L'élection présidentielle iranienne de 2021 se déroule le afin d'élire le président de la république islamique d'Iran.

Le président sortant Hassan Rohani ne peut se représenter, la constitution limitant la durée de la présidence à deux mandats consécutifs. Seuls sont autorisés à se présenter les candidats approuvés par le Conseil des gardiens de la Constitution, qui en exclut la plupart des candidats réformistes.

Le candidat principaliste, Ebrahim Raïssi, largement favori, remporte le scrutin dès le premier tour.

Contexte vignette|redresse|gauche|Le président sortant Hassan Rohani. Le président de la république islamique d'Iran est le plus haut fonctionnaire élu au suffrage direct du pays, le chef du pouvoir exécutif et le deuxième poste le plus important après le guide suprême. Ses prérogatives sont similaires à celles des chefs de gouvernement d'autres pays, à l'exception du contrôle des forces armées, du système judiciaire, de la télévision d'État et de quelques autres organisations gouvernementales clés qui sont sous le contrôle du Guide de la Révolution.

L'élection présidentielle de mai 2017 voit la réélection dès le premier tour avec 57,14 % des voix d'Hassan Rohani, conservateur modéré issu du Parti de la modération et du développement et soutenu par le camp des réformistes. Ayant accompli deux mandats, Rohani est inéligible à sa succession en 2021..

La présidence de Rohani est notamment marquée par la conclusion en 2015 de l'Accord de Vienne qui voit l'Iran s'engager à mettre son programme nucléaire sous contrôle de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) en échange d'une levée des sanctions économiques touchant le pays.. En , cependant, le président américain Donald Trump annonce le retrait unilatéral des États-Unis de l’accord de Vienne ainsi qu'une reprise des sanctions, en réponse de quoi l'Iran procède à la reprise de son programme nucléaire..

La reprise des sanctions ainsi que la crise sanitaire provoquée par la pandémie de Covid-19 accentuent la crise économique de l'Iran dont la monnaie, le rial, voit sa valeur chuter de moitié depuis , et de 90 % depuis la reprise des sanctions. L'inflation s'établit à 48 % sur l'année précédant le scrutin, tandis que le déficit budgétaire atteint 6 % du PIB national.. La récession conduit au déclenchement d'importantes manifestations antigouvernementales courant 2019 lorsque le régime décide une augmentation du prix du carburant, dans le contexte de manifestations de grande ampleur dans les pays voisins en Irak et au Liban. Après une répression violente qui voit la mort d'environ et un arrêt du mouvement, les mensonges des autorités iraniennes au sujet du crash du vol 752 Ukraine International Airlines déclenchent une nouvelle vague de manifestations anti-régime en , plus restreintes et mobilisant essentiellement le milieu étudiant, dans le contexte de la crise américano-iranienne de 2019-2020...

L'élection présidentielle de 2021 coïncide avec la reprise des négociations pour une remise en œuvre de l'accord, soutenue par l'ensemble des candidats.. Hassan Rohani espère ainsi pouvoir arriver à un compromis avant la passation de pouvoir à son successeur en août..

Système électoral Le président de la République islamique d'Iran est élu au scrutin uninominal majoritaire à deux tours pour un mandat de quatre ans renouvelable une seule fois de manière consécutive...

Tout citoyen iranien né en Iran, croyant en Dieu et en la religion officielle de l'Iran , qui a toujours été fidèle à la Constitution et qui est âgé de plus de peut s'inscrire comme candidat à la présidentielle. L'Agence de surveillance des élections (EMA), gérée par le Conseil des gardiens de la constitution, examine les candidatures et sélectionne ceux considérés comme aptes à se présenter aux élections. Le Conseil des gardiens n'annonce pas publiquement la raison du rejet de certains candidats, bien que ces raisons soient expliquées à chaque candidat individuellement. Les candidatures de femmes ont toujours été exclues par le Conseil...

En 2021, sont inscrites sur les listes électorales.

Candidatures Pour être effectives, les candidatures doivent être validées par le Conseil des Gardiens de la Constitution. Lors de l'élection de 2017, la liste des candidats définitifs avaient été rendues publiques en avril, pour une élection en juin. En 2021, le dépôt officiel des candidatures est ouvert entre le 11 et le , pour une publication des candidatures le ...

