vignette|Naufrage du cargo japonais Nittsu Maru torpillé par l' en mars 1943. La campagne sous-marine alliée dans le Pacifique est une campagne navale menée par les sous-marins alliés pendant la guerre du Pacifique de la Seconde Guerre mondiale. Les forces sous-marines menèrent une guerre à outrance qui fut un contributeur clé à la défaite de l'empire du Japon.

Pendant la guerre, les sous-marins de la marine américaine furent responsables de 55% des pertes de la marine marchande japonaise. La guerre contre la navigation fut le facteur clef de l'effondrement de l'économie japonaise. Les sous-marins alliés coulèrent également un grand nombre de transports de troupes de l'armée impériale japonaise, tuant plusieurs milliers de soldats japonais et entravant le déploiement des renforts de l'armée pendant les batailles sur les îles du Pacifique.

Ils effectuèrent également des patrouilles de reconnaissance, débarquèrent des forces spéciales et des guérilleros et accomplirent des tâches de recherche et de sauvetage Blair, Clay, Jr. Silent Victory (Bantam, 1947), pp.508, 521–2, 568, 574, 576, 609, 646, 724, 745–6, 784, 806, 818, 825, 827, 829, 842, 865–6, & 868–9.. La majorité des sous-marins impliqués appartenaient à la marine américaine, suivie par la marine royale britannique et enfin la marine royale néerlandaise, qui engagea un nombre limité de navires dans cette campagne.

La campagne sous-marine alliée est l'un des exploits les moins médiatisés de l'histoire militaire, en grande partie à cause des efforts des gouvernements alliés pour que les actions de leurs propres sous-marins ne soient pas rapportées dans les médias. La marine américaine adopta une politique officielle de guerre sous-marine sans restriction, et il semble que cette politique ait été exécutée à l'insu ou sans le consentement préalable du gouvernement Holwitt, Joel I. "Execute Against Japan", Ph.D. dissertation, Ohio State University, 2005, pp.212–217 & 232–249 passim.. Le traité naval de Londres, duquel les États-Unis étaient signatairesHolwitt, passim., exigeait que les sous-marins se conforment aux règles de prises (communément appelées « règles de croiseur ») vis-à-vis des navires marchands. Cela n'interdisait pas à ceux-ci le transport d'armesHolwitt, p.6., mais les armer ou leur faire rapporter des contacts signalant un submersible (ou des corsaires) en faisait de facto des croiseurs auxiliaires et supprimait ainsi la protection des « règles de croiseur » Dönitz, Karl. Memoirs: Ten Years and Twenty Days; von der Poorten, Edward P. The German Navy in World War II (T. Y. Crowell, 1969); Milner, Marc. North Atlantic run: the Royal Canadian Navy and the battle for the convoys (Vanwell Publishing, 2006). Cela rendit les restrictions inefficaces sur les sous-marins.

Contexte Les États-Unis avaient la force sous-marine la plus grande et la plus puissante de tous les pays alliés du Pacifique au début de la guerre. La doctrine de la marine américaine d'avant-guerre — comme celle de toutes les grandes marines — spécifia que le rôle principal des sous-marins était de soutenir la flotte de surface en effectuant des reconnaissances et en attaquant de grands navires de guerre ennemis. Les navires marchands étaient considérés comme des cibles secondaires et les circonstances dans lesquelles ils pouvaient être attaqués étaient grandement limitées par les règles de prises énoncées dans le traité naval de Londres, dont les États-Unis étaient signataires. L'US Navy construisit de grands sous-marins se vantant d'une longue portée, d'une vitesse de croisière relativement rapide et d'un armement lourd de torpilles. Les sous-marins américains étaient les mieux adaptés pour de longues patrouilles dans les tropiques que ceux des autres grandes puissances en raison des équipements tels que la climatisation (dont les sous-marins allemands, par exemple, manquaient) et les unités de distillation d'eau douce. Les commandants et les hommes d'équipage des sous-marins étaient considérés comme une élite et jouissaient d'un fort esprit de corpsSpector (1984), pp.480–483.. Le , l'US Navy possédait 55 et 18 sous-marins de taille moyenne (S-boats) dans le Pacifique, 38 sous-marins ailleurs et 73 autres étaient en constructionMorison (1949), p.188.. À la fin de la guerre, les États-Unis avaient achevé la construction de 228 sous-marinsLenton, H. T. American Submarines (Navies of the Second World War Series; New York: Doubleday, 1973), p.5 table..)

