La Lune rousse est un hebdomadaire satirique illustré français, publié entre le et le .

Histoire

vignette|gauche|Affiche pour le lancement de la Lune rousse.

En 1876, André Gill est le dessinateur principal de L’Éclipse. Fondé en 1868, ce magazine satirique est le successeur direct de La Lune (1865-1868), publication sur laquelle Gill a bâti sa renommée de caricaturiste. Préoccupée par une baisse des ventes, la direction de L’Éclipse décide de réduire le format du journal afin de le rendre plus pratique et donc plus attractif. Ce changement, opéré le , ne satisfait pas pleinement Gill, qui décide de fonder un nouvel avatar de La Lune, qu'il baptise La Lune rousseValmy-Baysse et Frapat, ..

La Lune rousse est lancée le . Les caricatures dessinées par Gill y sont initialement publiées en première page, comme dans l'ancienne formule de L’Éclipse, avant d'occuper toute la largeur de la double page centrale dès le .

vignette|Le numéro 1, paru le 10 décembre 1876. Caricature de Napoléon-Jérôme Bonaparte par André Gill.

vignette|Dessin du 18 février 1877 critiquant l'application de la loi de 1868 sur la presse et rendant hommage au Massacre de la rue Transnonain de Daumier.

Républicaine et anticléricaleJones, ., la Lune rousse est plusieurs fois confrontée à la censure. Moins de quinze jours après la parution du premier numéro, un dessin évoquant le scandale Germiny est ainsi interditLe Bien public, 21 décembre 1876, .. Le numéro du , vendu au profit des canuts de la Croix-Rousse, est saisi car son dessin n'a pas été soumis à l'autorisation préalableLe Soir, 27 février 1877, .. La semaine suivante, Gill proteste au moyen d'un dessin dans lequel il fait face à la censure, symbolisée par une monstrueuse paire de ciseaux, tandis que la Lune rousse, effrayée, vient chercher refuge auprès du dessinateur.

Les déboires de La Lune rousse avec la censure s'intensifient pendant la crise du 16 mai 1877, marquée par la lutte entre l'exécutif monarchiste et les républicains. Loin de se décourager, Gill poursuit la publication de La Lune rousse tout en lui donnant pour complément Le Bulletin de vote, diffusé à l'époque des élections législatives de 1877 afin de promouvoir les candidatures républicainesValmy-Baysse et Frapat, ..

En 1878, les ventes de La Lune rousse ont du mal à couvrir les frais du journal. Le prix au numéro passe ainsi de 15 à 20 centimes dès le . Quelques semaines plus tard, Gill lance une publication plus populaire, La Petite Lune, qui se caractérise par son petit format et son prix modique de 5 centimes. Ce nouvel avatar de La Lune rencontre un certain succès, démontré par son tirage à exemplaires.

Afin de sauver la Lune rousse, son prix est abaissé à dix centimes le . Cette réduction est permise par sa fusion avec La Petite Lune, qui occupe désormais la quatrième page de sa grande sœur, tandis que le dessin en couleur reprend sa place initiale en première page. Malgré cette nouvelle formule, le succès n'est pas au rendez-vous, et la Lune rousse cesse de paraître à la fin de l'année.

Collaborateurs

Notes et références

Voir aussi Bibliographie John Grand-Carteret, Les Mœurs et la caricature en France, Paris, Librairie illustrée, 1888, (consultable en ligne sur l'Internet Archive). Philippe Jones, « La presse satirique illustrée entre 1860 et 1890 », Études de presse, vol. VIII, , 1956, (consultable en ligne sur Gallica). François Solo et Catherine Saint-Martin, Plus de 5000 dessinateurs de presse & 600 supports en France de Daumier à l'an 2000 (Dico Solo), Vichy, Aedis, 2004, . Jean Valmy-Baysse et Jean Frapat, André Gill l'impertinent, Paris, éditions du Félin, 1991, .

Liens externes

La Lune rousse (1876-1879) consultable en ligne sur Gallica.

Catégorie:Presse satirique en France Catégorie:Revue illustrée par des gravures Catégorie:Caricature en France Catégorie:Titre de presse créé en 1876 Catégorie:Presse sous la Troisième République Catégorie:Titre de presse disparu en 1879 Catégorie:Presse hebdomadaire disparue en France