Le pseudocumène ou 1,2,4-triméthylbenzène est un composé aromatique de formule brute . Il est constitué d'un cycle benzénique substitué par trois groupes méthyle aux positions 1, 2, et 4. Avec l'hémimellitène et le mésitylène, c'est l'un des trois isomères du triméthylbenzène. Ce composant de nombreux solvants est un polluant pour l'eau, et un produit toxique Korsak Zofia, Stetkiewicz J, Majcherek Wanda, Stetkiewicz Rena, Jajte Jolanta & Rydzynski K (2000) « Sub-chronic inhalation toxicity of 1, 2, 4-trimethylbenzene (pseudocumene) in rats » International journal of occupational medicine and environmental health, 13(2), 155-164. ; faiblement irritant pour les muqueuses et la peau, il peut avoir un effet dépresseur sur le système nerveux central pouvant conduire à des troubles chroniques.

Propriétés

Ce liquide huileux incolore et inflammable a une odeur aromatique caractéristique. Plus léger que l'eau, il y est quasi insoluble. Il est peu à très peu volatil. Ses vapeurs forment avec l'air un mélange explosif quand il est chauffé au-dessus de son point d'éclair ().. Avec une température d'auto-inflammation de , il appartient à la classe de température T1. Il présente un risque d'explosion en cas de contact avec des oxydants et l'acide nitrique.

Toxicité, écotoxicité, risques pour la santé Le pseudocumène présente des risques aigus et chroniques pour la santé, soupçonnés dès les années 1930 Cameron, G. R., Paterson, J. L. H., De Saram, G. S. W., & Thomas, J. C. (1938). « The toxicity of some methyl derivatives of benzene with special reference to pseudocumene and heavy coal tar naphtha » The Journal of Pathology and Bacteriology, 46(1), 95-107..

Son métabolisme et son excrétion (de même que ceux de les deux autres isomères du triméthylbenzène, l'hémimellitène et le mésitylène) sont étudiés chez le rat dans les années 1970 Mikulski P.I & Wiglusz R (1975) « The comparative metabolism of mesitylene, pseudocumene, and hemimellitene in rats » Toxicology and applied pharmacology, 31(1), 21-31..

Outre des effets d'irritation respiratoire, des effets neurotoxiques (déplétion respiratoire), comportementaux Wiaderna D, Tomas T & Rydzyński K (1997) « Behavioral changes following 4-week inhalation exposure to pseudocumene (1, 2, 4-trimethylbenzene) in the rat » Neurotoxicology and teratology, 19(4), 327-333. et sensoriels (diminution des seuils et temps de perception de la douleur) ont été démontrés par Z. Korsak (1995), après exposition (aiguë : 1230 à 9840 mg/m soit 250 à , par inhalation) de rats et souris mâles au 1,2,4-triméthylbenzène (pseudocumène) pour des expositions de 6 minutes chez la souris et de 4 heures chez le rat. Sur la base des valeurs RD50 qu'ils ont notées, les auteurs ont suggéré des valeurs MAC pour le pseudocumène 85 mg/m (17,0 ppm), soit bien moins que les valeurs de RD50 antérieurement proposées (sur la base des irritations uniquement, par l'ACGIH TLV (125 mg/m ou 25 ppm) ou la Pologne en 1995 (100 mg/m ou 20 ppm)Gazette légale no 69, Varsovie, 29 juillet 1995 (en polonais). Korsak (1995) suggèrent alors des études toxicologiques plus approfondies, également car des effets hématopoïétiques semblent possibles en conditions d'exposition subchroniqueKorsak Z, Swiercz R & Rydzynski K (1995) « Toxic effects of acute inhalation exposure to 1, 2, 4-trimethylbenzene (pseudocumene) in experimental animals » International Journal of Occupational Medicine and Environmental Health, 8(4), 331-337..

Une unique exposition (par inhalation) a effets dose-dépendant, neurotoxiques chez le rat et également irritant (des voies respiratoires) chez la souris.

