La citadelle de Varsovie est la première partie (chronologiquement) de la forteresse de Varsovie, l'un des complexes d'architecture défensive les plus imposants et les mieux conservés en Pologne. Située au nord de la capitale polonaise, sur une colline qui surplombe la Vistule, cette forteresse en forme de pentagone est entourée d'un profond fossé sec et équipée de centaines de canons.
La citadelle est bâtie par le tsar de Russie Nicolas entre 1832 et 1836 pour renforcer le contrôle des autorités russes sur la ville après la répression de l'insurrection polonaise de . Le tristement célèbre Pavillon (10) sert de prison et de centre d'exécution. Ce lieu de martyre voit défiler près de . Plusieurs centaines de détenus y sont exécutés, et des milliers sont déportés en Sibérie. Le lieu symbolise, depuis, la lutte des indépendantistes contre l'occupant russe.
Au , plusieurs musées d'histoire sont construits sur le site, formant un important complexe muséal en 2024.
Histoire
Le projet de la construction de la citadelle est confié au général commandant Ivan Dehn. La bâtisse qu'il fait ériger se compose de trois bastions et de deux demi-bastions. Plusieurs portes mènent à l'intérieur : la porte d'Alexandre, appelée aussi la porte de la Nouvelle Ville, la porte de Żoliborz et la porte d'Ivan, appelée aussi la « porte des Exécutions ». Pour sa construction, à laquelle travaillent quelque russes, on rase une partie de la ville, détruisant maisons et palais et expropriant des milliers d'habitants.
Par la volonté du tsar, la construction est réalisée aux frais des habitants de Varsovie. Son coût, évalué à de roubles (environ d'or, ou d'euros), laisse la ville totalement exsangue. On y installe dont les obus ont une portée de et peuvent donc atteindre la Vieille et la Nouvelle Ville. À l'époque, la citadelle n'est pas réellement appelée à jouer un rôle défensif, mais dissuasif.
Les premiers prisonniers qui s'y trouvent dès 1834 sont des militants d'organisations clandestines luttant pour l'indépendance de la Pologne. Les règlements pénitentiaires élaborés à cette époque ont survécu avec des changements mineurs jusqu'en 1915.
Pendant le soulèvement national de , la garnison russe de la citadelle compte . Après l'échec de l'insurrection, environ sont arrêtés. Le chef militaire de l'insurrection, Romuald Traugutt, et quatre membres du gouvernement national sont pendus publiquement le .
Les répressions à la suite de la révolution polonaise de 1905 constituent une des périodes les plus tragiques de l'histoire de la citadelle.
Pendant la Première Guerre mondiale, le lieu est occupé par les Allemands et garde son rôle de prison et de centre d'exécution.
En , une dépêche radio en provenance de Varsovie annonce la renaissance de la Pologne et l'instauration d'un gouvernement qui ; en d'autres termes, le retour du pays sur les cartes de l'Europe dont il fut rayé par l'action conjointe de ses voisins — l'Autriche, la Prusse et la Russie — à la fin du . La dépêche est envoyée depuis la citadelle ; le signataire du texte, le commandant en chef des armées Józef Piłsudski, y a été incarcéré.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, la citadelle est tenue par la Wehrmacht et les troupes SS et constitue un point fort de soutien pour les autorités allemandes.
Le Pavillon
Le Pavillon est le lieu d'une condamnation assurée. Les prisonniers y sont soit pendus, soit envoyés en travaux forcés en Sibérie après une marche de milliers de kilomètres. Sa situation à l'intérieur de l'enceinte de la citadelle rend toute évasion impossible. En contrebas du pavillon et de la porte des Exécutions, se trouve le cimetière des détenus de la citadelle (). C'est là que prirent place à l'époque de nombreuses mises à mort, jusque dans les années 1920.
Les prisonniers célèbres
Parmi les prisonniers du Pavillon se trouvent : Romuald Traugutt, Gustaw Ehrenberg, Piotr Ściegienny, Stefan Okrzeja, Jarosław Dąbrowski, Wacław Sieroszewski, Ludwik Waryński, Roman Dmowski, Józef Piłsudski.
Musées
Pavillon réaménagé en musée en 1963
En 1963, date du centenaire de l'Insurrection de Janvier 1863, le Pavillon et ses environs deviennent accessibles aux visiteurs. À présent, le musée est une filiale du Musée de l'Indépendance.
Musée de Katyń (2017)
Depuis 2017, la citadelle de Varsovie abrite également le , un lieu commémorant le massacre de polonais exécutés par la police secrète soviétique en 1940. Il est situé dans la partie sud de la citadelle, à des centaines de kilomètres de l’endroit où furent assassinés les officiers polonais. Les architectes ont utilisé les douves de la citadelle de Varsovie pour évoquer la forêt de Katyń, l'armurerie et l'arsenal de l'ancienne forteresse font le reste.
Le musée traite également de la période post-Katyń où les familles sont empêchées de chercher la vérité sur ce massacre. Les Soviétiques ont toujours nié leur responsabilité. Ce n'est qu'en 1992 que Boris Eltsine reconnaît le massacre de Katyń face à Lech Wałęsa, président de la Pologne et leader du mouvement Solidarność.
Musée de l'Armée polonaise (2023)
En , le musée de l'Armée polonaise inaugure un nouveau bâtiment dans la citadelle.
Musée de l'Histoire polonaise (2023)
Au début de l'automne 2023, le est inauguré dans la citadelle.
Bibliographie
Références
Voir aussi
Forteresse de Varsovie Insurrection polonaise de 1830 Insurrection polonaise de 1863 Musée de l'Insurrection de Varsovie (1944) Mausolée de la Lutte et du Martyre
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