Casimir Monteil, né le à Rochemaure (Ardèche) et mort le à ParisActe de décès (avec date et lieu de naissance) à Paris , , vue 27/31., est un ingénieur des Arts et métiers et de l'École centrale Paris, Docteur ès sciences mathématiques.

Entre les deux guerres, il est professeur de thermodynamique, de mécanique des fluides et d'hydraulique dans plusieurs écoles d'ingénieurs. Nommé Directeur de l'École centrale Paris le , il occupe cette fonction jusqu'au malgré avoir dépassé la limite d’âge puisqu'il avait quand il a quitté le poste.

Sa vocation pour l'enseignement ne pouvait lui faire oublier sa formation d'ingénieur. Ainsi, il occupe parallèlement plusieurs emplois dans l'industrie, notamment auprès d'Auguste Rateau mais aussi pour les Papeteries de Gascogne à Mimizan dans les Landes.

Auteur de nombreux ouvrages techniques, cofondateur des Éditions techniques de l'ingénieur, Membre de l'Institut, Casimir Monteil a été décoré de la Croix de guerre 14-18 pour ses mérites militaires et fait commandeur de la Légion d'honneur et commandeur des Palmes académiques.

Biographie

Origines Casimir Auguste Monteil, né le , est originaire de Rochemaure, un village de l'Ardèche situé sur les rives du Rhône, de l'autre côté de Montélimar. Son père, Auguste Monteil ainsi que son grand-père maternel, Casimir Jamme, étaient cordonniers et fabriquaient pour les habitants du canton des souliers dans une petite échoppe de la rue du Faubourg, au centre du village, à deux pas de la mairie et de l'église.

Casimir est un bon élève. À , il est reçu premier du canton au Certificat d'études primaires le et remarqué par l'instituteur qui conseille vivement à ses parents de lui faire poursuivre ses études à l'École primaire supérieure de Bourg-Saint-Andéol, à au sud de Rochemaure pour lesquelles ses parents ont obtenu une « demi-bourse d'internatRépartition des bourses d'enseignement primaire supérieur pendant l'année 1890, Journal officiel de la République française. Lois et décrets, 19 février 1891..

Il présente alors le concours d'entrée à l'École nationale supérieure d'arts et métiers d'Aix-en-Provence où il est reçu à l'âge de . Après avoir passé trois ans à Aix, il obtient à le diplôme d'Ingénieur de l'École nationale supérieure d'arts et métiers, le . Il restera toujours très fier d'être un « gadzarts » et deviendra même plus tard Président de la Société des anciens élèves des Écoles nationales des arts et métiers.

Années d'études à Paris C'est en 1894 que Casimir Monteil « monte à Paris » où il est accueilli par « le cousin Guigon », originaire de Meysse, village au nord de Rochemaure et cousin de la famille Monteil. En arrivant dans la capitale, Casimir s'est vite rendu compte que s'il veut réussir, il doit perdre son accent du midi et il fait un effort particulier pour « parler pointu » comme les Parisiens.

Concours d'entrée à Centrale Il intègre alors l'École Duvignau de Lanneau située 71 boulevard Pereire (Place de Wagram) dans le arrondissement, afin de préparer le concours d'entrée à l'École centrale Paris.

Après un an comme répétiteur dans cette école et tout en suivant les cours de préparation au concours d'entrée, il entre à l'École centrale le , et obtient son diplôme d'Ingénieur trois ans plus tard, à , le , dans la lignée de quelques brillants prédécesseurs tels que René Panhard (1886), Louis Blériot (1895) ou les frères Armand et Robert Peugeot (1895).

Service militaire Ayant suivi pendant ses trois années d'études à l'École centrale les cours de préparation militaire des officiers de réserve, il est affecté au régiment d'artillerie à la caserne Charenton de ValenceFiche militaire Monteil Casimir Auguste, Matricule recrutement , Classe 1894, Archives départementales de l'Ardèche. et est promu dès le , Sous-lieutenant de réserve d'artillerie. Il accomplit ensuite deux périodes militaires en 1904 et 1906 avant d'être nommé Lieutenant le .

