La place du Marché-aux-Cochons-de-Lait (en alsacien : Ferikelmärik) est une place de Strasbourg rattachée administrativement au quartier Centre. Proche de la cathédrale, elle va de la place de la Grande-Boucherie à la rue du Maroquin. Elle fait partie, depuis 1973, du premier secteur piétonnier de la villeRoland Recht, Jean-Pierre Klein et Georges Foessel (dir.), « Place du Marché-aux-Cochons-de-Lait », in Connaître Strasbourg : cathédrales, musées, églises, monuments, palais et maisons, places et rues, Alsatia, 1998 (nouvelle édition remaniée), et figure en bonne place dans l'imaginaire touristique d'Europe occidentale« Strasbourg Centre », Base numérique du patrimoine d'Alsace .

Toponymie vignette|gauche|upright|Plaque bilingue, en français et en alsacien. Au fil des siècles, la voie porte successivement différents noms, en allemand ou en français : Holzmerket (1240), Under den Holzlüten (1328), Holzstaden (1600), Krautmarkt (1672), Pfährelmarkt (1732), Alter Krautmarkt (1735), Färelmarkt (1740), Pfahlmarkt (1747), Marché aux Choux (1771), Marché au Cochon de Lait (1792), place de la Vertu (1794), Ferkelmarkt (, 1940), Marché-aux-Porcs (1817), place du Marché-aux-Cochons-de-Lait (1858, 1918), Neuer Fischmarkt (1872, 1940) et, à nouveau, place du Marché-aux-Cochons-de-Lait en 1945Maurice Moszberger (dir.), « Marché-aux-Cochons-de-Lait (place du) », in Dictionnaire historique des rues de Strasbourg, Le Verger, Barr, 2012 (nouvelle éd. révisée), .

Les premières appellations font référence au marché (ou quai) au bois, qui occupait un vaste espace en lien avec l'essor des activités portuaires au Moyen-Âge. Progressivement des espaces plus réduits, aux activités spécifiques, apparaissent : la place du Marché-aux-Cochons-de-Lait constitue un exemple de cette diversification.

Des plaques de rues bilingues, à la fois en français et en alsacien, sont mises en place par la municipalité à partir de 1995« L'alsacien a droit de rue à Strasbourg », Libération, 31 mars 1995, . C'est le cas du Ferikelmärik.

