La prison de Forest (en néerlandais : Gevangenis van Vorst) est une ancienne prison belge située dans la commune bruxelloise de Forest. Elle est devenue une maison pour peine, après avoir été pendant plus d'un siècle une maison d'arrêt. Entrée en service en 1910, elle a connu de nombreuses transformations et a été pendant longtemps emblématique de la surpopulation carcérale dans les prisons belges. Son infrastructure étant en très mauvais état, son remplacement par la prison de Haren est effectué en 2022.
La fermeture de l'établissement a lieu le avec le transfert des derniers détenus vers la prison de Haren.
Présentation de la prison de Forest vignette|Photo du pavillon d'accueil de la Prison de Forest.
Histoire La prison de Forest est un établissement pénitentiaire de style néo-renaissance flamande inauguré en 1910. Le projet de construction de la prison fut élaboré dès 1873 afin de remplacer la prison des Minimes de Bruxelles. La construction fut menée par L. Bouckaert, alors ingénieur-architecte responsable des constructions pénitentiaires.
La prison de Forest est bâtie sur l’ancien plateau du Hoeiweg dans le cadre du schéma d'urbanisation autour du parc de Forest, dressé en 1876 par l'inspecteur-voyer Victor Besme et enregistré par arrêté royal en 1892. Ce terrain est circonscrit par l’avenue Albert, l’avenue Brugmann, l’avenue de la Jonction et la rue Berkendael. L'urbanisation ayant déjà gagné beaucoup de terrain à la fin du , l'espace alloué à la nouvelle prison est restreint, ce qui a imposé une construction plus resserrée qu'à Saint-Gilles. La photo aérienne illustre parfaitement cette réalité. On peut observer que les extrémités de chacune des quatre ailes, avec leurs extensions ajoutées au fil du temps, sont tout proches du mur d'enceinte. Et qu'il ne reste pratiquement aucun espace libre entre les bâtiments, hormis les préaux.
La prison de Forest constitue un dédoublement de la prison de Saint-Gilles. En effet, les deux prisons sont voisines, séparées seulement par l'avenue de la Jonction, et sont même reliées par un passage souterrain. Actuellement, les deux établissements pénitentiaires font partie de la « prison bruxelloise ».
Comme la prison de Saint-Gilles, Forest est une prison de type cellulaire dont le modèle fut élaboré par Édouard Ducpétiaux, créateur du système pénitentiaire à partir de l'indépendance, qui s’inscrivit dans le prolongement de la pensée pénale classique. Ce courant fut grandement influencé par Jeremy Bentham, l’inventeur du panoptique. Mais il s'en distingue par l'objectif principal qui n'est plus de voir en permanence tous les détenus, mais plutôt de faire en sorte que ceux-ci soient constamment séparés les uns des autres, dans toutes les activités de la vie quotidienne, en vue d'éviter les effets néfastes de la promiscuité. Comme la prison de Saint-Gilles, la prison de Forest doit son plan de construction en forme d’étoile à la mise en œuvre de l'objectif de séparation. Elle fut l'une des dernières élaborées sur ce plan-type.
Tandis que certaines ailes de la prison de Saint-Gilles furent réquisitionnées par les occupants allemands durant les deux guerres mondiales, la prison de Forest conserva le même régime qu’en temps de paix.
Depuis 1989, elle était constituée de deux parties, Forest et Berkendael, distinctes mais supervisées par une même direction.
À la suite de divers projets visant l’amélioration des différents bâtiments constituant la «prison bruxelloise », il fut définitivement décidé en 2016 que celle-ci serait remplacée par la prison de Haren dès 2022.
La prison ferme le avec le transfert des derniers détenus vers la prison de Haren qui doit, à terme, remplacer également les prisons de Berkendael et de Saint-Gilles.
