La rue d'Or (en alsacien : Goldgiesse) est une rue de Strasbourg située dans le quartier Bourse - Esplanade - Krutenau. Faisant face à la cathédrale, mais de l'autre côté de l'Ill, elle va du 18, quai Saint-Nicolas à la place de l'Hôpital (Strasbourg)Maurice Moszberger (dir.), « Rue d'Or », in Dictionnaire historique des rues de Strasbourg, Le Verger, Barr, 2012 (nouvelle éd. révisée), . Elle a été coupée en deux tronçons par la rue de la Première-Armée, dans le cadre de la Grande-Percée, au cours des années 1930. La petite rue (de) Graetel Adolphe Seyboth, « Graetelgässchen. Rue de Graetel », in Das alte Strassburg, vom 13. Jahrhundert bis zum Jahre 1870 ; geschichtliche Topographie nach den Urkunden und Chroniken, Strasbourg, 1890, , y a été incorporée« Rue d'Or (Strasbourg) » (ArchiWiki).

Histoire L'existence d'un Goldgiessen (« fossé d'or ») est attestée en 1163, 1427, 1580, 1587. Selon l'historien Adolphe Seyboth, dans le vieux Strasbourg, les ruelles un peu plus larges que les autres empruntaient souvent le sillon de très anciens fossés ou cours d'eau. Celui -ci se jetait dans l'Ill, un bras du Rhin (Krummer Rhein), et dont le sable charriait, semble-t-il, des paillettes d'or – d'où son nom Adolphe Seyboth, « Goldgiessen. Rue d'Or », in Das alte Strassburg, op. cit., , .

Par la suite, la voie porte successivement différents noms, en allemand ou en français : rue de la Pomme d'Or (1764), écluse d'Or (1765), rue d'Or ou quartier des Charrons (1786, 1817), rue des Fêtes nationales (1794), fossé de la Pomme d'Or (1803), quai des Charrons (1806), rue d'Or (1849, 1918, 1945), Goldgiessen (1872, 1940).

Des plaques de rues bilingues, à la fois en français et en alsacien, sont mises en place par la municipalité à partir de 1995« L'alsacien a droit de rue à Strasbourg », Libération, 31 mars 1995, . C'est le cas du Goldgiesse.

Bâtiments remarquables La restructuration du quartier au moment de la Grande-Percée a conduit à la démolition de plusieurs maisons, au déplacement de l'une d'entre elles, et, plus généralement, à une renumérotation partielle de la rue, les édifices les plus remarquables se trouvant plutôt du côté pair. Numéros impairs : Le vaste immeuble néoclassique qui fait l'angle avec le 18, quai Saint-Nicolas remplace depuis 1849 une ancienne maison médiévale à pignons crénelés, visible sur certaines lithographies ou dessins de l'époque. Au elle abrite l'hôtellerie Zum Nesselbach, que posséda pendant quelques années la famille du poète humaniste Sébastien Brant, qui y vécut entre 1501 et 1521, comme le rappelle une plaque apposée sur le quai. Lui-même serait né en 1547 (ou 1548 selon les sources) dans la rue d'OrCharles Schmidt, « La vie de Brant », in Revue d'Alsace, 1874, , .À l'achèvement du nouvel immeuble, Louis Pasteur, qui vient d'être nommé professeur de chimie à l'université de Strasbourg et de se marier Gerald. L. Geison, The Private Science of Louis Pasteur, Princeton University Press, 2014, , s'y installe et y réside jusqu'en 1854Roland Recht, Jean-Pierre Klein et Georges Foessel (dir.), « Quai saint-Nicolas », in Connaître Strasbourg : cathédrales, musées, églises, monuments, palais et maisons, places et rues, Alsatia, 1998 (nouvelle édition remaniée), . : Au moment des projets en vue de la Grande-Percée des années 1930, le rapport de la Kunstkommission, à laquelle participe notamment Fritz Beblo, recense parmi les bâtiments promis à la démolition les quelque 33 maisons présentant un intérêt artistique, mais très peu seront sauvées« 16. La Grande Percée de Strasbourg », Documentation et patrimoine DRAC Grand Est . Le de la rue d'Or fait figure d'exception. En effet, on aperçoit sur un dessin d'Émile Schweitzer de 1894 et sur plusieurs photographies anciennes, la maison à colombages du début du , à encorbellement et à petite tourelle, qui se trouvait à cet endroit. En 1936, elle est déplacée au de la rue du Maroquin, où elle abrite désormais une section du musée de l'Œuvre Notre-Dame« Strasbourg médiéval », , Balades strasbourgeoises. Du Moyen Âge à nos jours, l'architecture de la ville en 6 circuits, L'Office de Tourisme de Strasbourg. Les se trouvent de l'autre côté de la rue de la Armée. Le 21, construit en 1769 pour le maréchal-ferrant Jean Paul Grucker, est doté d'une façade caractéristique du , avec, notamment, des étages séparés par des bandeaux et une moulure arquée surmontant la fenêtre du premier étage« 21, rue d'Or », Maisons de Strasbourg. Étude historique sur les maisons de Strasbourg entre le XVI et le XX siècle . La rue d'Or est ensuite interrompue par la ruelle de la Farine, avant de déboucher sur la rotonde de l'ancienne école de Médecine sur la place de l'Hôpital.

