Dès leurs fondations, les deux régimes du Nord et du Sud ont déclaré représenter l'ensemble de la Corée. Au Sud, la Corée du Nord reste toujours officiellement désignée comme la « province du nord »Le site officiel du ministère sud-coréen de la réunification donne ainsi les données statistiques relatives au . Le terme de « Corée » se traduit d'ailleurs différemment dans le nom officiel de chacun des deux États. La guerre de Corée est souvent analysée comme un conflit fratricide où la Corée aurait été la victime des antagonismes entre les deux superpuissances de la guerre froide..
Séoul et Pyongyang se sont longtemps dépeintes l'une l'autre en des termes très dépréciatifs« Au Nord, le Sud, vilipendé comme un pays « misérable », «suppôt de l’impérialisme américain». » et « pays misérable à la solde des États-Unis ».. La circulation des citoyens nord-coréens à l'étranger est extrêmement limitée et la loi de sécurité nationale en Corée du Sud interdit aux Sud-Coréens de nouer des échanges directs, sans autorisation préalable, avec les Nord-Coréens.
Dialogue Afin de renouer le dialogue avec la Corée du Sud, le dirigeant nord-coréen Kim Il-sung organise une conférence des partis politiques et organisations sociales du Nord et du Sud à Pyongyang, en . Le président du Gouvernement provisoire de Corée du Sud, Kim Gu, bien qu'anticommuniste, participa à la conférence de Pyongyang. Son engagement en faveur du dialogue inter-coréen lui vaudra d’être assassiné le par la police secrète sud-coréenne à la suite de l'arrivée au pouvoir de son adversaire Syngman Rhee..
En 1960, le chef d'État nord-coréen Kim Il-sung propose la création d'une confédération entre les deux Corée..
Le , Kim Il-sung annonça qu’il était prêt à parler avec les organisations sociales et politiques en Corée du Sud, à la suite des échanges entre les Croix-Rouge des deux pays ; en conséquence, il y eut une rencontre entre les dirigeants. Un communiqué conjoint entre le Nord et le Sud fut signé le listant les grands principes d’une réunification..
Après 1987, la chute du régime militaire au pouvoir en Corée du Sud et la démocratisation qui s’est ensuivie a favorisé une évolution de la position de Séoul.
Après les JO de 1988 à Séoul, une politique de rapprochement des deux pays fut lancée par Roh Tae-woo appelé la « Nordpolitik » (inspiré de l’« Ostpolitik »)..
En 1991, les deux Corée ont été admises conjointement à l'ONU, mettant fin au pendant coréen de la doctrine allemande dite Hallstein, selon laquelle les États étrangers devaient choisir de reconnaître et d'établir des relations avec l'une ou l'autre des deux Allemagne.
En , il fut signé un pacte de reconciliation, de non-agression et de coopération entre les deux Corée, qui réaffirmait les principes énoncés dans l’accord de 1972 et établissait des jalons pour la coopération et les échanges. Ce pacte fut suivi par la signature en 1992 d’un accord de dénucléarisation de la péninsule.
Il y a eu un réchauffement des relations entre Nord et Sud, à la suite de la reconnaissance du Sud par la Russie (1991) et par la Chine (1992).
Politique du rayon de soleil, 2000 à 2008
Le dialogue, amorcé en 1972, s'est approfondi depuis 2000, à la suite de la visite à Pyongyang du président sud-coréen Kim Dae-Jung (dans le cadre du premier sommet intercoréen) et de l'adoption conjointe, par ce dernier et son homologue nord-coréen Kim Jong-il, de la déclaration commune du qui constitue la pierre angulaire des relations entre Pyongyang et Séoul.Texte intégral de la déclaration Nord-Sud du 15 juin 2000 - Site officiel nord-coréen Naenara. Voir également l'article détaillé Réunification de la Corée.
Aux Jeux olympiques d'été de 2000 et de 2004 les deux pays défilent ensemble lors de la cérémonie d'ouverture, les athlètes portant la même tenue, sous un drapeau représentant la péninsule en bleu sur fond blanc. Il était question de former une délégation commune pour les Jeux olympiques de Pékin de 2008 mais le projet n'a finalement pas abouti, faute d'accord entre les deux délégations et a donc été repoussé.
