La censure en Algérie se manifeste depuis l'indépendance de 1962 dans divers domaines, en particulier dans les médias, la culture et sur Internet. Elle se justifie souvent par des motifs politiques, moraux, religieux ou sécuritaires. Après 1990, le Code de la presse a été supprimé, permettant une plus grande liberté de presse. Cependant, avec la guerre civile, soixante journalistes ont été tués entre 1993 et 1998 en Algérie.
Cinéma
En 2018, seize professionnels du cinéma algérien à savoir treize réalisateurs et trois producteurs, dénoncent, dans une tribune publiée dans El Watan, la « censure » et « les limites à la liberté d'expression » en Algérie. Ainsi en , le ministère des Moudjahidine impose des « modifications» pour permettre la diffusion en salles du film Larbi Ben M'hidi, évoquant un héros de la guerre d'indépendance algérienne, en effet la loi algérienne exige une autorisation préalable des autorités pour « les films relatifs à la guerre de libération nationale ». De même, le documentaire Fragments de rêves, de Bahia Bencheikh El Fegoun, qui présente des propos de personnalités des mouvements sociaux en Algérie depuis 2011, n'est pas diffusé.
En aout 2023, Barbie, film américano-britannique de Greta Gerwig, est retiré des salles de projection algérienne pour « atteinte à la morale ».. Toutefois, aucune source officielle n’a confirmé les motifs de la fin de projection du film.
En , le Parlement algérien adopte une nouvelle loi pour le cinéma algérien, des peines de prison sont prévues quand le film est jugé comme portant atteinte à la religion, à l’histoire de la guerre d’indépendance et à la morale . La réalisatrice algérienne Sofia Djama évoque « une loi de la honte » : .
Littérature
En , dans le cadre de la préparation du Salon national du livre amazigh d'Ath Ouacif ( (wilaya de Tizi-Ouzou), Tidjani Tama, président de la Commission de censure et directeur central du Livre au ministère de la Culture et des Arts, impose aux organisateurs d'exclure les éditions Koukou de cette manifestation. Les organisateurs décident de reporter cette manifestationSalon du livre d’Ath Ouacif : Koukou éditions dénonce le chantage de Tidjani Tama, site lematindalgerie.com, 29 septembre 2024.. En avril et , les éditions Koukou sont finalement interdites de participation au SalonComment Koukou éditions a été bannie du Salon du livre amazigh des Ouacifs, site lematindalgerie.com, 30 avril 2025..
L'essai de l'écrivaine Hedia Bensahli, L’Algérie juive. L’autre moi que je connais si peu paru en 2023, préfacé par Valérie Zenatti, écrivaine franco-israélienne issue d’une lignée juive de Constantine, retrace la présence juive en Algérie. Le livre présente les traces de judéité qui parcourent l’histoire de l’Algérie, à .. En 2024, le député Zouheir Fares, du parti islamiste El-Bina, publie une lettre ouverte où il demande aux autorités de prendre des mesures contre le livre. Il dénonce une forme de . Le livre est interdit en Algérie, la police algérienne effectue, en , des interventions dans plusieurs librairies pour retirer de la vente les exemplaires de l’ouvrage... En , les éditions Franz-Fanon sont fermées pour six mois sur la base de l'édition du livre ..
Salon international du livre d'Alger
Lors de la en 2010 du salon international du livre d'Alger (SILA), Rachid Hadj-Nacer, directeur du livre et de la lecture publique au ministère de la Culture, indique que sont interdits car ces ouvrages auraient un lien avec la religion..
Lors de l'édition 2023, du au , les éditions Koukou sont informées qu'elles sont exclues du SILA en raison de . Les éditions Koukou dénoncent un , une et un non respect des . Elles dénoncent également la dont la Koukou Editions exclue encore du SILA !, site lematindalgerie.com, 23 octobre 2023..
En 2024, les éditions Gallimard sont interdites en raison de la présence sur les stands du SILA du roman de Kamel Daoud, Houris, publié en août de la même année..
Média
En 2020, plusieurs sites d’information, notamment en ligne, sont bloqués par les autorités algériennes. Le quotidien Le Monde cite en particulier Twala, Tariq News, Radio M, Maghreb Emergent, Interlignes, L’Avant-Garde, TSA (Tout sur l’Algérie) et Casbah Tribune. L'ONG Reporters sans frontières (RSF) a condamné « vigoureusement la censure de médias libres et indépendants ».. En , El País rapporte que les autorités avaient bloqué les sites Internet Maghreb Emergent et Radio M, qui avaient critiqué le régime. Le journaliste Khaled Drareni qui travaillait pour Radio M, et a rendu compte des manifestations de 2019-2020 en Algérie, a été arrêté.
En , Badreddine Karmat, journaliste d’un site internet, est placé en détention provisoire à Djelfa pour avoir critiqué des élus locauxLe journaliste Badreddine Karmat placé en détention provisoire à Djelfa, site lematindalgerie.com, 2 octobre 2024.. En , la librairie Chikh de Tizi Ouzou est fermée par les autorités et les éditions Koukou sont exclues du Salon du livre Djurdjura, prévu du 11 au , à la maison de la culture Mouloud-Mammeri de Tizi OuzouLa librairie Chikh fermée, Koukou éditions exclu du salon du livre du Djurdjura, site lematindalgerie.com, 9 décembre 2024..
Sphère politique
L'association Rassemblement actions jeunesse qui intervient pour le respect des droits humains en Algérie et fait partie des Forces du pacte de l'Alternative démocratique, mises en place dans le cadre du Hirak, est dissoute par le pouvoir algérien en .
En , le Conseil d'État ordonne le gel des activités du Parti socialiste des travailleurs et la fermeture de son siège.
En , la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'homme annonce avoir fait l'objet d'une dissolution lors d'une décision de justice rendue le , sans avoir été informée de la décision et après un procès tenu en son absence. L'ONG affirme n'avoir jamais été informée de la procédure judiciaire déployée à son encontreEn Algérie, les autorités dissolvent la principale ONG de défense des droits humains, site lemonde.fr, 23 janvier 2023.. L'agence Algérie Presse Service (APS) indique le , que l'organisation a été dissoute La LADDH dissoute en raison de la vacance de ses dirigeants installés à l'étranger, site aps.dz, 31 janvier 2023..
Références
Voir aussi Histoire de l'Algérie Politique en Algérie Liberté de la presse Droits de l'homme en Algérie Liens externes
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