Alors que la Grande-Bretagne stationna une force de sous-marins en Extrême-Orient avant le déclenchement de la guerre, aucun navire n'était disponible en . Les Britanniques disposaient de 15 sous-marins modernes en Extrême-Orient en . Ces sous-marins faisaient partie de la China Station et étaient organisés en flottille. Bien que le nombre de sous-marins britanniques en Extrême-Orient ait augmenté au début de 1940 lorsque la flottille arriva à Ceylan, les deux flottilles et tous leurs sous-marins furent retirés au milieu de 1940 pour renforcer la flotte méditerranéenneMars (1971), pg 27, 62 and 64..

Les Pays-Bas maintinrent également une force sous-marine en Extrême-Orient afin de protéger les Indes orientales néerlandaises. En , cette force comprenait 15 submersibles basés à Surabaya, dont la plupart étaient obsolètesMars (1971), pg 212..

Implications stratégiques Tout au long de la guerre, le Japon dépendit du transport maritime pour fournir des ressources adéquates, y compris de la nourriture, aux îles d'origine à l'approvisionnement de ses militaires dans les garnisons du Pacifique. Avant la guerre, les estimations japonaises tablaient sur 6 millions de tonnes de tonnage marchand pour maintenir l'économie nationale et militaire pendant une guerre majeure.

Au moment de l'attaque de Pearl Harbor, la capacité de tonnage du Japon était bien supérieure qu'initialement estimée, totalisant ainsi 7,7 millions de tonnes : 6,5 millions de tonnes pour la marine marchande japonaise, ajoutés aux diverses embarcations plus petites pouvant transporter 1,2 million de tonnes supplémentairesParillo (1993), pg 37–38..

Au début de la guerre, la flotte sous-marine américaine s'avéra inefficace, pour de multiples raisonsBlair, Silent Victory, p.439.:

Une grande partie des sous-marins déployés contre les Japonais étaient obsolètes. Les submersibles étaient entravés par des défauts de leur arme principale, la torpille Mark 14. Une mauvaise formation conduisit à une dépendance excessive au sonar. Les capitaines étaient insuffisamment agressifsBlair, Silent Victory, pp.361, 553, & passim., et montrèrent une peur excessive du sonar des destroyers et des avions de la lutte ASMBlair, Silent Victory, p.156. Mauvaises dispositions - la flotte était dispersée sous une étroite surveillance des principales bases japonaisesBlair, Silent Victory, pp.361 & 551.. Le commandement fut divisé, ce qui garda les sous-marins hors de l'une des meilleures zones de chasse, à savoir le détroit de Luçon, par peur des tirs amisBlair, Silent Victory, pp.509 et al...

Malgré la conscience qu'une navigation en sécurité était vitale pour le pays, le haut commandement japonais sous-estima sérieusement la menace (éventuelle) des sous-marins alliés. Cette confiance excessive fut renforcée par l'inefficacité des sous-marins alliés au début de la guerreParillo.. La guerre anti-sous-marine reçut une faible priorité et peu de navires de guerre et d'aéronefs furent affectés à la protection de la marine marchandeParillo (1993), pg 63–73.. Les destroyers japonais constituaient l'essentiel de la protection des convois ; disposant des capacités de combat de nuit impressionnantes, tout en montrant des déficiences dans le sonar et le radar par rapport aux équivalents des autres marinesJapanese Destroyers. De plus, la doctrine de la marine japonaise en matière de défense commerciale fut très mauvaiseParillo; Peattie & Evans, Kaigun..