Un second sommet intercoréen, entre le dirigeant du Nord Kim Jong-il et le président sud-coréen Roh Moo-hyun, initialement prévu à Pyongyang du 28 au ., a été reporté du 2 au . après que les plus graves inondations en Corée du Nord depuis quarante ans ont entraîné et disparus et touché un million de personnes.. À l'issue du second sommet intercoréen, organisé à Pyongyang du 2 au , le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il et son homologue sud-coréen Roh Moo-hyun ont signé un document commun où ils s'engagent à promouvoir la paix et la prospérité économique dans la péninsule..
Le bilan de cette action politique est un rapprochement des peuples sud-coréens et nord-coréens et une compréhension mutuelle plus importante. Les Nord-Coréens comprenant que les habitants au Sud étaient différent de ceux représentés par la propagande gouvernementale (souvent misérable) et les Sud-Coréens y virent que les habitants au Nord n'étaient pas les assoiffées de sang qu'ils pouvaient imaginer..
2008 à 2017, hostilité de gouvernement sud-coréens conservateurs Sous les gouvernements conservateurs de Lee Myung-bak (2008-2013) et Park Geun-hye (2013-2017), la Corée du Sud refuse toute négociation, soutenue dans ce choix par les États-Unis.. Ils ont cherché à l’isoler et à la sanctionner, ce qui a été fait mais sans obtenir le fléchissement voir l’effondrement du régime espéré.
Cette période est marquée par un retour des tensions de manière générale. Cette montée des tensions est marquée par certains événements comme l'incident du 11 juillet 2008 où une touriste sud-coréenne fut abattu par un soldat nord-coréen dans la région touristique des monts Kumgang ou encore avec le naufrage de la corvette de Corée du sud Cheonan en ..
Sous Lee myung-bak Lee Myung-bak a mis fin à la politique du « rayon de soleil » en la qualifiant de politique de « concessions inconditionnelles » et prôna une politique sous conditions de dénucléarisation du Nord permettant d'augmenter le PIB par habitant des Nord-Coréens, politique qui n'eut pas les effets escomptés. Il fit du sujet des Droits de l'homme en Corée du Nord une préoccupation principale et subordonnant toutes les autres.
L’ancien ministre de l’Unification sud-coréen Jeong Se-hyun reconnaitra que ..
Sous Park Geun-hye Park Geun-hye a voulu mettre en avant une « confiance mutuelle » mais ce projet échoua du fait d’une trop grande méfiance réciproque. Les milieux d’affaires en Corée du Sud regrettait ce manque d’avancée, laissant la place aux hommes d’affaires chinois dans le Nord.
Après 2017 Élu en 2017, Moon Jae-in relance le dialogue et rencontre Kim Jong-un en .
Le , des parlementaires de Pyongyang et de Séoul se réunissent pour une rencontre informelle à Genève, en Suisse. Le vice-président de l'Assemblée populaire suprême nord-coréenne Ri Jong Hyok et le député sud-coréen Chin Young lèvent leur verre à l'invitation de Martin Chungong, secrétaire général de l'Union interparlementaire (UIP)https://www.tdg.ch/geneve/politiciens-deux-corees-rencontrent/story/28438137.
Jeux olympiques de 2018 thumb|Rencontre du président sud-coréen Moon Jae-in (à gauche, en blanc) avec Kim Yo-jong (sœur du dictateur Kim Jong-un) et Kim Yong-nam (président de l'Assemblée populaire suprême nord-coréenne), dans le box présidentiel en amont de la cérémonie d'ouverture des Jeux, en février 2018.
Dans une période tendue sur le plan diplomatique, après de nouveaux tirs de missiles balistiques et essais nucléaires au nord, Séoul propose une rencontre avec Pyongyang le . Il est notamment question d'une participation de la Corée du Nord aux Jeux olympiques d'hiver de 2018.. Cette rencontre se conclut positivement, la Corée du Nord présente une délégation aux Jeux olympiques. Les deux Corée défilent ensemble à la cérémonie d'ouverture., ce qui n'est pas arrivé depuis les Jeux olympiques d'hiver de 2006. La sœur du dirigeant nord-coréen, Kim Yo-jong est par ailleurs présente lors de cette cérémonie, ce qui fait d'elle le premier membre de la dynastie nord-coréenne des Kim à se rendre en Corée du Sud depuis la fin de la guerre de Corée..
