La guerre du Tigré est une guerre civile qui a duré du au et qui a opposé le gouvernement fédéral éthiopien au Front de libération du peuple du Tigré (FLPT), allié au Front de libération oromo (ALO). D'abord cantonné au Tigré, le conflit s'étend à l'Oromia, l'Amhara et l'Afar.
Le conflit est issu de la tentative du Front de libération du peuple du Tigré (dirigeant la région du Tigré) de faire sécession..., tentative notamment motivée par le désaccord du FLPT avec la volonté du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, en poste depuis 2018, de mettre fin au système politique ethnocentré en vigueur depuis 1994.. Cette volonté amène ce dernier à supprimer en 2019 le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (FDRPE) qui dirige l'Ethiopie depuis 1994 et dont il est lui même issu. Ce parti avait pour particularité d'être une coalition constituée d'une multitude de partis ethniques. Cette suppression se fait au profit de la création du "parti de la prospérité" qui est un parti centralisé ne représentant aucune ethnie. La suppression du FDRPE a également pour conséquence de réduire l'importance politique de l'ethnie tigréenne qui dominait politiquement l'Ethiopie depuis 1994.. Cela amène le FLPT (principal parti politique tigréen) à refuser son intégration politique au sein du Parti de la prospérité d'Abiy Ahmed et à conduire le des élections séparées, jugée "illégales" par le pouvoir central..
Cette dissidence aboutit à une brutale montée des tensions entre les autorités régionales du Tigré et le gouvernement fédéral. Le , le gouvernement éthiopien accuse le Tigré d'avoir déclenché les hostilités en attaquant des bases de l'armée fédérale dans la région.. Ce dernier dément et indique ne s'être que défendu face à des attaques menées par l'Éthiopie et l'Érythrée. Quoi qu'il en soit, le le gouvernement annonce une opération militaire contre les autorités du Tigré..
. Il prend fin avec un accord de cessez-le-feu signé à Pretoria le , suivi d'un traité de paix le de la même année.
Causes vignette|Carte de localisation du Tigré au sein de l'Éthiopie. Depuis l'entrée en vigueur de la constitution de 1994, l’Éthiopie est un État fédéral divisé en régions établies sur des bases ethniques.. L'Éthiopie est alors un État autoritaire, dirigé depuis des décennies par la même coalition, le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (FDRPE), au sein de laquelle la minorité tigréenne possède une part du pouvoir très importante en comparaison de celle de sa population, qui totalise 6 % de celle du pays.. Cette hégémonie est notamment très marquée sous les mandats du tigréen Meles Zenawi, Premier ministre de 1995 à sa mort en 2012.
vignette|La capitale du Tigré, Mekele, en 2018. À la périphérie de la ville, un haut monument en mémoire de la guerre contre le Derg.|alt=Vue aérienne de la capitale du Tigré. À la périphérie de la ville un haut monument en mémoire de la guerre contre le Derg.
La situation change au début de l'année 2018 lorsque le pays est agité par des troubles socio-politiques qui conduisent en avril au report des élections municipales et à la démission du Premier ministre Haile Mariam Dessalegn.. Le FDRPE nomme alors Abiy Ahmed au poste de Premier ministre d'Éthiopie le .. Celui-ci se lance très vite dans un vaste programme de réformes, dont la libération de dissidents, une ouverture de l’espace démocratique ainsi que le retour à la paix avec l'Érythrée voisine, ce qui lui vaut une importante popularité et l'obtention, le , du prix Nobel de la paix.... Le nouveau Premier ministre s'efforce également de réformer le FDRPE en une structure nationale centralisée, celui-ci étant composé de quatre partis ethno-régionaux implantés indépendamment les uns des autres dans les régions des Oromos, des Amharas, des Tigréens et des peuples du sud. Ceux-ci sont ainsi fusionnés en une seule formation : le Parti de la prospérité, à l'exception du Front de libération du peuple du Tigré (FLPT), qui refuse son incorporation...
