Le bassin houiller de Basse Loire (ou sillon houiller de Basse Loire) est un gisement de houille situé à cheval entre les départements de la Loire-Atlantique et du Maine-et-Loire, dans l'ouest de la France.

Le gisement s'est principalement formé au Namurien (daté entre - et - millions d'années) et dans une moindre mesure, au Stéphanien (daté entre - et - millions d'années).

Le charbon est mentionné pour la première fois au , l'activité est alors artisanale et anarchique. Les premières véritables concessions apparaissent au milieu du . Les recherches vont s'intensifier et au , la production va s'industrialiser pour alimenter les fours à chaux de la région. L'activité décline fortement au et cesse définitivement en 1964. La production totale du gisement s'élève à de tonnes.

Plusieurs vestiges subsistent au début du : quatre sites principaux sont préservés et mis en valeur comme les mines de la Gautellerie et de La Guibretière, le site des Malécots qui est le dernier à fermer ou encore la mine de la Tranchée qui est inscrite aux monuments historiques.

Situation vignette|redresse=2|Carte de l'étendue du bassin houiller de Basse-Loire.

Le bassin houiller s'étend de Nort-sur-Erdre, dans le centre-est du département de la Loire-Atlantique jusqu'à Doué-la-Fontaine dans le sud-est du Maine-et-Loire, en passant par Chalonnes-sur-Loire en région française des Pays de la Loire. Il est intercalé entre les villes de Nantes et Angers.

Les gisements houillers les plus proches sont le bassin houiller de Laval au nord et celui de Vendée, au sud, ces trois bassins appartiennent à la même région. Le bassin de Quimper est situé à l'ouest, en Bretagne.

Géologie Le bassin houiller de Basse Loire est composé de deux gisements géologiquement différents : la majorité de la superficie appartient à l'âge Namurien (daté entre - et - millions d'années), exploité par et l'extrémité est appartient au Stéphanien (daté entre - et - millions d'années), exploité par une seule et unique concession, celle de Doué-la-Fontaine..

La qualité du charbon est très variable d'un point du bassin à l'autre. La teneur en cendres est majoritairement supérieure à 10 %. La meilleure qualité est exploitée à Chalonnes, tandis que la plus mauvaise est celle du gisement isolé de Doué-la-Fontaine..

Le pendage des couches de houille est toujours caractérisé par une forte inclinaison, parfois jusqu'à la verticale. Les veines sont très irrégulières, perturbées par de multiples failles.. Les couches forment parfois des chapelets avec des renflements mesurant 6 à d'épaisseur appelés qui permettent des périodes de prospérité alors que d'autres fois, les couches serrées, écrasées appelés provoquaient, le plus souvent, l'arrêt de l'exploitation.

vignette|centre|redresse=2|Coupe géologique du gisement exploité par les mines de Chalonnes, montrant les fortes pentes des couches de charbon.

Histoire L'époque de la découverte du charbon en Basse-Loire n'est pas connue, mais est comme dans le proche bassin houiller de Laval. L'exploitation artisanale et anarchique des affleurements par quelques propriétaires terriens est mentionnée pour la première fois dans les archives du , mais les premières exploitations seraient plus anciennes selon le BRGM. En 1750, occupant sont en exploitation à Chaudefonds-sur-Layon, Saint-Aubin-de-Luigné et Chalonnes-sur-Loire. Leur profondeur ne dépasse pas la cinquantaine de mètres, les techniques d'exhaure ne permettent pas de descendre plus profondément, l'aérage est naturel et guidé par des barrières en bois. La qualité de l'air était mise en évidence par des chandelles allumées en permanence dans les travaux et qui brulent plus ou moins en fonction du taux d'oxygène. Le boisage est constitué de simples perches et poteaux. Ces techniques perdurent jusqu'au début du .

Le est une période de forte recherche qui voit l'accord de plusieurs concessions. Le développement des bassins miniers anglais, notamment, attise l'envie de nombreux investisseurs de faire fortune dans l'exploitation du charbon. Certains d'entre eux exploiteront des mines avec des moyens disproportionnés, pendant plusieurs années, sans aucune rentabilité et sans retour sur investissement.

