L'étude statistique de l'astrologie cherche à déterminer si une corrélation peut être observée entre les phénomènes étudiés traditionnellement par l'astrologie (planètes, Lune/satellite, signes, domification, aspects, transits…) et des évènements objectifs dans la psychologie ou la destinée humaine.

Ces recherches, qui tentent d'établir à travers la méthode expérimentale la validité de l'astrologie, ont parfois été jusqu'à revendiquer un statut d'astrologie scientifiqueVoir notamment l'ouvrage de Paul Choisnard: Langage astral : Traité sommaire d'astrologie scientifique (1902), Éditions traditionnelles, 1983 mais elles sont généralement perçues comme une démarche pseudo-scientifique.

Historique Premiers pas de Choisnard Paul Choisnard, polytechnicien français, officier de l’armée formé aux statistiques, effectue les premières études statistiques sur l’astrologie au début du et présente des conclusions qui seraient favorables à la doctrine astrologiqueHistoire de l'astrologie de Wilhelm Knappich, ed. Vernal/Philippe Lebaud, 1986 , page 261 au travers d’une enquête sur près de ayant obtenu une réputation et chez lesquels il noterait une fréquence anormalement élevée de la présence de Jupiter à la position appelée Milieu du CielMichel Gauquelin, C'est écrit dans les astres, ed. Pardès, 1991 , page 313. Il pose ainsi les bases de l'étude statistique de l'astrologie, mais ne prend pas en compte les biais astronomiques, démographiques et sociologiques dans ses calculs et tire souvent de fausses conclusions. Selon Michel GauquelinMichel Gauquelin, C'est écrit dans les astres, ed. Pardès, 1991 , page 308, Paul Choisnard n'a pas pris en compte le fait qu'un écart statistique apparemment significatif observé peut être tout simplement dû à la .

Le « fait » de Paul Choisnard est ténu, sa méthode incomplète et ses résultats contestables, mais ces travaux ouvrent la voie à une étude de l'astrologie par les statistiques, assimilée à une "astrologie scientifique" qui se distingue des pratiques divinatoires et prédictives. En effet, selon les tenants de "l'astrologie scientifique", l'astrologie doit bénéficier du processus constant de rectification des concepts et des théories que s'impose l'esprit scientifiqueLa science moderne s'étant elle-même éloignée d'une causalité mécanique et linéaire dit Raymond Abellio dans la préface du livre d'Elizabeth Teissier L'astrologie, science du alors qu'au contraire, Citation extraite de la de couverture de l'ouvrage Cours pratique d'astrologie: Secrets de l'astrologie des Anciens de Denis Labouré selon les partisans de l'astrologie traditionnelle, laquelle est par essence divinatoire. La démarche de Paul Choisnard est poursuivie en France par Léon Lasson dans les années 1920 et 1930 et s’étend en Allemagne. Ce sont des ingénieurs qui se penchent outre-Rhin sur la question et les échecs sont fréquents, comme l’étude exposée par Hans Ritter sur de musiciens qui ne révèle aucune corrélation absolue pour la composition musicale Revue l'Astrologue , 1992, page 9, compte-rendu par André Barbault, rédacteur en chef de cette revue, qui affirme: .

Le suisse , reprenant l’idée, s’investit dans la recherche ( étudiéesHistoire de l'astrologie de Wilhelm Knappich, éd. Vernal/Philippe Lebaud, 1986 , page 262) mais avec la particularité de se soustraire des présupposés de la tradition astrologique pour n’en garder que les principes fondamentauxEllic Howe a consacré plus de 150 pages à Karl Ernst Krafft dans son livre Le monde étrange des astrologues, ed. Robert Laffont, 1968. Michel Gauquelin a fortement critiqué les travaux de Karl Ernst KrafftMichel Gauquelin, C'est écrit dans les astres, ed. Pardès, 1991 , pages 314-320. Michel Gauquelin a également critiqué les enquêtes faites par et The Church of Light de Los Angeles, par D. Bradley aux États-Unis et par Herbert Freiherr von Kloeckler en Allemagne en affirmant qu'elles n'étaient Michel Gauquelin, Les horloges cosmiques, éd. Denoël, 1970, .

