Gilles Perrault , né le à Paris (PEYROLES Jacques sur MatchID) et mort le à Sainte-Marie-du-Mont, est un écrivain et scénariste français. Il est par ailleurs un ancien avocat de même qu'un ancien journaliste. Il a utilisé le pseudonyme de Gil Perrault pour ses premiers romans.
Biographie Jeunesse et débuts Jacques Peyroles est le fils de l'avocat d'affaires Georges Peyroles (1900-1973)Dorian Grelier, « Gilles Perrault, l'écrivain indigné », Le Figaro, . et de Germaine Peyroles (1902-1979), également avocate, députée du Mouvement républicain populaire (MRP) entre 1945 et 1951 et de 1954 à 1955Germaine Merlot de son nom de jeune fille, sera moquée dans Nekrassov, comédie parodique du maccarthysme à la française, présentée en 1955 par Jean-Paul Sartre, sous l'apparence de Madame Bounouni..
Il étudie à l'Institut d'études politiques de Paris, devient avocat dans le cabinet de son père, exerçant comme tel pendant cinq ans. Il effectue son service militaire à au de parachutistes coloniaux () en Algérie.
Après le succès de son essai Les Parachutistes, inspiré par son service militaire en Algérie, il devient journaliste pour le compte du Nouveau Candide de 1961 à 1963. Il fait des reportages sur l'Inde de Nehru, les Jeux olympiques de Tokyo et les problèmes des Noirs aux États-Unis. Par la suite, entre 1986 et 2003, Gilles Perrault écrit des articles pour Le Monde diplomatiqueLe Monde diplomatique – Articles de Gilles Perrault..
En il quitte Paris où il était avocat et s'installe par hasard à Sainte-Marie-du-Mont, dans le Cotentin. Il épouse en secondes noces, le , Thérèse Guigon (1940-2024), avec qui il a deux enfants : Géraldine (1965-1998) et GuillaumeBiographie Gilles Perrault sur who's who.fr. Son attachement pour le petit village manchois l'incite à publier en 1981 Les gens d'ici qui retrace l'histoire tumultueuse de ce bourg du Moyen Âge jusqu'au débarquement de Normandie (la plage d'Utah Beach est située à quelques kilomètres de son domicile). En 1984, pour FR3 Normandie, il part à nouveau à la rencontre des habitants et évoque avec eux ce dernier évènementLes gens d'ici : chronique des années de guerre, FR3 Normandie (disponible sur le site de l'INA), , vingt ans après le reportage qu'il a mené pour l'émission Cinq colonnes à la une (cf. infra). Gilles Perrault est élu conseiller municipal en 1971 sans avoir été candidat comme cela se fait parfois dans les petites communes, Comment vont « Les gens d'ici » aujourd'hui ? Ouest-France, .. Ces dernières années il s'est engagé localement pour défendre sa commune contre un projet de fusion avec les communes voisines, Sainte-Marie-du-Mont restera... Sainte-Marie-du-Mont !, France 3, ou contre la création d'un parc consacré au Jour J (surnommé par ses opposants « D-Day land »), « Le Débarquement ne doit pas être le prétexte à une mascarade historique à visée commerciale », Le Monde, ..
Le romancier Entre 1956 et 1961, il fait paraître, sous le pseudonyme de Gil Perrault, une douzaine de romans d'aventures, mâtinés d'espionnage, pour la collection populaire « La Chouette ». Le meilleur du lot, Dynamite, le récit d'une révolte dans un pays d'Amérique du Sud, sera réédité dans J'ai lu. .. Il fait ensuite des recherches approfondies sur des aspects peu connus de la Seconde Guerre mondiale, surtout de l'espionnage et de la Résistance. En 1964, il publie un ouvrage autrement sérieux avec Le Secret du jour J, qui obtient un prix du Comité d'action de la Résistance et connaît d'excellentes ventes à l'étranger. Peu avant le vingtième anniversaire du Débarquement de Normandie, il interroge à l'occasion d'un reportage télévisé, les témoins de Sainte-Marie-du-Mont« Sainte-Marie-du-Mont : kilomètre zéro zéro », Cinq colonnes à la une, Office de radiodiffusion-télévision française, .. Après cette période, Perrault se consacre à des ouvrages d'investigation historique tels que L'Orchestre rouge (1967) autour du personnage de Leopold TrepperLa véritable histoire de l'Orchestre rouge, rdv-histoire.com, 9 octobre 2015 et La Longue Traque autour du personnage de Roland Farjon (1975), avec un égal succès.
