nombre toujours grandissant de festivaliers à chaque édition.

En commence la Crise politico-militaire en Côte d'Ivoire, pays voisin, qui affecte profondément le Burkina Faso, avec l'arrivée de nombreux réfugiés, notamment dans le cadre de l'Opération Bayiri. Préparation Dans le contexte de Crise politico-militaire en Côte d'Ivoire, les films ivoiriens sont retirés au dernier moment à la suite d'une polémique. Roues libres de Sidiki Bakaba n'a pas été sélectionné pour la compétition mais pour le panorama. Il retire son film. Par la suite, Didier Aufort (Le Pari de l'amour), également au panorama, indique qu’il ne pourrait venir. Pour Baba Hama, délégué général, alors que le Burkina Faso est souvent accusé de soutenir les opposants au régime en place à Abidjan. D'après Le Monde, un syndicat professionnel ivoirien appelle avant l'ouverture du Fespaco à la participation au festival. La presse ouagalaise fait état de pressions du camp nationaliste ivoirien. La thèse du est réfutée par la direction du Fespaco. La presse locale assure cependant que « le cinéma a été pris en otage » (Le Pays) par les autorités d’Abidjan.

À la suite de la demande des professionnels rassemblés le à l’Hôtel Indépendance, la compétition est ramenée .

Le budget de la manifestation connaît une baisse d’au moins 30 %, indique Jeune Afrique : le Danemark ne poursuit pas son aide, Taïwan revoit son enveloppe à la baisse (50 millions à 10 millions de francs CFA). Le nombre de véhicules mis à disposition passe à une centaine environ, contre 173 en 2001... Environ 600 millions de FCFA () sont réunis pour l’événement. Déroulement Les projections ont lieu pour les festivaliers dans les salles climatisées à 8 h, 11 h, 16 h, 18 h 30, 20 h 30 et 22 h 30 au Ciné-Neerwaya (1000 places, climatisées), au Ciné-Burkina (530 places, climatisée), et à 18 h 30, 20 h 30 et 22 h 30 aux salles en plein air du centre-ville : Georges Méliès au Centre culturel français, Ciné-Oubri et Ciné-Rialé. Le programme TV-Vidéo est projeté à 13 h, 16 h, 18 h, 20 h et 22 h au Petit Méliès, petite salle climatisée du Centre culturel françaisProgramme des films, livret agrafé.

Un focus Afrique du Sud est organisé dans le cadre d'un panorama TV-Vidéo. Un hommage à la chaîne franco-allemande Arte est également proposé avec six longs métragesCatalogue 2003 p. 81-84.

Du 24 au , à l'initiative de l'association ouagalaise Les Écrans et de la Guilde africaine des réalisateurs et producteurs, une nouvelle section faisant l'objet d'un catalogue bilingue particulier est ouverte avec une programmation "Le Côté Doc du Fespaco" tous les jours de 13 h à 16 h dans la salle Petit Méliès de l'Institut français, avec présentation et discussion sur le film, débat avec une personnalité du cinéma et une leçon de cinéma avec Abderrahmane Sissako. Le prix de la Guilde est attribué à Tanger, le rêve des brûleurs de Leila Kilani.

Le Marché international du cinéma africain et de la télévision (MICA), dont la commission est présidée par Gaston Kaboré, est abrité par le Centre culturel français Georges Méliès, au cœur de la ville. Il totalise 29 stands, avec 320 films dans la vidéothèque pour le visionnage. Le catalogue du MICA est tiré à 2000 exemplaires.

Dans le cadre de la thématique "comédiens", une rétrospective Honneur aux comédiens est organisée avec des films de ou avec Mariam Kaba, Sidiki Bakaba, Rasmane Ouédraogo et Habib Dembélé, ainsi qu'un hommage aux comédiens récemment disparus : Lancina Gninassé (Burkina Faso), Balla Moussa Keïta (Mali) et Aminata Fall (Sénégal)Catalogue 2003 p. 87-93. Un défilé de costumes de films portés par les comédiens est en outre organisé le par Martine Somé, styliste. Les costumes viennent des films Buud Yam, La Génèse, Sia, le rêve du python, La Colère des dieux, Taafé Fanga , Keïta, etc.

du festival sont distribués mais le nombre d'accrédités dépasse les . Une fois tous les sacs distribués, les suivants reçoivent un tee-shirt ou un bob pris dans les sacs précédents. Proche du siège du Fespaco où se trouvent de nombreux stands de restauration, le centre de presse est installé au siège du Liptako-Gourma, où se réunit également la rédaction de Fespaco News.

Une exposition Ouaga la belle est présentée à la Maison du peuple, qui porte sur l'évolution démographique et architecturale de la capitale, qui est jumelée à Grenoble.

Cérémonie d'ouverture Les du Stade du sont vite remplies et beaucoup ne peuvent entrer, ce qui provoque des échauffourées. Les forces de sécurité font usage de gaz lacrymogène et leur brutalité est critiquée, notamment au niveau de la porte 10 du stade. A 17 h, après que plusieurs groupes musicaux se soient succédé sur la scène centrale, tout le monde se lève pour l'entrée du Président du Faso. Un défilé-carnaval puis un concert de Bob Sala précède l'allocution du comédien Rasmane Ouedraogo qui, au nom de ses collègues, exprime les difficultés de sa profession et rend hommage aux comédiens disparus dont il dresse la liste en obtenant une minute de silence. Il la termine par Camara H., récemment assassiné à Abidjan pour avoir été l’un des responsables du Rassemblement des républicains (RDR) d’Alassane Ouattara. Il clôt son discours en chargeant Mme Chantal Campaoré, épouse du président burkinabè, et Monsieur Mahamoudou Ouedraogo, ministre de la Culture des Arts et du Tourisme, de rappeler . Après les chansons de Jeanne Bicaba et les chanteurs et de danseurs congolais Makoma puis le cérémonial du clap, se déroule un spectacle de sons et lumières.

Les Galas d'ouverture se déroulent aux cinémas Neerwaya et Burkina avec la projection de La Colère des dieux d'Idrissa OuedraogoProgramme des films, livret agrafé, p.3.

Colloque "Le comédien dans la création et la promotion du film africain" Les 25 et , le colloque se tient dans la salle de conférence du PNUD. Il met en avant le déficit de formation des comédiens et d’un vrai statut juridique et social, ainsi que le manque de compétences des réalisateurs dans la direction d’acteurs. Une résolution est adoptée relative à la mise en place d’un comité de pilotage chargé de l’élaboration de textes juridiques et réglementaires et de la convocation d’une assemblée constitutive de la structure de regroupement des comédiens africains. L'enjeu est une structuration de la profession et la création de réseaux relationnels entre pays et entre comédiens.

Le choix de cette thématique pour le Fespaco , note Colin Dupré. Alors qu'on ne prête que peu d'attention aux comédiens en Afrique, ce choix marque . Michel Amarger note cependant que , tandis que .

Cérémonie de clôture Elle se déroule au stade municipal de Ouagadougou, en présence du Président du Faso qui remet l’Étalon de Yennenga. Un hommage spécial est rendu par le jury compétition TV-Vidéo à Philippe Broecks, producteur de la série Steps for the Future, décédé au mois de janvier. Les groupes musicaux qui se succèdent sont Afouni, Kanzay, Solodia Kabato, Prince Zuitaba et Afia Mala.

Sélections officielles Sur la base du Catalogue de l'édition 2003 Longs métrages en compétition