vignette|Initiatives de taxation du carbone L'éco-capitalisme, ou capitalisme vert, est une idéologie selon laquelle les gouvernements devraient adapter leurs politiques économiques pour résoudre les problèmes environnementaux.
Selon cette idéologie, les ressources naturelles des écosystèmes sont considérées comme du « capital naturel » dont dépend la création de richesses. Les dommages environnementaux sont considérés comme des externalités négatives. Les gouvernements devraient alors adopter des politiques basées sur le marché (comme la taxe carbone) pour protéger les écosystèmesDefinition de eco-capitalism. collinsdictionary.com.
Les hypothèses sous-jacentes (de croissance économique continue par exemple) ainsi que l'idée de monétarisation de la nature sont à l'origine de plusieurs critiquesJacklyn Cock, ‘Green Capitalism’ or Environmental Justice? A Critique of the Sustainability DiscourseSaral Sarkar, Eco-socialisme ou éco-capitalisme?.
L'éco-capitalisme est souvent considéré comme l'équivalent de droite de l'écosocialisme.
Histoire Les racines de l'éco-capitalisme remontent à la fin des années 1960. L'essai « The Tragedy of the Commons » (tragédie des biens communs), publié en 1968 dans Science par Garrett Hardin, affirme l'inévitabilité de la catastrophe malthusienne due aux politiques libérales ou démocratiques laissant aux familles le choix du nombre d'enfants. Il propose que l'État devrait s'occuper de la surpopulation humaine potentielle. Hardin fait valoir que si les familles avaient la liberté de choisir, mais étaient retirées du fonctionnement de l'État-providence, les parents qui choisiraient d'avoir trop d'enfants n'auraient pas les ressources nécessaires pour subvenir à leurs besoins, résolvant ainsi le problème de la surpopulation. Cela représente l'un des premiers arguments d'un point de vue éco-capitaliste : la surpopulation serait techniquement résolue par un marché libre. John Baden, collaborateur de Garrett Hardin sur d'autres travaux, notamment Managing the Commons, fonde en 1982 le Centre de recherche en économie politique Political Economy Research Center (maintenant appelé Property and Environment Research Center (PERC), Centre de recherche sur la propriété et l'environnement). En tant que l'une des premières organisations éco-capitalistes créées, la mission permanente du PERC est "d'améliorer la qualité de l'environnement grâce aux droits de propriété et aux marchés". L'idée éco-capitaliste la plus populaire est le marché des droits à polluer. L'échange de crédits-carbone, une approche basée sur le marché qui permet aux entités polluantes d'acheter ou de se voir attribuer des permis, a commencé à faire l'objet de recherches à la fin des années 1960. L'échange international de droits d'émission a été largement popularisé dans les années 1990 lorsque les Nations unies ont adopté le Protocole de Kyoto en 1997.
Une nouvelle forme de capitalisme vert est en action grâce à plusieurs milliers d'économistes qui veulent instaurer la taxe Tobin. Le principe serait de supprimer tout impôt et taxe et d'en garder qu'une seule. À hauteur de 1% sur chaque transaction financière (de la baguette de pain au trading) un pays aurait un budget (collectivités et État) égal à son PIB. Pour la France cela représenterait 2500 milliards d'€. Les peurs et les baisses des actionnaires boursiers, et du trading, devrait porter le budget d'un pays comme la France plutôt vers 2000 milliards d'€. Les dépenses public s'élèvent aujourd'hui à milliards d'€ Le principe est également le contrôle de la finance pour des bienfaits sociétaux. La simplification de l'impôt apporterait l'envie d'investir et moins de tâches administratives. Sa justice (les plus riches dépenses plus donc rapportent plus) est un atout supplémentaire. L'automatisation de cette impôt réduirait a néant l'évasion fiscale. Enfin avec un tel impôt un SMIC de 1560 € brut serait de net. Fini également les charges patronales. Une meilleure politique de santé, éducative, sécuritaire, de justice et surtout l'orientation de la production plus verte permettra un monde plus eco en réconciliant économie et écologie.
Théoriciens
Terry Anderson Terry L. Anderson est diplômé de l'Université du Montana et a obtenu son doctorat à l'Université de Washington. En 2020, Anderson est un fellow du Hoover Institution's Property Rights, Freedom and Prosperity task force. Anderson soutient que les marchés libres peuvent être à la fois économiquement avantageux et respectueux de l'environnement. Anderson se spécialise dans l'impact des marchés sur les communautés amérindiennes et leurs économies. Anderson est également l'un des auteurs de Free Market Environmentalism, un livre qui explore comment les idées du libre marché pourraient être utilisées pour résoudre des problèmes environnementaux, basé sur ses conclusions sur quelques études de cas.
Bruce Yandle Bruce Yandle, diplômé de l'Université Mercer, a fréquenté la Georgia State University où il a obtenu un MBA et un doctorat. Yandle est actuellement doyen émérite de la faculté de commerce de l'Université Clemson. Yandle est éminent dans le domaine de l'éco-capitalisme pour son concept des « ». La théorie de Yandle sur les contrebandiers et les Baptistes postule que les groupes éthiques, les institutions religieuses et les entreprises pourraient s'organiser dans l'intérêt de la croissance économiqueTerry L. Anderson, Donald R. Leal, Free Market Environmentalism , Palgrave Macmillan, 2001 .
