vignette|220x220px|Vue générale du château de Belcastel et du pont du village. Le château de Belcastel est une forteresse médiévale qui se dresse sur un éperon rocheux de la commune française de Belcastel dans le département de l’Aveyron, dans la région Occitanie. Il est situé sur la rive nord de la rivière Aveyron, en aval de Rodez. En 1992, le village de Belcastel est élu l’un des « Plus Beaux Villages de France ». Il était l’un des jalons sur la route du sel. Étymologiquement, « belcastel » vient de l’occitan bel qui vient lui-même du latin bellum signifiant guerrier et puissant et de castel venant du latin castellum qui est le diminutif de castrum signifiant poste fortifié d’un camp. Donc, le château n’est pas construit pour servir de château d’agrément mais comme une forteresse militaire.
Le site pourrait avoir une origine romaine et aurait eu pour but de protéger la vallée et contrer les invasions. Sur une case-encoche, le château de Belcastel naquit au avec une simple chapelle. L’histoire du château prit fin brutalement au début du , alors abandonné et laissé en ruine. En 1972, l'architecte Fernand Pouillon découvre les vestiges, et décide de leur rendre leur gloire d’antan. Pendant huit années de travaux ininterrompus, il redonne vie au château pour en faire sa résidence principale. Bien que le château reste une résidence privée, sa propriétaire actuelle invite le public à visiter à la fois un monument historique et une grande galerie d’art.
Le château de Belcastel est un des de l’Aveyron qui ont rejoint la Route des Seigneurs du Rouergue afin de créer un circuit touristique. Les ruines du château sont inscrites au patrimoine des monuments historiques par le Ministère français de la Culture le . En 2022, la restauration faite par Fernand Pouillon est classée au patrimoine des monuments historiques.
A la mort de l'architecte, sa dernière femme Catherine Sayen hérite du château. Elle l'ouvre au public. En 2005, elle le vend à la galeriste new yorkaise Heidi Leigh et son mari, Nick Leone. Expositions d'art contemporain, rénovation permettant de transformer partiellement le château en hôtel, construction d'une piscine dans les douves, le couple insuffle du renouveau. À leur séparation en 2023, ils le mettent en vente. En 2025, Éric Girard, ancien PDG de Carglass, et sa femme Valérie s'en portent acquéreur pour 3 millions d'euros. Le château continue à accueillir du public pour des visites en parallèle de son activité hôtelière.
Historique vignette|Vue générale du château de Belcastel en septembre 2018.
Moyen Âge L’histoire du château commence par une case-encoche. Celle-ci pourrait être l’origine d’une agglomération primitive ou un poste avancé chargé de la surveillance de l’Aveyron. Il s’ensuit une chapelle pré-romane érigée au , un premier château aux avec la superposition d’une chapelle sur l’autre, des fortifications aux puis des remaniements au . La chapelle du est dédiée à sainte Marie-Madeleine, qui serait venue ici après la mort de Jésus Christ. Le fondateur du château est « de Panat » de Rouergue de Bello Castello (Belcastel) (940-987). Le premier seigneur est Frotard de Belcastel de Rouergue (966-…). Si le château se construit en deux ou trois phases, le premier seigneur qui portera la particule « de Belcastel » sera . Toutefois, si le château a été construit en une seule fois, ce sera alors Umbert ou Humbert qui portera la particule « de Belcastel ». La famille de Belcastel sera de tous les conflits locaux, régionaux et nationaux.
En 1368, Marceline de Belcastel vend le château de Belcastel au Roi d’Angleterre. À la fin des accords de Brétigny, le château passe dans les possessions de , roi de France, en copropriété avec l’abbaye de Bonnecombe. À la fin du , pour services rendus au roi, offre le château aux Armagnac, qui à leur tour le donnent aux Saunhac. La famille de Saunhac redonne vie au village en finissant les transformations du château entreprises par Armagnac, ainsi qu’en construisant le pont et l’église Sainte-Marie-Madeleine, toujours existants. À la fin de la guerre de Cent Ans, la famille de Saunhac modifie le château pour qu’il soit plus agréable à vivre (fenêtres à meneaux et vitraux).
Après avoir appartenu à la famille de Saunhac, il passe, par mariage, de famille en famille, en commençant par Jean III de Morlhon, seigneur de Sanvensa et de Castelmary, sénéchal de Quercy et de Rouergue, puis de Buisson de Bournazel, marquis de Bournazel, gouverneur et sénéchal de Rouergue. Ce dernier n’y résidera pas, et laissera le château livré à lui-même.
Temps d'abandon Ignoré par la Révolution française, le château est toujours abandonné, quand, au , Rose Acquier, une habitante du village achète le château pour en faire une carrière de pierres. Elle en fait l’acquisition moyennant , soit actuels, à Marie-Agathe Dorothée de Comminges, veuve héritière de Jean Buisson de Bournazel. Ses clients extraient les belles pierres et laissent des plaies béantes. Au début du , la façade ouest s’effondre dans un énorme fracas. C’est le début de la fin. Le démantèlement se poursuit jusqu’en 1928, année durant laquelle le Ministère français de la Culture inscrit le château au patrimoine des monuments historiques. Durant les qui suivirent, la végétation envahit le château et ce dernier devient un terrain de jeux pour les enfants du village.
