La colonie de vacances des Grèves, établie en 1912, est la plus ancienne colonie de vacances encore en opération au Québec et au Canada-françaisOuvrage « L’œuvre de vacances des Grèves au Cap de la Victoire pour les écoliers de Montréal », 1916, par Édouard Gouin, prêtre de Saint-Sulpice.Ouvrage « Pour nos enfants » - Les Garderies d’enfants, 1930, Montréal: L’École sociale populaire, Secrétariat de l’É.S.P.: 1930, par les Sœurs Marie-Hadelin et Marie-Clairina des Religieuses Franciscaines Missionnaires de Marie, indique que la Colonie de vacances des Grèves a été créé en 1912.Article « 900 enfants par jour sont accueillis à la Colonie des Grèves », journal La Seigneurie, 17 au 23 mai 1970, p. 7.. Aujourd’hui, cette colonie est réputée comme la plus grande colonie de vacances francophone toujours en fonction en Amérique du Nord..

Ce camp de vacance familial et pour enfants est situé au Cap de la Victoire, sur la rive sud-est du fleuve Saint-Laurent, dans la Première Concession, dans la ville de Contrecoeur, dans la municipalité régionale de comté (MRC) de Marguerite-D'Youville, dans la région administrative de la Montérégie, dans la province de Québec, au Canada.

Mission

La première mission de ce camp de vacances était de fournir aux enfants des milieux économiquement faibles et moins favorisés de Montréal les moyens de se récréer sainement au grand air et de vivre de bienfaisantes vacances. Le camp permet d’initier les enfants à différents sports, aux arts plastiques, au bricolage, etc, sous la surveillance de moniteurs et monitrices qualifiés. L’objectif était alors de fuir la maladie des villes où sévissait la tuberculose que la science médicale ne pouvait combattre efficacementArticle « Une histoire si proche! Quand un malheur devient bonheur! », par Antoine-Michel Le Doux, journal Le Sentier, journal communautaire de Saint-Hippolyte, 28 janvier 2020..

En 1921, la devise de la Colonie était en latin : « Mens sana in corpore sano » (Un esprit sain dans un corps sain)Journal Le Devoir, 30 juillet 1921, ..

Aujourd’hui, la mission de la Colonie des Grèves de Contrecoeur est d’offrir à tous les enfants, sans égard à leur situation économique, un endroit de loisirs et de culture où ils peuvent pleinement se développer et s’épanouir. Ainsi, le camp offre une gamme de services liés au domaine de la récréation pour les familles et les jeunes, même en groupe. Le camp véhicule officiellement les valeurs fondamentales: le respect de soi, des autres et de son environnement, la coopération et l’empowerment.

La Colonie de vacances des Grèves est accréditée par l’Association des Camps du Québec.

Activités et services offerts

La Colonie des Grèves offre : un programme spécial d’activités lors de la semaine de relâche scolaire (habituellement fin février ou début de mars) ; un programme de camp de jour estival pour les enfants de 5 à 12 ans, incluant l’animation et un service de garde ; un hébergement de groupe et familial ; des activités de plein air, car personnes par année parcourent des sentiers du parc régional des Grèves pour la marche, la raquette ou le ski de fond ; des activités grand public ; la location de salles comme lieu de rencontres et de réunions, tels mariages, fêtes familiales, rencontres de travail, party du temps des Fêtes.

En hiver, le camp offre l’accessibilité au Parc régional des Grèves, pour y pratiquer des activités sportives telles le ski de randonnée, la raquette, la glissade, la marche, une mini ferme et une patinoire. Le camp offre aussi la glissade sur tube avec corridors de glisse.

La direction du camp a décrété en la suspension des activités du camp pour une période indéfinie, à la suite de l’imposition de mesures sanitaires par le gouvernement du Québec dans le cadre de la lutte contre la pandémie mondiale du Coronavirus Covid-19. Conséquemment, la programmation de l’été 2020 comprenait seulement les camps de jours, en complémentarité aux programmes municipaux, notamment un camp pour les 4 ans, un camp spécialisé en voile et, en alternance, un camp de sciences naturelles, de survie en forêt et de grandeur nature. En sus, les camps musicaux de la Chasse-galerie et les camps de fin d’été ont été de retourArticle « Un été 100% camps de jour aux Grèves de Contrecœur », journal La relève, 7 juillet 2020, page M14..