La prison de Berkendael La "prison de Berkendael" est en réalité le quartier des femmes de la prison de Forest, transféré dans un nouveau bâtiment construit de 1987 à 1989. Celui-ci avait été Initialement conçu pour abriter le Centre d'orientation pénitentiaire qui occupait jusqu'en 1987 l'aile B de la prison de Saint-Gilles. C’est également une maison d’arrêt, mais réservée aux femmes. La prison de Berkendael se situe sur une parcelle occupée naguère par une maison de repos. Elle jouxte la prison de Forest, de sorte que les deux sites communiquent.
Lorsque la destination initiale du bâtiment fut changée, une cellule « nurserie » fut spécialement aménagée afin que deux mères puissent y séjourner avec leurs enfants jusqu’à ce qu'ils aient atteint l'âge de trois ans. Au-delà, l'enfant a besoin pour sa socialisation de quitter le milieu carcéral.
Outre les travaux domestiques, les détenues peuvent participer à différentes formations, par exemple en yoga, en esthétique, en informatique, en français et en dessin. Des pièces de théâtre et des concerts y sont organisés de temps en temps.
Les femmes détenues dans la prison sont transférées dans la prison de Haren durant la semaine du dans le cadre du programme de fermeture des prisons de Forest, de Berkendael et de Saint-Gilles.
Architecture vignette|Vue aérienne de la prison de Forest vignette|Prisons de Forest et Saint-Gilles Comme la plupart des établissements pénitentiaires du siècle, elle organise la détention sur base du régime cellulaire. Depuis les années quatre-vingt, ce modèle a été battu en brèche par la surpopulation qui a imposé le modèle du "duo", voire du "trio", ce qui est en contradiction totale avec l'objectif de séparation.
Dans sa structure originelle, le bâtiment cellulaire était composé de quatre ailes de longueur inégale. Les deux plus courtes (A et B) étant dévolues aux femmes; les deux plus longue (C et D) aux hommes. Elles se rejoignent autour d'un double poste de contrôle : le "Centre femmes" (pour les ailes A/B) et le "Centre hommes"(pour les ailes C/D), reliés entre eux et entourés de locaux annexes au rez-de-chaussée et au premier étage. Les niveaux supérieurs du centre sont occupés par une grande chapelle néogothique qui est accessible depuis chaque aile. Chaque aile se subdivise en trois sections (une section par étage).
La prison dispose également de locaux administratifs (Greffe, comptabilité, bureaux des directeurs et de l'aumônier), situés à l'avant de l'établissement, auxquels on accède depuis la cour d'entrée; d'un quartier commun, d'une cuisine, d'ateliers et de locaux techniques en sous-sol. Celui-ci étant en fait au même niveau que la voirie, l'ensemble des bâtiments est surélevé : on y accède par un grand escalier extérieur à double volée.
La pharmacie centrale des établissements pénitentiaires occupe l'ancien logement de fonction du Directeur principal. L'autre habitation, disposée symétriquement par rapport au sas d'entrée, était destinée aux religieuses desservant le quartier des femmes. Toutes les deux sont situées à front de l'avenue de la Jonction, de même que trois autres maisons relativement plus petites aux numéros 52, 54 et 56, destinées à l'origine au directeur adjoint, à l'aumônier et au chef-surveillant.
Depuis son édification, la prison a connu de nombreux travaux de transformation et d'agrandissement au cours du siècle afin de mieux répondre aux nouvelles exigences de sécurité, d'hygiène et de confort. Les préaux individuels ont été remplacés par des préaux collectifs, les cellules ont été modernisées, un nouveau complexe d'accueil pour les visiteurs a été aménagé, d'abord dans le jardin des sœurs et plus tard dans celui de la pharmacie. Des bâtiments ont été ajoutés : une nouvelle buanderie à l'extrémité de l'aile B en 1975-1976; un nouveau quartier des femmes à l'extrémité de l'aile A (sur l'emplacement de l'ancienne buanderie) en 1982-1983, réaffecté comme annexe psychiatrique pour les hommes après le départ des femmes à Berkendael. Il y eut aussi des rénovations en profondeur comme celle de l'aile D et plus récemment, la transformation de l'aile C.
