Pierre Étienne Bourgeois de Boynes, marquis de Boynes, comte de Gueudreville, marquis de Sains, baron de Laas, est un magistrat et homme d'État français né le à Paris et mort le en son château de Boynes. Il fut secrétaire d'État à la Marine de Louis XV.

Biographie Pierre Étienne Bourgeois de Boynes est le fils aîné d'Étienne Bourgeois de Boynes (1683-1754), trésorier général de la Banque royale, et de sa première épouse, Hélène de Francini (1692-1722). Fils d'un anobliGustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du , t.VI. Bou-Bré. - 1907, p. 179, ., , il doit sa carrière à la protection du maréchal de Belle-Isle. Son frère cadet, François-Étienne Bourgeois de Gueudreville, sera intendant de la marine. Maître des requêtes en 1745, Pierre Étienne Bourgeois de Boynes est intendant de Franche-Comté en 1754, et, dans le même temps, nommé premier président du Parlement de Besançon, cumul de fonctions habituel en Provence mais qu'on expérimentait pour la première fois dans une autre partie du Royaume dans l'espoir d'amener les cours supérieures à davantage de docilité.

Il se heurte à une fronde parlementaire particulièrement virulente en 1759. Les , une trentaine de parlementaires sont exilés par lettres de cachet. Mais la détermination de Choiseul chancelle et, en , lorsque les exilés sont rappelés, Bourgeois de Boynes, désavoué, quitte la Franche-Comté.

Il est nommé conseiller d'État un mois plus tard. Parce que son château n'était pas loin de Malesherbes, il participe aux tractations secrètes engagées par Choiseul, avec qui il était resté en bons termes, en vue d'un rappel comme Garde des sceaux de France du chancelier Guillaume de Lamoignon de Blancmesnil.

L'historien Pierre Gaxotte le décrit de la sorte . L'Observateur anglais le juge .

Considéré comme l'un des meilleurs esprits du Conseil, instruit, travailleur, particulièrement capable dans les matières contentieuses, il est de ceux qui aident le chancelier René Nicolas de Maupeou à préparer le coup de majesté de 1771. Selon le baron de Besenval, c'est lui qui eut l'idée de ne faire du Parlement de Paris et du Grand Conseil qu'une seule juridiction, idée qui est le point de départ de la « réforme Maupeou ».

Louis XV le connaissait comme rapporteur devant le Conseil royal des Dépêches et l'estimait beaucoup. Il ne fit donc pas de difficulté pour le nommer, le , secrétaire d'État à la Marine dans le ministère dit « du Triumvirat » (Maupeou, Terray, d'Aiguillon). Rien ne prédisposait Bourgeois de Boynes à occuper cette fonction. Il n'y montra pas davantage une réelle capacité d'adaptation, et ne sut pas s'entourer des conseils de techniciens compétents, s'appuyant sur un officier sorti du rang nommé Boix, fils d'un artisan de Rochefort. Il reste dans ces fonctions jusqu'au .

Son bilan est controversé. Il entreprend un certain nombre de réformes utiles. Il ordonne les expéditions de Kerguelen dans l'océan Indien (qui donne le nom du ministre à deux petites îles des Kerguelen) et créé un établissement à Madagascar. Il organise les premières grandes manœuvres navales d'escadre dans l'océan Atlantique. Il tente, mais sans succès, d'établir au Havre une école navale destinée à se substituer, pour la formation des officiers, aux compagnies des gardes de la marine. Mais il voulut aussi réformer la marine en calquant son organisation sur celle de l'armée de terre (ordonnance de 1772), sans entrevoir les différences qui rendaient la symétrie impossible. La situation ne cesse de se dégrader sous son ministère : ralentissement des constructions navales, diminution des stocks de matériaux, difficultés à assurer l'entretien de la flotte.

Sur le plan de la politique générale, Bourgeois de Boynes prit ses distances avec la politique de Maupeou dès la fin 1771 ou le début 1772. Le , il fut nommé ministre d'État. Mais avec l'avènement de Louis XVI, il était condamné pour son association avec le Triumvirat dont il partageait l'impopularité, et aussi parce que tant le roi que Maurepas s'intéressaient de près à la marine. On affirma qu'il avait désorganisé son département et on l'accusa même de malversations. Louis XVI, pour sa part, lui aurait fait dire qu'il trouvait que les changements qu'il avait faits dans la marine n'avaient abouti à rien. Il est renvoyé le et remplacé par Turgot.

Par sa charge de ministre il avait été admis aux honneurs de la Cour de France par Louis XVI.

Mariage et descendance Il épouse en premières noces Marie Marguerite Catherine Parat de Montgeron (1737-1753), sœur de Louis Pierre Parat de Chalandray et belle-sœur de Louis Auguste Le Tonnelier de Breteuil dont il a une fille, Marguerite (1753-1762). Sa première femme étant morte en couches, il épouse en secondes noces Charlotte Louise Desgotz (1740-1804), fille d'un officier. De ce mariage, naissent sept enfants : Élisabeth Louise (1764-1853) épouse Louis-François-Joseph de Bourbon Busset ; le mariage est célébré le à Boynes par Pierre-Jules-César de Rochechouart, ancien évêque de BayeuxConstant Bernois, « Monseigneur Pierre-Jules-César de Rochechouart (1698-1781) », Annales de la Société Historique et Archéologique du Gâtinais, 8, 1890, p. 142. ; Étienne Ange ( Saint-Paul-1795), avocat du roi au Châtelet de Paris 1785- ; François Étienne (1767-1792), officier d'artillerie ; Antoine Pierre Philibert (1769-1803), marié en au Port-au-Prince à Antoinette Charlotte Roullin de Monbos ; Louis Antoine Pierre (1770-1792) ; Charlotte Hermine (1773-1825) épouse le Jean Vincent marquis de Saint-Phalle ; la marquise de Saint-Phalle est la dernière dame présentée (à la cour) avant la Révolution ; Armand Louis François (1775-1853) épouse le Adèle Fournier-Desmarest de Congé ( à Mamers - ). Le couple a six enfants dont deux fils, descendance au .

Résidences À Paris : hôtel de Mondragon, au de la rue d'Antin, construit en 1725 pour Étienne Bourgeois de Boynes (aujourd'hui siège de la Banque Paribas). Château des Mousseaux à Boynes (actuel département du Loiret). Vendu par adjudication, affiche : "vente par adjudication de la terre de mousseaux " comprenant notamment un superbe chateau, Paris 1793. (Arch Departementales Loiret, 1 J116). Totalement ruiné, il ne reste que les souterrains.

Armoiries Armes des Bourgeois de Boynes : 120px Blasonnement :

D'azur à la bande d'argent chargée de trois merlettes de sableRépertoire GMN : exemple d'ex-libris.

Notes et références

Voir aussi Sources et bibliographie Pierre-Étienne Bourgeois de Boynes, Journal inédit 1765-1766, éd. de Marion F. Godfroy, Paris, Honoré Champion, nov. 2008 . Jean de Viguerie, Histoire et dictionnaire du temps des Lumières. 1715-1789, Paris, Robert Laffont, coll. Bouquins, 2003 . Jean-Philippe Zanco, Dictionnaire des Ministres de la Marine 1689-1958, S.P.M. Kronos, Paris 2011 . Régis de Belenet, Itinéraire d'un grand commis sous Louis XV : Pierre-Étienne Bourgeois, marquis de Boynes (1718-1783), éditions Feuillage, 2016, 300 p. .

Articles connexes Liste des familles subsistantes de la noblesse française (A à K) Îles de Boynes

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