Le FESPACO 1976 est la édition du Festival panafricain du cinéma de Ouagadougou. Il se déroule du 4 au à Ouagadougou en République de Haute-Volta.

Le thème de cette édition est « Le cinéaste africain du futur : implication éducative », qui fait l'objet d'un colloque organisé par l'UNESCO. Celui-ci constate l'absence en Afrique d'un organisme dispensant les connaissances techniques et artistiques nécessaires. Une étude conjointe FEPACI-CILECT note une déculturation des cinéastes africains étudiant à l'étranger. Un institut africain d'éducation cinématographique est programmé en Haute-Volta, avec une relation privilégiée avec le Fespaco.

Le film Muna Moto de Jean-Pierre Dikongué Pipa décroche l'Étalon de Yennenga

Contexte Les cinéastes ayant obtenu en 1973 une alternance avec les Journées cinématographiques de Carthage de Tunis, ce Fespaco devait avoir lieu en 1975, mais il est reporté d'un an en raison du conflit frontalier entre le Mali et la Haute-Volta. En 1975 sont créées les sociétés panafricaines CIDC (Consortium interafricain de distribution cinématographique) et CIPROFILM (Centre interafricain de production de films) dont le principe avait été décidé par l'OCAM en 1970. Leurs statuts leur permettant de fonctionner ne sont cependant adoptés qu'en 1979. Lors du IIe congrès de la FEPACI à Alger, les cinéastes adoptent le une charte anti-impérialiste et panafricaniste qui est . S'inscrivant contre , elle appelle à . La solidarité y est affirmée dans . Le cinéaste doit dès lors se considérer . Dès lors, . Quant à l'Etat, il doit jouer Texte intégral de la charte d'Alger: . Appelée par les cinéastes, la vague de nationalisation des salles de cinéma atteint de nombreux pays : l'Egypte en 1961, la Somalie en 1969, la Haute-Volta et le Mali en 1970, le Sénégal en 1972, le Zaïre en 1973, le Dahomey en 1974, Madagascar en 1975. Dans le courant de l'année 1976, avec le concours de l'Etat et de l'UNESCO, est créé l'INAFEC (l’Institut national de formation et des études cinématographiques), école de cinéma rattachée à l'Université de Ouagadougou, qui affirme le rôle prééminent de la Haute-Volta. Alors que l'Institut est destiné à l'ensemble des Africains, . Le festival se déroule en pleine instabilité politique : le coup d'Etat du du Général Sangoulé Lamizana contre son propre gouvernement impose le parti unique et le contrôle de la presse et des syndicats. Ceux-ci deviennent la seule opposition politique et mènent des grèves qui aboutissent le , en plein Fespaco, à un nouveau changement de gouvernement moins dominé par les militaires.

Déroulement 17 pays africains sont représentés et 9 pays non-africains, avec 75 films et un nombre de spectateurs encore estimé sans statistiques précises à . Les films sont projetés dans les salles à ciel ouvert de l'Oubri et du Rialé, en alternance avec le cinéma couvert et plus luxueux du Volta-Ciné, construit récemment.

La cérémonie d'ouverture a lieu à la Maison du peuple en présence du Chef de l'Etat et du corps diplomatique. Deux discours d'accueil sont prononcés, l'un par le président du Fespaco, l'autre par le ministre de l'Information. Après la troupe folklorique du Yatenga et les masques bobos, le film Les Bicots-nègres, vos voisins de Med Hondo est projeté au cinéma Volta-Ciné.

22 films sont en compétition mais les observateurs insistent sur les problèmes d'organisation face à l'affluence du public, craignant pour l'avenir du festival. Un article de l'hebdomadaire Afrique nouvelle souligne . D'après Bassirou Sanogo et cet article, Ousmane Sembène déclare : . Pour Oumarou Ganda, . Paulin Soumanou Vieyra appuie le fait que c'est . Pour Mbissine Thérèse Diop, . Zalika Souley confirme qu'il n'y a pas eu de participation populaire. , estime Inoussa Ousseini qui indique que .

Réuni à l'occasion du Ve Fespaco, le bureau fédéral de la Fédération panafricaine des cinéastes condamne dans une déclaration l'intervention du régime d'apartheid sud-africain en Angola et l'occupation de la Namibie, et .

Films projetés Selon Guy Hennebelle, quatre grands thèmes parcouraient les films : la libération de la femme, l'exode rural, les structures sociales et idéologiques, et le scandale de l'émigration en Europe. Il en dresse la liste : RéalisationTitrePaysMohamed Slim RiadVent du SudMohamed BouamariL'HéritageAli GhalemL'Autre FranceJean-Pierre Dikongué PipaMuna MotoRoger Gnoan M'balaLe ChapeauMamadou Djim KolaLe Sang des pariasRené-Bernard YonliSur le chemin de la réconciliationSolo Ignace RandrasanaLe RetourSidney SokhonaNationalité : immigréMed HondoLes Bicots-nègres, vos voisinsOumarou GandaSaïtaneDjingareye MaïgaL'étoile noireMahama Johnson TraoréNjangaanSafi FayeKaddu Beykat (Lettre paysanne)Tidiane AwLe Bracelet de bronzeMomar ThiamBaksJacques Do KokouKouami Abdellatif Ben AmmarSejnaneAhmed KhchineSous la pluie de l'automneBrahim BabaïEt demain... ?Naceur KtariLes Ambassadeurs

Palmarès PrixLauréatFilmPaysGrand prix Étalon de YennengaJean-Pierre Dikongué PipaMuna MotoPremier prix d'encouragement du jury ex æquo Mohamed Slim RiadVent du SudPremier prix d'encouragement du jury ex æquo Mahama Johnson TraoréNjangaanDeuxième prix d'encouragement du juryRené-Bernard Yonli Sur le chemin de la réconciliationPrix du artMohamed BouamariL'HéritagePrix spécial du jury ex æquoAbdellatif Ben AmmarSejnanePrix spécial du jury ex æquoSidney SokhonaNationalité : immigréMention spéciale 1Safi FayeKaddu Beykat (Lettre paysanne)Mention spéciale 2Oumarou GandaSaïtanePrix de la commune de OuagadougouDjingareye MaïgaL'étoile noirePrix de l'Office catholique international du cinéma et l'audio-visuel OCICJean-Pierre Dikongué PipaMuna Moto Une mention spéciale a été attribuée au Ghana pour sa première participation.

Bibliographie

- traduction de Black Camera Volume 12, Number 1, Fall 2020, African Cinema: Manifesto & practice for cultural decolonization, part I: FESPACO: Formation, Evolution, Challenges, Indiana University Press .

Notes et références

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