La Société des missions africaines (SMA, Societas Missionum ad Afros), également appelée Missions africaines de Lyon, est une communauté de missionnaires catholiques, organisée en société de vie apostolique fondée en 1856 et présente sur quatre continents : Afrique, Amérique, Asie et Europe. Elle ne doit pas être confondue avec la Société des missionnaires d'Afrique (Pères blancs) fondée en 1868 par Charles LavigerieLa Société des missions africaines se distinguait notamment par le fait que dans ses constitutions, contrairement aux Pères blancs, elle n'acceptait pas en son sein de membres des régions évangélisées (dits « indigènes »), afin de ne pas les détourner du clergé diocésain, dont la formation était considérée comme prioritaire. Cette disposition sera levée en 1983..
Fondation
En 1856, Melchior de Marion-Brésillac, précédemment vicaire apostolique de Coimbatore (Indes), se présente à Rome et demande à être envoyé en Afrique, de préférence au Dahomey (l'actuel Bénin). Le secrétaire de la Propagande lui demande de ne pas partir seul, mais de former une société de missionnaires qui pourra assurer une continuité. L'évêque obéit et parcourt la France, en prêchant pour rassembler du personnel et des finances. La Société des missions africaines (SMA) naît ainsi à Lyon le . Le premier territoire confié à la jeune société est le vicariat apostolique de Sierra Leone. Six confrères se trouvent réunis à Freetown en . Une épidémie de fièvre jaune en fait mourir cinq au cours du seul mois de , dont l'évêque fondateur. À Lyon, Augustin Planque décide de poursuivre l'aventure. Des candidats continuent de se présenter.
En 1861, Francesco Borghero et deux confrères sont envoyés au Dahomey. Ils rayonnent dans les environs, jusqu'à Lagos (dans l'actuel Nigeria). La SMA va devoir enseigner l'anglais à ceux de ses membres qu'elle destine aux pays anglophones : elle part donc s'implanter en Irlande. La SMA recherche des sœurs qui acceptent de venir en Afrique travailler auprès des femmes et d'y ouvrir des écoles pour les filles. Après divers essais de collaboration, Augustin Planque décide de fonder sa propre société de sœurs missionnaires : l'année 1876 marque la naissance officielle des Sœurs de Notre-Dame des Apôtres (NDA). Il rêve de partir, lui aussi, pour l'Afrique noire. Il n'aura jamais l'occasion de s'y rendre. Depuis Lyon, il doit assurer la direction et la subsistance de la SMA et des NDA.
Lors de l'expulsion des congrégations en 1903, la Société des missions africaines fut une des cinq congrégations catholiques masculines autorisées à poursuivre leur activité en FranceHistoire des congrégations chrétiennes en France.. Ils étaient alors au nombre de 300 environ. Ils avaient entre autres une école apostolique à Chamalières.
Rayonnement thumb|left|Siège de la province d'Angleterre à Londres (East Barnet). vignette|200px|La Société des missions africaines à Lyon au 150 cours Gambetta. La Société des missions africaines compte actuellement 901 membres et associés, prêtres et laïcs, présents au Bénin, en Côte d'Ivoire, en Égypte, au Ghana, au Liberia, au Maroc, au Nigeria, au Niger, en Centrafrique, au Togo, au Kenya, en Tanzanie, en République démocratique du Congo, en Zambie, et en Afrique du Sud. Ils sont également présents en Europe : France, Irlande, Angleterre, Pays-Bas, Italie, Pologne, Espagne ; en Amérique : Canada, États-Unis, ainsi qu'en Asie : Inde et Philippines. En 2010, les prêtres des Missions africaines ont la charge d'une centaine de paroisses.. La Société des missions africaines mène notamment des actions en faveur de la santé, de la promotion de la condition de la femme, de l'accès à l'eau potable, de l'agriculture et de l'instruction. La vocation de la société est surtout la première évangélisation.
La Société des missions africaines est organisée en provinces (Grande-Bretagne, Irlande, Italie, États-Unis, Lyon et Pays-Bas), en districts (Canada, Espagne et Strasbourg), en districts-en-formation (Baie du Bénin, golfe de Guinée, Grands Lacs, Inde, Philippines, Pologne). Son administration centrale est basée à Rome où le supérieur général et son conseil veillent à l’unité et à l’animation de toute la société.