La taille et l'efficacité de la force sous-marine alliée se sont considérablement accrues pendant la guerre du Pacifique. Les États-Unis ont augmenté la production de sous-marins modernes à partir de 1942. Les efforts de l'amiral Charles A. Lockwood furent cruciaux pour la rectification des problèmes de la torpille Mark 14 (qui ne furent cependant résolus qu'en ). Il sélectionna également des commandants de sous-marins plus agressifs. Le renseignement sur les transmissions réussit à décrypter le « code maru » en , après qu'une gaffe des douanes américaines d'avant-guerre ait amené le Japon à le changerBlair; Farago, Broken Seal.. En , l'armée de l'air américaine mina les ports et les voies fluviales japonais afin d'empêcher la circulation du fret et des troupes dans le cadre de l'opération Famine. Outre tous ces développements, les sous-marins américains infligèrent des pertes dévastatrices à la marine marchande japonaise en 1943 et 1944 et, en , avaient effectivement détruit la flotte marchande japonaiseBlair, pp.819 & 967ff.. À la fin de la guerre, seulement 12 % du tonnage marchand d'avant-guerre du Japon était encore à flot.

Des défaillances de torpilles provoquèrent la perte de deux sous-marins américains ( et to the Mk14, to the Mk18, both from circular runs; given the prevalence of circulars, there were probably others. Blair, Silent Victory.) sur les 48 perdus en patrouilleBlair, Silent Victory, pp.991–92.. Deux ( et ) furent coulés à cause d'un tir ami et quatre autres perdus à cause d'accidents ou d'échouement.. Près de sous-mariniers américains servirent durant la guerre, desquels officiers et hommes d'équipage furent tuésBlair, p. 877..

Contrer l'offensive japonaise vignette|Naufrage par torpillage du destroyer japonais Yamakaze, photographié à travers le périscope du submersible américain le 25 juin 1942. En rupture avec la doctrine d'avant-guerre (qui, comme celle du Japon, avait présumé une ruée vers le Pacifique et une « bataille décisive » entre les cuirassés), avec le traité naval de Londres, et avec la défense américaine de longue date , les commandants navals américains dans le Pacifique reçurent l'ordre du chef d'état-major de la marine américaine dans l'après-midi du , six heures après l'attaque japonaiseSpector (1984), pp.478–479; Blair, Silent Victory, p.106; Holwitt, Joel I. "Execute Against Japan", Ph.D. dissertation, Ohio State University, 2005.(page needed).. Cet ordre autorisait tous les sous-marins américains du Pacifique à attaquer et couler tout navire de guerre, navire commercial ou navire à passagers civil battant pavillon japonais, et ce sans avertissement. Thomas C. Hart, commandant en chef de la flotte asiatique américaine, émit le même ordre à 3 h 45, heure de Manille (soit 9 h 15 à Hawaï) de sa propre initiative (mais connaissant le chef des opérations de l'US Navy Harold R. Stark, celui-ci avait l'intention de lancer le même ordreHolwitt, Joel I. "Execute Against Japan", Ph.D. dissertation, Ohio State University, 2005, pp.212–217 passim.).

La force sous-marine de la flotte du Pacifique était sortie indemne de l'attaque sur Pearl Harbor et l' partit pour la première patrouille de guerre offensive le . Les 27 sous-marins de la flotte asiatique (dépassant le nombre de navire de la flotte de Pearl HarborBlair, Silent Victory.) également entrés en action le premier jour de l'engagement des États-Unis dans la guerre, commencèrent des patrouilles de guerre dans les eaux autour des Philippines et de l'IndochineChristley (2006), p.39.. En raison d'une planification d'avant-guerre inadéquate, qui ne prévoyait pas de pose de mines défensivesWillmott, H. P. Barrier and the Javelin?; ni le placement en station des sous-marins autour des PhilippinesBlair, Silent Victory, pp.157–158., ni hors des ports ennemisBlair, Silent Victory, pp.156–8., les efforts de la flotte asiatique pour contrer l'invasion japonaise des Philippines échouèrent et les sous-marins survivants de la flotte furent forcés de se retirer à Surabaya, dans les Indes néerlandaisesMorison (1948), p.303..