Concessions vignette|centre|redresse=2.4|Carte des concessions du bassin houiller de Basse Loire :

Sites miniers visibles au début du :

Languin La concession de Languin (commune de Nort-sur-Erdre) – qui comprend alors le périmètre de la concession des Touches et de Mouzeil – est accordée le et prolongée le . Les deux concessions de Languin et des Touches sont séparées, la nouvelle concession de Languin est instituée le avec une superficie de . La concession est renoncée en 1927. L'exploitation commence à la Ferrière, à l'est, entre la fin du et au début du . C'est dans cette zone que se trouve le puits Ursule qui est le plus profond de la concession avec ses .. La centaine d'autres puits faisant généralement 70 à . La partie centrale, dite est le plus productive entre 1830 et 1884 avec de houille extraites sur les sorties de la concession. La zone ouest, a été exploitée jusqu’à de profondeur. De nombreux travaux sont contraints de fermer en raison de fortes infiltrations d'eau..

Les Touches vignette|Détail du puits Saint-Auguste.

Issue de la concession de Languin, la concession des Touches est accordée le et agrandie le avec une superficie de . La concession est renoncée en 1934.. La principale période d'exploitation s'étale de 1836 à 1875. Quatre veines sont présentes dans le sous-sol de la concession, la plus exploitée est la veine Saint-Auguste qui atteint l'épaisseur la plus importante ( au maximum). C'est pour elle que les deux puits les plus profonds de la concession sont creusées, le puits de la Bougonnière () et le puits Saint-Auguste (). Le tonnage extrait entre 1838 et 1875 atteint . Les dernières recherches ont lieu entre 1917 et 1919. La concession des Touches n'est jamais rentable, la qualité médiocre du charbon et les fortes venues d'eau sont les principales causes, ainsi, en 1897, l'essentiel de la production () est directement utilisé par les machines à vapeur de la mine pour l'exhaure de l'eau et l'extraction du charbon..

Montrelais-Mouzeil

Le charbon de Montrelais est mentionné dès 1650 et la concession est accordée le . La concession de Mouzeil est mentionnée en 1746 mais elle est initialement réunie avec celles de Languin et des Touches, elle devient indépendante en 1791. La concession unifiée de Montrelais-Mouzeil est accordée le , les limites sont réduites par rapport à 1791 mais elle reste la plus grande concession du bassin houiller avec ..

La partie ouest de la concession s'étend sur de long pour de large..

Deux principales zones sont exploitées dans la partie Ouest de la concession de Montrelais-Mouzeil : la Transonnières, qui renferme deux veines de houille et la Tardivières qui renferme également deux couches, la veine sud est la plus épaisse () tandis que la veine nord ne dépasse pas un mètre. le puits le plus profond de l'ouest de la concession est le puits Saint-Georges ().

La partie est de la concession s'étend sur de long pour de large, elle abrite trois veines (ou faisceaux) différentes.

Le faisceau nord, dont la meilleure couche atteint , est exploité à la Grand'Mine, où le puits de Grand Militaire atteint de profondeur et à la Gautellerie dont le puits s'enfonce jusqu'à .

Le faisceau sud n'est connu que sous la forme d'affleurements.

Le prolongement du faisceau sud offre les couches les plus épaisses et les plus exploitées (quatre couches cumulant 5 à ), les puits les plus importants sont le puits Cécile () situé à la Peignerie et le puits Neuf () à la Berthauderies.

Une brève tentative de relance a lieu entre 1918 et 1921, mais arrêtée, faute de rentabilité, environ sont extraites en trois ans. La concession de Montrelais-Mouzeil a produit plus de de tonnes de houille, ce qui en fait la plus importante du bassin..

Deux sites miniers sont conservés et mis en valeur au début du : le puits de la Gautellerie à Loireauxence... et de la mine de La Guibretière à Teillé...

