Côte-des-Neiges (prononciation canadienne: ; ancien nom : Côte Notre-Dame-des-Neiges) est un quartier sociologique de la ville de Montréal situé au nord de l'arrondissement Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce. Il est logé au centre de l'île de Montréal sur le versant ouest du mont Royal et il est traversé en son centre par le chemin de la Côte-des-Neiges. On y comptait en 2013Profil des districts électoraux Darlington, Côte-des-Neiges et Snowdon
Issue du découpage en 1698, à l'époque de la Nouvelle-France, de la seigneurie de l'Île-de-Montréal en neuf "côtes" intérieures, la Côte Notre-Dame-des-Neiges devient officiellement le village Côte-des-Neiges à l'ouverture du chemin de la Côte-des-Neiges en 1862. Le village est scindé en 1889 puis entièrement annexé à la ville de Montréal en 1910. Longtemps agricole, le quartier s'urbanise dans sa totalité après la Seconde Guerre mondiale.
Désormais, au début du , on y retrouve le campus de l’Université de Montréal (édifice principal Pavillon Roger-Gaudry) et de ses écoles affiliées (la Polytechnique et HEC Montréal), le centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, l'hôpital général juif et l'Oratoire Saint-Joseph.
Côte-des-Neiges est le quartier le plus cosmopolite de l'île de Montréal.
Toponymie
upright=0.6|thumb|left|Notre Dame des Neiges de Matthias Grünewald Le toponyme « Côte-des-Neiges » est une abréviation de Coste-Notre-Dame-des-Neiges, nom d'origine datant du temps de sa concession en .
Une « côte » est une division territoriale au sein d'une seigneurie au temps de la Nouvelle-France. Côte Notre-Dame-des-Neiges est la plus ancienne côte intérieure de la Seigneurie de l'Île-de-MontréalLudger Beauregard, « historique des côtes de l’île de Montréal » dans Cahiers de géographie du Québec, vol. 28, n° 73-74, 1984, .
La côte aurait été nommée en raison de la dévotion de la fondatrice de la Congrégation de Notre-Dame de Montréal Marguerite Bourgeoys pour Notre-Dame-des-NeigesLes amis de la montagne, Le mont Royal, un territoire-exposition - La Côte-des-Neiges - Notre-Dame-des-Neiges. Aujourd'hui appelée la , la légende de Notre-Dame-des-Neiges veut qu'en 366 la Sainte Vierge serait apparue à un riche couple sans enfant et, en même temps, au pape Libère pour demander la construction de l'actuelle Basilique Sainte-Marie-Majeure à l'endroit qui serait désigné par de la neige, qui tomba effectivement le .
Histoire Concession de la Côte Notre-Dame-des-Neiges
thumb|La maison Jarry-Dit-Henrichon bâtie sur le chemin de la Côte-des-Neiges vers 1766 C'est le , à la demande de Monsieur Dollier de Casson, supérieur des Sulpiciens et seigneur de Montréal, que l'arpenteur du roi de France Gédéon de Catalogne mesura et borna 34 lots sur une terrasse du versant nord-ouest du Mont Royal. Les terres furent établies perpendiculairement à un ruisseau descendant vers la Rivière des Prairies. Cette disposition rare est toujours visible dans la trame urbaine du quartier.
Les sulpiciens, qui avaient déjà établi en 1675 une mission dans le secteur, construisent un moulin à farine. Des agriculteurs viennent s'y installer. Le hameau s'agrandit. Les sulpiciens font construire une chapelle en 1814. De riches familles anglophones y érigent leur maison de campagne. Vers 1840, des hôtels ouvrent pour accueillir les adeptes de la raquette, nouveau sport en vogue. Le cimetière catholique, situé dans le quartier Saint-Antoine et devenu saturé, est transféré dans Côte-des-Neiges en 1852. Le Collège Notre-Dame ouvre ses portes en 1869 dans l'ancien hôtel Bellevue.
La présence du ruisseau permit la mise en culture du flanc de la montagne et attira très tôt des tanneurs qui valurent à Côte-des-Neiges son surnom de village des tanneursHistoire de la Côte-des-neiges. gauche|vignette|200x200px|Écuries et chenil du Montreal Hunt Club en 1898 La tannerie était l'industrie principale de cette région, la seule même pendant plus d'un siècle. Sans elle, la Côte-des-Neiges se serait difficilement développée. Le ruisseau qui traversait tout le versant nord-ouest du mont Royal avait attiré cette industrie qui demande beaucoup d'eau.
