La rue du Vieux-Seigle (en alsacien : Firnkorngässel) est une voie de Strasbourg rattachée administrativement au quartier Gare - Kléber.
Situation et accès Située dans le prolongement de la rue de la Demi-Lune, elle va du de la rue des Francs-Bourgeois à la rue du Vieux-Marché-aux-GrainsMaurice Moszberger (dir.), « Vieux-Seigle (rue du) », in Dictionnaire historique des rues de Strasbourg, Le Verger, Barr, 2012 (nouvelle éd. révisée), .. La rue de la Lanterne y débouche dans son tronçon centralMoszberger, op. cit., ..
Origine du nom vignette|gauche|upright|Plaque bilingue, en français et en alsacien.
Historique Attestée depuis le , la rue a été amputée d'une grande partie de sa longueur par l'ouverture de la rue des Francs-Bourgeois au moment de la Grande-PercéeRoland Recht, Jean-Pierre Klein et Georges Foessel (dir.), « Rue du Vieux-Seigle », in Connaître Strasbourg : cathédrales, musées, églises, monuments, palais et maisons, places et rues, Alsatia, 1998 (nouvelle édition remaniée), .
La rue a connu différentes dénominations, en allemand ou en français. La plus ancienne, attestée en 1266, est Virnekorngasse. Elle tient son nom d'une famille patricienne, les Virnekorn, qui, au , se faisait remarquer parmi les ministériaux de l'évêque et les sénateurs de la ville de StrasbourgJean-Daniel Schoepflin, L'Alsace illustrée ou son histoire sous les empereurs d'Allemagne et depuis sa réunion à la France, V, Villes impériales-généalogies, vol. 5, François Perrin, 1852, .. Selon Roland Recht, c'est une traduction littérale qui l'a transformé en nom commun, Virn signifiant « suranné, ancien » et devenant alors Alte, tandis que Korn désigne le blé ou le seigle. Alte Korngasse est ensuite traduit en « rue du Vieux-Seigle ». L'appellation suivante, Under Kürsenern (du au ), fait référence au quartier des pelletiers.Se succèdent ensuite Hinter der Herrenstube (1735, 1786), Derrière la Lanterne (), Firnkorngasse (1872, 1940), rue de la Jeunesse (1794), rue du Vieux-Marché-aux-Blés (1817), rue du Vieux-Seigle (1858, 1918, 1945), Alte Korngasse (1872, 1940 Adolphe Seyboth, « Alte Korngasse. Rue du Vieux-Seigle », in Das alte Strassburg, vom 13. Jahrhundert bis zum Jahre 1870 ; geschichtliche Topographie nach den Urkunden und Chroniken, Strasbourg, 1890, , .).
Des plaques de rues bilingues, à la fois en français et en alsacien, ont été mises en place par la municipalité à partir de 1995« L'alsacien a droit de rue à Strasbourg », Libération, 31 mars 1995, .. C'est le cas du Firnkorngässel.
Bâtiments remarquables et lieux de mémoire vignette|gauche|Le cinéma Vox, à l'angle de la rue du Vieux-Seigle (à gauche) et de la rue des Francs-Bourgeois. C'est du côté de la nouvelle artère que les transformations sont les plus importantes. : Lorsqu'en 1756 le baron Jean de Dietrich faisait l'acquisition de ce bâtiment et des de l'ancienne rue des Fribourgeois, ils abritaient, avant leur transfert, d'anciens ateliers monétairesAdolphe Seyboth, Strasbourg historique et pittoresque, op. cit., ..Au l'emplacement accueille le cinéma Vox, à l'angle du de la nouvelle rue des Francs-Bourgeois. C'est un exemple typique de l’architecture cinématographique des années trente, mais, si les plans de Vladimir Scob et Adolphe Wolff datent de 1939, la réalisation, retardée par la guerre, ne s'achève qu'en 1947Shahram Hosseinabadi, « “ELDORADO” À la française ou à l'allemande ? Une étude comparée des cinémas de Strasbourg », Revista de Arquitectura, 2015, 17(1), , .. : En face du cinéma, à l'angle des de la rue des Francs-Bourgeois, plusieurs maisons sont démolies à la fin des années 1960 pour céder la place à un nouvel immeuble destiné à une compagnie d'assurances« 15, rue des Francs-Bourgeois », Maisons de Strasbourg. Étude historique sur les maisons de Strasbourg entre le XVI et le XX siècle . vignette|gauche|upright=0.3|Fontaine Renaissance(Albert Koerttgé, 1894). page 400 : Dans cette