Numéros pairs : La date de construction de cet édifice à colombages, à l'angle du du quai Saint-Nicolas, est incertaine, mais l'emplacement est cité dès 1575 par Adolphe Seyboth Adolphe Seyboth, « St Nikolausstaden. Quai St-Nicolas », in Das alte Strassburg, op. cit., , . : L'ancienne maison fait partie de celles qui ont été démolies. Elle a été remplacée par un ensemble immobilier construit dans la deuxième partie des années 1960« 1-3 Rue de la Première Armée, 8 rue d' Or, 12 quai Saint Nicolas (Strasbourg) », ArchiWiki . : Ces maisons faisaient partie de la petite rue (de) Graetel, incorporée dans la rue d'Or. : La façade de cette maison de 1771, qui appartenait à Georges Christophe Freisinger, maître maçon, est caractéristique de l'architecture du « Maisons à l’architecture caractéristique du XVIII siècle », Maisons de Strasbourg. Étude historique sur les maisons de Strasbourg entre le XVI et le XX siècle . Cet immeuble, dont le troisième étage est mansardé, compte trois travées de fenêtres, chaque niveau étant aligné sur ceux du , avec des corniches à la même hauteur« 16 rue d'Or (Strasbourg) », ArchiWiki . : Cette maison de 1746, qui appartenait à Jean Henri Reinbold, maître maçon, est également caractéristique du , en particulier la porte cochère centrale à encadrement de grès à refends et le chaînage latéral qui s'interrompt au-dessus du rez-de-chaussée« 18, rue d'Or », Maisons de Strasbourg. Étude historique sur les maisons de Strasbourg entre le XVI et le XX siècle . : De la même période, la maison possède des fenêtres à crossettes. : La maison à pans de bois des possède cependant un élément daté de 1600 dans la courette, ainsi qu'un escalier à vis. : Réunie à la maison précédente, cette bâtisse donnant sur la place de l'Hôpital constitue un ensemble hôtelier, créé en 1958 sur l'emplacement d'un ancien estaminet« Cerf d'Or. Histoire » , que l'on aperçoit sur des photographies du début du .

Représentations d'artistes La rue d'Or a inspiré dessinateurs, peintres et photographes, éditeurs de cartes postales et de calendriers. Il s'agit parfois d'un panorama en direction de la tour-porte de l'Hôpital, mais c'est surtout la perspective vers la flèche de la cathédrale qui constitue une représentation classique du vieux Strasbourg. C'est le cas notamment du peintre Lothar von Seebach qui, au début des années 1880, avait installé son atelier dans la tour, d'où il apercevait la rue. Cet endroit devient, au cours des 50 années suivantes, un lieu de rencontre d'artistes et de savantsHélène Braeuner, Les Peintres et l'Alsace : autour de l'impressionnisme, Renaissance du Livre, 2003, .

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Maurice Moszberger (dir.), « Rue d'Or », in Dictionnaire historique des rues de Strasbourg, Le Verger, Barr, 2012 (nouvelle éd. révisée), Adolphe Seyboth, « Goldgiessen. Rue d'Or », in Das alte Strassburg, vom 13. Jahrhundert bis zum Jahre 1870 ; geschichtliche Topographie nach den Urkunden und Chroniken, Strasbourg, 1890, , et « Graetelgässchen. Rue de Graetel », ibidem, ,

Articles connexes Liste des voies de Strasbourg

Liens externes « Rue d'Or (Strasbourg) » (ArchiWiki)

Or