Le rapprochement avec l'Érythrée est également source de tensions, la région du Tigré délimitant une grande partie de la frontière où se sont déroulés les affrontements et les revendications territoriales des deux pays. Le FLPT, qui dirige seul la région du Tigré, accuse le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed – un Oromo, ethnie la plus importante en Éthiopie – d’avoir progressivement marginalisé la minorité tigréenne (6 % de la population) au sein de la coalition au pouvoir, que le parti a depuis quittée, se positionnant de facto dans l’opposition depuis 2018..
Déroulement du conflit Début du conflit et offensive du gouvernement éthiopien Le Tigré en sécession Le FLPT entre en sécession le au moment de sa décision d'organiser unilatéralement des élections dans la région du Tigré. Cette décision fait suite au refus par le FLPT du report des élections législatives éthiopiennes. La tenue de ces élections sont considérés comme un défis à l'autorité du gouvernement éthiopien et jugées "illégales" par ce dernier..
Le , Abiy Ahmed accuse le FLPT d'avoir attaqué une base de l'armée fédérale dans le Tigré et annonce une réponse militaire. Dès le lendemain l'état d'urgence est proclamé pour 6 mois. et les Forces de défense nationale éthiopiennes entrent au Tigré où de violents affrontements ont lieu...
Au moment de l'intervention militaire la région totalise plus de la moitié de l’ensemble du personnel des forces armées et des divisions mécanisées du pays dans le Commandement du nord à la suite de la guerre entre l'Érythrée et l'Éthiopie. Cependant selon un rapport du centre de réflexion International Crisis Group (ICG) publié fin , environ 20% des effectifs totaux sont originaires du Tigré et ont dans leur grande partie déserté. De plus, toujours selon l’ICG, les autorités du Tigré peuvent également compter sur , dont les effectifs combinés sont estimés à et .. La totalité du parc éthiopien de missiles balistiques tactiques et roquettes guidées d'origine chinoise., et plusieurs sites de sites de missiles sol-air, ont été capturés au début de la guerre par les forces tigréennes.
Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, dans une intervention télévisée, a déclaré qu'une attaque du FLPT a été repoussée par des forces de sécurité de la région d’Amhara, qui borde le sud du Tigré. Elle aurait fait .
Le bureau du Premier ministre a accusé dans un communiqué le FLPT d’avoir habillé ses soldats avec des uniformes semblables à ceux portés par l’armée érythréenne afin ..
Le , le président du Front de libération du peuple du Tigré Debretsion Gebremichael a confirmé que les forces tigréennes contrôlaient le quartier général du commandement nord de l'armée éthiopienne et avaient saisi la plupart de ses armes.. Debretsion a également déclaré que le Commandement du Nord avait également fait défection et rejoint la rébellion. Il ajoute que l'armée de l'air éthiopienne a bombardé des zones proches de Mekele, la capitale du Tigré..
Le , le Conseil de la fédération, la chambre haute éthiopienne, s’est réuni en session extraordinaire et a approuvé une résolution pour établir un gouvernement de transition au Tigré ; cette décision signifie que le Parlement éthiopien suspend les autorités régionales du Tigré..
Le pouvoir central reprend le contrôle des villes
Le , le général Adem Mohammed, dirigeant l'armée éthiopienne, est limogé et remplacé par son adjoint le général Berhanu Jula. D'autres nominations dans les services de sécurité ont lieu pour la constitution d'un ..
Dans la nuit du au , après une défaite contre les troupes gouvernementales, les miliciens tigréens massacrent environ 600 civils amharas à Maï-KadraÉthiopie : à Mai-Kadra, un massacre terrifiant et de nombreuses questions, Paris-Match avec AFP, 25 novembre 2020.. Le lendemain, l'armée éthiopienne s'empare de la ville.
Le , trois missiles balistiques tactiques M20 sont tirés depuis la région du Tigré vers Asmara, la capitale de l'Érythrée.. Ces tirs sont revendiqués le lendemain par le FLPT qui accusent l'armée éthiopienne d'utiliser l'aéroport d'Asmara pour bombarder la région et le considèrent donc comme ..