Montjean

Les premières mentions du charbon de Montjean remontent au . La concession de Montjean, d'une superficie de , est instaurée le . La concession connait deux extensions, la première le , la seconde le puis une réduction le ..

Dix couches sont exploitées, ainsi que quelques veinules. Trois couches du Pavillon cumulent une épaisseur allant de 2 à . Une cinquantaine de puits sont creusés dans la concession..

La partie est de la concession, surnommée est exploitée jusqu'en 1892. Une partie des galeries se trouvent sous le lit de la Loire. Dans cette zone, le puits le plus profond mesure de profondeur.

Sous la Loire, les couches exploitées par un puits creusé dans les alluvions, ce qui engendre de fortes arrivées d'eau (jusqu'à /h). Cela équivaut à extraire une tonne d'eau pour une tonne de charbon.

La région des Pirouets a été exploitée jusqu'en 1843 et a été abandonnée en raison de fortes venues d'eau. le puits le plus profond de cette zone atteignait .

La mine de charbon de la Tranchée est inscrite au titre des monuments historiques en 2004..

Saint-Germain-des-Prés La concession de Saint-Germain-des-Prés est instaurée le avec une superficie de , une première extension a lieu le . Le ,la concession de Saint-Germain-des-Prés fusionne avec les concessions su Désert et de Layon-sur-Loire pour former les mines de Chalonnes..

Cette concession ne connait aucune exploitation, les travaux de recherche étant abandonnées en raison de fortes arrivées d'eau, notamment en 1918..

Vilette et Saint-Georges-sur-Loire Les premières recherches de houille à Saint-Georges-sur-Loire ont lieu en 1826, la est instituée le avec une superficie de , elle fusionne en 1928 avec la concession du Désert pour devenir la concession de Vilette et Saint-Georges-sur-Loire. Quatre ou cinq puits ont exploité le charbon entre 1826 et 1848. Le plus profond est le puits de l'Arche de la Rote-aux-Loups avec ses de profondeur..

Désert Les premières demandes de concession pour exploiter le charbon du secteur de Chalonnes-sur-Loire remontent à 1838, la concession du Désert est finalement accordée le avec une superficie de . Elle fusionne en 1928 avec la concession de Saint-Georges-sur-Loire pour devenir la concession de Vilette et Saint-Georges-sur-Loire. La demande de renonciation de concession est émise le ..

Cinq puits ont été creusés avec le procédé des caissons à l'air comprimé pour traverser les alluvions de la Loire et atteindre les meilleures couches. : Puits ( ) ; Puits () ; Puits (> ) ; Puits () ; Puits (135 ou ).

Le fonctionnement de ces puits est permis par l'installation de puissantes pompes. Le , le puits a été définitivement abandonné à la suite de la casse de la maîtresse-tige de la pompe qui fournissait un débit de /h. Le puits de la Vilette, creusé en 1909 vers Saint-Georges, est abandonné le , à de profondeur à la suite d'une crue de la Loire qui a rompu la digue de Montjean.. Il connaitra une reprise d'activité jusqu'en 1921. La concurrence du charbon du Nord, de l'Est et de l'étranger ainsi que la fermeture progressive des fours à chaux participent au déclin des mines de Chalonnes dans les années 1900. Les deux derniers puits et sont fermés en 1913 et la concession abandonnée..

Layon-sur-Loire puis Saint-Lambert et Saint-Aubin

Le secteur des communes de Saint-Lambert-du-Lattay, Val-du-Layon et Saint-Aubin-de-Luigné est le plus ancien du bassin minier, les premières mentions remontent au et l'activité s'intensifie à partir de 1753. La concession de Layon-sur-Loire est instituée le . Le , la concession change de nom pour Layon-et-Loire et devient perpétuelle. Le , elle fusionne avec les concessions de Chaudefonds et Saint-Lambert-du-Lattay pour devenir la concession de Saint-Lambert et Saint-Aubin avec une superficie ramenée à après une réduction de surface..