Le conflit au Sahara occidental est un conflit militaire qui a débute en 1957 alors que la zone est sous contrôle espagnol.
Après la fin des protectorats français et espagnol, le Maroc cherche à récupérer les territoires du sud restés sous administration espagnole. Entre 1957 et 1958, la guerre d'Ifni oppose l'Armée de libération marocaine aux troupes espagnoles. Ce conflit débouche sur les , par lesquels le Maroc récupère le cap Juby. L'enclave d'Ifni n'est quant à elle officiellement rétrocédée qu'en 1969, alors même que le Maroc maintient ses revendications sur le Sahara espagnol.
À partir de 1973, il oppose les indépendantistes du Front Polisario et le Maroc. Une guerre se déclenche en 1975, à la suite du retrait de l'Espagne, entre le Maroc et les indépendantistes du Front Polisario. Un cessez-le-feu est signé le mais des épisodes mineurs de tensions ont toujours lieu entre le Maroc et la République arabe sahraouie démocratique proclamée par le Front Polisario, qui se disputent le territoire.
En 2007, le Maroc dépose un plan d'autonomie auprès des Nations Unis. Ce projet propose d'accorder au territoire une large autonomie, avec son propre gouvernement, son parlement, et ses ressources financières pour gérer les affaires locales. Cette autonomie cependant s'exercerait sous la souveraineté marocaine, le royaume conservant notamment le contrôle de la monnaie, des affaires étrangères, et de la défense.
Contexte historique, géographique et politique
Colonisation espagnole gauche|vignette|Sahara espagnol et protectorats du Maroc en 1912.
En 1859, l'Espagne déclenche la guerre contre le Maroc. La guerre se termine par une victoire de l'Espagne lors des batailles de Sierra de Bullones le , de Castillejos le , de Tétouan le et de Wad-Ras le . Le Maroc est contraint de signer avec l’Espagne le le traité de Wad-Ras, dont les conditions lui sont très défavorables.
En 1884, l'Espagne commence à coloniser le Sahara occidental qui devient peu à peu une colonie malgré une résistance de quelques tribus sarahouies aidées matériellement par le sultan du Maroc Hassan du Maroc. L'Espagne commence par coloniser Río de Oro ; en 1887 la totalité du Sahara occidental est colonisée.
En 1912, à la suite de la signature du traité de Fès entre la France et le Maroc ainsi que de la convention franco-espagnole de Madrid, l'Espagne se voit octroyer une zone d'influence répartie en deux zones disjointes, encadrant au nord et au sud celle sous protectorat français, composée du Rif et de la bande de Tarfaya, en bordure du Sahara espagnol et avec le fleuve Drâa comme frontière au nord. Toutefois, la création d'une administration coloniale sur le territoire du protectorat ne concerne que le Rif tandis que la zone de Tarfaya était gouvernée depuis Laayoune et demeure aux mains des Espagnols après la fin du protectorat, le .
Démographie du Sahara espagnol et composition tribale gauche|vignette|162x162px|Le Sahara occidental Avant le conflit, en 1967, le nombre d'habitants dans les trois principales villes du Sahara occidental était estimé à , En 1970, le recensement espagnol indiquait que le nombre d'habitants à Lâayoune et Villa Cisneros était d'environ , sans compter Smara. Puis, un an avant le début du conflit, en 1974, le nombre d'habitants en comptant les trois principales villes était de , Il faut également noter que durant ces années, l'urbanisation était très faible, et la plupart des habitants étaient des nomades organisés en tribus. Selon le recensement espagnol de 1974, le Sahara Espagnol est peuplé de .
