Le cimetière de Fontainebleau, anciennement aussi appelé cimetière du Mont-Pierreux et plus rarement les Quatre Arpents, est un lieu d'inhumation à Fontainebleau, en France. Fondé au , il renferme en son noyau de nombreuses sépultures de cette époque.
Situation géographique
Le cimetière se situe au nord de la ville et s'étend sur la périphérie de l'espace urbanisé de la commune de Fontainebleau. Étant à la lisière de la forêt de Fontainebleau, il est ainsi adjacent à celle-ci sur son côté nord-ouest et sud-ouest. Son côté sud-est se délimite par le boulevard du Maréchal-Joffre et son côté nord-est par la route Louise. Le côté sud-ouest se forme sur la place des Combattants-Morts-pour-la-France, où se trouve le monument aux morts, et continue par être longé par la route Louis-Philippe. Enfin, le côté nord-ouest, directement exposé au massif forestier, est longé par un cheminRessources de geoportail.gouv.fr/carte, Géoportail de l'IGN.. On retrouve l'accès principal, de deux portails, sur la place des Combattants-morts-pour-la-France, un autre depuis la route Louise et enfin un troisième secondaire qui donne sur la division B, depuis la route Louis-Philippe. Un repère de nivellement placé près du portail ouest à au-dessus du sol fait état d'une altitude de .
Dénomination Anciennement, on l'appelle communément le cimetière du Mont-Pierreux, en référence au Mont Perreux, Pierreux ou Paveux, élévation et lieu-dit dans de la forêt de Fontainebleau, où il a été bâti. Cette dénomination est toutefois devenue rare et on ne se réfère à ce cimetière, de nos jours, principalement que par le nom de la ville.
Les habitants ont aussi appelé ce lieu les « Quatre Arpents » au vu de sa forme et sa superficie simple.
Histoire
Anciens cimetières
Du au , l'église de la paroisse d'Avon servait de lieu de sépulture aux habitants. Il a également existé un lieu d'inhumation près du château, le cimetière des Mathurins.
Après la création de la paroisse de Fontainebleau, le roi Louis XIV fait créer un cimetière dans le bourg de Fontainebleau, le : le cimetière de la rue des Petits-Champs. Devenu insalubre et mal placé, il est fermé à la Révolution pour un nouveau lieu d'inhumation, plus en retrait de la ville : le cimetière de la Vallée de la Chambre.
Fondation
Le cimetière a été créé par ordonnance royale du . La partie la plus ancienne correspond à l'actuelle division E.
Au cours du , il est avant tout réservé à une élite riche, notamment composée d'aristocrates.
Développement Au cours du , le cimetière gagne des parcelles et s'étend à l'ouest, puis à l'est. L'Abeille de Fontainebleau note, à l'occasion de la Toussaint de 1895 que le cimetière est .
Au début du siècle, un agrandissement du cimetière s'étendant déjà sur est projeté. Le grand nombre d'inhumations durant la Première Guerre mondiale provoque sa réalisation : ainsi, en , une équipe de travailleurs indochinois abat les arbres entre la route Louis-Philippe et la route Louise. Plus tard, au cours de sa séance du , le conseil municipal approuve un projet d'agrandissement, malgré une pétition des habitants des rues Pierre-Dan, René-Quinton et de l'Abbé-Renaudeau.
Vers le début des années 1980, la Ville de Fontainebleau acquiert un bois de vers Larchant et l'échange avec l'Office national des forêts pour un terrain de . Ainsi libre et utilisable, ce terrain adjacent au cimetière est destiné à son extension en 1981. Son défrichement est entamé par sa partie nord, mais de faux marquages bleus multipliés par des protecteurs de la forêt viennent retarder l'opération. L'intervention de riverains et de défenseurs du site laisse alors place à un compromis qui évite la coupure d'une bande forestière longeant la route Louise, faisant ainsi reculer d'une huitaine de mètres l'emplacement initialement prévu pour le mur de clôture et l'entrée.
Vandalisme
Le , un déséquilibré macule de tags de croix gammées (symbole néonazi) — de couleur rose, blanche et argentée (dite chrome dans le milieu des graffeurs) — auxquelles s’ajoutent plusieurs inscriptions « Charles » et « Biobananas », en lettres capitales. Le parquet est saisi et il est alors précisé qu’.