Apport de Gauquelin

Un psychologue français, Michel Gauquelin, travaillant avec sa femme Françoise Gauquelin (1929-2007), reprend les travaux de Choisnard en les critiquant et en les corrigeant dans les années 1940. Il cherche à éviter les biais statistiques en prenant ses dates de naissance dans des publications "externes" n'ayant rien à voir avec l'astrologie (exemple : l'Index biographique des académiciens de médecine 1820-1939Yves Haumont, L'Astrologie, ed. Cerf/fides , page 105). Il publie dans les années 1950 et 1960 les premiers résultats de ses propres travaux d’où il tirerait une corrélation entre la position de Mars dans le ciel et une population de sportifs. Il ravive ainsi le débat en publiant ses résultats sur l’Effet Mars, qui voudrait que les sportifs aient une fréquence plus élevée que la moyenne de présence de Mars dans certains secteurs du ciel. Très critiqué, son « Effet Mars » fait l’objet de plusieurs vérifications scientifiques controversées jusqu’à la fin du .

Michel Gauquelin, en collaborant aux vérifications de ses travaux avec des organismes scientifiques rationalistes et sceptiques, tirera de son expérience, des corrections de ses études et des règles fiables pour étudier scientifiquement l’astrologie. Il affermit les bases posées par Choisnard et fait école. Mais il se présente en homme de science et affirme ne pas défendre l'astrologie ! Au contraire, à part son Effet Mars, tous ses travaux pointent vers une inexistence statistique des facteurs techniques de l'astrologie savante. Voici des citations de Michel Gauquelin tirées de son livre Le dossier des influences cosmiqueséd. Denoël, 1973: « On ne trouve pas de grains d'or astrologiques dans les signes du Zodiaque » (page 231) « Dans cette enquête, comme dans toutes celles que nous avons menées sur les aspects, tout se passe au hasard comme si leur influence n'existait pas » (page 233) « En annexant le mouvement diurne des planètes au domaine des influences astrales possibles et en insistant sur le rôle de l'axe horizon-méridien, l'astrologie a eu, une fois encore, l'intuition de quelque chose. Mais sous sa forme traditionnelle, la roulette astrologique maisons, pas plus que les deux précédentes, ne permet de martingale horoscopique » (page 237).

Avec l'« Effet Mars », c'est la communauté scientifique qui développe la controverse au travers de vérifications menées par des organismes qui luttent contre les pseudo-sciences et les superstitions. Les vérifications aboutissent à des conclusions controversées à la fin des années 1980. Ainsi, Ph. Zarka et F. Biraud, chercheurs à l'Observatoire de Paris, critiquent les expériences de Michel Gauquelin, en raison de .

Les travaux de Michel Gauquelin ont ouvert la voie à une vérification scientifique des principes soutenus par l'astrologie. La démarche se développe en France principalement autour du "RAMS" (Recherche en astrologie par des moyens scientifiques .) et de André Barbault, et plus récemment, de Hervé Delboy et Didier CastilleDans les actes d'un congrès tenu sur la Croix des signes cardinaux à Paris le 24 et 25 mars 2001, André Barbault a affirmé que Didier Castille aurait étudié français des années 1976 à 1997 (fichiers informatiques de l'INSEE) et qu'on observerait un surnombre élevé de mariages entre époux ayant un anniversaire (retour du Soleil à une longitude écliptique donnée) voisin (conclusions publiées dans le numéro 8 (mars 2000) des cahiers du RAMS). André Barbault affirme dans les actes de ce congrès que cela est à ce jour, les unions étant basées selon lui sur l'attraction du semblable. N.B.: André Barbault a repris les conclusions de cette étude dans son livre L'astrologie certifiée: connaissances, statistiques et prévisions, ed. Seuil, 2006 , .. La recherche de nouveaux « effets » n’arrive pas à lever entièrement le doute des biais à caractères sociologiques, culturels, héréditaires et autres. Ces recherches se sont aussi étendues aux États-Unis, en Italie, en Allemagne…

