Le que l'on retrouve aussi sous l'appellation taijitsu, tai-jitsu ou tai jitsu (dans l'appellation de sa version européenne), est un art martial d'origine japonaise. Il s'agit d'une ancienne appellation générique aux méthodes de combat à mains nues, parfois connue sous le nom de koshi no mawari et d'où est ressorti le concept de jūjutsu (littéralement : « art de la souplesse »). Anciennement, le taijutsu tout comme le jujutsu, étaient souvent associés et/ou issus du yawara.
Des appellations variées ont été utilisées pendant les différentes périodes historiques du Japon et changeaient selon les régions géographiques et les différents successeurs. Chacune de ces appellations se référait à de légères différences liées aux caractéristiques techniques où tout le corps, ou seulement une partie, était utilisé.
Dans les écoles de , d’ et de , les techniques de taijutsu étaient nommées comme suit : Hade, signifie littéralement « main ailée » ou « main de plumes ». Ce système est spécialisé dans l'attaque des points vitaux du corps. Les Takenouchi ryū et Seigō ryū l’utilisent., Hakuda était un autre nom pour désigner la partie atemi waza du taijutsu (jūjutsu). Haku signifie « frappe » ; da était une prononciation alternative pour le terme uchi (« frapper »). Hakuda signifiait « arrêter la frappe », une ancienne terminologie pour le kenpō., jūjutsuJūjutsu est « la science de la souplesse ». Ces techniques de combat ont été élaborées par les bushi au cours de la période Kamakura (1185-1333) au Japon. Ces méthodes de combat indigènes ont été combinées avec les mouvements et les contre-prises des méthodes de combat chinoises, les guerriers désarmés utilisant ces techniques contre des opposants armés. Ces techniques ont été développées à partir du kumiuchi. Le jūjutsu ne devint un art martial à part entière qu’à partir de la période d'Edo (1603-1668), lorsque le Japon était en paix. Pendant cette période, les rōnin ont développé plus de 300 écoles d’arts martiaux. Ces écoles ont été codifiées au début de période Meiji (1868-1912), à l'époque où les samouraïs n’étaient plus autorisés à porter leurs épées.
Une forme spécialisée de jūjutsu est l’oshikiuchi, qui signifie « sous le seuil honorable ». Il s'agissait d'une forme de combat spécialisée et particulière d’autodéfense utilisée dans le palais impérial par les samouraïs de la classe supérieure. On dit de l’oshikiuchi qu’il est le précurseur du Daitō ryū. Ce sont également ces techniques de combat, avec ou sans armes, qui ont été élaborées par le clan Takeda, selon le système de l'aiki in yoho. Il a également été appelé odome. (柔術), kenpōKenpō est un autre nom pour tebaku. Kenpō est la prononciation japonaise du terme chinois chun fa (« méthodes de poing »). Il a été utilisé par les systèmes de jūjutsu qui mettent l'accent sur l’atemi waza. Il inclut notamment l’hakuda, le kenpō et le shubaku. L’hadako a été l’un de ces systèmes originaires de Chine. Chen Tsu U (Chen Genpin) l’introduisit au Japon en 1627. Tebaku était un autre nom de la forme de pugilat enseigné par Chen Tsu U (Chen Genpin). (拳法), toriteTorite ou toride, qui signifie littéralement « prendre la main », était une forme de combat à mains nues par prises, sans armure, utilisée par les samouraïs sur le champ de bataille. Son principal objectif était la capture et la retenue de l'adversaire. (捕手).
Pour le et le les terminologies utilisées étaient les suivantes : koppōKoppō signifie littéralement « méthodes pour broyer les os ». C'est un système qui utilise le kakushi buki (armes cachés pour effectuer des atemi). (骨法), gōhōGōhō signifie « méthode dure ». Ce système regroupe les techniques de défense ou de frappe : blocages, coups de poing ou coups de pied, appuyés par une connaissance approfondie des points vulnérables du corps humain (kyusho), et de la maîtrise à la fois de la distance (maai), de la cadence (hyoshi), de la perception (yomi) et de l'initiative (sen). (強法), kogusokuKogusoku, signifie littéralement « saisir le bras » ou « arrêter la technique ». Ce fut un début de système de jūjutsu, mettant l'accent sur l'utilisation des épées courtes et des couteaux. Le kogusoku était une armure minimale, composée d’un sune-ate (protège-tibias), kote (manchon blindé), nodowa (hausse-col ou gorgerin) et wakidate (essentiellement, une cuirasse qui protège également les côtés).