En 1973, il participe à l'écriture du scénario du film Le Serpent, coécrit et réalisé par Henri Verneuil, d'après l'œuvre originale de Pierre Nord, Le Treizième Suicidé
Auparavant, en 1969, Perrault publie un roman d'espionnage original, Le Dossier 51. Avec Michel Deville, il signe le scénario de l'adaptation cinématographique de ce texte. Le film sort en 1978. Par la suite, en 1979, il obtient avec Michel Deville le César du meilleur scénario original ou adaptation. Il travaille à d'autres reprises avec Michel Deville, en lui donnant notamment le scénario original de La Petite Bande (1983). Il signe également l'adaptation de son livre éponyme pour le film L'Orchestre rouge (1989), réalisé par Jacques Rouffio.
Perrault et l'affaire Ranucci À l'été 1977« 28 juillet 1976 : Qui a tué Christian Ranucci ? », réalisé par Abderrahmane Berkani et Maurice Dugowson, Histoire d'un jour, émission présentée par Philippe Alfonsi, FR3, ., il est sollicité notamment par l'avocat Jean-Denis Bredin« Ranucci : coupable ou innocent ? », Les Détectives de l'Histoire, France 5, . pour effectuer des recherches sur l'affaire Christian Ranucci, condamné à mort et guillotiné en 1976 pour l'enlèvement et le meurtre d'une petite fille de huit ans, Marie-Dolorès Rambla. À la rentrée littéraire de 1978, il fait paraître Le Pull-over rouge, livre dans lequel il émet un doute sur la culpabilité de Ranucci (bien qu'il affirme à l'époque sur France Inter que l'aboutissement de l'affaire doit conduire à la réhabilitation du condamné), et qui est publié dans le contexte d'un débat de société sur la peine de mort en France et d'une campagne pour la révision du procès Ranucci (une requête ayant été déposée par Jean-Denis Bredin et Jean-François Le Forsonney trois semaines auparavant). Le titre du livre fait référence au vêtement trouvé par les enquêteurs dans la galerie d'une champignonnière où Christian Ranucci s'était réfugié, un pull-over qui n'est pas à la taille de ce dernier selon Gilles Perrault et qui aurait, selon une allégation fausse de l'écrivain, conduit un chien policier jusqu'au lieu où le cadavre de la petite fille avait été découvert.
Pour expliquer la genèse de cet ouvrage, Gilles Perrault prétendra s'être rendu à Marseille (où l'affaire a débuté le ) par acquit de conscience et avec un a priori sur ce dossier, celui de la culpabilité de Ranucci, pensant qu'une condamnation à mort était prononcée à la suite d'une enquête et d'une instruction rigoureusesThierry Durand, L'écriture comme une arme, France 3 Normandie, .. Ce livre, qui a rencontré un énorme retentissement médiatique, est présenté par l'auteur et son entourage comme et Interview de Michel Drach et Serge Avédikian par Michel Drucker, Les Rendez-vous du dimanche, TF1, ., davantage que comme une œuvre littéraire contre la peine de mort. Gilles Perrault dira que le courrier qu'il recevait des lecteurs du Pull-over rouge exprimait un commentaire surpris sur le déroulement d'une affaire judiciaireGilles Perrault, « L'affaire Ranucci », dans Gilles Perrault, Héloïse Mathon, Jean-François Le Forsonney, Daniel Soulez Larivière & Jean-Denis Bredin, Christian Ranucci : Vingt ans après, Julliard, 1995, p. 10., plutôt qu'une interrogation sur la culpabilité du condamné.