Démographie des principales villes du Sahara espagnol de 1967 à 1974Années196719701974LâayouneSmara?Villa CisnerosTotal30 740La population à Lâayoune et à Villa Cisneros en 1970 était de sans compter Smara
On distingue au sein des populations du Sahara occidental trois grands groupes tribaux : les Reguibat et les Tekna, d'origine sanhajienne, et les Ouled Delim, d'origine arabe maqilienne. À ces trois grands groupes s'ajoutent deux tribus sanhajiennes d'importance moyenne, les Ouled Tidrarin et les Laarousyin, ainsi que la confédération maraboutique des Ahl Ma El Aïnin, axée autour des disciples et des descendants du Cheikh Ma El AïninLes tribus du Sahara, TelQuel no. 161. Paul Marty, Les tribus de la Haute Mauritanie, publ. du Comité de l'Afrique française, 1915 (lire en ligne). Les différentes tribus sont elles-mêmes composées d'un nombre variable de fractions.
Le territoire compte également plusieurs tribus numériquement beaucoup moins importantes tel les Ouled Bou Sbaa, Imraguens, Filalas, Tadjakant, Chekarna, Taoubbalt, Lemyar, Chenagla et Mejjat, dont certaines constituent des gravitant autour d'autres tribus plus importantes, tel les Mejjat, Aït Hassin, Fouikat, Chenagla et Lemyar qui gravitent autour des Tekna de l'ouest, ou les Aït Noss autour des Tekna de l'est.
Les Haratins constituent un cas à part. En 1993 environ un tiers des Sahraouis appartenaient à ce groupe parfois plutôt décrit comme une caste. Les Haratins sont des descendants d'esclaves qui servaient de domestiques ou de gardiens de troupeaux aux nomades comme les Bella chez les Touaregs.
Indépendance marocaine et thèse du Grand Maroc
gauche|vignette|Carte du « Grand Maroc » revendiqué par l'Istiqlal. La thèse du Grand Maroc repose sur l'idée que le Maroc doit légitimement recouvrir l'ensemble des territoires qui lui ont été amputés à la veille et durant le protectorat par la clause d'intégrité territoriale du Traité de Fès. Les limites territoriales de ce Grand Maroc sont variables. Elles incluent généralement l'intégralité de la Mauritanie, le quart occidental du Sahara algérien ainsi qu'une partie du Mali.
Le Grand Maroc est un concept développé par le gouvernement marocain principalement par l'Istiqlal dans les années 1950 et 1960. À la suite de la guerre des Sables le Maroc abandonne ses revendications territoriales sur une partie du Sahara algérien, puis renoncera et reconnaîtra la Mauritanie en 1969. Sa dernière préoccupation sera le Sahara occidental.
Guerre d'Ifni
Après l'indépendance du Maroc en 1956, l'armée de libération marocaine est fondée par l'Istiqlal afin de libérer les territoires sous contrôle espagnol et français (Ifni, Tarfaya et le Sahara occidental) : c'est ce que l'on appelle la « guerre d'Ifni ».
Les premières offensives de l'armée de libération marocaine connurent un certain succès. En deux semaines, elle avait conquis la majeure partie de la région et isolé les forces espagnoles dans la capitale, Sidi Ifni. Les assaillants avaient mené des attaques simultanées à travers le Sahara occupé (à 200km au sud d'Ifni), interceptant garnisons, convois et patrouilles ennemis pour se ravitailler. Les troupes marocaines, approvisionnées et renforcées, assiégèrent Sidi Ifni, espérant provoquer un soulèvement populaire. La ville résista sans incident majeur jusqu'en 1958.
Le , le Maroc lança une attaque infructueuse contre la garnison espagnole de Laâyoune. Après avoir été défaits et contraints à la retraite, les combattants marocains concentrèrent leurs efforts dans le sud-est de la colonie. Le lendemain, à Edchera, 350 soldats de deux compagnies espagnoles en reconnaissance furent attaqués par 500 combattants marocains cachés dans les dunes. Les Espagnols subirent de lourdes pertes (37 à 48 tués), tandis que les Marocains laissèrent 50 morts sur le champ de bataille. La Bataille de Dcheira fût une victoire marocaine.
Parallèlement, les irréguliers marocains de l'armée de libération nationale continuèrent la lutte dans le Sahara espagnol. Plus de 7 000 indépendantistes marocains participèrent à la capture de villes sous domination espagnole, sans réussir à atteindre le littoral. De leur côté, les Espagnols s'appuyèrent sur 10 300 soldats, dont 2 000 à Sidi Ifni.