Paul Hawken Paul Hawken est l'architecte de la première entreprise d'aliments naturels aux États-Unis, Erewhon Trading Company, où toutes les matières premières étaient issus de l'agriculture biologique. Hawken a continué à avoir un impact sur le monde des affaires en fondant l'organisation de recherche, Natural Capital Institute, et en développant Wiser.org , une plate-forme qui recense des organisations ou initiatives en faveur de l'environnement, de la justice sociale ou de la paix. Paul Hawken donne des exemples sur la façon de transformer l'économie en éco-capitalisme à travers ses publications. Dans ses écrits, Hawken souligne que de nombreuses options écologiques sont disponibles pour les entreprises qui aideront à sauver l'environnement, tout en continuant à générer du profit. Dans son livre, Natural Capitalism: Creating the Next Industrial Revolution, il discute de la possibilité de développer de petites voitures électriques comme solution aux problèmes des transports. Hawken attribue l'hésitation à adopter ces options au manque de connaissance de ces alternatives et aux coûts initiaux élevés. Paul Hawken est maintenant à la tête de OneSun, Inc., une société spécialisée dans l'énergie solaire.
Lester Brown Lester R. Brown a commencé sa carrière en tant que producteur de tomates dans le New Jersey, jusqu'à ce qu'il obtienne son diplôme à l'Université Rutgers et se rende en Inde pour étudier pendant six mois la crise alimentaire et démographique du pays. À partir de ce moment, Brown se concentre sur la recherche d'alternatives qui résoudraient le problème de la population et des ressources mondiales. Avec le soutien financier du Rockefeller Brothers Fund, Brown a créé le Worldwatch Institute , destiné à la recherche sur les problèmes environnementaux mondiaux. En 2001, Brown fonde le Earth Policy Institute, une organisation qui définit une vision pour créer une économie écologiquement durable. Au cours de sa carrière, Lester Brown a écrit plus de 50 livres et reçu 25 diplômes honorifiques. Dans ses publications, Brown explique comment la clé d'une économie respectueuse de l'environnement serait un , en remplaçant les aspects nocifs de l'environnement, comme les combustibles fossiles, par des énergies renouvelables. En , Lester Brown prend sa retraite de Earth Policy et ferme l'institut.
Principes de la transition vers l'éco-capitalisme
L'idéologie de l'éco-capitalisme vise a satisfaire deux besoins concurrents : le désir des entreprises de générer du profit dans une société capitaliste l'urgence de prendre des mesures pour faire face à un environnement très dégradé par les activités humaines.
En vertu de la doctrine de l'éco-capitalisme, les entreprises marchandisent l'acte de résoudre les problèmes environnementaux.
Prise en compte des externalités Un élément central de l'éco-capitalisme est de corriger la défaillance du marché vu dans l'externalisation de la pollution. En traitant la question de la pollution comme une externalité, le marché minimise sa responsabilité. Pour corriger cet échec, l'éco-capitalisme devrait internaliser ce coût. L'adoption d'un marché du carbone est un exemple de cette évolution vers l'internalisation des externalités. Dans ce système, les gens doivent tenir compte du coût de la pollution dans leurs dépenses.
À l'échelle de l'entreprise, le gouvernement peut réglementer les émissions de gaz à effet de serre et d'autres facteurs polluants dans les pratiques commerciales. Les entreprises réduisent leurs niveaux de pollution ou externalisent ces coûts sur les consommateurs en augmentant le coût des biens et services. Ces systèmes encouragent indirectement des pratiques de consommation plus respectueuses de l'environnement : alors que les entreprises les plus polluantes sont confrontées à une baisse des bénéfices et à une hausse des prix, leurs consommateurs et investisseurs sont enclins à faire des affaires ailleurs. On s'attend alors à ce que les investissements se dirigent vers les entreprises les plus vertueuses, leur permettant ainsi de proposer des prix plus bas et des marges bénéficiaires plus élevées, attirant de nouveaux consommateurs et investisseurs.
Consommation « verte » Lors de la conception de l'idéologie, les grands théoriciens de l'éco-capitalisme, Paul Hawken, Lester Brown et Francis Cairncross, voient une opportunité d'établir une approche différente de l'environnementalisme dans une société capitaliste. Ces théoriciens pensaient que non seulement les producteurs mais aussi les consommateurs pourraient assumer la responsabilité sociale de la restauration de l'environnement si «la technologie verte, les taxes vertes, l'étiquetage vert et les achats écologiques» existaient. La mentalité de «faire des courses durables» qui en a résulté a encouragé le développement de l'agriculture biologique, des énergies renouvelables, des certifications vertes ainsi que d'autres pratiques respectueuses de l'environnement.
Un rapport de 2015 de Nielsen donne du crédit à cette théorie. Selon le rapport, les consommateurs sont plus fidèles à une marque, et sont prêts à payer des prix plus élevés pour un produit perçu comme durable. Cela est particulièrement vrai chez les personnes nées après 1980. Ces générations représentent actuellement 48% du marché mondial et n'ont pas encore atteint leurs niveaux de dépenses maximum. Alors que les préférences de ces générations continuent de façonner la manière dont les entreprises fonctionnent et se commercialisent, elles pourraient conduire à une transition continue vers la consommation verte.
Selon Annual Review of Environmental Resources (Examen annuel des ressources environnementales), «les décideurs politiques, les entreprises et les chercheurs se sont principalement concentrés sur consommer différemment, avec relativement peu d'attention accordée à consommer moins». Un examen de la façon d'encourager la consommation durable de l'Université de Surrey montre que «les politiques gouvernementales envoient des signaux importants aux consommateurs sur les objectifs institutionnels et les priorités nationales». Les gouvernements peuvent utiliser divers leviers pour signaler cela, notamment les normes de produits, de commerce, de construction, de médias et de marketing.
Commerce du carbone