Créé par Takenouchi Hisamori en 1532, il est également connu comme torite kogusoku. Gojutsu était un autre nom pour kogusoku. (小具足), yawara jutsuYawara est une autre prononciation du jū de jūjutsu. Apparaissant de lui-même, le yawara doit être lu comme « yawara » et non comme « jū ». En tant que mot composé, il serait prononcé comme jū ou wa (jūjutsu ou wajutsu). Yawaragi, signifiant « techniques douces », étaient les techniques enseignées dans ce style. Le yawara a été utilisé au cours de la période Edo (1603-1868). Le mot yawara aurait supposément été inventé par Sekiguchi Jushin Minamoto Hachiroemon no Sonechika, le fondateur du Sekiguchi ryū.
Shomin yawara, également connu sous le nom ippan yawara et goshinjutsu, était une méthode de jūjutsu mis au point pour et par le peuple. Il possédait un champ d’application plus limité et portait principalement sur les combats non-armés. Il a été, pour la plupart, de nature plutôt défensive. (和術), koshi no mawariKoshi no mawari signifie « autour des reins », parce que les combattants étaient ceints d'une corde qui retenait une épée courte. Ce fut un autre nom pour le kogusoku. (腰之廻), yoroi kumiuchiYoroi kumiuchi, aussi connu sous le terme kassen kumiuchi et kacchu kumiuchi, réfère aux prises de luttes en armure complète en utilisant des techniques de sumo. L’atemi waza était d'une utilité limitée avec des guerriers en armure. Le yoroi kumiuchi n'était pas nécessairement une forme de combat sans armes : il était brutal et sans aucune restriction. Tout était autorisé pour battre l'ennemi, qui était jeté par terre et décapité. Senjo kumiuchi était un autre nom pour yoroi kumiuchi et signifie « luttes », « prises » de champs de bataille ; senjo signifie champ de bataille. (鎧組打).
Pour le Tenshin Shōden Katori shintō ryū (天真正伝香取神道流), le (立身流) et le Shoshō ryū (諸賞流), on utilisait ces termes : kumiuchiKumiuchi était une forme de combat rapproché sans armes et sans armure, basé sur les pratiques de sumo. Ce fut le fondement du taijutsu (jūjutsu), du judo et de l'aïkido. La technique consiste à saisir les vêtements de l'adversaire en combat au corps à corps. Ce fut plus tard la base du kumi kata ou temoto. (組打), shubakuShubaku ou shuhaku était un autre nom pour le jūjutsu et signifiait « main médicinale », se référant à des techniques enseignées par Chen Tsu U (Chen Genpin). Ce fut un autre nom pour le tebaku. (手縛), tōdeTode, écrit avec différents caractères, pourrait être prononcée torite, ce qui signifie « arrêter » ou « capturer la main ». Plus tard, écrit avec d’autres caractères mais conservant la même prononciation, il a été traduit en tant que « main des Tang » ou « main de Chine », telle que présentée par Gichin Tominakoshi Funakoshi. C’est de cette manière qu’il a été introduit dans l’archipel des Ryūkyū à Okinawa vers 1372. Combiné avec le chuan fa, il a ensuite été développé pour évoluer vers le karaté. (唐手), torite (捕手 ou 取手) — les deux graphies existent —, wajutsuWajutsu signifie « art doux » ou « art de la non-résistance ». L’Oguri ryū enseigne cette forme de jūjutsu qui a été dérivé du yoroi kumiuchi. Oguri Niemon a fondé l’Oguri ryū en 1616. Il a adapté les méthodes de lutte en armure, en méthodes de combat dans des vêtements ordinaires. Jacques Quero réinventa la roue en créant un autre wajutsu en 1983, par la synthèse du judo, du karaté et de l'aïkido. Avec les techniques, il a ajouté des aspects de nature ésotérique et philosophique puisés dans le zen. (和術), yawara jutsu (和術), kowamiKowami signifie « force du corps », était un moyen de prises non armées basées sur la force pure. C’était une méthode de « lutte dure » et d’exercices intensifs. (剛身).