En février 1958, les troupes franco-espagnoles ont lancé une offensive de grande envergure qui a permis de démanteler l'Armée de libération marocaine au Sahara occidental.Dans le même mois, le Maroc perd le contrôle de Edchera puis Tafoudart et Smara.
Le , des accords sont signés entre le gouvernement espagnol et le Maroc. Celui-ci obtient la région de Tarfaya (Cap Juby), entre le Drâa et le parallèle 27º 40', à l'exclusion de Sidi Ifni et du reste du Sahara espagnol.
L'Espagne a rétrocédé Ifni au Maroc en 1969, conformément à la résolution 2072 de l'Organisation des Nations unies (1965), qui appelle à la décolonisation d'Ifni et du Sahara occidental. Mais l'Espagne parvient toutefois à conserver le Sahara occidental jusqu'au début de la marche Verte (1975)30 juin 1958, Fin du conflit d'Ifni entre le Maroc et l'Espagne.
Premiers mouvements sahraouis
Après la guerre d'Ifni de 1957-1958, plusieurs mouvements marocains entreprennent des raids au sein du Sahara occidental.
Le premier mouvement indépendantiste, le Frente de Liberacíon del Sahara bajo Dominacíon Española, est fondé en 1966 mais il n'entreprend aucune action.
En 1963, le Maroc demande a l’ONU de classer le Sahara espagnol sur la liste des territoires non autonomes.
Mohammed Bassiri, un sahraoui ayant fait ses études au Maroc, crée en 1967 le Mouvement de libération du Seguia el-Hamra et Oued ed-Dahab (Harakat Tahrir Saqia al-Hamra wa Wadi al-Dhahab). Le Front Polisario se revendique descendant de ce mouvement,tandis que sa famille et sa tariqa le revendique comme marocains.
En 1969, la région voit naître le Mouvement révolutionnaire des hommes bleus, puis Mouvement de résistance des hommes bleus, organisation sahraouie de résistance anti-espagnole fondée par Moha R'guibi, dit Édouard Moha, aussi connu sous le nom de MOREHOB.
En 1971, un groupe de jeunes étudiants marocains dans les universités du Maroc a commencé à organiser ce qui allait être connu sous le nom de Mouvement embryonnaire pour la libération de Saguia el-Hamra et Rio de Oro.
Deux ans plus tard, le Front Polisario se constituera à Zouerate avec le soutien du président mauritanien Moktar Ould Daddah dans un but de fédéralisme. Celui-ci reçu le soutien de plusieurs tribus Maures notamment de Nouadhibou.
Conflits armés de 1973 à 1991
Guérilla du Polisario contre les Espagnols (1973-1975)
Le , le Polisario est formé à Zouérate (Mauritanie) par El-Ouali Moustapha Sayed, Bachir Moustapha Sayed, Lahbib Ayoub, Mohamed Abdelaziz, Omar Hadrami, Mahfoud Ali Beiba, Mohamed Lamine Ould Ahmed et Mohamed Lamine Ould Bouhali dans le but de mettre fin à l'occupation espagnole du Sahara occidentalLa vérité sur la guerre du Sahara.
Le de la même année, le front Polisario attaque le poste de police espagnol d'El Khanga et signifie par ce geste, l’ouverture des hostilités vis-à-vis de l’occupation et pour la fierté nationale.
Le , Lahbib Ayoub à la tête d’une colonne hétéroclite armée de fusils dépareillés, lance une attaque couronnée de succès contre un poste espagnol, du côté d’Amgala. Le , le Polisario s'empare de Lagouira sans combat.
Guerre entre le Maroc et le Polisario (1975-1991)
Le retrait de l'Espagne va entraîner une guerre entre le Maroc et le Front Polisario qui va déclarer l'indépendance du territoire et crée la République arabe sahraouie démocratique, non reconnue par le Maroc et l'ONU.
Depuis le cessez-le-feu de 1991