Apports de Sachs et Castille Le dossier astrologie par Gunther Sachs En l'an 2000 paraît le livre de Gunter Sachs, Le dossier Astrologietitre d'origine: Die Akte Astrologie (1997) qui étudie en dix domaines existentiels (mariages, divorces, célibat, maladies, suicides, études, professions, conduite automobile, délits, intérêt pour l'astrologie) à partir de millions de données analysées (d'universités, d'administrations, d'assureurs, d'éditeurs) si les natifs des différents signes du zodiaque (du zodiaque tropical) ont des comportements différents. Tous les écarts importants, face aux chiffres attendus, ne se laissant pas expliquer par le principe du hasard sont indiqués comme significatifs. Le test d'indépendance du khi deux démontre des écarts nettement significatifs pour neuf analyses sur dix. L'hypothèse selon laquelle ces différences procèdent du hasard peut être exclue à la probabilité d'erreur au plus égale à 1 sur 1 million selon l'Institut statistique de l'université Ludwig-Maximilian de Munich qui a vérifié ces travauxUne discussion critique sur la méthodologie à la base de cette publication est publiée sur Astrology and Science, consulté le 18 janvier 2008..

Cependant, selon MM. Von eye, Lösel et Mayzer, le livre de M. Sachs contiendrait un lot d'erreurs méthodologiques qui infirment certaines de ses conclusions sur les liens entre signes solaires et criminalité.

Les études de Castille Dans les années 2000, Didier Castille, statisticien, mène une étude sur une population de plusieurs millions de Français à partir de statistiques de l’Insee d’où il tire une corrélation entre dates de naissance et dates de décès des individus qui n'a pas été controversée, mais qui n'a pas été publiée, à ce jour, dans une revue scientifique à comité de lecture. L'auteur remarque lui-même que la corrélation obtenue pourrait s'expliquer, par exemple, par un taux de suicides plus grand le jour des anniversaires ou, plus simplement, par des accidents de voitures dus à des anniversaires trop arrosés. En somme, que des facteurs non liés aux astres mais bien reliés à la date de naissance, pourraient expliquer les corrélations mises en lumièreVoir aussi : Laurent Toulemon, « Nouvelles données sur les variations du nombre des naissances selon les rythmes lunaires et circadiens », Population, revue de l'INED, 4-5, juillet-octobre 1986, .

Didier Castille, dans l'ouvrage de M. Sachs, a également analysé célébrés en France entre 1976 et 1997 et a calculé la différence entre le nombre de mariages théoriques entre deux signes et leurs nombres réels. Par exemple, Les hommes Taureau représentent 8.963 % de l'ensemble des époux et les femmes Lion 8.441 % des épouses. La valeur théorique attendue pour cette combinaison est 0.08963 × 0.08441 × 6498320 = . La valeur réelle est de soit 643 de moins que la valeur théorique. De cette manière, on remarque que tous les mariages contractés entre personnes du même signe sont plus fréquents qu'en théorie. Ex. : entre scorpions contre attendus, soit +1281 ou +3.39 %. Ce sont des écarts statistiquement très significatifs selon le test du khi-deux.

Il est également intéressant de constater que les mariages entre personnes de signe identique sont les seules combinaisons à présenter des écarts positifs très significatifs. Il n'y a que 3 écarts très significatifs négatifs : Hommes Vierge/Femmes Bélier ( contre attendus en théorie, soit -633), homme Taureau/Femme Lion ( contre attendus) et hommes Gémeaux/Femme Poisson ( contre attendus).

Remarque suivant cette étude :

"Après avoir approfondi ces cas particuliers, nous nous sommes aperçus que, bizarrement, les couples de personnes nées exactement le même jour sont beaucoup plus nombreux que ce à quoi on aurait pu s'attendre. Sachant que dans un cas sur dix environ, les époux sont nés la même année (, précisément), nous en avons déduit le nombre théorique des mariages de personnes nées le même jour. Il est de (/365) alors que le nombre réel est de ." Soit 3.4 fois plus.