Fernand Pouillon Au début des années 1970, l’architecte français Fernand Pouillon (1912-1986) découvre le château en ruine. Alors qu’il cherche une propriété historique extraordinaire pour en faire sa demeure, il en tombe amoureux et décide d’en faire l’acquisition. Il l’achète en 1972 pour (nouveaux), soit un peu plus de . La rumeur populaire dit qu’il aurait tout réglé en lingots d’or. Durant huit ans, il travaille à la restauration du site avec son équipe composée d’un chef d’équipe et d’une dizaine d’ouvriers. Dix maîtres-vitriers s’attellent également à la restauration des du , que Fernand Pouillon a acquis à la cathédrale d'Orléans.
Les pierres sont issues d’une carrière au-dessus du château. Soucieux de rester dans l’âme initiale du château, Fernand Pouillon compulse toutes les archives, quand, à la bibliothèque de Rodez, il découvre un ouvrage contenant des illustrations de l’intérieur du château avant son déclin. Ces sources l’orienteront vers la disposition correcte de la plupart des pièces. Fasciné par les détails architecturaux médiévaux, il choisit toutefois d’intégrer des matériaux modernes aux conceptions anciennes. Il décida que son équipe de tailleurs de pierres, de maçons et de vitriers n’utiliserait que la technologie médiévale, bravant l’à-pic de quarante mètres de la face nord, au vu de l’état dégradé des ruelles et du chemin d’accès au château. « Il n’y a pas de chemin carrossable jusqu’au château. Je côtoie pédestrement les bords escarpés de l’Aveyron. (…) Un détestable sentier, rapiécé, décousu, reprisé par-ci par-là d’empierrements, ... ». C’est donc manuellement que l’architecte et son équipe mettront en place les énormes poutres, les arches et les cheminées du château qu’ils reconstruiront pierre par pierre. Ainsi, le château a pu retrouver un toit, des murs et des fenêtres. Sa restauration est exemplaire en cela qu’il est impossible de déterminer quel est l’apport moderne à ce qui n’était plus qu’un champ de ruines. Pierre de Lagarde avait dit dans l’émission Chefs-d'œuvre en péril que vouloir restaurer le château de Belcastel équivaudrait à « vouloir vider la mer à la petite cuillère ». L’inauguration officielle a lieu le .
À la suite de la restauration du château de Belcastel, le village a pu bénéficier lui aussi d’une restauration. François Mitterrand élèvera Fernand Pouillon au grade d’officier de la Légion d’honneur. Bien qu’il ait déposé les permis pour construire toutes les maisons en ruine du village, il n’eut le temps d’en restaurer entièrement qu’une seule au-dessus du château (modifiée depuis par les propriétaires actuels). Il avait aussi consolidé la plupart des autres ruines du village qui furent ensuite rachetées par la commune, notamment grâce à des fonds européens pour être restaurées et louées à l’année. Le village est élu comme l’un des « Plus Beaux Villages de France » en 1992. Quand les travaux furent finis, le château resta privé.
À la mort de ce dernier le dans le château, il reste dans la famille de Fernand Pouillon. Cependant, la génération suivante connaît des manques de moyens financiers et de compétences. Le château sera vendu. Conformément à son idéologie égalitaire, Pouillon a demandé qu’à sa mort, son corps soit enterré dans le petit cimetière de Belcastel dans une tombe anonyme. Son souhait sera exaucé. Néanmoins, bien que la tombe soit simple et anonyme, son mausolée est la réplique de la Salle des gardes du du château, lieu qui lui a servi de bureau d’architecte lors de la restauration.
Ouverture au public En 2005, une galeriste new-yorkaise, Heidi Leigh, achète le château et l’ouvre au public comme monument historique, monument architectural et galerie d’art.
Le est créée l’association « Héritage Fernand Pouillon ». Cette association encourage les projets confrontant art et d’architecture avec la famille, les amis et les admirateurs de Fernand Pouillon et de son travail.
En 2025, le château est racheté par Éric et Valérie Girard qui décident de le garder ouvert au public.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie . . . Catherine Sayen, Château de Belcastel. Belcastel, Aveyron, SARL Belcastel, 1997 Catherine Sayen, L'Architecture par Fernand Pouillon, 2014 Alain Guery, « La population du Rouergue de la fin du Moyen Âge au XVIIIe siècle », Annales. Economies, sociétés, civilisations., 1973 Louis Fuzier E. Carrère, Culte et pèlerinage de la Sainte Vierge dans le Rouergue, 1893, p. 399 Hippolyte de Barrau, Familles du Rouergue, 1854 Guillaume Revel, « Registres d'armes » ou Armorial d'Auvergne, 1401-1500, XVIe siècle Charles Géniaux, Les Témoins du passé, Tours, Alfred Mame, 1905, p. 12 Guide historique du château de Belcastel (disponible seulement au château).
Articles connexes Belcastel Fernand Pouillon Liste des monuments historiques de l'Aveyron
Liens externes Restes du château (culture.gouv.fr)
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