Le FESPACO 1981 est la édition du Festival panafricain du cinéma de Ouagadougou. Il se déroule du au à Ouagadougou au Burkina Faso.

Le thème de cette édition est « Le cinéaste africain face à son public ».

Le film Djeli de Fadika Kramo-Lanciné décroche l'Étalon de Yennenga.

Contexte Par une ordonnance du , l'État voltaïque a donné à la Société Nationale Voltaïque de Cinématographie (SONAVOCI) le monopole de la distribution et de l'exploitation (une douzaine de salles), ce qui a permis de diversifier ses sources d'approvisionnement en films et d'améliorer la programmation qu'elle a confiée ensuite au Consortium interafricain de distribution cinématographique (CIDC). La Haute-Volta est le seul pays d'Afrique noire francophone à réserver 10 % de ses recettes guichet à la promotion du cinéma africain.

Le président Aboubacar Sangoulé Lamizana est renversé par le coup d'État du par le Comité militaire de redressement pour le progrès national (C.M.R.P.N.) dirigé par le colonel Saye Zerbo. Un couvre-feu est instauré qui est exceptionnellement levé durant la durée du festival.

Pour Med Hondo, : le ministère français de la Coopération a supprimé .

Préparation C'est en 1981 que l'Union européenne se joint aux bailleurs de fonds du festival.

Le décret du précise le règlement technique du Fespaco. Il prévoit notamment la projection de films non-africains (article 2) et que les films en compétition ne doivent pas avoir été projetés en public sur le territoire national à l'exception des films du pays (article 9). Outre le Grand prix Étalon de Yennenga, le prix du meilleur court métrage et le prix du 7ème art qui récompense la maîtrise du langage cinématographique, l'article 15 définit une large palette d'autres prix à attribuer : interprétation féminine et masculine, image (photographie), cadrage (caméra d'or), son (perche d'or), montage (manivelle d'or), scénario, ainsi que le Prix Oumarou Ganda de la 1ère œuvre (en hommage au cinéaste disparu le ) et un prix du public par sondage auprès des spectateurs. Il ne peut y avoir de prix exæquo (article 16) mais le Festival peut (article 18).

Déroulement Chiffres. 69 films africains et de la diaspora noire sont issus de 17 pays (Bénin, Burundi, Cap-Vert, Côte d'Ivoire, Égypte, Haute-Volta, Guadeloupe, Guinée, Ile Maurice, Mali, Mauritanie, Mozambique, Niger, Sénégal, Somalie, Tunisie, Zimbabwe), tandis que 9 films non-africains proviennent de 11 pays (Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Canada, Chine, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Suisse, URSS).

Le nombre de spectateurs est estimé globalement à .

Au lendemain du festival, un groupe de cinéastes, conduit par Ousmane Sembène et Med Hondo, se rend à Niamey visiter la tombe de leur camarade Oumarou Ganda, décédé le 1 janvier à l'âge de 45 ans.

Le collectif de L’œil vert Face à l'indifférence des cinéastes de la première génération, qui avaient leur table à part autour de la piscine de l'hôtel Indépendance, centre du festival, une quarantaine de jeunes réalisateurs présents au Fespaco avec leurs premiers courts métrages se réunit et réagit. Ils prônent une approche esthétique qui décolonise le cinéma, comme de filmer à hauteur des gens et non en plongée un repas partagé à même le sol (). Ils insistent sur la nécessité de faire un cinéma social qui aborde l'intime familial et des relations. Ils créent à côté de la FEPACI dans la nuit du un mouvement critique nommé L’œil vert, et élisent Mory Traoré comme secrétaire général et Yéo Kozoloa comme adjoint. Ils reprochent en effet à la FEPACI son immobilisme. Ils veulent . Ils envisagent de créer un bulletin de liaison et une revue grand public, et surtout de recenser le matériel de tournage et les techniciens noirs afin d'opérer des mutualisations pour s'entraider à faire des films en rupture avec le cinéma politique d'Ousmane Sembène et en phase avec le cinéma poétique de Djibril Diop Mambety. , indique Patrick Ilboudo. Longtemps considéré comme un mouvement de jeunes face aux anciens, il .

Dans un des seuls textes publiés sur ce mouvement qui fit beaucoup parler de lui mais n'eût pas de suite en dehors du court métrage Pain sec de Ousmane William Mbaye (1983), Noël X. Ebony précise que les ont parlé de et de du , expression que les membres du collectif considèrent comme un abus de langage, .

Un Comité africain de cinéastes est créé à Niamey en par un groupe de cinéastes africains venus du Fespaco pour se recueillir sur la tombe d'Oumarou Ganda et projeter leurs films au profit de sa veuve et de ses enfants. Il se donne surtout pour but de dynamiser la diffusion des films d'Afrique et réussit à vendre des lots de films en Europe,Asie et dans le continent africain. Il est doté d'une charte, de statuts et d'un règlement, avec une direction composée de quatre membres dont Med Hondo est le coordinateur principal.

Ne faisant pas l'unanimité des cinéastes, ces deux initiatives n'ont pas fait long feu, la FEPACI se relançant lors de son colloque le à Niamey qui a adopté un manifeste, et créé un comité ad hoc pour préparer la tenue du congrès lors du Fespaco 1985.

Palmarès PrixLauréatFilmPaysGrand prix Étalon de YennengaFadika Kramo-LancinéDjeliPrix du 7e artMed HondoWest Indies ou les Nègres marrons de la libertéPrix de l'authenticité africaineJean-Michel TchissoukouLa ChapellePrix Oumarou Ganda de la 1ère œuvreKwaw Ansah Love Brewed in the African PotPrix du meilleur court métrageIdrissa OuedraogoPokoPrix d'honneur de la commune de OuagadougouBen Diogaye BèyeSey, Seyeti (Un homme, deux femmes)Prix du Consortium africain de distribution cinématographique (CIDC) / Caméra d'orJean-Pierre KabaGozziPrix du CIDC / Perche d'orAbdellatif Ben AmmarAzizaPrix du CIDC / Manivelle d'orMurilo SallesEssas São as Armas (documentaire)Prix de l'Institut culturel africain (ICA) / Le CauriHarrikrishna AnendenL'Argile et la flammeICA : mention spécialeIdrissa OuedraogoPokoPrix OCICFadika Kramo-LancinéDjeliOCIC : mention spécialeKalifa DientaA Banna (C'est fini)OCIC : mention spécialeWilliam Ousmane MbayeDoomi Ngacc (L'Enfant de Ngatch)OCIC : mention spécialeIssa Falaba TraoréAn be no do (Nous sommes tous coupables)Prix de la critique internationale long métrageFadika Kramo-LancinéDjeliPrix de la critique internationale court métrageIdrissa OuedraogoPoko

Bibliographie

- traduction de Black Camera Volume 12, Number 1, Fall 2020, African Cinema: Manifesto & practice for cultural decolonization, part I: FESPACO: Formation, Evolution, Challenges, Indiana University Press , numéro d'édition CLA0007BBDA .

Notes et références

FESPACO Catégorie:1981 en Haute-Volta Catégorie:FESPACO