Perrault reviendra sur l'affaire au fil de la publication de livres en 1995 (un ouvrage collectif écrit avec la mère de Christian Ranucci et des avocats), 2004 et 2006, dans lesquels l'auteur exprime sa conviction de l'innocence de Christian RanucciGilles Perrault, « L'affaire Ranucci », dans Gilles Perrault, Héloïse Mathon, Jean-François Le Forsonney, Daniel Soulez Larivière & Jean-Denis Bredin, Christian Ranucci : Vingt ans après, Julliard, 1995, p. 52..
À la suite d'une plainte pour diffamation déposée par les policiers ayant mené l'enquête sur l'affaire Ranucci, pour ses propos tenus lors de l'épisode de l'émission Histoire d'un jour, « : qui a tué Christian Ranucci ? » (diffusé sur FR3 et présenté par Philippe Alfonsi, également poursuivi), en 1985, où il accuse les policiers de et d'avoir , Gilles Perrault est condamné en par le tribunal correctionnel de Marseille à verser de dommages et intérêts à chacun des cinq plaignants, peine confirmée en 1990 par la cour d'appel d'Aix-en-Provence et majorée à hauteur de de dommages et intérêts par policier, puis en 1992 par la Cour de cassation qui, rejetant son pourvoi et celui de Philippe Alfonsi, majore le montant des dommages et intérêts à hauteur de par policier diffaméCour de cassation, Chambre criminelle, du 4 février 1992, 90-86.069, Inédit.. Il est également mis en examen début 1995 pour suite à une rediffusion du film de Michel Drach adapté de son livre, Le Pull-over rouge (sorti au cinéma en ), ainsi que pour la parution d'un livre de Maurice Périsset, L'énigme Christian Ranucci.. Ces deux procédures se solderont par la suite par un non-lieu.
Au milieu des années 2000, il est de nouveau poursuivi, ainsi que l'éditeur de Fayard Claude Durand, pour diffamation envers les policiers dans son troisième livre sur l'affaire, L'ombre de Christian Ranucci (paru en 2006) où il accusait les enquêteurs d'avoir fait preuve de et de dans leurs investigations. Il est condamné le , ainsi que son éditeur, à verser à chacun des quatre policiers diffamés« L'écrivain Gilles Perrault condamné pour diffamation ». La Provence, 15 janvier 2008 (consulté le 23 mars 2010)., jugement confirmé en appel en 2009 et majoré à hauteur de pour chaque plaignant« Gilles Perrault et son éditeur condamnés pour diffamation », La Provence.com, 27 janvier 2009..
Dans deux livres parus en 2005 et 2006, L'affaire du pull-over rouge, Ranucci coupable ! — Un pull-over rouge cousu… de fil blanc, puis Autopsie d'une imposture — Toute la vérité sur le pull-over rouge, Gérard Bouladou, commandant de police judiciaire, relève les erreurs et la partialité de Gilles Perrault. Bouladou affirme que le combat de ce dernier aurait dû porter sur la condamnation à mort de Ranucci et non sur sa culpabilité, qui lui semble avérée.. Jean-Louis Vincent, ancien commissaire divisionnaire, dans son ouvrage Affaire Ranucci : du doute à la vérité, reprend à son tour l'examen de tout le dossier. Il conclut, comme Bouladou, à la culpabilité de l'accusé et réfute les différents points mis en avant par Gilles Perrault dans son livre« Affaire du pull-over rouge : "Je suis convaincu que Ranucci était coupable" », Ouest-France.fr, 18 avril 2018..
Les années 1990-2000 En 1990, Edwy Plenel en proposant ce titre Notre ami le roi, provoque l'écriture du livre par Perrault. L'ouvrage décrit et condamne le régime de tortures d'Hassan II roi du Maroc, appliquées à ceux qui ont tenté un putsch contre lui. Il évoque les liens d'Hassan II avec la France, parle de la famille d'Oufkir (responsable d'un putsch), à l'époque enfermée dans une prison dorée. Comme l'explique Malika Oufkir dans son deuxième ouvrage, sa famille et elle-même peuvent librement circuler au Maroc. Cet ouvrage au retentissement médiatique contribue à l'ouverture des geôles dont celles de Tazmamart et de Kenitra, le Christine Daure-Serfaty, « À la mémoire des "tazmamartiens" », Le Monde, 7 octobre 2000..