Le Courage du peuple (titre original : El coraje del pueblo) est un film italo-bolivien réalisé par Jorge Sanjinés, sorti en 1971 et sorti en France le .
Synopsis Le film est le récit des révoltes des mineurs boliviens en 1967 et de la répression qui en suivi, en particulier celles connues sous le nom de la nuit de Saint-JeanBaptiste Lavat précise que "Le « massacre de la San Juan » (1967), porté au cinéma par le réalisateur bolivien Jorge Sanjinés dans le film El coraje del pueblo, fit l’objet d’un hommage par l’auteur uruguayen Eduardo Galeano, publié dans le dernier volume de sa trilogie Memoria del fuego, sous le titre « La fiesta de San Juan » in Baptiste Lavat, « Había en su mirada más palabras que en cualquier voz » : Mineros, documentaire photographique et anthropologique des mines boliviennes », IdeAs [Online], 13 | 2019, Online since 01 March 2019, connection on 29 November 2020. URL: http://journals.openedition.org/ideas/4902 ; DOI : https://doi.org/10.4000/ideas.4902.
Il s’agit d’une reconstitution d’événements historiques de l’histoire de la Bolivie, en particulier du massacre de Catavi de , ayant fait 400 morts et plus de 10 000 blessés (d’après les informations qui apparaissent pendant le générique) ainsi que des révoltes des mineurs boliviens le dans les mines d’étain de Siglo XX et Catavi en Bolivie, et de leur répression connue sous le nom de la nuit de Saint-Jean.
Le générique indique que « les faits racontés dans le film sont véridiques et que la reconstitution s’est basée sur des témoignages et des documents » (02 :00).
Fiche technique Titre original : El coraje del pueblo Titre français : Le Courage du peuple Musique : Nilo Soruco Son : Abelardo Kuschnir Montage : Juan Carlos Macias, Sergio Buzi Distributeur : Fundación Grupo Ukamau Producteur : Grupo Ukamau - RAI -Walter Achugar, Edgardo Pallero
Distribution Acteurs non professionnels survivants du massacre : Domitila Chungara Federico Vallejo Eusebio Gironda Victor Hugo Baspineiro...
Présentation et récompenses Le film est présenté en 2019 lors du Festival international du film d'histoire de Pessac. Meilleur film à la Mostra internazionale del Nuovo Cinema di Pesaro en 1971. Prix de l’Office catholique international du cinéma au Festival international du film de Berlin en 1972. Grand Prix du Festival de Figueira da Foz en 1975.
Analyse Pour Erich Fishbach, ce film marque l’affirmation du personnage collectif dans le cinéma de Jorge Sanjinés. Une séquence de dix minutes dès le début du film rappelle le massacre de Catavi en 1941, mettant en scène deux groupes distincts : d'un côté, les militaires qui attendent et scrutent l'horizon avec une expression inquiète, et de l'autre côté, un groupe de manifestants en mouvement constitué de femmes, d'hommes et d'enfants, escortés par un troupeau de lamas, qui avance vers les soldats. Les deux groupes ne sont jamais filmés ensemble à l’écran, et les uns sont immobiles quand les autres sont en mouvement, deux procédés qui renforcent leur opposition. Le seul moment où les militaires et les manifestants apparaissent sur le même plan est à la fin de la séquence, quand les soldats jettent les corps dans une fosse commune. Le montage alterné d'images montrant les soldats préparant leurs armes alors que les manifestants avancent, puis les soldats tirant et les manifestants tombant sous les balles construit l'opposition entre les mineurs et les soldats. Les manifestants d’un côté, et les soldats de l’autre, constituent donc deux personnages collectifs en lutte l’un contre l’autre.
Toujours selon Erich Fishbach, Le courage du peuple représente le passage dans le cinéma de Jorge Sanjinés d’un cinéma de défensive à un cinéma de l’offensive. Pour Carlos Mesa également, Le courage du peuple constitue un tournant dans l’œuvre du cinéaste, car il « marque une rupture avec les systèmes conventionnels employés par le cinéma occidental,dans la recherche d’une identité particulière et applicable à notre culture, à nos valeurs ».
Jorge Sanjinés présente Le courage du peuple comme l’une des deux tentatives du groupe auquel il appartient (le groupe Ukamau) de produire à un cinéma révolutionnaire. Il qualifie ce cinéma de « cinéma populaire qui aborderait des faits réels avec des éléments irréfutables ». Pour cela, le groupe Ukamau emploie deux méthodes. D’abord, il propose de lier deux situations historiques afin de révéler leur « logique cachée » : dans Le courage du peuple, ce sont les événements de Catavi en 1941 et ceux de la nuit de Saint-Jean en 1967. Le groupe Ukamau propose aussi de faire intervenir les témoins réels de ces situations historiques, comme c’est le cas dans Le courage du peuple. La présence de témoin avait pour but de faire du film « un document irréfutable » tout en ouvrant le cinéma au peuple en lui permettant d’y participer directement, afin de produire un cinéma de la manière la plus horizontale possible.
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Cinéma bolivien
Liens externes
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