Le test de performance du rotarod (CE50 = 954 ppm) et une diminution de la sensibilité à la douleur (CE50 = ) sont décrits. La concentration de pseudocumène qui a réduit la fréquence respiratoire de 50% chez les souris Balb/C (RD50) était de 578 ppm. Une exposition répétée de 90 jours par inhalation de rats au pseudocumène à des concentrations de 25, 100 et 250 ppm a entraîné des modifications pathologiques de l'appareil respiratoire dépendant de la concentration, ainsi qu'une érythropénie, une leucocytose et une diminution du temps de coagulation. L'ultrastructure des pneumocytes (type ) a été affectée à une concentration de 250 ppm. Une augmentation de la teneur totale en protéines, des activités LDH, bêta-glucuronidase et phosphatase dans le surnageant de lavage bronchoalvéolaire est notée . Le test de performance Rotarod a également révélé des effets neurotoxiques du composé pendant et 14 jours après une exposition répétée de 90 jours. Sur la base de l'irritation des voies respiratoires, des effets hématopoïétiques et neurotoxiques, une NOAEL de 25 ppm et une LOAEL de 100 ppm ont été proposées en 1995 par Jajte J. Jajte, Z. Korsak, K. Rydzyński, J. Stetkiewicz, R. Świercz (1995) « [Toxic Effects of 1,2,4-Trimethylbenzene (Pseudocumene) After Acute and Subchronic Inhalation Exposure ] » ; Toxicology Letters ; 78 ; Supplement 1 ; 49.

La neurotoxicité des isomères du triméthylbenzène (pseudocumène, mésitylène et hémimellitène) est documentée chez le rats de laboratoire mâle exposé de manière aiguë et subchronique (inhalation durant 4h). Tous les isomères du triméthylbenzène ont causé des perturbations dose-dépendantes, l'hémimellitène se montrant le plus toxique, devant le mésitylène lui même plus toxique que le pseudocumène. Les auteurs précisent que 15 jours après l'arrêt de l'exposition au pseudocumène ou à l'hémimellitène, aucune aucune amélioration de performance au test rotarod n'était observée Korsak Z & Rydzynski K (1996) « Neurotoxic effects of accute and subchronic inhalation exposure to trimethylbenzene isomers (pseudocumene, mesitylene, hemimellitene) in rats » International journal of occupational medicine and environmental health, 9, 341-350.. En 1997, Gralewicz constate, sans pouvoir l'expliquer que .

Une étude (1997) montre que certains effets d'une exposition par inhalation de 4 semaines (6 h/jour, 5 jours/semaine) au TMB à des concentrations de 0, 25, 100 ou 250 ppm peut-être durables. Ainsi chez les rats exposés à 250 ppm de TMB), 14 à 54 jours après la dernière exposition (par inhalation) certains réflexes restent ralentis, de même que l'apprentissage d'un évitement actif bidirectionnel (. Les rats exposés à 100 et 250 ppm de TMB montrent aussi une réaction de peur (ici induite par un choc électrique sur le pied) anormalement persistante. Ces données suggèrent que l'inhalation chronique de faibles doses de TMB peut conduire à des perturbations durables de certaines fonctions du système nerveux central.

Sa toxicité est confirmée chez le rat de laboratoire adulte par Korsak & al. en 2000, puis 5 ans après, une toxicité développementale est en outre démontrée par Saillenfait & al. (2005).

Ce produit est également classé dangereux pour l'environnent aquatique.

Occurrence naturelle

Le pseudocumène est présent dans le goudron de houille. Il a également été détecté comme arôme dans le café.

Production et synthèse

Industriellement, le pseudocumène est isolé de la fraction C des hydrocarbures aromatiques durant le raffinage du pétrole ; il représente environ 40% de cette fraction. Il peut également être synthétisé par méthylation du toluène ou des xylènes, ou par dismutation du xylène sur des catalyseurs d'aluminosilicateKarl Griesbaum, Arno Behr, Dieter Biedenkapp, Heinz-Werner Voges, Dorothea Garbe, Christian Paetz, Gerd Collin, Dieter Mayer, Hartmut Höke "Hydrocarbons" in Ullmann's Encyclopedia of Industrial Chemistry 2002 Wiley-VCH, Weinheim. .

Utilisations

Le pseudocumène est un intermédiaire dans la production de composés pharmaceutiques, de parfums, des résines et de colorants. Il peut également servir d'agent stérilisant, et d'additif pour carburant.

Son oxydation produit l'anhydride trimellitiqueO'Neil, M.J. (ed.). The Merck Index - An Encyclopedia of Chemicals, Drugs, and Biologicals. Whitehouse Station, NJ: Merck and Co., Inc., 2006., p. 1361 dont on peut faire des polymères à haute performance. Le pseudocumène produit dans l'industrie pétrochimique est converti en acide trimellitique par oxydation catalytique des groupes méthyleLuftoxidation von Pseudocumol: .

Scintillateur

Dissous dans une huile minérale, il est utilisé comme scintillateur liquide dans des expériences en physique des particules telles que et .

Voir aussi Articles connexes Cumène Triméthylbenzène Hémimellitène Mésitylène

Bibliographie

Notes et références

Catégorie:Triméthylbenzène Catégorie:Produit chimique dangereux pour l'environnement