Les premiers Juifs se sont installés à Radom dans le courant du , mais la communauté a commencé à prospérer à partir du , quand les Juifs ont reçu les mêmes droits civils que les autres citoyens. Très actifs dans le commerce et l'artisanat, ils ont participé pleinement au développement économique de la ville. Avant la Seconde Guerre mondiale, avec plus de , ils représentent environ 1/3 de la population. La communauté a été complètement anéantie pendant la Shoah. Actuellement, il ne reste quasiment plus de Juifs à Radom
Radom est une ville de Pologne dans la voïvodie de Mazovie, située à environ à l'Ouest de Lublin et à à l'Est de Łódź. La ville compte actuellement près de .
Histoire de la communauté juive Les débuts de l'implantation juive Les premiers Juifs s'installent probablement à Radom avant 1567: A. Penkalla: Radom; in: Żydzi w Polsce. Dzieje i kultura. Leksykon; rédacteurs: J. Tomaszewski et A. Żbikowski; éditeur: Cyklady; Varsovie; 2001; page: 391; , car un inventaire municipal fait mention d'emplacements vides rue Żydowska, la rue aux Juifs ; mais on ignore si une communauté juive existe à cette époque.
En 1724, le roi Auguste II, à la demande des habitants de la ville, octroie le Privilegium de non tolerandis Judaeis à la ville de Radom. Les Juifs ont l'interdiction de résider en ville et d'y faire du commerce: Radom; in: The Encyclopedia of Jewish Life Before and During the Holocaust; rédacteur: Shmuel Spector et Geoffrey Wigoder; volume: II; éditeur: NYU Press; New York; 2001; page: 1045; . Cette interdiction est suspendue lors des sessions du Sejm pendant lesquelles les marchands juifs sont autorisés à entrer en ville. Malgré l'interdiction, quelques Juifs s'installent en ville illégalement mais la majorité d'entre eux sont forcés de quitter Radom à la suite des décrets d'expulsion de 1743 et 1746.
Selon certaines sources, il y aurait en 1765 entre et vivant dans les faubourgs de Radom, et en 1787 plus de . En 1798, à la demande d'Alexandre Potkański, staroste de Radom, les Juifs sont autorisés à retourner en ville et à s'installer dans un quartier assigné sur le Jurydyka, un territoire sous la juridiction du staroste, situé près de l'ancien château. De plus, sous la juridiction du staroste, les Juifs ne payent pas d'impôts au trésor de la ville, dont les finances se détériorent fortement. Malgré l'interdiction, les Juifs exercent leur activité ce qui conduit à des conflits et des désaccords avec les catholiques de Radom. Après 1814, les Juifs sont autorisés à s'installer en dehors du quartier réservé, mais seuls les représentants les plus aisés de la communauté juive, par exemple les banquiers, les riches marchands, les avocats et les docteurs, ont les moyens de vivre au centre-ville. En dépit de ces restrictions, en 1902, les Juifs possèdent 41 % de tout l'immobilier de la ville. thumb|200px|Le rabbin Samuel Mohaliver. thumb|200px|1822 : les Juifs de Radom doivent choisir des noms de famille.
Le cimetière juif épidémique, d'une superficie de est établi en 1831 à la suite d'une épidémie de choléra. Il est transformé en 1837 en cimetière communautaire et sera agrandi en 1902 et 1911 et entouré d'un mur. La première synagogue est érigée en 1844, à l'intersection des rues Bóżnicza et Podwalna. Elle sera pillée et saccagée par les nazis en 1939 et démolie en 1945. Suivra la construction en 1847 d'un hôpital juif, puis d'un mikvé et d'une école juive. De 1868 à 1883, le rabbin de Radom est Samuel Mohaliver, grand érudit de Torah, et un des fondateurs du mouvement sioniste des Amants de Sion. Dans la seconde moitié du , deux communautés ont une position importante, la communauté orthodoxe, et les hassidim. Plusieurs Shtiebels (maisons de prière) fonctionnent en ville; elles réunissent les fidèles de tsadiks de Góra Kalwaria, d'Aleksandrów Łódzki et de Kozienice. Le mouvement de la Haskala, influencé par le mouvement des Lumières, a aussi de nombreux partisans, surtout parmi les Juifs éduqués.