Clientèles

En 1925, le nombre de petits colons s’élevait à 693, divisés en deux contingents : celui de juillet et celui d’aoûtArticle « Le travail accompli par les conférences de la Saint-Vincent-de-Paul à Montréal », journal Le Devoir, 26 juillet 1926, et 4..

Pour l'été 1929, la colonie comptait 935 inscriptions et repas servis. Elle maintient sept colonies de vacances aménagées de treize vastes constructionsArticle «La Fédération des œuvres sociales de santé», journal Le Devoir, 15 avril 1930, , mentionnant le lancement de la deuxième campagne de souscription..

En 1936, le Camp des Grèves a accueilli 2000 garçons pour ses activités de plein air. Ce camp de vacance était alors appuyé financièrement par la Fédération des Œuvres de Charité Canadiennes-Françaises qui faisait à chaque printemps une campagne de financementJournal L’Illustration Nouvelle, 13 avril 1937, ..

Avant son départ pour la colonie, chaque « colon » se faisait peser à l’École Normale Jacques Cartier, et à son retour ; l’objectif était d’évaluer le gain de poids du colon lors de son séjour à la colonie, considéré alors comme un gage de santé physique. À l’époque, en partant de Longueuil, le train était le moyen de transport le plus pratique pour les colons (campeurs) et le personnel, en réclamant l’arrêt au Cap de la Victoire.

La Colonie de Vacances des Grèves était réservée aux garçons, au moins jusqu’en 1956. Depuis l’été 1967, la Colonie des Grèves accueille 900 enfants (garçons et filles) par jour au camp estival de jour. Ils sont transportés chaque jour par autobus. Ce camp de jour est alors réservé aux enfants des familles à revenus modestes, habitant dans les paroisses sises à proximité des ponts Jacques-Cartier, Victoria, Champlain et Tunnel H.-Lafontaine. Ce programme d’été est alors subventionné par la Fédération des œuvres de charité canadiennes-françaises.

Au cours de son histoire, cette colonie de vacances est surtout destinée aux enfants de milieux défavorisés de la région de Montréal. À partir de 1995-2000, la colonie s’ouvre aux résidents de la région de Sorel – Contrecoeur.

Depuis au moins 1995, la colonie organise une journée portes ouvertes à tous les printemps afin de faire connaître le personnel, le site, les équipements, le type d’hébergement et les aires d’activités du campJournal Le Soleil, 5 mars 1995, , Supplément 1, cahier « Camps de vacances », reportage publicitaire..

Propriétaire

En 1915, la communauté des Sulpiciens adopte la Colonie. Une société a été incorporée par lettres patentes, sous la présidence de Monseigneur Georges Gauthier. En 1915, l’adresse postale de la colonie est : Cap de la Victoire, paroisse Saint-Roch du Richelieu. Le siège administratif est à l’École Normale Jacques Cartier, Parc Lafontaine, Montréal.

La « Colonie de vacances des Grèves » est un organisme à but non lucratif fondé le sous la Loi sur les clubs de récréation; cette entité opéra jusqu’au .

En parallèle, le « Domaine des Pins » a été établi en 1979. Le « Domaine des Pins de Contrecoeur » a été immatriculé le jusqu’au , comme organisme à but non lucratif. Les deux entités se fusionnèrent sous une nouvelle entité désignée « Colonie de vacances des Grèves » laquelle a été immatriculée sous la partie 3 de la Loi sur les compagnies le au registre des entreprises du Québec.

Ce nouvel organisme à but non lucratif possède l’immeuble où est sis le camp et l’exploite comme colonie de vacances. Selon le registre, la Colonie de vacances des Grèves offre des activités de loisirs & culture pour les jeunes, et des activités de loisirs & hôtellerie pour famillesRegistre des entreprises du Québec.. Cet organisme est dirigé par un conseil d’administration.