La piste de course Blue Bonnets s'installe dans le quartier en 1906.
Le Montreal Hunt Club, club de chasse à courre fondé en 1828, vient s'installer en 1896 sur le chemin de la Côte-Sainte-Catherine sur les terres de Donald Lorne Mcdougall. Un pavillon accueille les chasseurs. Ce pavillon a été abandonné puis détruit pour l'agrandissement de l'hôpital Sainte-Justine. Les écuries et le chenil de 1898 ont également été détruits.
Création du Chemin et du village de Cote-des-Neiges thumb|left|Côte-des-Neiges en 1859 L'ouverture du Chemin de la Côte-des-Neiges en 1862 devient de fait la voie d'accès à la côte des Neiges devenue le village de la Côte-des-Neiges le 25 aout de cette même année (1862). C'est à ce moment que cette voie prend le nom qu'on lui connaît. Le village de Côte-des-Neiges fut, le , scindé en deux municipalités, le Haut et le Bas Côte-des-Neiges.
Annexion à la Ville de Montréal et urbanisation La Ville de Montréal les annexera en 1908 et le . Le chemin principal de l'ancienne côte conserve le nom de Chemin de la Côte-des-Neiges.
Au début du , le village devenu ville est apprécié pour son éloignement de la densité montréalaise et de tous les dangers d’épidémies que cela impliquait, c’est pourquoi de nombreux hôpitaux vinrent s’installer sur les pentes paisibles du nouveau quartier.
À ce moment, la population était déjà diversifiée comprenant un fort noyau francophone mais aussi anglophone et des irlandais chassés par la famine au .
C’est avec le début de la construction de l’Université de Montréal dans les années 1930 que le quartier Côte-des-Neiges prend son envol. De multiples immeubles à appartements se construisirent alors sur la rue Édouard Montpetit (autrefois la rue Maplewood, du nom de celui qui fut un des premiers professeurs laïcs de la jeune université) et ainsi le quartier devint de plus en plus peuplé. À partir des années 1930 vinrent s'ajouter la communauté juive, puis bien d'autres communautés, leur arrivée reflétant les aléas de la politique internationale.
C'est dans ce quartier que le Frère André construit en 1904 la petite chapelle dédiée à saint Joseph. On inaugure l'Oratoire Saint-Joseph en 1955. Il devient le lieu de pèlerinage le plus important dédié à saint Joseph à travers le monde. L’autoroute Décarie est ouverte aux automobilistes en 1966, à temps pour l’Exposition universelle de 1967. La construction de l’autoroute a forcé le déplacement de 285 familles.
Aujourd’hui encore, le quartier est très institutionnel. Avec ses 7 hôpitaux, l’Université de Montréal et ses deux écoles affiliées (HEC Montréal et Polytechnique) ainsi que ses deux collèges privés de grande réputation (Notre-Dame et Brébeuf), le quartier vit au rythme des sessions scolaires. Le quartier est maintenant l'un des plus populeux de la ville, avec plus de , en partie parce qu’il accueille un très grand nombre d’immigrants. Le quartier est maintenant joint à Notre-Dame-de-Grâce formant l’arrondissement Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce depuis 2002.
Géographie Situation Côte-des-Neiges est un quartier de Montréal situé à un peu moins de à l'ouest du centre-ville; il est isolé du centre-ville par le Mont Royal et le Cimetière Notre-Dame-des-Neiges.
Le quartier s'étend à flanc de colline, d'est en ouest, de la colline d'Outremont du mont Royal, à d'altitude, à la rue Jean-Talon située à environ . Il est délimité par la rue de Vimy au nord et l'avenue Macdonald et le chemin de la Côte-Saint-Luc au sud.
Arrondissements et municipalités limitrophes
Géologie et hydrologie Secteurs et urbanisme
La plus grande partie du quartier Côte-des-Neiges est enclavé par l'autoroute Décarie, le chemin de fer du Canadien Pacifique au sud de Jean-Talon et le flanc ouest du Mont-Royal. Le quartier lui-même est divisé socio-économiquement entre le sud du chemin de la Côte-Sainte-Catherine, le Haut de la Côte, et nord du chemin, le Bas de la CôteCentraide - 2014 Analyse territoriale - Côte-des-Neiges.
