David Aebischer, né le à Genève, est un gardien de but suisse de hockey sur glace.

Après avoir fait ses débuts dans la ligue nationale A de son pays en 1996, il participe au repêchage d'entréeLe terme « repêchage » est un terme canadien correspondant à l'anglicisme et désigne un événement annuel présent dans tous les sports collectifs nord-américains, comparable à une bourse aux joueurs, où les équipes sélectionnent des sportifs issus de l'université, de l'école secondaire ou d'une autre ligue, voire d'une autre équipe. dans la Ligue nationale de hockey de 1997 et est choisi lors de la sixième ronde, le au total, par l'Avalanche du Colorado.

Il fait, peu de temps après, ses débuts en Amérique du Nord passant d'abord par les ligues mineures du Canada et des États-Unis avant de faire ses débuts dans la LNH avec l'Avalanche en 2000-2001. Gardien remplaçant de Patrick Roy, il joue une trentaine de rencontres dans la saison régulière et participe également à un match des séries éliminatoires. Il devient cette année-là le premier joueur suisse à remporter la Coupe Stanley, trophée récompensant l'équipe de la LNH qui remporte les séries.

Biographie Ses débuts en Suisse Son enfance David Aebischer naît le à Genève, en Suisse. Il grandit à Fribourg, dans le quartier de Schönberg.

Il effectue son premier entraînement à l'âge de cinq ou six ans à la patinoire Saint-Léonard de Fribourg, sous la houlette d'Hubert Audriaz. Ce dernier propose à Aebischer, plus jeune joueur et mauvais patineur, d'aller devant la cage. .

left|upright=1|thumb|alt=Photographie couleur de Julien Vauclair|Julien Vauclair, ici avec l'équipe de Suisse en 2011, a participé au tournoi international de hockey pee-wee de Québec en 1992 en compagnie d'Aebischer. En 1992, Aebischer joue pour la première fois en Amérique du Nord en participant au Tournoi international de hockey pee-wee de Québec avec la sélection romande, en compagnie, notamment, de Julien Vauclair. Impressionné par l'ambiance, il est rendu responsable de la défaite par l'entraîneur à cause d'un changement de masque.

À quinze ans, Aebischer prend part au camp d'entraînement pour gardiens de but de François Allaire., où il découvre le style papillon. Ce nouveau style lui vaut plusieurs remarques, notamment de la part d'Andy Jorns, sélectionneur de l'équipe de Suisse des moins de dix-huit ans en 1996. Sûr de son fait, il persévère et fait taire les critiques.

C'est à l'âge de quinze-seize ans qu'Aebischer prend conscience de son potentiel. Il envisage même de jouer un jour en ligue nationale A, lorsque Paul-André Cadieux, alors entraîneur de la première équipe de Fribourg-Gottéron, lui propose de s'entraîner avec ses hommes, mais aussi avec son idole, Dino Stecher. À cette même période, il entame un apprentissage de monteur en chauffage, car les études ne l'intéressent guère.

Les débuts en LNA et le repêchage par l'Avalanche (1996-1997) En 1996, alors qu'il participe au Championnat d'Europe junior de hockey sur glace à Oufa, il est approché par un agent qui lui affirme que . La déception est énorme lorsqu'il voit qu'il n'a pas été choisi :

Il fait ses débuts en suisse avec son club formateur le face au HC La Chaux-de-Fonds. Il joue un tiers temps sans encaisser de but. Il est le troisième gardien de but de l'équipe derrière le Suédois Thomas Östlund et Steve Meuwly ; Östlund joue la majorité des rencontres alors que Aebischer participe à quatorze rencontres avec son équipe, séries éliminatoires comprises.. Il garde en parallèle la cage des juniors-élites fribourgeois.