Pour la première fois, une équipe unifiée en hockey sur glace féminine participe à ces Jeux, regroupant des athlètes nord et sud-coréennes.
Sommet inter-coréen en 2018 et fin de la guerre
Plusieurs rencontres entre les dirigeants des deux Corée ont eu lieu, une première le amène à une déclaration commune de fin de la guerre sur la péninsule.. Une autre rencontre le a eu lieu, avant le sommet Trump-Kim du 12 juin 2018.
Le , le ministère de la Défense nationale de Corée du Sud annonce avoir commencé le déminage de la Joint Security Area dans le cadre du réchauffement diplomatique entre les deux Corée. Il devrait être suivi du démantèlement de baraquements militaires et du désarmement des militaires des deux Corée qui la gardent. Le colonel Chad Carroll, porte-parole du commandement des Nations unies en Corée, n'a en revanche pas annoncé de désarmement des soldats de l'ONU encore sur place..
Bombardement du bureau de liaison intercoréen (2020)
En , Kim Yo-jong retrouve son poste de membre suppléant au Politburo, et un certain nombre de prérogatives, elle participe à la destruction du bureau de liaison intercoréen., ancien symbole de la « détente » entre les deux pays, ce qui lui vaut de nombreux éloges dans la presse nord-coréenne.
Rétablissement des canaux de communication (2021-2023) Le , date anniversaire de l’arrêt des hostilités de la guerre de Corée, les deux Corée, théoriquement toujours en état de guerre, annoncent conjointement le rétablissement de leurs canaux de communication..
En 2022, la Corée du Nord menace la Corée du Sud de représailles «mortelles» après une épidémie de Covid-19 et Kim Jong-un se considère «prêt à déployer» sa force de dissuasion nucléaire en cas d'affrontement militaire avec les États-Unis et la Corée du Sud.
Le semaine suivante, la Corée du Sud propose à la Corée du Nord une offre d'aide économique en échange d'une dénucléarisation. L'offre contient un plan d'aide en aliments, énergie et infrastructure si la Corée du Nord abandonne son programme d'armement nucléaire. Cette offre est refusée par la Corée du Nord qui la considère absurde et Kim Yo-yong, la sœur, la qualifie de «sommet d'absurdité» (sic) voyant dans ce plan une sorte d'atteinte à l'honneur et les armes nucléaires. Elle considère alors que Yoon Suk-yeol est vraiment simple et encore puéril (sic). De son côté, la Corée du Sud considère ces déclarations «désobligeantes» mais maintient son offre d'aide économique. Le bureau estime que cette «attitude de la part de la Corée du Nord ne contribue ni à la paix et à la prospérité de la péninsule coréenne, ni à son propre avenir. Elle ne fait que promouvoir son isolement sur la scène internationale»..
2024 : la Corée du Sud, premier pays hostile
Le , La Corée du Nord met fin à son accord de 2018 avec la Corée du Sud, invoquant une escalade des provocations militaires et des projets de déploiement de forces militaires le long de la ligne de démarcation militaire..
En , The Korea Herald se fait l'écho des propos du dictateur : ..
Le , Le Conseil d'État de Corée du Sud suspend la Déclaration de Panmunjom de 2018 en raison de tensions frontalières concernant les ballons envoyés par la Corée du Nord..
Position diplomatique Dans la perspective d'une réunification de la Corée, les autorités sud-coréennes ont choisi de privilégier la voie d'un rapprochement économique et culturel progressif entre les deux Corée, afin de réduire des écarts économiques, plus importants entre les deux Corée qu'entre les deux Allemagne en 1989. Cette « politique du rayon de soleil » a été comparée à l'ostpolitik de Willy Brandt. thumb|left|Kim Jong-un rencontrant des émissaires sud-coréens, en mars 2018.