L'artillerie est à cette époque « l'arme savante », en plein développement, où les jeunes ingénieurs, en particulier les gadzarts et les mathématiciens excellent dans les calculs de balistique des tirs de canon. Comme l'indique sa fiche militaire, « il a accompli une période d'exercices dans le régiment d'artillerie à Valence du au ».

Vie personnelle au Quartier latin Pendant son service militaire, il fait la connaissance de Mathilde Claudel, née à Privas en 1875, institutrice, fille de Jean-Baptiste Claudel, officier originaire de l'Est de la France, lieutenant de recrutement. Ils se sont rencontrés très probablement au Cercle militaire de Valence.

Non mariés, Casimir et Mathilde vivent ensemble à Paris en plein cœur du quartier latin, où Casimir poursuit ses études. Afin de subvenir à leurs besoins, il donne des cours de mathématiques dans divers établissements, en particulier au Collège Sainte-Barbe, d' à , à l'École supérieure de physique et de chimie industrielles et à l'École Duvignau de Lanneau, d' à . Il donne également des cours de mathématiques chez lui à de jeunes étudiants de 1902 à 1905.

Le couple s'installent tout d'abord dans un meublé au du boulevard Saint-Marcel dans le arrondissement puis, à partir de , ils occupent un autre appartement dans le même quartier, au de la rue Du Sommerard jusqu'en . Enfin, au début du mois d', ils déménagent de nouveau pour un appartement plus spacieux, situé 39 rue Monge, toujours dans le arrondissement. Durant cette période de 1901 à 1904, ils ont quatre enfants dont deux meurent en bas âge. Du au , puis du au , Casimir suit, en tant que sous-lieutenant de réserve, une période militaire au régiment d'artillerie de Valence.

Désirant s'établir, Casimir et Mathilde achètent une petite maison avec un jardinet, 10 rue de l'Orne à Asnières-sur-Seine, vers le mois de , puis le , ils se marient à la mairie d'Asnières, peu de temps avant une nouvelle naissance, celle du deuxième garçon, Jacques. Ainsi en huit ans, de 1901 à 1909, le couple a donné naissance à : Jean Georges (né le ) Marguerite Marie-Louise (née le ) Jacques Paul (né le ) Marie-Louise Joséphine (née le )

Vers le milieu de l'année 1911, Casimir Monteil vend sa maison d'Asnières, apparemment trop éloignée du centre de Paris et des établissements où il enseigne. Il achète alors un grand appartement, assez près de l'École centrale, au de l'avenue Parmentier dans le arrondissement où la famille Monteil demeure jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Thèse de doctorat à la Sorbonne Il continue ses études à la Sorbonne dans le domaine de la « science pure » et obtient une licence en mathématiques en 1903, : Calcul différentiel et intégral, Mécanique rationnelle, Astronomie, Analyse supérieure.

Le , Casimir Monteil obtient le diplôme, signé par le ministre de l'Instruction publique, Aristide Briand, de « Docteur ès sciences mathématiques » à la Sorbonne, à l'époque faculté des sciences de Paris, avec la mention très honorable, la plus élevée que décerne la faculté. Le jury est composé de trois célèbres mathématiciens, Paul Appell, Joseph Boussinesq et Émile Picard, président de l'Académie des sciences.

Pour cela, le , Casimir Monteil a brillamment soutenu une thèse sur un sujet délicat de thermodynamique intitulée « Contribution à l'étude des courants de convection calorifique ».

Début de carrière

À partir de , Casimir Monteil est tout d'abord répétiteur du cours de Mécanique appliquée de Maurice Lévy à l'École centrale Paris, en année. Puis, au cours de l'année scolaire 1909-1910, il devient le suppléant de Maurice Lévy, frappé d'hémiplégie. Enfin, à partir de 1911, il est chargé du cours de Mécanique appliquée.

En 1913, par une pétition recueillant plus de , les élèves des trois promotions, demandent sa nomination comme Professeur de la chaire de Mécanique appliquée. Il devient donc professeur titulaire et le reste jusqu'à l'âge de la retraite, mais également est membre du Conseil de l'École centrale de Paris à partir de 1913.