En cours de saison, il est sélectionné avec la Suisse lors du championnat du monde junior qui se joue entre et à Genève et à Morges. Aebischer est d'abord désigné deuxième gardien derrière le Tessinois Paolo Della Bella, mais, au fil de la préparation, la hiérarchie s'équilibre et l'entraîneur Ueli Schwarz instaure une concurrence entre les deux portiers. Le Fribourgeois parvient à déloger son rival grâce à de bonnes performances. Cependant, bien que jouant à domicile, la sélection suisse doit jouer la phase de relégation après n'avoir remporté qu'une seule rencontre contre l'Allemagne, 6-2. La Suisse parvient à se maintenir dans le groupe élite en gagnant les deux matchs de relégation 6-1 et 6-2 contre la Pologne et la Suède.. Finalement, Aebischer participe à cinq des rencontres de son pays, mais n'est approché par aucun agent.

À l'issue de la saison régulière, les joueurs de Fribourg-Gottéron sont quatrièmes du classement général et sont qualifiés pour le tour final. Sixième du tour final, l'équipe de Fribourg-Gottéron est éliminée au premier tour des séries éliminatoires par le HC Davos.. Son contrat arrivant à échéance à la fin de la saison 1996-1997, Aebischer renégocie une nouvelle entente. S'il reçoit une offre du HC Davos, où jouent plusieurs de ses amis de l'équipe de Suisse junior et qui lui offre une place de titulaire, il reste fidèle au club de son cœur, malgré la présence d'Östlund. L'accord porte sur deux ans.

Au cours de l'été 1997, il participe au repêchage d'entrée de 1997 de la Ligue nationale de hockey lors de la sixième ronde ; choisi lors du repêchage, il est sélectionné par l'Avalanche du Colorado et est considéré comme le premier Fribourgeois de l'histoire à être choisi au cours d'un repêchage de la LNH.. Il est réveillé le lendemain par un journaliste de Radio Fribourg venu recueillir ses premières impressions. Son repêchage est dû au journaliste Bertrand Raymond, du Journal de Montréal, venu un jour rendre visite à André Peloffy, entraîneur de Gottéron à cette époque. Après l'avoir vu à l’œuvre, Raymond a proposé le portier fribourgeois aux Canadiens de Montréal, aux Sénateurs d'Ottawa, puis à son ami Pierre Lacroix, alors directeur de l'Avalanche. Si le journaliste québécois fait toutes ces démarches, c'est parce qu'il est persuadé qu'aucun recruteur ne fait de détour par la Suisse.

Aebischer, ne pensant pas pouvoir prendre la place d'Östlund, décide de tenter sa chance et rejoindre l'Amérique du Nord, sur le conseil Peloffy. Il déclare plus tard : . Il reçoit une proposition de contrat le à , alors qu'il s'apprête à jouer un match contre Rapperswil. L'Avalanche doit rendre le contrat à la LNH avant 20 heures, heure suisse, pour valider le transfert… Son départ est annoncé lors d'une association après le match. La convention entre la franchise de Denver et Aebischer contient deux voletsUn contrat à deux volets ( en anglais) signifie que l'athlète sous contrat peut être envoyé sans restriction dans une ligue inférieure et que son salaire dépend de la ligue dans laquelle il joue. et a une durée de trois ans.

Dans les ligues mineures L'ECHL et les débuts en équipe de Suisse (1997-1998) Aebischer signe un contrat avec l'organisation de l'Avalanche pour jouer dans les ligues mineures pour la somme plus un bonus à la signature de ..

Aebischer rejoint, au début de la saison 1997-1998, le camp des recruesLe terme « recrue » désigne un joueur dans sa première saison professionnelle, le terme anglais utilisé est celui de « ». des Bears de Hershey. Il doit faire face à la concurrence de quatre gardiens et d'une quarantaine de joueurs de champ. Un trop grand altruisme l'empêche de faire ses preuves à l'entraînement. Bob Hartley, alors entraîneur des Bears, explique au Fribourgeois qu'il doit plus penser à lui. Il est ensuite invité au camp d'entraînement de l'Avalanche.

