La vallée de Javarí (en portugais : Vale do Javarí), d’une superficie totale de , constitue le deuxième plus grand territoire indigène au Brésil. Le territoire est situé à l'extrême ouest de l'état d'Amazonas, à la frontière du Pérou. Son nom est issu du fleuve Javari (en portugais, o rio Javarí ; en espagnol, el rio Yavarí), le principal cours d'eau de la région et affluent important du fleuve Solimões. Depuis 1851, la Javari forme une frontière naturelle définissant les limites des territoires brésiliens et péruviens. Les principaux affluents du côté brésilien de la vallée sont : l'Itaquaí et le Curuçá; le Quixito, l'Ituí et le rio Branco se jettent dans le premier, et le rio Pardo, dans le secondĨ. Les amonts de ces affluents ne sont navigables qu'en saison des pluies. Un système de communication par radiophonie à l'énergie solaire a été mis en place en 1996, qui a permis de favoriser l'autonomie de habitants du territoire en termes d'échange d'information, et qui a renforcé les alliances entre les peuples et les villages. Deux pistes d'atterrissage ont été dégagées en brousse, pour permettre les évacuations en saison sèche : l'une à Maronal dans le haut Curuçá, l'autre à Vida Nova dans le haut Ituí.

La vallée de Javarí a été désignée comme aire protégée, c'est-à-dire interdite de pénétration, par la FUNAI (fundaçāo nacional dos povos indígenas) en 1980. Cela n'a pas empêché les groupes extractivistes de ressources naturelles (bois, gibier, poissons et minerais) de continuer leurs intrusions illégales, en raison de moyens de surveillance insuffisants ou inefficaces. Historiquement, les narcotrafiquants ont aussi utilisé ce territoire comme un chainon de leur filière. En 1998, le ministère de la Justice du Brésil déclare la vallée de Javarí ''Territoire Indigène'', après des années de lutte de la part des peuples autochtones de la région et de leurs alliés. L'homologation ''Terra Indigena'' (TI) a été signée par le gouvernement fédéral en . L'amont des bassins versants de la rivière Jutai et de la rivière Jandiatuba fait partie du TI de la vallée de Javarí. Cependant, ces deux rivières se déversent directement dans le fleuve Solimões.

Pour garantir le conservation des ressources naturelles face aux menaces extractivistes persistantes, l'organisation des peuples indigènes de la vallée de Javari, la UNIJAVA (uniāo dos indigenas do Vale do Javarí) a mis sur pied une équipe de surveillance du territoire, la EVU (equipe de vigilância da UNIVAJA), qui sillonne depuis 2020 les zones les moins occupées par les communautés. Les équipes entretiennent ainsi des sentiers forestiers sur des centaines de kilomètres. De plus, des équipements de communication internet par satellite ont été installés dans plusieurs points stratégiques du territoire.

Dans un futur proche, UNIVAJA entend mettre sur pied d'autres activités de surveillance du territoire, tels le recensement des poissons dans les lacs et la cueillette de données sur la faune et la flore, mais aussi des activités de réflexion collective sur le contrôle des feux de forêts.

Habitants La Vallée de Javarí serait la terre natale de 3000 indigènes d'ethnies différentes. Les principaux groupes d'indigènes sont les Matis, les Marubos, les Kanamarís, les Kulinas et les Mayurunas (ou Matsés)

En , le nombre de tribus avec lesquelles des Brésiliens non indigènes sont entrés en contact se portait à huit. Seize autres tribus non contactées, dites isolées, ont été rapportées par le biais d’images satellites. Parmi celles-ci, à ce stade, onze ont été confirmées sur place via la récolte de preuve de traces humaines. Le territoire de la vallée de Javari abrite plus de peuples non contactés que tout autre sur Terre.

Accident aérien En , un avion avec onze personnes à bord a atterri d’urgence au milieu de la réserve. Les habitants de la tribu Matis ont trouvé l’épave et ont alerté les autorités locales qui ont organisé une mission de sauvetage. Ce geste a permis de faire extraire les neuf survivants de la réserve en hélicoptère.

Assassinats La vallée de Javarí subit de fortes pressions de la part d'envahisseurs désireux de s'approprier ses ressources naturelles à des fins lucratives. Les défenseurs du territoire et des droits des autochtones font régulièrement l'objet de menaces. En , Bruno Pereira et Dom Philips ont été assassinés dans un secteur de la rivière Itaquaí, proche des peuples non contactés, alors qu'ils enquêtaient sur des activités illégales signalées par des équipes de la UNIVAJA. Bruno Pereira, 41 ans, était un agent de la FUNAI, célèbre défenseur des droits des Autochtones. Il avait déjà reçu des menaces de mort dans la région pour avoir collaboré à débarrasser la forêt des bûcherons, mineurs, braconniers et trafiquants de drogue. Dom Philips, 57 ans, était un journaliste britannique qui travaillait sur des dossiers en lien avec les violations des droits des autochtones et la destruction de l'environnement. Au moment de sa disparition, il était en train d'écrire un livre sur la lutte pour sauver la forêt amazonienne. Les assassins étaient de connivence avec un groupe criminel qui effectuait de la pêche illégale dans le secteur.

En 2019, Maxciel Pereira dos Santos, un brésilien qui œuvrait pour la défense des droits des peuples autochtones en Amazonie, a été tué par balles à Tabatinga, ville voisine du territoire indigène de la vallée de Javarí. UNIVAJA allègue que l'assassinat aurait été perpétré en raison de son combat contre les pratiques illicites sur leur territoire.

Références

Catégorie:Aire protégée au Brésil