thumb|Route reliant le Maroc à la Mauritanie au niveau de Guerguerat.

Les combats au Sahara occidental reprennent à partir du dans la zone tampon du territoire et opposent le Maroc au Front Polisario. Ils n'entraînent peu de pertes significatives mais mettent fin à la trêvequi durait depuis le cessez-le-feu de septembre 1991, obtenu par l'ONU.

Contexte

En 2016, le Maroc envisage de goudronner la route reliant le Maroc à la Mauritanie en passant par Guerguerat et par la zone tampon se situant au Sahara occidental, entre le mur des sables et la Mauritanie. Face à la tension sur place, le Maroc avait retiré ses troupes unilatéralement en .

Déroulement Selon le rapport du secrétaire général de l'ONU sur la situation concernant le Sahara occidental et adressé au Conseil de sécurité, le Maroc déclare avoir été la cible de ainsi que de entre le et le .

2020 Fin , des routiers se plaignent que des militants du Front Polisario bloquent la frontière entre le Maroc et la Mauritanie et empêchent la circulation.

Le , le Maroc annonce avoir lancé une opération militaire dans la zone tampon de Guerguerat accusant afin de rétablir la circulation. Le lendemain, le gouvernement de la République arabe sahraouie démocratique annonce la fin du cessez-le-feu et déclare la guerre au Maroc.

Le , le Maroc prend possession de la route reliant Guerguerat à la Mauritanie et y rétablit la circulation. La RASD annonce alors la poursuite des combats le long du mur de séparation.

Le , le Front Polisario lance une nouvelle attaque contre l'armée marocaine à Al Mahbes.

Depuis le , le Front Polisario revendique des attaques quotidiennes contre les positions marocaines. Les pertes humaines de part et d'autre sont inconnues, à l'exception du décès du chef de la Gendarmerie sahraouie, Eddah el-Bendir, dans la nuit du 7 au "Sahara occidental : un chef militaire du Front Polisario tué par un drone marocain"- Le Monde, 8 avril 2021 : . L'International Crisis Group rapporte quant à lui, selon une source anonyme au sein de la MINURSO contactée en novembre ou , deux morts du côté marocain durant la première semaine de combats.

2021 Le , le Polisario bombarde le poste-frontière sous contrôle marocain à Guerguerat avec quatre missiles.

Le , le Polisario revendique avoir causé la mort de trois soldats marocains dans une attaque dans l'Ouarkziz, au sud du Maroc, en dehors du territoire du Sahara occidental. Contacté par Le Monde, le Maroc n’a ni confirmé ni démenti cette information.

Dans la nuit du 7 au , le Polisario annonce que son chef de la gendarmerie a été tué par une frappe de drone marocaine. Bien que reprise par la presse marocaine, aucune communication officielle marocaine n'a confirmé cette action..

Le , l'Algérie accuse l'armée marocaine d'avoir lancé un raid et bombardé un convoi de civils algériens qui faisait la liaison entre Nouakchott (Mauritanie) et Ouargla (Algérie), au niveau de Bir Lahlou, une localité située dans le Sahara occidental. Trois ressortissants algériens seront tués dans cette frappe.

Le Maroc annonce, début , la mort de 6 soldats marocains au Sahara occidental dans un rapport remis au secrétaire général de l'ONU. D'après une citée par l'Express, ces morts seraient dues à des harcèlements du Front Polisario.

Dans l'année, il y aura une escalade du conflit avec des opérations de décapitation par l'assassinat d'éléments cruciaux de l'Armée populaire de libération saharaoui. Plusieurs pertes majeures ont été relevées pour le Front Polisario dont la mort de Addah al-Bendir, chef de la gendarmerie du Polisario par exemple.

2022 Entre le et le , le APLS a revendiqué de multiples attaques contre les forces marocaines à travers divers secteurs, principalement Mahbes et Haouza, selon son agence de presse officielle. Ces actions incluaient des bombardements ciblant des « régiments » et des positions militaires spécifiques, y compris des « postes de commandement ». Toutefois, ces revendications, émanant de sources officielles du Polisario, restent non-confirmés par la MINURSO en grande majorité.

Le , une nouvelle attaque de drone marocain touche un convoi de voiture civils à quelques centaines de mètres de la ville mauritanienne Aïn Ben Tili. Le bilan des victimes civils s'élèverait à trois morts et plusieurs blessés dont une majorité de civils sahraouis et mauritaniens dont une femme et sa fille.

Le Front Polisario, à travers ses représentants, a également exprimé sa disposition à coopérer avec les efforts internationaux pour une solution en faveur de son droit à l'indépendance du Sahara occidental. Parallèlement, l'envoyé personnel des Nations unies, Staffan de Mistura, a mené une série de visites et de rencontres avec les parties concernées pour relancer les négociations. Le Maroc accuse notamment le Polisario d'utiliser des enfants soldat ce qui sera rapidement démenti par l'envoyé personnel de l'ONU, Staffan de Mistura qui précise n'avoir « identifié aucun enfant soldat ».

Fin 2022, le ministre de l'Intérieur de la république arabe sahraouie démocratique, Oman Mansour, a révélé que le Polisario allait prochainement se doter de drones militaires dotés de capacités offensives dans le cadre de leur guerre contre l'« occupation marocaine ». Cette annonce a provoqué une escalade des tensions, le Maroc réagissant par la voix de son ambassadeur auprès des Nations unies, Omar Hilale, qui a menacé d'une « réponse militaire appropriée » si des drones iraniens venaient à être utilisés par leurs adversaires au Sahara occidental. À la suite de ces déclarations, le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a accusé l'Iran d'avoir fourni des drones au Polisario. L'Iran a immédiatement rejeté ces accusations, conseillant plutôt au ministre marocain « d'ouvrir la voie à l'autodétermination du peuple du Sahara occidental ».