Hors de l'enclavement, le quartier inclut plusieurs secteurs : le secteur Glenmount, adjacent à ville Mont-Royal au nord ; le secteur Namur–De la Savane à la jonction de l'autoroute Décarie et du rue Jean-Talon Ouest ; et le secteur Snowdon situé entre l'autoroute Décarie et la ville de Hampstead. Haut de la Côte (Sud) Le Haut de la Côte, aussi appelé Côte-des-Neiges-Sud, au sud du chemin de la Côte-Sainte-Catherine, est un territoire de où l'on comptait, en 2011, soit environ 35 % de la population du quartier. Bas de la Côte (Nord) thumb|Le Bas de la Côte (Ouest) vue du chemin de la Côte-Sainte-Catherine Le Bas de la Côte, aussi appelé Côte-des-Neiges-Nord, au nord du chemin de la Côte-Sainte-Catherine, est un territoire de où l'on comptait, en 2011, soit environ 45 % de la population du quartier. Glenmount Le secteur Glenmount est un territoire de où l'on comptait, en 2011, soit environ 6 % de la population du quartier. Snowdon Le secteur Snowdon est un territoire de où l'on comptait, en 2011, soit environ 10 % de la population du quartier. Namur–De la Savane thumb|upright=0.7|L'Hippodrome de Montréal, aujourd'hui abandonné Les secteurs de l'Hippodrome et Le Triangle sont un territoire de où l'on comptait, en 2011, soit environ 4 % de la population du quartier.
Le Triangle Le Triangle est un triangle d’environ 40 hectares délimité par l’avenue Mountain Sights à l’ouest, la rue de la Savane au nord et à l'est et le chemin de fer du Canadien Pacifique (CP) au sud.
Démographie thumb|Densité de population par km2 (2011) dans le quartier En 2013, il y avait dans Côte-des-Neiges soit environ 6,2 % de la population de la ville de Montréal. Il s'agit de la deuxième plus importante concentration de population sur l'île de Montréal après Le Plateau-Mont-Royal. C'est au cours de la première moitié du que Côte-des-Neiges connaît sa plus grande expansion; le petit secteur agricole de 1557 habitants en 1901, compte en 1941, puis avec son urbanisation massive dans les années 1950, compte près de en 1961.
Entre 2006 et 2011, la population dans le quartier est demeurée stable en passant de à (-0,27 %). Immigration En 2014, 53 % des habitants de Côte-des-Neiges étaient issus de l'immigration récente ; la moyenne montréalaise étant d'environ 33 %. Côte-des-Neiges comptait aussi 18 % d'immigrants récents, le double de la moyenne montréalaise
Langue + Langue(s) parlée(s) le plus souvent à la maison dans Côte-des-Neiges (2011) Langue Locuteurs Français Anglais Anglais etlangue non officielle Tagalog Espagnol Français etlangue non officielle Arabe Tamoul Russe Chinoisréférence, citation ou lien Roumain Vietnamien Autres langues On comptait dans Côte-des-Neiges en 2013 une proportion semblable de personnes qui parlaient le français (32 %), une langue autre que le français ou l'anglais (31 %) et l'anglais (31 %) à la maison. Plus de la moitié de la population du quartier est bilingue français-anglais (55 %), 26 % ne parle qu'en anglais et 16 % ne parle qu'en français. Environ ne parlent ni français ni anglais dans le quartier.
Après le français et l'anglais, ce sont le tagalog (), l'espagnol () et l'arabe () qui sont les langues les plus parlées dans le quartier.
Religion
Musée historique canadien
Infrastructures Transports Transport en commun
thumb|left|Édicule de la station Côte-des-Neiges. Plusieurs stations de métro sont situées dans le quartier dont les stations Côte-des-Neiges.
Réseau routier Le quartier Côte-des-Neiges est traversé par l'Autoroute Décarie. Services publics Points d'intérêt et architecture thumb|Le cimetière Notre-Dame-des-Neiges (avant-plan) et l'Oratoire St-Joseph (arrière-plan) Oratoire St-Joseph Cimetière Notre-Dame-des-Neiges Musée historique canadien Parcs
Administration et politique Districts municipaux