Les premières références à ces arts de combat à mains nues peuvent être trouvées dans les premiers dossiers historiques du Japon que l'on appelle le Kojiki (Chronique des faits anciens - 古事記) et le Nihon Shoki (Chroniques du Japon - 日本書紀), et qui concernent la création mythologique du pays et la mise en place de la famille impériale.
Le taijutsu est un art de combat très ancien. Identifié comme une variation du kumiuchi, il est reconnu comme étant le précurseur d’autres arts martiaux japonais. Son origine n'est pas connue avec précision, mais il a été redécouvert et codifié autour du par un guerrier du nom de Nagao Kenmotsu, un samouraï des écoles Ittō-ryū (一刀流) et Yagyū Shinkage-ryū (柳生新陰流) et qui fonda le Nagao ryū (長尾流).
Deux grands courants de taijutsu existent actuellement : le taijitsu (ou nihon taijitsu - 日本体術) moderne européen français (de Roland Hernaez et de Daniel Dubois) et le taijutsu (ou nihon taijutsu - 日本体術) traditionnel japonais issu des koryū bujutsu (古流武術) nommées ci-haut et comprenant le ninpō taijutsu (忍法体術) ou budō taijutsu (武道体術).
Le terme taijutsu
Le terme taijutsu est composé de deux kanjis. Selon la méthode de romanisation du japonais la plus répandue, la méthode Hepburn, ces kanji devraient se définir ainsi : : « corps » ; : « art », « moyen », « technique ». Taijutsu se traduit donc par « art du corps » ou « technique de corps ».
On retrouve assez souvent « l'art du corps » écrit d'une manière erronée, soit : taijitsu ou encore tai-jitsu. Cette erreur est souvent due à une mauvaise prononciation du japonais par les Occidentaux. Elle est même commise par de grands experts hauts gradés dans ces mêmes arts de combats, ce qui n'enlève en rien à la compétence de ces experts.
Toujours selon la méthode Hepburn, la traduction de taijitsu se définirait ainsi : : « corps » ; : « vérité », « réalité », « sincérité ». On remarque ici que l'écriture du kanji est très différente de l'écriture du kanji . Le taijitsu serait donc traduit de la manière suivante : « vérité du corps », « réalité du corps » ou « sincérité du corps ». Ce qui est très loin de la méthode de combat qu'est le taijutsu. La confusion et la mauvaise prononciation entre jutsu et jitsu remonte aux premiers échanges des Occidentaux avec les Nippons vers la fin du . Pour toutes sortes de raisons, souvent politiques, la correction à la romanisation n'a jamais été apportée. Par contre, tous utilisent les bons kanjis à l'écriture japonaise du taijutsu : 体術.
Techniques Les techniques se répartissent principalement en deux grands groupes principaux :
Dakentaijutsu : techniques à base de blocages (uke waza) et de coups frappés (atemi waza) sur les points vitaux du corps humain, osseux (koppōjutsu), musculaires (koshijutsu) ou internes/nerveux (kyusho). (Note : Les techniques utilisées en dakentaijutsu possèdent un très grand nombre de similarités avec celles utilisées en kenpō.) Jūtaijutsu : techniques de projections (nage waza), de contrôle (katame waza), de clefs et de luxations (kanzetsu waza). (Note : Les techniques utilisées en jūtaijutsu possèdent un très grand nombre de similarités avec celles utilisées en jūjutsu.)
Ces deux groupes principaux sont complétés et liés entre eux par l’ajout d’un élément technique complémentaire : le taihenjutsu. Taihenjutsu : techniques à base de déplacements (sabaki waza), de roulades et/ou de chutes (ukemi waza), d'évasions (hakuda waza), de postures, etc.
Écoles traditionnelles (ryūha)
Les origines du taijutsu japonais remontent aux écoles traditionnelles ou ryūha What is a Ryu? des arts martiaux anciens (koryū bujutsu) Koryū budo, kobudo, kobujutsu, koryū bujutsu: what's the difference?. La majorité de ces écoles ancestrales ont aujourd’hui disparu ou ont été assimilées par d’autres. Cependant, certaines d’entre elles subsistent encore de nos jours et les gardiens de la tradition, ses maîtres, perpétuent leur enseignement encore aujourd’hui.