La pandémie de Covid-19, et diverses mesures sanitaires et conséquences socioéconomiques induites, ont eu, selon les pays, des effets divers sur la santé mentale de la population (+ 28% de troubles anxieux et de dépressions en 2020, selon une étude australienne, notamment chez les femmes et les plus jeunes).
L'imprévisibilité et l'incertitude, les mesures de confinement, de distanciation physique et autres stratégies d'endiguement associées à la pandémie, ainsi que la crise économique qui en résulte ont exacerbé les inégalités en matière de santé mentale. Les résultats préliminaires montrent des effets néfastes sur la santé mentale chez des personnes précédemment en bonne santé et plus encore chez des personnes souffrant déjà de troubles mentaux préexistants.
Les dépression, les troubles du sommeil, les troubles alimentaires, l'anxiété, les pensées suicidaires, etc., ont augmenté durant la pandémie, particulièrement chez les personnes âgées, les malades du Covid-19 et les soignants ; mais aussi chez les dirigeants d'entreprise, les chômeurs, les artisans et les commerçants, les femmes et les étudiants en précarité ou en télétravail, ainsi que les enfants et les adolescents.. Il y a eu en 2020 environ 53 millions de cas supplémentaires de troubles dépressifs majeurs selon une étude australienne.
Chez les professionnels de santé, les niveaux d'anxiété, de stress et de dépression ont augmenté, mais sont moins visibles que chez d'autres types de professionnels.
Causes L'isolement et la solitude dus au confinement, l'angoisse, les difficultés provenant de la crise économique sont des causes souvent citées, car pouvant entraîner la dépression et des idées suicidaires During COVID-19, Loneliness Linked to Depression and Suicidal Ideation .
Diverses formes de stigmatisations et d'exclusions, liées au fonctionnement du système immunitaire comportemental ont aussi pu détériorer la santé mentale de groupes minoritaires et du grand public.
Conséquences Les taux de dépressions et de suicides se sont accrus dans le monde..
Les enfants et les étudiants sont particulièrement touchés..
En , l'UNICEF, rappelle que dans beaucoup de pays riches, les enfants sont fréquemment victimes du suicide, du mal-être, de l'obésité et de mauvaises compétences sociales et scolaires, et note par ailleurs l'insuffisance du soutien aux familles et aux enfants pendant la pandémie..
Impact sur les personnes ayant un précédent psychiatrique La santé est un facteur qui a été très affecté pendant cette période du confinement dû au covid-19. On fait donc face à un grand nombre de personnes ayant un auparavant un déficit psychiatrique et qui seront touchées psychologiquement face à ce confinement. Ce facteur a affecté les jeunes, les adultes mais aussi les plus anciens. Le stress, l’anxiété, le manque d'interactions avec les liens sociaux mais aussi la rupture de soins psychologiques ont mené à une augmentation et une intensification des troubles psychologiques, ceux-ci ayant des conséquences diverses. Le fait que la psychiatrie soit dans certains pays, notamment la France, un système fragile n’aide pas non plus à éviter ces conséquences. Dans une tribune publiée le 8/04/2020 dans "Le Parisien", une centaine de médecins s'inquiètent du sort des 12 millions de personnes souffrant de troubles psychiques, très perturbés par le confinement et qui consultent beaucoup moins.
Les individus souffrant déjà de troubles psychiatriques se sont révélés plus vulnérables, dont à cause de ruptures de liens entre patients et psychologues qui ont souvent fait appel à la télé-consultation. Les confinements, et leur fin ont été pour eux des stress supplémentaires. Ainsi, des épisodes de colère ou d'anxiété extrême ont été observés chez de tels patients dans les mois suivant la sortie de confinement.
Chaînes téléphoniques, activités virtuelles, médication d'urgence tentent de maintenir le contact avec les gens en besoin, mais, tous n’ont pas accès à internet. Il y a dans certains pays des centres d'activités comme celui de Montréal-nord pour le maintien de l'équilibre émotionnel (CAMEE), un centre de jour géré par ses usagers, qui se trouvent fermé durant le confinement, mais certains de ses bénévoles les plus autonomes continuent de s’y rendre pour maintenir certains services. Par exemple, Kevin (qui souffre de schizophrénie et entend des voix), appelle environ 15 personnes par jour.
Plusieurs études désignent le risque suicidaire comme bien plus élevé dans les populations psychiquement vulnérables et en augmentation dans la population générale. Les études consacrées aux corrélats psychopathologiques et aux déterminants cognitifs et affectifs de la propension à l’ennui ont montré que ce penchant est lié au niveau de symptômes dépressifs et anxieux.
Les troubles obsessionnels compulsifs rendent leurs porteur plus vulnérables au confinement ; ils peuvent voir leurs TOC s’intensifier et devenir plus réguliers. Le confinement peut accroitre certaines formes de paranoïa. Une infirmière témoigne : “J'ai le souvenir d'une patiente que nous suivions pour des troubles obsessionnels compulsifs (TOC). Elle souffrait de nomophobie (la peur de tomber malade) et s'est retrouvée enfermée chez elle dans un état épouvantable, sans pouvoir mettre un pied dehors. Elle avait le sentiment de courir un risque à chaque coin de rue.”
Les troubles bipolaires se sont aussi aggravés. Une étude de la Fondation FondaMental, lors de la première phase du confinement, portant sur 150 répondants issus de la COHorte Psycho BP, souffrant de troubles bipolaires. Elle montre que, même en suivant correctement leur traitement, la santé mentale des patients a chuté: 65% des répondants ont souffert de troubles de sommeil et 50% présentaient des niveaux d’anxiété ; et la consommation d’alcool et de tabac s'est accentuée.
