Alfred Paulon, né le à Paris et mort le dans sa ville natale, est un coupeur-chemisier, journaliste et militant socialiste français.
Biographie
Né dans l'ancien 4 arrondissement de Paris le , Alfred-Louis Paulon est le fils de Clémence-Marie-Rose Blanchet (1827-1894) et de Guillaume-Marguerite Paulon (1817-1889)Archives de Paris, état civil reconstitué, actes de naissance du 16 avril 1854 (vue 14 sur 50)., un imprimeur-lithographe de la rue BéthizyNotice sur Guillaume Paulon dans le Dictionnaire des imprimeurs-lithographes du XIX siècle, École nationale des chartes (consulté le 24 décembre 2020)..
Après son instruction primaire, Alfred Paulon suit un apprentissage de coupeur-chemisier. Il vivra principalement de ce métier jusqu'à la fin de ses joursLe Cri du Peuple, 8 mai 1887, ..
Bien qu'encore adolescent lors du siège de Paris (1870-1871), Paulon intègre le bataillon de la Garde nationale de la capitale. Pendant la Commune, il se bat du côté des insurgés et prend part à la défense du fort d'Issy entre le et le . Ayant échappé à la répression, il reprend ses activités de coupeur-chemisier.
Au milieu des années 1870, Paulon débute dans la presse. Collaborateur régulier du Tintamarre dès 1875Le Tintamarre, 8 août 1875, ., où il signe certains de ses textes de son vrai nom et d'autres du pseudonyme de « Cabrion », il écrit également pour Le Frondeur de Léo TaxilLe Frondeur, 16 février 1879, .. En , ce dernier fonde un nouvel hebdomadaire satirique L'Anti-clérical, dont Paulon est l'un des principaux rédacteurs aux côtés de Taxil et de Charles TabaraudLe Tintamarre, 18 mai 1879, .. Il collabore la même année à une autre feuille de Taxil, L'Avant-garde démocratique, un hebdomadaire qui a pris la suite du Frondeur et dont il est le gérantLe Droit, 17 septembre 1879, .. C'est à ce titre qu'il est condamné, le , à verser une amende de francs, le journal ayant publié une lettre d'Henri Rochefort, ce qui constituait un délit car Rochefort avait été condamné à une peine infamanteLe Droit, 19 novembre 1879, ..
À la même époque, Paulon et Taxil publient en fascicules Les Reliques amusantes, un inventaire humoristique des reliques vénérées par les catholiques. Dans le même esprit, les deux journalistes anticléricaux cosignent l'année suivante Les Friponneries religieuses. Le Dictionnaire rigolo-clérical, rédigé par Paulon seul et publié en 1883, s'inscrit dans la même veine.
En 1880, Paulon a aussi collaboré au Beaumarchais de Louis JeanninBeaumarchais, 7 novembre 1880, -6..
Le , Paulon et sept de ses collègues démissionnent du Tintamarre à la suite d'Auguste DeslinièresL'Intransigeant, 7 mars 1884, ., qui fonde alors Le TapageurLa Lanterne, 15 mars 1884, .. Ce dernier hebdomadaire satirique n'ayant eu qu'une vie éphémère, Paulon revient au Tintamarre quelques mois plus tardLe Tintamarre, 21 décembre 1884, .
En 1885, quand Léo Taxil annonce sa surprenante conversion au catholicisme, Paulon lui succède pendant quelque temps à la direction de La République anticléricale, dans laquelle il critique vertement le revirement de son ancien camaradeLe Temps, 26 juillet 1885, .. Selon Taxil, les deux hommes auraient renoué par la suite et Paulon aurait exprimé des doutes quant à la sincérité de la conversion de son amiEugen Weber, Satan franc-maçon : la mystification de Léo Taxil, Paris, Julliard, 1964, ..
Le , Paulon épouse Adèle Clément, une blanchisseuse avec laquelle il vivait au de la rue de la Montagne-Sainte-GenevièveArchives de Paris, état civil du 5 arrondissement, registre des mariages de 1886, acte (vue 4 sur 31).. Ils s'installent peu de temps après dans le 15 arrondissement.
Militant socialiste révolutionnaire indépendant, Paulon récuse l'étiquette d'« anarchiste » qui lui a quelquefois été attribuéeLe Tintamarre, 28 juin 1885, en arguant du fait que les anarchistes doivent le considérer comme un « votard », c'est-à-dire comme un partisan du suffrage universelLe Soleil, 10 mars 1887, -2.. En vue des élections municipales parisiennes de 1887, il est investi candidat dans le quartier de Grenelle par l'« Union des socialistes pour l'action révolutionnaire » du XVL'Intransigeant, 19 avril 1887, .. À l'issue du premier tour, le , Paulon termine en quatrième position, avec 349 voix (8,2% des votants), derrière le républicain indépendant Blanchard (10,2%), le monarchiste De Wentzel (14,9%) et le conseiller municipal sortant, le radical autonomiste Alphonse Humbert, réélu avec 62,7 % des suffragesLe Figaro, 9 mai 1887, ..
Le , Paulon est élu conseiller prud'homme par les ouvriers de la catégorie des tissusLe Rappel, 25 novembre 1890, .. À la même époque, il est le secrétaire-adjoint de la chambre syndicale des coupeurs-chemisiers, faux-cols, lingerie et parties similairesLa Libre Parole, 2 avril 1893, .. En 1893, il collabore au Parti ouvrier, organe des socialistes allemanistesLe Parti ouvrier, 3 octobre 1893, ..
Alfred Paulon meurt à l'âge de 41 ans, le , à son domicile de la rue BlometArchives de Paris, état civil du 15 arrondissement, registre des décès de 1895, acte (vue 7 sur 32)..
Notes et références
Liens externes
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