Le Véhicule Expérimental (VE) 111 Topaze, aussi désigné plus simplement par Topaze (initialement Andromède), est une fusée expérimentale française, développé par la Société d'étude et de réalisation d'engins balistiques (SEREB) pour le programme des « Études balistiques de base » (EBB), dit des « Pierres Précieuses ». La fusée a été utilisée pour mettre au point le second étage du lanceur.
Son nom de code VE111 provient de Véhicule Expérimental à 1 étage, à propulsion solide (code 1), piloté (code 1).
Histoire
En 1961, la France, précisément, le SEREB, entame le début du projet « Études balistiques de base » (EBB), dit des « Pierres précieuses », consistant à mettre au point le missile S2 et le lanceur Diamant. Le développement industriel est confié aux deux sociétés Nord-Aviation et Sud-Aviation. Entre 1961 et 1965, la France possède toutes les connaissances nécessaires pour la réalisation d’un missile à longue portée ainsi que d’un lanceur de satellite. Plusieurs fusées expérimentales sont conçues, permettant de mettre au point séparément un ou plusieurs équipements.
Ainsi est créée VE.10 Aigle dont le but est de mettre au point le bloc propulseur à poudre. Il est suivi VE.110 Agate, chargée de la mise au point de l’ogive de mesure, 12 tirs seront effectués entre 1961 et 1964, dont 3 échecs.
La VE.111 Topaze est développée à partir de fin 1960, afin de développer le système de pilotage automatique. Elle est beaucoup plus perfectionnée puisqu’elle utilise une centrale gyroscopique pour se stabiliser, ainsi qu’un programmeur d’attitude, et utilise quatre tuyères mobiles pour s’orienter. Des essais sol et notamment sur un banc à entraves dynamiques, permettant de tester le système d'orientation des tuyères, sont menés pour commencer la mise au point du système de pilotage. Le a lieu le premier tir du Topaze en version courte depuis Hammaguir (Algérie). 14 tirs de différentes versions (Courtes, Longues, instables) ont eu lieu dont 13 avec succès jusqu’en .
Après les essais de la fusée seule, les étages Topaze ont volé comme second étage des fusées Saphir et Diamant.
+ Liste des tirs TopazeTypeDate du tirN° volApogéeCommentairesVE.111CC319 décembre 196280 kmVE.111CC422 mars 196380 kmVE.111CC728 mars 196380 kmVE.111CC921 juin 196380 kmVE.111CC827 juin 196380 kmVE.111CC1024 octobre 196380 kmVE.111LL121 décembre 1963110 kmVE.111LL211 mars 1964110 kmVE.111CICi14 juin 196480 kmTest MSBS - ÉchecVE.111CICi221 octobre 196480 kmTest MSBSVE.111CICi311 décembre 196480 kmTest MSBSVE.111CICi421 décembre 196480 kmTest MSBSVE.111LGLG118 mai 1965100 kmPremier vol réalisé avec une fusée guidée par inertie.VE.111CILG221 mai 1965100 km
Caractéristiques techniques
Topaze est la première fusée à poudre française pilotée. Elle est dirigée grâce à quatre tuyères orientables montées sur le fond du propulseur à poudre. Elle est stabilisée aérodynamiquement non pas par des empennages, mais par une jupe dont la traînée la maintient sur sa trajectoire, cela lui permet d'être tirée depuis un socle et non plus d'une rampe. Elle est propulsée par un bloc Soleil chargé d'Isolane, poudre plus performante que la Plastolite.
La fusée existe dans trois versions différentes :
Version initiale VE 111 C (comme « Court ») : pour mettre au point et qualifier un système de pilotage. Version VE 111 L (comme « Long ») : pour la qualification du deuxième étage du VE 231 "Saphir" et du lanceur Diamant A. Version VE 111 CI/LI (comme « Court Instable » et « Long instable ») pour étudier le pilotage du premier étage du Missile MSBS, qui est instable aérodynamiquement quand il est lancé sous l’eau, depuis un sous-marin.
VE 111 C left|thumb|Fusée VE.111C Topaze n° 10 restaurée par les Ailes Anciennes Toulouse. D’un diamètre de , d’une longueur de et d’une masse de , la fusée possède un premier étage à propulsion solide de type bloc « Soleil » en « Isolane », produit par la Poudrerie Nationale de Saint-Médard-en-Jalles, le premier étage a une masse de . Ses dimensions sont de de long dont la forme du canal central à six branches en étoile, et de largeur.
Il possède quatre moteurs-fusées, générant au total une poussée de au niveau de la mer pendant , et une impulsion spécifique de .
La case à équipements est composée de quatre panneaux radiaux en alliage d'aluminium pour corroyage d’une épaisseur de , dans la partie interne. Les équipements de la case sont un bloc gyromètrique 10721 SAGEM à trois gyromètres, une unité d'alimentation électrique : un convertisseur 208 VAUXILEC 400 HZ et une batterie , un bloc de commande SFENA, et une centrale inertielle.
Le corps de rentrée logeait un parachute servant à la récupération de la fusée, et des appareils de mesure comme de télécommande, de télémesures et de trajectographie.
VE 111 L Contrairement à la VE 111 C, ses dimensions sont de de longueur et de diamètre. Son carburant est de l’isolant Block Soleil 3 d’une masse de . Sa masse au décollage est de , soit environ de plus que le VE111 C. La poussée est de , et son temps de combustion est de . La case à équipements et le corps de rentrée sont identiques à la version C.
VE 111 CI/LG La fusée fut équipée de la case équipements prévue pour le VE 231G et d'un nouveau corps de rentrée. Mise au point du système complet de guidage inertiel.
Préservation Une fusée Topaze VE.111 C quasiment complète est préservée à Toulouse. Elle a été restaurée en 2025 par les Ailes Anciennes Toulouse, recevant ainsi la coupe GIFAS du Grand Prix du Patrimoine 2025 de l'Aéro-Club de France. La fusée est présentée dans le hall du Commandement de l'espace sur la Base aérienne 101.
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Diamant Programme spatial français
Lien externe Site Nos premières années dans l'espace consacré au début du programme spatial français dont le programme Pierres précieuses réalisé par des chercheurs/ingénieurs ayant participé au programme
Catégorie:Programme spatial français Catégorie:Fusée expérimentale