En réponse à cette hausse des troubles psychiques, des associations françaises de soutien aux familles touchées par des troubles psychiques ont renforcé leur aide et l’attention nécessaire. Ainsi, l'UNAFAM a renforcé son accueil téléphonique pour soutenir ces patients.
Arrêt de la vie sociale Selon les pays, l'activité de nombreux lieux de vie sociaux est brutalement arrêtée. Les cimetières sont interdits d'accès. Les cérémonies religieuses voient leur assistance strictement limitée. Les fêtes de fin d'année, traditionnelle occasion de retrouvailles familiales, sont appréhendées avec angoisse devant de nouvelles recommandations sanitaires, telles que celles du professeur Rémi-Henri Salomon, préconisant un relèvement des mesures de distanciations sociales entre les générations.Noël : il ne faudra pas manger dans la même pièce que «papy et mamie», prévient le Pr Salomon, ou encore l'OMS recommandant d'éviter les grandes réunions de familleCovid-19. Pour Noël, l’OMS recommande de ne pas faire de grandes réunions de famille..
La distanciation physique renforce souvent l’isolement social, affectant plus encore les populations plus vulnérables, surtout les personnes âgées vivant seules, souvent déjà plus anxieuses anxiété, car plus à risque de contracter le virus et d’en être gravement affectées, voire de décéder des complications.
Chez de nombreux groupes d'âge, la distanciation physique a renforcé l'isolement social. L’intensité de la situation de la pandémie a laissé place chez certains individus à une peur du virus de la Covid-19. Cette inquiétude de la maladie a renforcé chez certains ce sentiment de sécurité quant à l'idée de se retrouver isolé et loin du virus.
L'institut de statistique du Québec a confirmé cette appréhension de la Covid-19 par une étude effectuée auprès de 7000 personnes âgées de 15 ans et plus où 73 % des Québécois ont affirmé s'être déjà inquiété pour la santé d'un proche à risque et 62 % pour leur propre santé. De ce fait, le retour des contacts sociaux est particulièrement appréhendé chez certains citoyens. Cependant, ces craintes ne sont pas nécessairement à nourrir, puisque les conséquences d'un arrêt de contacts sociaux à long terme ont été démontrées comme particulièrement néfastes. L'INSPQ soit l'institut national de santé publique du Québec a exposé de quelle manière l'isolement se retrouve particulièrement péjoratif chez les aînées. L'impact de la solitude et de l'isolement social provoque un accroissement du risque de mortalité, des impacts sur la santé cardiovasculaire, l'autonomie fonctionnelle, de la santé cognitive, etc. L'institut national de santé publique propose ainsi plusieurs mesures et actions tentant de remédier à ces problèmes. Un retour graduel et sécuritaire des interactions sociales démontre de bénéfices significatifs sur la santé à considérer tels que des capacités cognitives améliorées, une meilleure mémoire, une réduction du stress et une meilleure santé cardio-vasculaire. Selon certaines études, l'importance et le besoin de socialiser ont été démontrés comme pratiquement aussi importants que celui de s'alimenter, démontrant ainsi de l'importance du contact humain et des interactions sociales.
Stress et anxiété L’anxiété peut être déclenchée par divers facteurs de perturbation de la routine, tels que la pandémie de la COVID-19.
vignette Le Canada remarque un changement de la santé mentale de ces citoyens en temps de pandémie. Ce changement est principalement relié au stress et à l’anxiété que leur procurent les changements qui découlent de la pandémie, tels que l’isolement, les mesures sanitaires, le risque de contagion et la perturbation de leur routine. L’anxiété des individus pendant la pandémie de la COVID-19 a affecté différents groupes de la société, dont les enfants, les jeunes adultes, les personnes âgées et les travailleurs de la santé.
Les enfants ressentent une anxiété liée aux inquiétudes par rapport au fait de réintégrer leur routine scolaire et dans certains cas, une anxiété de séparation envers leurs parents. Selon un sondage réalisé par l’Organisation de la santé mentale pour enfants Ontario (CMHO), près de 66% des enfants déclarent que leur santé mentale s’est détériorée depuis le début de la pandémie et affirme ressentir beaucoup plus de colère, d’inquiétudes, d'anxiété ainsi que de tristesse en lien avec leur éventuelle rentrée scolaire. Les jeunes adultes remarquent aussi l’apparition d’une source d’anxiété provenant de la pandémie, liée à leur cheminement scolaire. Selon le rapport d’enquête mondiale publié par l’Organisation internationale du Travail, 50% des jeunes entre 18 et 29 ans sont très susceptibles de souffrir d’anxiété ou de dépression en temps de pandémie, tandis qu’environ 17% en souffrent déjà. L’anxiété provient entre autres du contexte éducatif, où les cours se font pour la plupart du temps en ligne. Plusieurs jeunes adultes étudiants sont incertains de bien réussir leurs cours et se questionnent également sur leurs futurs. vignette|213x213px Plusieurs travailleurs de la santé affirment ressentir une grande source d’anxiété liée aux conditions de travail dans le milieu de la santé. Selon un sondage réalisé par Statistique Canada auprès des travailleurs de la santé, lorsqu’on leur a demandé de choisir entre cinq options décrivant leur niveau de stress, 56 % ont répondu l’un des deux niveaux les plus élevés, selon lesquelles la plupart du temps, les journées au travail étaient ‘’assez stressantes’’ ou même ‘’extrêmement stressantes’’. L’anxiété découle de la charge de travail particulièrement élevée, dû au nombre de patients infectés du virus dans les hôpitaux, du manque de personnel, ainsi que du nombre d’heures de travail.
Le contexte épidémique est source de stress. L'isolement au domicile ou dans un lieu destiné à la quarantaine, auquel le public est rarement préparé, peut avoir des effets psychologiques importants..