Sergent Markus, de son vrai nom Toussaint Djaho, est un slameur, rappeur, poète et journaliste béninois. Ancien militaire, il réoriente sa carrière vers les médias, la musique et l'écriture après avoir quitté l'armée béninoise à la fin des années 1990.

Biographie

Origines et formation militaire Toussaint Djaho effectue sa scolarité, de la sixième à la terminale, au Prytanée militaire de Bembéréké, dans le nord du Bénin. Il y obtient un diplôme de sergent et sert dans l'armée béninoise pendant deux ans, au sein d'une unité de para-commando, avant de démissionner en pour se consacrer aux métiers de la parole et de l'écriture.

C'est durant ses années d'internat, au début des années 1990, qu'il découvre le rap aux côtés d'autres élèves, notamment à travers le premier album de MC Solaar, puis le mouvement porté par le groupe IAM et le rap anglo-saxon. Il se présente lui-même comme faisant partie de la première génération de rappeurs au Bénin.

Nom d'artiste Le nom de scène « Sergent Markus » associe son ancien grade militaire de sergent à une référence au militant panafricaniste Marcus Garvey, dont il dit partager l'idéal d'une Afrique unie et le souhait d'un retour de la diaspora pour bâtir le continent.

Carrière artistique et journalistique Après avoir quitté l'armée, Toussaint Djaho se tourne vers les métiers des médias, devenant tour à tour journaliste, animateur de radio et de télévision, tout en poursuivant une carrière de poète, slameur et rappeur. Il se décrit lui-même comme « un officier manqué qui a trouvé son salut dans les métiers de la parole et de l'écriture ».

Il collabore à des projets télévisuels et musicaux variés, notamment à l'écriture de textes de voix off pour la série télévisée Cotonou, réalisée par Aymar Esse, ainsi qu'à des titres de l'album de jazz du musicien français François Luthereau, installé au Bénin. Il participe également au projet « Bénin International Musical » (BIM), destiné à valoriser la musique béninoise à l'échelle internationale, dans le cadre d'un partenariat associant Radio France, la société Togezer Productions et l'agence culturelle Awo Négoce.

Dans le cadre de ce projet, Toussaint Djaho, accompagné du groupe BMI, s'est notamment produit lors d'un concert organisé à Cotonou par l'Union européenne à l'occasion de la clôture d'une « Campagne Démocratie ».

Style et thématiques Dans ses textes, Sergent Markus revendique une écriture proche de la critique sociale et politique, se définissant comme « anticonformiste » et artiste engagé pour, selon ses mots, « une Afrique effectivement indépendante et une gouvernance publique au service du peuple ». Il distingue sa pratique du slam d'une simple mise en rimes, affirmant rechercher une poésie qu'il juge plus exigeante.

Un article consacré à son titre Prego Pardon décrit un artiste qui se présente en « porte-voix des sans voix » et qui aborde frontalement, dans ce morceau, la situation politique du Bénin.

Discographie Son album Vodoun Gospel', qualifié par l'artiste lui-même de quatrième album de sa carrière, est composé de quinze titres mêlant slam, spoken word et poésie déclamée sur des musiques traditionnelles béninoises réarrangées. Il présente ce projet comme un hommage à ses origines liées au culte vaudou, en tant que natif de Tado et originaire de la famille Djaho.

Notes et références

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