Plusieurs responsables politiques réagissent à ces faits via Twitter :
Avant le cimetière de Fontainebleau, des faits similaires ont déjà eu lieu dans le département. Les jours suivants, d’autres tags sont découverts, notamment à Melun. Le dispositif de surveillance, mis en place dans le cadre de l’enquête, mène à l’interpellation d’un homme de , dans la soirée du , à son domicile du Mée-sur-Seine. Reconnu auteur des faits, les explications données par ce dernier demeurent peu rationnelles : il évoque notamment un motif de vengeance, en expliquant avoir produit ces outrages . Il est finalement placé en hôpital psychiatrique.
Préoccupations relatives à l’état des sépultures L’affaissement et l’effondrement de certaines sépultures ainsi que des fissures sont constatées dans les années 2020 et deviennent la préoccupation d’habitants et d’élus. Un problème que l’on imputerait à la stabilité du terrain sableux sur lequel repose Fontainebleau ; dans cette perspective, la Ville s’engage fin 2022 à lancer une étude géologique. En outre, un atelier de rénovation et nettoyage de sépultures à l’occasion de la journée citoyenne du mobilise des habitants soucieux de l’entretien des lieux.
Structure
vignette|Allée rejoignant l'accès ouest sur la place des Combattants-morts-pour-la-France à celui à l'est depuis la route Louise.
L'ensemble, de forme trapézoïdale, est installé sur une pente ascendant vers le côté nord-ouest. Il est implanté sur un sol sableux, et son érosion est limitée par la présence de végétation sur les talus. Le cimetière est entièrement entouré d'un mur. Les divisions rectangulaires se coordonnent ainsi avec des allées perpendiculaires et parallèles entre elles.
La partie sud est occupée par le carré militaire (où reposent « morts pour la France »). La partie est, plus récente, gazonnée et boisée, accueille un columbarium et une parcelle de ruches.
Personnalités inhumées
vignette|La sépulture de la famille Guérin au centre, seul mausolée du cimetière.
Division AE
Pierre-Charles Comte (1823-1895), peintre français.
Division AF
Fernande Decruck (1896-1954), compositrice française de musique classique.
Division B
Oscar Vladislas de Lubicz-Milosz (1877-1939), poète lituanien de langue française. Sa tombe, en granite, est ornée d'un médaillon doré. Pierre Vaudrey (1873-1951), sculpteur français. Jules Viatte (1872-1922), architecte et écrivain français.
Division BD-BF
Henri Deroy (1900-1979), banquier, haut fonctionnaire, gouverneur du Crédit foncier de France. René Lucet (1943-1982), directeur de caisse de la Sécurité sociale française, découvert mort dans sa villa à Marseille, le . Ses obsèques ont lieu le . Afin de réaliser une nouvelle autopsie, son corps est exhumé le matin du .
Division C
Philippe Comairas (1803-1875), peintre français. Claude-François Denecourt (1788-1875), créateur des sentiers et de plusieurs aménagements dans la forêt de Fontainebleau. Henri Labrouste, (1801-1875), architecte français. La translation et l'inhumation de ses restes a lieu le dans un caveau dû à son fils Léon. Léon Labrouste, (1846-1907), architecte français, fils d'Henri et inhumé dans le même tombeau. Pierre Bourgoin (1912-1966), résistant français.