Pourtant, la prison est aujourd'hui dans un état déplorable, ce qui explique en partie son remplacement futur par le "village pénitentiaire" de Haren.
Les quatre ailes de détention À l’origine, les ailes A et B de la prison de Forest disposaient de 130 cellules, entièrement réservées aux femmes. Cependant, à la suite de la création de la section de Berkendael en 1986, où furent envoyées celles-ci, les deux ailes furent affectées au quartier des hommes. Dès 1978, l'aile A avait été reliée au quartier des hommes par une passerelle fermée surplombant le centre des femmes pour y loger les détenus mis au travail hors-cellule. Ce qui avait permis d'accroître la capacité du quartier des hommes pour faire face, déjà, au problème de la surpopulation. Jusqu'à cette époque, comme depuis 1906,le quartier des femmes bénéficiait de la présence des religieuses. Toutefois, leur nombre diminuant, des surveillantes laïques ont pris le relais.
En 2017, ces deux ailes ne comptaient plus que 102 cellules (51 dans l’aile A et 51 dans l’aile B), par suite notamment de la création de complexes de douches sur chaque section. L’emprisonnement y était en majorité individuel, dans des cellules d'une surface de 9 à .
Les ailes C et D disposaient à l'origine de 270 cellules destinées aux hommes. L'aile D a été fermée en 2015 pour des problèmes "d’infrastructure, de sécurité et de vétusté [...] qui ont fini par rendre les conditions de détention et de travail inacceptables". Ce qui, encore une fois, est étonnant, sachant que cette aile D avait été entièrement rénovée quelques années auparavant; et pose la question de l'entretien régulier de la prison de Forest par la Régie des Bâtiments. Pour des raisons similaires, l'aile C a été fermée en 2017 pour être réaménagée en une "aile new C" capable d'accueillir 80 détenus.
L'Annexe psychiatrique
Créée en 1921, l'annexe psychiatrique (située dans l'aile C) accueillait les détenus possiblement atteints de troubles mentaux pour les observer à la demande des médecins anthropologues attachés aux prisons. À partir de la loi de défense sociale de 1930 (révisée en 1964), s'y ajoute la possibilité pour les juges d'instruction, au moment de délivrer un mandat d'arrêt, de joindre une ordonnance de mise en observation qui s'exécute à l'annexe. Durant cette mise en observation, les prévenus sont examinés par les experts (psychiatre et psychologue) désignés par le magistrat instructeur. Sur base de leurs rapports, le prévenu sera reconnu responsable, ou non, de ses actes. La décision est prise par les juridictions d'instruction ou de jugement. Lorsque la personne a été définitivement reconnue irresponsable de ses actes, elle passe sous le régime de l'internement qui n'est pas une peine, mais une mesure de sûreté destinée à protéger la société tout en lui assurant les soins que requiert son état. Cette mesure devra être exécutée dans un EDS (établissement de défense sociale), relevant aussi de l'administration pénitentiaire.
Cependant, un problème récurrent est celui de l'impossibilité de transférer immédiatement les internés dans un EDS par manque de place dans ces établissements. Il en résulte que les internés restent de nombreux mois bloqués dans les annexes psychiatriques, particulièrement celle de Forest, où ils ne bénéficient pas d'un régime adapté.
Après le départ des détenues à Berkendael en 1989, l'annexe psychiatrique a été déménagée dans le quartier des femmes récemment construit qui était constitué de quatre étages, comprenant 47 cellules, un espace de promenade et des locaux administratifs. Il n’existait aucune cellule spécialisée en cas de crises aigües.
En 2017, l'annexe psychiatrique a été transférée à la prison de Saint-Gilles. Selon un article de presse, cette décision aurait été prise pour cause d'insalubrité, de vétusté et de manque de sécurité. Il est toutefois étonnant que l'insalubrité et la vétusté soient invoquées à propos d'un bâtiment n'ayant que trente-cinq ans d'existence.
Conditions de vie
Activités au sein de la prison
Régime général