Cependant, barré par Craig Billington et Patrick Roy au Colorado lors de la saison 1997-1998, il est obligé de se faire les dents dans les franchises mineures affiliées à l'Avalanche. Il est d'abord envoyé aux Icebreakers de Chesapeake, en ECHL, peu avant le coup d'envoi du championnat 1997-1998 ; Marc Denis et Petr Franěk sont les deux gardiens des Bears. Les conditions sont difficiles à Chesapeake ; en plus des dizaines d'heures de déplacement en car, les recrues sont soumis à une bizutage : ils doivent porter les sacs de hockey de leurs coéquipiers, la table de massage, la machine à aiguiser les patins ou encore les équipements du club. De plus, les places de le bus sont attribuées à l'année et les anciens ont un droit de préemption.

left|upright=0.8|thumb|alt=Photographie couleur de Michel Riesen|Michel Riesen, ici avec Rapperswil-Jona Lakers en 2011, a remporté la médaille de bronze lors du championnat du monde junior en 1998. En décembre, l'Avalanche du Colorado lui permet de participer au championnat du monde junior joué en Finlande. Alors qu'il est en camp d'entraînement à Lenzerheide, Aebischer renforce Fribourg-Gottéron pour un match à la suite de la blessure Thomas Östlund89. Les Fribourgeois l'emportent trois à un à Rapperswil. En Finlande, Aebischer partage sa chambre avec des joueurs comme Jan von Arx, Michel Riesen et Mario Schocher et ne veut pas, comme le reste de son équipe, jouer pour les ou habituelles.

Le portier fribourgeois participe à trois des quatre rencontres du premier tour, comptant deux victoires et un match nul alors que l'équipe de Suisse finit deuxième de sa poule derrière l'équipe de Russie.. En quart de finale, Aebischer et ses coéquipiers éliminent la Suède ; au terme d'une partie nulle, un but de chaque côté, le gardien suisse arrête le neuvième lancer suédois de Daniel Sedin lors de la séance de tirs de fusillade et offre la qualification aux siens. En permission pour aller fêter le Nouvel An, les Helvètes sont félicités par les Finlandais pour avoir éliminé les voisins honnis. Finalement, la Suisse est éliminée en demi-finale en perdant sur le score de 2-1 contre la Finlande. Aebischer commet cependant une énorme bourde, en relançant le palet sur la crosse d'un adversaire, qui coûte la place de son équipe en finale. Les Suisses gagnent par la suite le match pour la troisième place face à la République tchèque. Après avoir mené 2-0 à la suite de la première période, les Suisses se laissent remonter par les Tchèques et finalement les deux équipes ne parviennent pas à se départager à l'issue du temps réglementaire. Aebischer a donc pour la deuxième fois du tournoi le résultat du match sur ses épaules et il arrête tous les tirs de fusillade. La Suisse remporte ainsi sa première médaille de bronze lors d'un championnat du monde junior ; le portier fribourgeois est élu meilleur gardien de la compétition ainsi que dans l'équipe type.

right|upright=1|thumb|alt=Photographie couleur de Mathias Seger|Mathias Seger, ici en 2011, est l'un des meilleurs amis d'Aebischer dans l'équipe de Suisse. Après les mondiaux juniors, Aebischer est placé au Nailers de Wheeling, qui préparent alors les séries éliminatoires. Il ne joue cependant que dix rencontres avec sa nouvelle équipe puisque le sélectionneur de l'équipe de Suisse, Ralph Krueger l'incorpore au cadre national pour le championnat du monde qui se déroule cette année-là à Zurich et à Bâle, renonçant ainsi au gardien du CP Berne Renato Tosio et que l'Avalanche accepte à nouveau de libérer son jeune espoir. Aebischer avait disputé son premier match international le à La Chaux-de-Fonds face au Team Canada. L'Avalanche accepte à nouveau de libérer son jeune espoir. Après deux défaites face aux États-Unis et à la Suède, Aebischer remplace Reto Pavoni face à la France. L'enjeu est important : pour se qualifier, la Suisse doit battre ses voisins par quatre buts d'écarts ; ils gagnent cinq à un.. N'ayant plus rien à perdre, les Helvètes bousculent la Russie avant de l'emporter quatre à deux. . Ensuite, les hommes de Krueger perdent face à République tchèque avant de faire match nul contre la Slovaquie. La veille de ce deuxième match, Aebischer apprend le décès de son grand-père paternel, mais décide de continuer pour lui rendre hommage. Il ne partage cette nouvelle qu'avec deux de ses amis, Mathias Seger et Mark Streit.