Aujourd'hui vignette|left|La chapelle du musée africain à Lyon. La Société des missions africaines a culminé en 1959 avec membres. En 1990, elle comptait encore membres. En 2014, on recensait 920 membres (dont 763 prêtres). Environ 200 prêtres sont irlandais, et une vingtaine originaires des États-Unis. L'actuel supérieur général, Antonio Porcellato, est le premier Italien élu à cette charge.
L'assemblée générale de la SMA s'est tenue en , travaillant notamment sur les thèmes suivants : . vignette|upright|Statue de Melchior de Marion-Brésillac. Vicaires apostoliques issus de la Société des missions africaines Jean-Baptiste Boivin, vicaire apostolique de Côte d'Ivoire et évêque titulaire d', puis premier archevêque d'Abidjan ; Tim Carroll ; Jean-Marie Cessou, vicaire apostolique de Lomé et évêque titulaire de ; Jean-Baptiste Chausse ; Ernest Hauger, vicaire apostolique de la Côte d'Or et évêque titulaire de ; Ignace Hummel, vicaire apostolique de la Côte d'Or et évêque titulaire de ; Alphonse Kirmann, vicaire apostolique de Sassandra et évêque titulaire d'; William Mahonny ; Melchior de Marion Brésillac, fondateur ; John Moore ; Jules Moury, premier vicaire apostolique de la Côte d'Ivoire et évêque titulaire d' ; Paul Pellet, vicaire apostolique de la baie du Bénin et évêque titulaire de , et supérieur général ; John Reddington ; Joseph Strebler, plus tard archevêque de Lomé ; Amand Hubert.
Évêques issus de la Société des missions africaines Pierre Rouanet, évêque émérite de Daloa (Côte d'Ivoire) ; Jean Bonfils, évêque émérite de Nice ; Michel Cartatéguy, évêque de Niamey (Niger) ; , évêque émérite de (Zambie) ; Joseph Patrick Harrington, évêque émérite de Lodwar (Kenya) ; Kieran O'Reilly, archévêque de Cashel et Emly, Irlande ; , évêque de Berbérati (République centrafricaine) ; Nestor Désiré Nongo Azigbia, évêque de Bossangoa (République centrafricaine) ; François Gnonhossou, évêque de Dassa-Zoumè (République du Bénin).
Supérieurs généraux thumb|right|Missionnaire de la SMA au Dahomey (1930). 1859-1907 : Augustin Planque ; 1907-1914 : Paul Pellet ; 1914-1919 : Auguste Duret ; 1919-1933 : Jean-Marie Chabert ; 1933-1937 : Auguste Bruhat ; 1937-1947 : Maurice Slattery ; 1947-1958 : Stephen Harrington ; 1958-1973 : Henri Monde ; 1973-1983 : Joseph Hardy ; 1983-1995 : Joseph Patrick Harrington ; 1995-2001 : Daniel Cardot ; 2001-2010 : Kieran O'Reilly ; 2010-2013 : Jean-Marie Guillaume ; 2013-2019 : Fachtna O'Driscoll ; Depuis le : Fides, Premier supérieur général italien pour la SMA; Depuis le : François Hervé du Penhoat .
Adresses Province de Lyon : Société des missions africaines (SMA), 150 cours Gambetta, 69007 Lyon-France.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Claude-Marie Echallier, L'Audace et la foi d'un apôtre, Augustin Planque, 1826-1907 : Cofondateur et premier supérieur général de la Société des missions africaines, fondateur des Sœurs de Notre-Dame des Apôtres, éd. Karthala, 1995 Patrick Gantly, Histoire de la Société des missions africaines (SMA) 1856-1907. Tome premier 2009. 547 pages. Tome second des années 1890 à 1907, , 444 pages. Collection : mémoire d'Églises, éd. Karthala. Jean Bonfils, La Mission catholique en République du Bénin. Des origines à 1945. Préface d'Alphonse Quénum. Collection : mémoire d'Églises, 1999, éd. Karthala, 276 pages Renzo Mendirola et Pierre Trichet présentent Lettres du Dahomey, correspondance des premiers pères de la Société des missions africaines ( - ). Collection : mémoire d'Églises, éd. Karthala, 2011, 350 pages
Articles connexes Ordres religieux par ordre alphabétique Jacob Muyser Musée africain de Lyon Catégorie
Liens externes
Site officiel de la Société des missions africaines. Site de la province de Lyon. Site du district de Strasbourg. Site de la SMA en Italie.
Missions africaines
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