La communauté au Le est pour la communauté juive de Radom une période de développement économique intense. En 1838, font du commerce dans les alcools et le parfum, sont producteurs de denrées alimentaires et sont commerçants. Les entrepreneurs juifs apportent une contribution significative dans la croissance de l'industrie à Radom. Quand en 1841, toutes les interdictions concernant l'activité économique juive sont abolies, la famille Beckerman ouvre une usine de matériel de construction. De nombreuses autres entreprises privées juives voient le jour : Izrael Szotland dirige une usine de vinaigre et d'allumettes, Jakub Dytman une usine de savon et de bougies et Szulim Bloch, le père du banquier et pionnier du chemin de fer polonais, Jean de Bloch, une usine de production de talits (châles de prière).
Depuis les années 1860, les Juifs ont obtenu l'égalité des droits et la possibilité de vivre dans toute la ville, ils sont principalement implantés dans deux secteurs de la ville. Tout d'abord dans la vieille ville, c'est-à-dire la place du marché et les rues: Wałowa, Reja, Mirecka, Mleczna, Starokrakowska, Mariacka, Bóżnicza, Przechodnia, Pereca, Rwańska. Le deuxième secteur est le quartier de Glinice, et les rues suivantes : Dolna, Złota, Kośna, Staroopatowska, Fabryczna, Głowa¬ckiego, Kwiatkowskiego: Radom; site: Swietokrzyski Sztetl.
La communauté au jusqu'à la Seconde Guerre mondiale
Pendant la période de l'entre-deux-guerres, les Juifs représentent entre 30 et 32 % de la population totale de la ville et constituent la plus importante communauté juive de la partie centrale de la Pologne. Près de la synagogue, située à l'angle des rues Podwalcza et Bożnicza, on trouve 12 autres maisons de prière, dirigées entre autres par: Abram Mentlik, Zelik Goldfarb, Nusyn Rozencwajg, Szlomo Frydman, Szmul Frydman, Mordka Opatowski, Szlomo Margulis, Mojżesz Szmendra, Luber-Majlech Rokcach, Icek Leslau, Josek Tejchman et Józef Rabinowicz. Dans un bâtiment au 6 rue Obozisko, se trouvent un orphelinat, un abri pour personnes âgées et une petite synagogue, où les soldats juifs du régiment d'infanterie peuvent prier: Sebastian Piątkowski: Dni życia, dni śmierci. Ludność żydowska w Radomiu w latach 1918–1950 (Des jours de vie, des jours de mort. Population juive de Radom dans les années 1918-1950); éditeur: Naczelna Dyrekcja Archiwów Państwowych; Varsovie; 2006; page: 54; .
La communauté juive de Radom est assimilée jusqu'à un certain point, et la voie d'acculturation de certains individus et groupes a un caractère plutôt superficiel et marginal. Les citoyens Juifs de Radom participent activement au développement de la ville. Ils participent aux activités politiques, sociales et culturelles et sont surreprésentés dans le domaine bancaire et parmi les professions libérales: Sebastian Piątkowski: Dni życia… page: 9: Eugeniusz Fąfara: Gehenna ludności żydowskiej (La géhenne du peuple juif); éditeur: Ludowa Spółdzielnia Wydawnicza; Varsovie; 1984; page: 97; .
Juste avant la Seconde Guerre mondiale, 58 % des Juifs travaillent dans l'artisanat ou les services, 18 % sont des ouvriers, 12 % des commerçants et 2,5 % exercent une profession libérale: Sebastian Piątkowski: Dni życia… page: 59. Ils possèdent 60 à 75 % des tanneries, et des ateliers de maroquinerie et de cordonnerie de la ville avec entre autres les tanneries suivantes : Praca appartenant à Mordechaj Cemach ; Zakowice, fondée au début du par Szmulek Adler et dirigée par ses héritiers et vendue en 1925 à Iser Lipszyc ; Firlej installée dans les faubourg de Radom et appartenant à Abram Mordka Den. En 1926, elle commence la production d'article de maroquinerie de luxe; les plus petites tanneries A.D. Rottenberg i Sk-a ; Gelka ; Lux ; Makower ; Ogniwo ; Elgold et de nombreuses autres. De même, presque la totalité des ateliers de fonderie de la ville sont entre les mains des Juifs, tels que : les fonderies Goldamn, Stellman, et Salbe ; Usine de clous et fils Tannenbaum et Reinfeld ; l'usine de fer forgé et moulé M. Horowicz i S-ka ; la fonderie de fer de M. Rubinsztajn et l'usine d'émaillage Glinice appartenant à Izrael Rozenberg et Józef Diament. Les Juifs possèdent aussi la majorité des usines de matériaux de construction de la ville.