Le , le gouvernement annonce avoir pris la ville d'Alamata, dans le sud de la province du Tigré.. Le , le gouvernement annonce le contrôle des villes de Shire et d'Aksoum.. Le lendemain, le gouvernement annonce avoir repris les villes d'Adoua, de Tsorona-Zalambessa, au nord, et de Mehoni, au sud.. En parallèle, au Soudan, le nombre de réfugiés atteint , avec une augmentation de supplémentaires par jour.. Le , le gouvernement annonce la reprise de la ville d'Adigrat...
Le , le Premier ministre Abiy Ahmed lance un ultimatum de aux dirigeants tigréens., peu de temps avant une attaque prévue sur Mekele, invitant également la population à fuir et à se . Le chef du FLPT promet en réponse de livrer des , ajoutant que ..
Le , à la suite du refus de l'ultimatum par le FLPT, le Premier ministre ordonne à l'armée de lancer l'offensive contre la capitale tigréenne, ajoutant que et invitant les habitants .. Le , le gouvernement éthiopien annonce la reprise de la ville de Wukro, située à au nord de Mekele..
Le , le gouvernement éthiopien annonce la reprise de la ville de Mekele, capitale du Tigré..
Le , l'électricité revient partiellement, ainsi que le téléphone dans la ville de Mekele, malgré des pénuries alimentaires, d'eau et d'essence ; en parallèle, l'espace aérien du Tigré est rouvert à la même date. De même, le gouvernement demande aux employés publics de retourner à leur poste..
Enlisement, retrait érythréen, entrée en action de l'Armée de libération oromo thumb|Carte administrative du Tigray Du 9 au , un affrontement majeur éclate entre les forces tigréennes et érythréennes dans le de Werie Lehe.
Le , des combats éclatent dans le woreda de Samre dans la zone Sud-Est.
Le samedi , le ministre des Affaires étrangères éthiopien, Demeke Mekonnen, rejette les accusations américaines, du secrétaire d’État américain, Antony Blinken, de nettoyage ethnique au Tigré, les qualifiants de "complètement infondées et fallacieuses" et ajoutant que "rien, pendant ou après la fin de la principale opération de maintien de l’ordre au Tigré, ne peut être identifié ou défini d’aucune manière comme un nettoyage ethnique ciblé, intentionnel, contre quiconque dans la région. C’est pourquoi le gouvernement éthiopien s’oppose vigoureusement à de telles accusations"https://www.lefigaro.fr/flash-actu/ethiopie-le-gouvernement-dement-tout-nettoyage-ethnique-au-tigre-20210313..
Le lundi , la Haute Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Michelle Bachelet, accède à la demande de la Commission pour les droits de l'Homme éthiopienne (EHRC) concernant l'ouverture d'une enquête conjointe à la suite de la dénonciation par des habitants du Tigré de massacres et de violences sexuelles à grande échelle contre les populations civiles de la province par les forces de sécuritéhttps://www.lefigaro.fr/international/ethiopie-feu-vert-de-l-onu-pour-une-enquete-conjointe-au-tigre-20210318..
Le , les forces tigréennes lancent une attaque dans la région d'Amhara.
Après avoir admis le que les forces de l'Érythrée opèrent au Tigré, le premier ministre éthiopien déclare le qu'elles quitteront bientôt le territoirehttps://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/03/26/en-ethiopie-le-premier-ministre-abiy-ahmed-annonce-le-retrait-des-troupes-erythreennes-du-tigre_6074520_3212.html..
Le vendredi également, le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) déclare que des équipes de l'ONU ont pu confirmer la destruction des camps de réfugiés de Shimelba et Hitsats, les équipes de l'ONU déclarant avoir "trouvé les deux camps totalement détruits, et toutes les installations humanitaires pillées et vandalisées", confirmant ainsi l'analyse d'images satellites de https://www.lefigaro.fr/flash-actu/ethiopie-les-camps-de-refugies-de-shimelba-et-hitsats-au-tigre-totalement-detruits-20210326..