La rue du Paon (en alsacien : Pfauegass) est une voie de Strasbourg rattachée administrativement au quartier Gare - Kléber, qui va de la rue de l'Épine à la rue de la Division-Leclerc. C'est une zone piétonneMaurice Moszberger (dir.), « Paon (impasse du) », in Dictionnaire historique des rues de Strasbourg, Le Verger, Barr, 2012 (nouvelle éd. révisée), .

Toponymie vignette|gauche|Plaque bilingue (français/alsacien) et ancienne plaque. La rue a connu différentes dénominations, en allemand ou en français : Vicus zu dem Pfawen (1318), Pfauengesselin (1528, 1585), ruelle de Pie (1794), cul-de-sac du Paon (1818), rue du Paon (1823, 1956), impasse du Paon (1856, 1918, 1945), Pfaugässchen (1870, 1940).

Selon Adolphe Seyboth, la référence à un paon date du début du . C'est ensuite le nom d'une auberge (Zu dem Pfowen). Un paon peint sur le mur d'une maison est signalé en 1569 Adolphe Seyboth, « Pfauengässchen. Impasse du Paon », in Das alte Strassburg, vom 13. Jahrhundert bis zum Jahre 1870 ; geschichtliche Topographie nach den Urkunden und Chroniken, Strasbourg, 1890, , .

Des plaques de rues bilingues, à la fois en français et en alsacien, ont été mises en place par la municipalité à partir de 1995« L'alsacien a droit de rue à Strasbourg », Libération, 31 mars 1995, . C'est le cas de la Pfaugass.

Histoire Les différentes observations effectuées dans l'impasse du Paon et les rues avoisinantes ont révélé la présence de quelques murs anciens qui appartiennent en général à l'époque médiévale. L'un d'eux, doté d'une niche, pourrait remonter à l'Antiquité tardive, mais il n'y a pas de certitude en l'état actuel de la rechercheGertrud Kuhnle, Juliette Baudoux, Marie-Dominique Waton et Jens Dolata, « La mutation et le rôle du camp légionnaire de Strasbourg dans l’antiquité tardive », in Michel Kasprzyk, Gertrud Kuhnle, Alexandre Burgevin (dir.), L’Antiquité tardive dans l’Est de la Gaule, I : La vallée du Rhin supérieur et les provinces gauloises limitrophes : actualité de la recherche, Dijon, ARTEHIS éditions, "Supplément à la Reveue archéologique de l'Est" (), 2011, , (, , ).

Attestée dès le , la ruelle est restée une voie sans issue (« cul-de-sac », « impasse ») pendant plusieurs siècles.Après la Grande-Percée qui transforme profondément la ville dans l'entre-deux-guerres, les lendemains de la Seconde Guerre mondiale voient s'intensifier le processus de modernisation. Reconstructions, remaniements et réinventions se succèdent. Dans ce quartier, Jean Clément, directeur départemental de la construction, et l'architecte-urbaniste Charles-Gustave Stoskopf, qui souhaitent mettre en scène le paysage urbain le long de la Grande-Percée, décident de déboucher l'impasse du Paon et de l'ouvrir sur la récente rue de la Division-Leclerc, générant ainsi une nouvelle perspective sur la cathédrale et une ancienne maison à pignon créneléGauthier Bolle, « Reconstruire les paysages urbains et ruraux d’Alsace après 1945. Lignes de continuité », Revue d'Alsace, , 2016, , .

Bâtiments remarquables vignette|upright|Maison à l'angle de la rue de l'Épine (2019). : Des éléments, dont l'oriel, du de la rue de l'Épine, qui se situe à l'angle méridional de cet édifice, font l'objet de plusieurs inscriptions au titre des monuments historiques depuis 1929, mais l'entrée de celui-ci se trouve dans la rue du Paon. Sur cette façade, les fenêtres des étages sont réparties de façon symétrique, sept fenêtres au premier étage et cinq aux deux étages supérieurs. Au , le rez-de-chaussée est doté de trois fenêtres, de deux portes ordinaires et d'une porte large. Les ouvertures ont été modifiées en 1922 pour aménager un bureau et un garage à voitures« 5, rue de l'Épine », Maisons de Strasbourg. Étude historique sur les maisons de Strasbourg entre le et le . : Au , l'auberge Alt Post / Zur alten Post (« À la Vieille Poste »), qui se trouve à cet endroit, figure sur la liste des 14 établissements autorisés à accueillir des Juifs pour la nuit, alors que, parmi les nombreux interdits qui pèsent sur eux, ils doivent quitter la ville le soir au moment de la fermeture des portesRobert Weyl, « Auberges pour Juifs à Strasbourg au », communication faite à la Société d'histoire des Israélites d'Alsace et de Lorraine en 1984 .Mentionnée en 1730, l'auberge est reprise par des hôteliers, puis entièrement reconstruite en 1770. En 1798, elle possède une écurie pouvant accueillir 30 chevaux.

La maison du fond de l'ancienne impasse (avant la Grande-Percée) abritait une boulangerie mentionnée en 1302 et qui subsiste jusqu'au milieu du . Un ancien puits public se trouvait à proximitéAdolphe Seyboth, Strasbourg historique et pittoresque depuis son origine jusqu'en 1870, L'Imprimerie alsacienne, 1894, .

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Maurice Moszberger (dir.), « Paon (impasse du) », in Dictionnaire historique des rues de Strasbourg, Le Verger, Barr, 2012 (nouvelle éd. révisée), Adolphe Seyboth, « Pfauengässchen. Impasse du Paon », in Das alte Strassburg, vom 13. Jahrhundert bis zum Jahre 1870 ; geschichtliche Topographie nach den Urkunden und Chroniken, Strasbourg, 1890, , Adolphe Seyboth, Strasbourg historique et pittoresque depuis son origine jusqu'en 1870, L'Imprimerie alsacienne, 1894,

Articles connexes Liste des voies de Strasbourg

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Paon