Division D
André d'Houdain (1859-1904), sculpteur français. Charles Colinet (1839-1905), continuateur de l’œuvre de Denecourt. Jean Lionnet (1872-1910), écrivain français. Paul Chrétien (1862-1948), général de division français. Georges Peignot (1872-1915), graveur et fondeur de caractères, gérant de la Fonderie G. Peignot & Fils
Division E vignette|La colonne d'Antoine Fortuné de Brack, en . Antoine Fortuné de Brack (1789-1850), général et théoricien militaire français. Il a demandé à être inhumé en ce lieu pour se trouver auprès de sa mère. Son monument funéraire se présente de manière plutôt simple, avec un soubassement quadrangulaire sur lequel s'appuie une colonne toute unie, elle-même surmontée d'une croix ajourée en fer forgé. Les inscriptions, bien lisibles, comprennent notamment au sommet de la colonne « Laure », ce qui pourrait se traduire du latin par « elle sera aimée même après sa mort », Laure étant probablement le diminutif de sa mère, Laurence Coquet. Cette inscription est suivie de « Ici repose auprès de sa mère, Antoine-Fortuné de Brack, né à Paris le , mort à Évreux le ». Jacques-Joseph Champollion (1778-1867), archéologue français, frère aîné de Jean-François Champollion. Alexandre-Gabriel Decamps (1803-1860), peintre français, décédé des suites d'une chute de cheval dans la forêt de Fontainebleau. François Xavier Frossard (1769-1827), militaire français de la Révolution et de l’Empire. Denis Guérin (1798-1888), maire de Fontainebleau de 1843 à 1852 puis de 1858 à 1871. Ses obsèques ont lieu le , avec une messe donnée à l'église Saint-Louis. Eugène Alexandre Husson (1786-1868), général et sénateur du Second Empire. Narcisse Parant (1794-1842), avocat, député de la Moselle et ministre de l’Instruction publique sous la monarchie de Juillet. Jules Pasdeloup (1819-1887), chef d'orchestre français. Ses obsèques ont lieu le à partir de et il est inhumé après une célébration à église Saint-Louis. À l'époque, d'autres musiciens et son entourage avaient pourtant émis le souhait que cette sépulture soit provisoire et qu'il soit transféré à Paris. Jean Ferdinand Elie Randon (1761-1841), baron d’Hanneucourt.
[ { "type": "ExternalData", "service": "geopoint", "properties": { "marker-symbol": "monument", "marker-color": "000" }, "query": "SELECT ?id ?geo ?idLabel (?idLabel as ?title) ?image WHERE { ?id wdt:P119 wd:Q94999808 ; p:P119 ?statement . ?statement pq:P625 ?geo . SERVICE wikibase:label { bd:serviceParam wikibase:language 'fr'. } ?wiki schema:about ?id; schema:isPartOf <https://fr.wikipedia.org/>. }" } ]
Écosystème et gestion écologique vignette|150px|Panneau du refuge LPO devant la division G.
À la suite des engagements pris par la municipalité, les espaces verts du cimetière ne sont plus entretenus aux pesticides depuis 2011. L'absence d'utilisation de produits phytosanitaires assure au site le « label Ecojardin » depuis 2013 avec un taux de végétalisation estimé à 30,7%.
Dans le cadre de cette gestion écologique, des anfractuosités et des caniveaux ont été comblés par du mortier, ainsi que des interstices ont été curés et cimentés afin d'empêcher le développement d'adventices. Un « rendez-vous Écophyto » à caractère informatif a été organisé le par la Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles (FREDON) et a réuni une centaine de personnes.
Un écopâturage saisonnier a également été mis en place. Ainsi, en 2015, des poneys du centre équestre ont été amenés pour brouter l'herbe, expérience renouvelée en 2017 avec des moutons. Un rucher a aussi été disposé sur une parcelle vers l'entrée est.
Dans le cadre de la participation de la commune aux programmes de la Ligue pour la protection des oiseaux, le cimetière devient un « refuge LPO » de convention 2020-2024Panneau sur l'allée est-ouest, devant la division G..
Galerie
Représentations culturelles
1862 :
1919 :
Références
Bibliographie
Annexes
Articles connexes Cimetière juif de Fontainebleau Monument aux morts de Fontainebleau Église Saint-Louis de Fontainebleau Lycée François-Ier (Fontainebleau)
Liens externes
Cimetière communal de Fontainebleau sur label-ecojardin.fr Mesures de l'IGN pour le repère de nivellement de matricule W.D.M3 - 310 indiquant d'altitude Le Cimetière de Fontainebleau profané : Frédéric VALLETOUX écœuré, communiqué de la Ville de Fontainebleau sur le vandalisme du sur fontainebleau.fr, le site officiel de la ville
Catégorie:Fontainebleau au XIXe siècle