Commanditaires

Dès sa fondation, les activités, les infrastructures et les bâtisses de la colonie des Grèves ont pu être financées grâce à: diverses activités de financement, surtout à Montréal, tels des quêtes dans les églises, des pièces de théâtre, concerts…; des excursions (par train et/ou bateau) surtout en partance de Montréal et à destination de la colonie; des subventions de la Commission scolaire de Montréal, et de grands organismes de charité.

En 1926, les colons ne payaient généralement pas de pension et bénéficiaient des secours accordés par différentes institutions, telle la Société de Saint-Vincent-de-Paul, la Cité de Montréal, la Commission des écoles catholiques de Montréal, l'Institut Bruchési et différentes organisations particulièresArticle «Colonie de vacances des Grèves», journal L’Action populaire, 9 septembre 1926, p. 4..

Dans les années 1930, les principaux organismes subventionnant la colonie des Grèves étaient la Fédération des Œuvres sociales de santé et la Fédération des Œuvres de charité canadiennes-françaises. Cette dernière a été fusionnée en 1966 avec d’autres organismes pour former Centraide Montréal qui a continué de subventionner la colonie.

Le Cercle social Ville-Marie a été fondé en 1935 à Montréal avec pour mission de financer la Colonie de vacances "Les Grèves". De 1936 à 1942, le soutien financier de ce cercle social a permis l'érection du pavillon-Souvenir (renommé Pavillon Père-Savignac), des dortoirs Saint-Jean, SS.-Anges, Sainte-Jeanne d'Arc, Saint-Joseph et Saint-Jean Baptiste, d'une cuisine d'été pour le gardien et d'une "Solitude" pour les séminaristes-surveillants. En 1943, ce financement a permis la construction d'un "lavoir", à l'amélioration de la cuisine Kiwanis et à l'ornementation de la chapelleJournal Le Devoir, 31 août 1943, p. 10, article "L'œuvre accomplie par le Cercle social Ville-Marie", faisant le bilan de l'organisme pour la période de 1936 à 1942..

Depuis les années 1990, les colonies de vacances du Québec sont subventionnées par le gouvernement du Québec, via le ministère de l’Éducation, loisirs et sports pour les volets fonctionnement et immobilisation. En 1995, le camp était aussi subventionné par Centraide et le ministère des Affaires municipales.

Bâtisses et infrastructures

En 1926, les installations de la colonie des Grèves comportent une chapelle, un séminaire où logent les ecclésiastiques, un réfectoire pour les surveillants et un pour les colons, ainsi que cinq dortoirs où les enfants dorment dans des lits doubles (genre lit de bateau).

En 1978, la colonie pouvait héberger dans le camp jusqu’à 626 personnes en même temps dont 126 membres du personnel, moniteurs, cuisiniers, préposés à l’entretien et à l’administrationArticle « Près de la capitale de l’acier, 500 enfants dans la nature », par Germain Tardif, photographe : Réal St-Jean, journal La Presse, 15 août 1978, Cahier Rive-Sud, p. 10..

En 2020, la Colonie de vacances des Grèves peut héberger jusqu’à 170 personnes en sept chalets, en deux auberges ou au dortoir Robert-Moore de 40 places situé dans le pavillon principal. L’auberge Édouard-Gouin peut accueillir jusqu’à 23 personnes et comporte 14 chambres. L’auberge Édouard-Gagnon peut accueillir jusqu’à 44 personnes et comporte sept chambres pour six personnes. Elle peut accueillir des groupes allant jusqu’à 200 personnes. Cette colonie offre cinq salles de réunion en location, avec ou sans service de repas.

En 1975, la colonie couvrait environ Article « Le ministre Phaneuf enchanté de sa visite à la colonie « Les Grèves » », par Louis Farly, Le Nouvelliste, 12 août 1975..

Parc régional des Grèves