maison, la porte, trois fenêtres dans une pièce du premier étage et une fontaine murale Renaissance ont fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques en 1965., car l'aile sur cour était vouée à la démolition. L'architecte Albert Sensfelder a intégré les montants de fenêtre et la fontaine à sa propriété, au , rue du Général-OffensteinDominique Toursel-Harster, Jean-Pierre Beck, Guy Bronner, Dictionnaire des monuments historiques d’Alsace, éd. de la Nuée Bleue, 1995, .. vignette|upright|Rue du Vieux-Seigle (Élise Gérold, vers 1880). : La tour à pignon crénelé de cet édifice médiéval est la seule qui subsiste encore à Strasbourg.Son usage reste incertain. À la fin du , Adolphe Seyboth restait perplexe : « Nous n'avons rien trouvé qui pût nous éclairer sur l'origine ou la destination de cette tour. Malgré ses dimensions presque monumentales, elle semble n'avoir jamais servi qu'à renfermer un escalierAdolphe Seyboth, Strasbourg historique et pittoresque depuis son origine jusqu'en 1870, L'Imprimerie alsacienne, 1894, .. »Un archéologue contemporain, Maxime Werlé, s'interroge aussi, mais tente d'aller plus loin : « Si la destination fonctionnelle de la tour reste d'interprétation difficile (tour d'escalier ?), sa valeur symbolique de référence explicite à un modèle castral paraît plus assurée. ». Néanmoins ses investigations archéologiques, à la fin des années 1990, permettent de définir trois phases de construction. Les deux premières, d'une part le dernier tiers du /premier tiers du , d'autre part la première moitié du , sont fondées sur des comparaisons avec d'autres maçonneries du même type. La troisième est datée vers 1300 par dendrochronologie Maxime Werlé, « 6, rue du Vieux-Seigle », Archéologie médiévale, tome XXVIII, 1999, , .. vignette|upright|gauche|Baie géminée cintrée du de la rue de la Lanterne, donnant sur la rue du Vieux-Seigle. L'ensemble est remanié à cette date, comme en témoignent les baies romanes et gothiques, ainsi que les pignons à redents. Le bâtiment est à nouveau transformé à la Renaissance, puis au . Un troisième étage, à pans de bois crépi, est ajouté au Jean-Marie Pérouse de Montclos et Brigitte Parent, Alsace : Le Dictionnaire du patrimoine, Éditions Place des Victoires, Paris, 2011, ..L'édifice est décrit comme un grand bâtiment de plan quadrangulaire auquel est accolée une tour, également quadrangulaire, d'une hauteur de , placée hors œuvre, à l'extrémité du mur gouttereau nord.Frédéric Piton, lorsqu'il décrit l'introduction, au , des cafés en France , en donne pour exemple celui qui se trouvait à l'angle de la rue du Vieux-Seigle et de celle de la Lanterne, le Café de la Victoire, l'un des premiers cafés établis dans la villeFrédéric Piton, Strasbourg illustré, ou panorama pittoresque, historique et statistique de Strasbourg et de ses environs, Volume 1, Silbermann, 1855, .
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie Maurice Moszberger (dir.), « Vieux-Seigle (rue du) », in Dictionnaire historique des rues de Strasbourg, Le Verger, Barr, 2012 (nouvelle éd. révisée), Jean-Marie Pérouse de Montclos et Brigitte Parent, Alsace : Le Dictionnaire du patrimoine, Éditions Place des Victoires, Paris, 2011, Roland Recht, Jean-Pierre Klein et Georges Foessel (dir.), « Rue du Vieux-Seigle », in Connaître Strasbourg : cathédrales, musées, églises, monuments, palais et maisons, places et rues, Alsatia, 1998 (nouvelle édition remaniée), Adolphe Seyboth, « Alte Korngasse. Rue du Vieux-Seigle », in Das alte Strassburg, vom 13. Jahrhundert bis zum Jahre 1870 ; geschichtliche Topographie nach den Urkunden und Chroniken, Strasbourg, 1890, , Adolphe Seyboth, Strasbourg historique et pittoresque depuis son origine jusqu'en 1870, L'Imprimerie alsacienne, 1894,
Articles connexes Liste des voies de Strasbourg
Liens externes « Rue du Vieux-Seigle (Strasbourg) » (ArchiWiki)
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