Bâtiments remarquables : Même s'il le juge « moins beau » que la maison Kammerzell, l'historien de l'art Roland Recht rattache encore cet immeuble à colombages à «  “l'âge d'or” de l'architecture à pans de bois sculptés qui fleurit durant la seconde moitié du  ». vignette|upright|gauche|Galeries extérieures à balustrades. Plusieurs dates gravées permettent de mieux cerner l'histoire de cette maison d'artisan. Ainsi le rez-de-chaussée porte la date 1477 sur la console d'angle. Il est remanié en 1606, comme l'atteste la date de la porte. Les étages à pans de bois, érigés pour un savetier aux initiales « HWE », datent de 1612. Les fenêtres à chambranles sculptés sont caractéristiques de la Renaissance alsacienne, en revanche les coursières extérieures à balustrades ne se rencontrent que rarement côté rue à StrasbourgJean-Marie Pérouse de Montclos et Brigitte Parent, Alsace : Le Dictionnaire du patrimoine, Éditions Place des Victoires, Paris, 2011, . Le pignon est surmonté par une girouette en forme de soulier à la poulaine, qui ferait écho à un épisode célèbreFrédéric Piton, Strasbourg illustre, ou panorama pittoresque, historique et statistique de Strasbourg et de ses environs, volume 1, Silbermann, 1855, de la visite de l'empereur Sigismond à Strasbourg en 1414. La façade et les toitures font l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis 1929. : La maison Zu dem von Ortenberg est reconstruite une première fois au . Elle possède alors deux étages à pans de bois sculptés et des galeries de bois travaillées, comme en témoigne une ancienne gravure. Lorsqu'elle est restaurée à nouveau vers 1800, le réseau des colombages, plus simple, est masqué par un crépi qui perdure jusqu'en 1973. vignette|upright=0.7|Wolfgang Schütterlin. : L'édifice qui se trouvait sur cet emplacement abrite jusqu'en 1446 le poêle de la Corporation des Charpentiers, qui est alors transféré au de l'actuelle rue des Charpentiers. Le bâtiment est détruit lors du bombardement de 1944 et reconstruit après la guerre« 7 place du Marché-aux-Cochons-de-Lait (Strasbourg) », ArchiWiki . : Cet immeuble classé porte les dates de 1562 et 1602. Sur les arcades du rez-de-chaussée, restituées après 1945, s'appuie, en encorbellement, une façade de trois étages, en colombages. Les fenêtres ont des chambranles faits de colonnettes sculptées s'appuyant sur des consoles à volute. La façade et les toitures ayant fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques en 1931, l'édifice est restauré à l'identique en 1960. : La maison d'origine est habitée par le marchand de bois Wolfgang Schütterlin (1521-1612), qui fut ammeister à quatre reprises. En 1762 elle est reconstruite pour le marchand de toiles et de liqueurs Joseph Philibert Perrot, venu du pays de Gex. C'est une maison d'angle de quatre niveaux, à trois et six travées de fenêtresBrigitte Parent, « Marché-aux-Cochons-de-Lait (place du),  », Les Mascarons de Strasbourg , caractéristique du rococo strasbourgeois (1745-1770). Deux mascarons ornent la façade dans sa travée centrale, celui de Flore, les cheveux ornés de fleurs, au premier étage, et celui d'un Mercure à casque ailé, au deuxième. : Formant l'angle avec le de l'impasse de la Grande-Boucherie, cette adresse désigne en réalité deux immeubles du , l'un s'avançant jusqu'au bord de l'Ill, l'autre donnant sur la place, probablement antérieur d'une quinzaine d'années. : Formant l'autre angle avec l'impasse de la Grande-Boucherie, l'édifice abrite l'une des winstubs les plus connues de Strasbourg, tant par sa cuisine traditionnelle que par ses vitraux, le Pfifferbriader (ou Pfiff pour les habitués). En alsacien, comme dans les patois allemands de Suisse, Pfiffer signifie « fifre », « joueur de fifreAuguste Brachet, Dictionnaire étymologique de la langue française, 1870, , », tandis que Briader est une variante haut-rhinoise de Brüder (« frèresVocabulaire alsacien. Région de Mulhouse, Alsatext »), car l'établissement était tenu à l'origine par une famille de vignerons du sud de l'Alsace, les Sipp. En 1995, le médecin et humoriste strasbourgeois Claude Fuchs« Claude Fuchs », notice BnF décrit, non sans ironie, « son étrange architecture à deux niveaux de nef étroite à la proue surplombant l'Ill », autrefois Stammtisch de son père, devenu « touristiquement korrektClaude Fuchs, L'âme des winstubs : balade nostalgique autour de ma mémoire strasbourgeoise, Ed. du Rhin, 1995, ».

Sur la place se trouve un puits surmonté d'une structure en fer forgé, que plusieurs sources datent du . Il s'agirait d'une réplique« Place Kléber (Strasbourg) », ArchiWiki de l'un des quatre puits qui se trouvaient sur l'ancienne place d'Armes (place Kléber), que l'on aperçoit notamment sur une gravure de Jean Hans vers 1800Hans Haug, La ferronnerie strasbourgeoise au dix-septième et au dix-huitième siècle, A. & F. Kahn, Paris et Strasbourg, 1933.

Représentations d'artistes Cette place pittoresque a inspiré de nombreux artistes.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Maurice Moszberger (dir.), « Marché-aux-Cochons-de-Lait (place du) », in Dictionnaire historique des rues de Strasbourg, Le Verger, Barr, 2012 (nouvelle éd. révisée), Jean-Marie Pérouse de Montclos et Brigitte Parent, Alsace : Le Dictionnaire du patrimoine, Éditions Place des Victoires, Paris, 2011, Roland Recht, Jean-Pierre Klein et Georges Foessel (dir.), « Place du Marché-aux-Cochons-de-Lait », in Connaître Strasbourg : cathédrales, musées, églises, monuments, palais et maisons, places et rues, Alsatia, 1998 (nouvelle édition remaniée), Adolphe Seyboth, « Ferkelmarkt. Place du Marché-aux-Cochons-de-Lait », in Das alte Strassburg, vom 13. Jahrhundert bis zum Jahre 1870 ; geschichtliche Topographie nach den Urkunden und Chroniken, Strasbourg, 1890, ,

Articles connexes Liste des voies de Strasbourg

Liens externes « Place du Marché-aux-Cochons-de-Lait (Strasbourg) » (ArchiWiki)

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