Dans cette même année, l'armée marocaine aurait mené une frappe contre des « éléments armés » dans la région de Mijek, près de la frontière avec la Mauritanie. Cette action aurait été une réponse aux rumeurs et menaces du Polisario concernant l'arrivée de drones iraniens. Cependant, les médias pro-Polisario affirment que la frappe visait des civils. Toujours dans cette dynamique, selon une source pro-polisario, des frappes ont eu lieu contre l'armée du Polisario et des civils près de Mijek au Sahara occidental. La source affirme que trois frappes aériennes menées par l'armée de l'air marocaine dans la région ont fait trois morts et d'importantes destructions matérielles. Les attaques auraient visé une ancienne station-service où faisaient escale des commerçants en transit entre la Mauritanie et le Sahara occidental. Par ailleurs, la source affirme que le , une série d’attaques ont été menées contre des civils et des militaires présumés.

2023 vignette|Équipages d'obusiers M109A5 du 15e groupe d'artillerie royale marocain.|gauche Au cœur des débats du congrès se trouvait le conflit en cours avec le Maroc. Les actions marocaines s'étaient intensifiées et lors de l'organisation du congrès, les forces marocaines ont utilisé des avions sans pilote pour tuer deux membres du Polisario à Tifariti. Cela a eu pour effet d’empêcher le Polisario de mettre en avant d’éventuels succès militaires sur le champ de bataille.

Dans le contexte politique actuel, les participants au 16ème congrès du Front Polisario, tenu dans les camps de Tindouf, ont voté en faveur de l'intensification de la lutte armée contre le Maroc. Le plan d'action national approuvé souligne l'importance de la lutte armée comme moyen de défendre les droits du peuple sahraoui et de reconquérir la souveraineté sur ses terres. Malgré l'accord sur les futures actions militaires, le congrès a été prolongé de deux jours en raison d'un manque de consensus parmi plus de 2 300 délégués concernant la réélection de Brahim Ghali. Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a exprimé son soutien à la lutte du peuple sahraoui pour l'autodétermination. Du côté marocain, c'est une réponse qui est attendue plutôt que des offensives. La doctrine militaire marocaine, établie dans les années 1990, consiste à maintenir une distance grâce à l'utilisation de drones, de missions aériennes, de frappes d'artillerie et potentiellement d'opérations mobiles pour reprendre le contrôle de zones clés telles que Guerguerat et Lagouira.

Depuis , les tensions entre le Maroc et le Front Polisario se sont intensifiées avec des frappes de drones marocains, des bombardements de l'APLS sur des positions marocaines, et des explosions revendiquées par le Polisario dans des zones sous contrôle marocain. Ces affrontements ont causé plusieurs morts et blessés, entraînant des réactions et des enquêtes des autorités marocaines.Le Polisario quant à lui revendique quant à lui plus de 3000 actions militaires depuis la reprise de la guerre en 2020.

De grandes ONG déploraient la situation dans les camps, citant des cas d'« esclavage » et d'autres crimes. Les grandes ONG alertent également concernant la situation des civils sahraouis vivant dans territoires du Sahara occidental occupés par le Maroc dont ils déplorent notamment la « torture ».

Le , trois frappes ont causé la mort de quatre individus du Front Polisario, blessé un autre et détruit trois véhicules selon les informations recueillies par la MINURSO.

2024 vignette|4e division blindée de la région militaire de l'Armée populaire de libération sahraouie L'APLS continue de revendiquer des attaques et régulières contre des positions militaires marocaines à proximité du mur de sable sans confirmation. Un rapport d' de l'International Crisis Group souligne cette escalade, indiquant que le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a reconnu la poursuite des hostilités. Depuis le début de la guerre à Gaza, les forces armées royales ont réévalué leur stratégie, en adaptant leurs forces spéciales lors de l'AfricanLion2024 à des exercices de combat souterrains, comme il est commun de voir dans le siège de Gaza entre les brigades Izz al-Din al-Qassam et Tsahal. Pour rappel, Vice Media, en 2014, avait fait un reportage sur les tactiques de l'Armée populaire de libération sahraouie, où ils utilisaient en effet, des tactiques de guerre souterraine.

Le , une frappe a ciblé des unités de l'APLS à Bir Lahlou, tuant trois membres du Polisario et en blessant deux autres.

En février, les incidents se poursuivent avec d'autres frappes aériennes marocaines près de Mijek, touchant cette fois une zone où se trouvaient des mineurs d’or artisanaux maliens et mauritaniens, bien que la MINURSO n'ait pu confirmer directement la présence de victimes sur place.

Durant le mois de Ramadan, les hostilités ont néanmoins continué. Le Polisario a lancé plusieurs tirs les 14, et les 4 et , tandis que l’Armée royale marocaine a mené trois frappes aériennes, dont une a touché des unités de l'APLS à Bir Lahlou, faisant deux morts et un blessé. Ces échanges ont donc résolu la trêve proposée par la MINURSO à l’échec.

Les , et , des tirs imputés au Polisario sont enregistrés dans la région de Mahbes, à proximité des installations de la MINURSO. Face à la persistance des attaques, l’Armée royale marocaine a pris des mesures supplémentaires en renforçant ses installations militaires près du mur de sable, expliquant que ces installations étaient des « mesures de précaution » contre les actions du Polisario. Parallèlement, le Maroc a également accusé le Polisario d’utiliser des « véhicules banalisés et de déguiser ses combattants en civils », une stratégie qui aurait pour but de tromper les observateurs internationaux et de limiter la capacité d’intervention de la MINURSO.