La Première Guerre mondiale Malgré ses et ses quatre enfants, Casimir Monteil est mobilisé dès le début de la guerre, le , et envoyé en tant que lieutenant sur le front, le , dans le régiment d’artillerie lourde, Groupe de batterie.

En , il est basé au château Sainte-Claire près de Compiègne et demande à sa famille de lui écrire, de préférence, à l'adresse suivante : « Monsieur Monteil, Café de la Cloche à Compiègne, sans autre indication, car le courrier arrive plus rapidement que par la voie militaire ».

Dès le début de la guerre, afin de protéger sa famille, il demande à son épouse Mathilde, de se réfugier avec ses quatre enfants à Rochemaure, chez leurs grands-parents.

En , il quitte le château Sainte-Claire pour « un autre coin » qu'il lui est « défendu de préciser par lettre ». Pendant l'été 1915, il obtient une permission et rejoint sa famille à Rochemaure. Peu de temps après son retour de permission, le , il est détaché au « Centre d'instruction du tir contre les aéronefs » à Arnouville-lès-Gonesse, puis un mois plus tard, le , il est affecté à l'Artillerie demi fixe de la division d'infanterie.

Jusqu'en , il demeure à l'est de Compiègne au château Sainte-Claire, . Sur les photos qu'il a prises, trouve les lieux de Saint-Crépin-aux-Bois, le château de Nervaise à Tracy-le-Mont, le bois Saint-Mard ou encore la ferme de Quennevières à Moulin-sous-Touvent.

En tant qu'officier, il se déplace à cheval, qui est d'ailleurs une jument qu'il a baptisée avec un certain humour, « Marguerite », le prénom de sa fille aînée !... Casimir Monteil est promu au grade de capitaine le .

Le , dès que la décision est prise de créer les trois premiers régiments de DCA(Défense Contre les Aéronefs), les , et régiment d'artillerie, Casimir Monteil est affecté au régiment d'artillerie, Commandant la DCA de la Région Industrielle de Nancy, où il restera jusqu'à la fin de la guerre.

À partir de cette date et jusqu'en , Casimir Monteil se trouve dans des conditions encore plus difficiles à une quinzaine de kilomètres au nord de Nancy, dans la région de Domèvre-en-Haye et sur le plateau d'Amance durement frappé par les bombardements allemands. Quelques mois avant la fin de la guerre, le , le « Capitaine Monteil Casimir Auguste, du régiment d'artillerie, Commandant la D.C.A. (Défense Contre Avions) de la région industrielle de Nancy » est cité à l'« Ordre de l'Artillerie de l'Armée » avec cet éloge : « Par ses reconnaissances personnelles, aériennes et terrestres, par son savoir et son énergie, a remarquablement organisé la Défense Anti-aérienne d'une importante région industrielle du front et a largement coopéré à écarter les fréquentes tentatives de bombardement des avions ennemis ».

Par ailleurs, le , il est nommé chevalier de la Légion d'honneur, « pour ses mérites militaires ».

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À la fin de la guerre, deux mois environ après la signature de l'armistice, il est démobilisé le et « se retire » au 31 de l'avenue Parmentier à Paris, appartement qu'il a acheté en 1911 et quitté en 1914 pour partir à la guerre. Il sera « rayé des cadres » le .

Carrière dans l'enseignement Entre les deux guerres, Casimir Monteil est professeur dans plusieurs établissements dont les principaux sont l'École centrale des arts et manufactures, le Conservatoire national des arts et métiers, l'École supérieure d'électricité, l'École supérieure de physique et de chimie industrielles et l'Institut français du froid industriel.

Il enseigne également des matières très différentes, allant de la thermodynamique à l'hydraulique en passant par les turbines à vapeur et la mécanique des fluides.

L'École centrale de Paris Dès la fin de la guerre, au début de l'année 1919, Casimir Monteil retrouve ses élèves à l'École centrale et sa chaire de mécanique appliquée, dont il est titulaire. Succédant à Léon Letombe, Casimir Monteil est titulaire de la chaire des machines thermiques à l'École centrale, à partir de 1920 et jusqu'en 1941.