À partir de 1901, la briqueterie Firlej, appartenant dans l'entre-deux-guerres à Abram Mordka Den, va fabriquer annuellement jusqu'à de briques. Dans les années 1920, deux autres briqueteries sont fondées, Halinów appartenant à Marian Rozenbaum et Żakowice à Samuel Adler. En 1933, démarrent une briqueterie à vapeur et en 1937 la fabrique de briques Celestynów. En 1901, la fabrique de faïences appartenant à Abram Mojżesz Rottenberg se développe et exporte sa production de vasque et de toilettes. Les entrepreneurs juifs possèdent aussi l'usine de meubles en bois cintré, des usines de contreplaqués, de placage et de tonneaux ainsi que l'usine Jawa de chicorée et de produits alimentaires: Sebastian Piątkowski: Dni życia… pages: 60 à 63.
Dans les années 1920 et 1930, les Juifs sont responsables de la grande majorité du commerce et des services à Radom. À Radom, selon des données des années 1926-1929, les Juifs sont propriétaires de presque 90 % de tous les petits ateliers d'artisanat ou de services fonctionnant en ville, c'est-à-dire les ateliers de tôles en acier, les coiffeurs, les fabricants de casquettes, les bijoutiers, les tailleurs, les chapeliers, les producteurs de bottes, les cordonniers, les peintres, les fabricants de boites, les selliers, les menuisiers, fabricants de papiers peints, les tourneurs et les horlogers ainsi que la majorité des boutiques de pâtisseries.
Il y a aussi des imprimeries juives, dont l'une située 25 rue Żeromski appartenant à Naftali Hersz Żabner; et une autre au 20 rue Szwarlikowska propriété de Majre Herc, ainsi que plusieurs autres de taille plus modeste créées au début des années 1930, comme : Polonia de M. Cuker ; Rekord de Dawid Szajnbaum; ainsi que celles de Naftali Hersz Żabner ; de Jankiel Frydman ; de Moszke Fiszer ; d'Oszer Rydz et de Szlomo Gotlib: Sebastian Piątkowski: Dni życia… pages: 65 à 68. Près de sont membres de guildes juives actives à Radom, et plusieurs représentants de la communauté juive sont actifs au bureau de la Chambre de l'artisanat de Kielce.
Selon les données estimées, pendant la période de l'entre-deux-guerres, les Juifs dominent aussi dans le commerce de gros et de détail. 60 à 70 % des entrepôts et magasins appartiennent à des Juifs, dont les magasins de textile, de mercerie, de chaussures, de produits coloniaux, les boucheries et épiceries, les maroquineries, ainsi que les commerces de carburant et de matériaux de construction: Sebastian Piątkowski: Dni życia… pages: 68 et 69.
Radom est un centre économique très important et il existe de nombreuses institutions financières juives. Pour les années 1933-1934, il y a ainsi que des banques de crédit, d'épargne et de paiement. Dans les années 1920, une des institutions les plus prospères est le Crédit coopératif pour le commerce et l'artisanat, dirigé par Maurycy Frenkel et W. Adler. Il s'effondre au début de 1933 à la suite de détournements effectués par sa direction. On peut citer, parmi les autres établissements financiers juifs : la Bank Rzemieślniczy (Banque pour l'artisanat) dirigée par Mojżesz Rubinsztajn ; la Bank Kupiecki (Banque d'affaires) gérée par Natan Zygman et Piotr Frenkel; la Bank Ludowy (Banque populaire) de Wajcman ; la Kasa Spółdzielcza Kredytowa (Caisse coopérative de crédit) de Jechiel Frenkel et la Bank Kredytowy (Banque de crédit) de Rozenberg. Pendant les années 1925 à 1937, les Juifs siègent au Conseil de surveillance de la Société de crédit de la ville de Radom composé de nombreux membres. Ils sont aussi membres de l'Association des industriels du district de Radom et de l'Association des commerçants du district de Radom: Sebastian Piątkowski: Dni życia… pages: 70 à 72.