Le , le conseil des Gardiens autorise le principe de candidature de personnel militaire à l'élection présidentielle. En 2021, deux candidats, Hossein Dehghan et Said Mohammad sont ainsi issus du corps des Gardiens de la Révolution, organisation paramilitaire dépendant directement du Guide de la révolution..

Le , le même conseil annonce une restriction des critères de validation des candidatures à l'élection présidentielle, face à un nombre croissant de personnes déposant un dossier. Les candidats doivent ainsi avoir entre au moment de l'enregistrement de leur candidature, ainsi qu'un niveau minimum d'étude et d'expérience professionnelle et managériale. Cette modification des règles a notamment pour effet de disqualifier , jeune ministre de l'information du gouvernement d'Hassan Rohani et potentiel candidat pour le camp réformateur... Ces nouvelles règles créent une forte polémique dans le pays, les réformistes contestant au Conseil des Gardiens la capacité à définir les critères d'admissibilité., ce qui conduit le président Rohani à ordonner au ministère de l'intérieur d'ignorer ces nouvelles règles..

Un total de , dont quarante de femmes, sont enregistrés le à l'issue de la période de déclaration des candidatures.

Candidatures validées À l'issue du processus de sélection, le porte parole du Conseil des Gardiens annonce le que seuls sept candidats ont été confirmés pour l'élection présidentielle.. Comme lors des précédents scrutins, plusieurs candidats se désistent le , juste avant la tenue de l'élection : Alireza Zakani et Saïd Jalili au profit d'Ebrahim Raïssi ainsi que Mohsen Mehralizadeh au profit d'Abdolnaser Hemmati . Seuls quatre candidats restent ainsi en lice.

Les candidats validés sont repris dans le tableau suivant...

Nom Portrait Fonction actuelle Parti Famille politique Ebrahim Raïssi 80px Chef du système judiciaire iranien, vice-président de l'Assemblée des experts Association du clergé militant Principaliste Mohsen Rezaï 80px Secrétaire du Conseil de discernement de l'intérêt supérieur du régime de l'Iran Principaliste Amir-Hossein Ghazizadeh Hashemi 80px Vice-président du Parlement iranien Front de la stabilité de la révolution islamique Principaliste Abdolnaser Hemmati 80px Gouverneur de la Banque centrale iranienne Parti des cadres de la construction Réformiste Saïd Jalili 80px Ancien secrétaire du conseil suprême de sécurité nationaleSe désiste en faveur d'Ebrahim Raïssi le 16 juin 2021. Front de la stabilité de la révolution islamique Principaliste Alireza Zakani 80px Ancien membre du ParlementSe désiste en faveur d'Ebrahim Raïssi le 16 juin 2021.. Principaliste Mohsen Mehralizadeh 80px Ancien gouverneur d'Ispahan et ancien vice-président de Mohammad KhatamiSe désiste en faveur d'Abdolnaser Hemmati le 16 juin 2021. Indépendant Réformiste

Candidatures rejetées

Candidatures déclarées Les candidats suivant se sont déclarés dans la presse ou auprès du conseil de gardiens de la révolution, mais leur candidature n'a pas été validée.

Candidats conservateurs Mahmoud Ahmadinejad, homme politique iranien et ancien président de la République islamique d'Iran de 2005 à 2013, disqualifié par le Conseil des Gardiens lors de l'élection présidentielle de 2017.. Fereydoun Abbassi Davani ancien président de l'organisation de l'énergie atomique d'Iran et membre du parlement iranien depuis 2020, il a annoncé sa candidature le .. Ali Motahari, homme politique iranien et membre du parlement. Il annonce sa candidature le .. , ancien ministère dans le gouvernement de Mahmoud Ahmedinejad. Il annonce sa candidature le .. Assadollah Badamchian, ancien membre du parlement iranien.. , ancien ministre de l'agriculture de Mahmoud Ahmedinejad.. , ancien ministre des communications du président Mahmoud Ahmadinejad.

Candidats réformistes Ali Larijani, ancien président de l'Assemblée iranienne, ancien candidat à l'élection présidentielle de 2005 et ancien secrétaire du conseil suprême de sécurité nationale... Eshaq Djahanguiri, vice-président du gouvernement d'Hassan Rohani... Massoud Pezeshkian, député au Majles et ancien ministre de la santé de 2001 à 2005... , fils de l'ancien président Hachemi Rajsandjani. est un ancien membre du Majlis (2016-2020) et (2008-2012). Il est le candidat dédié du Parti de la démocratie. Sa candidature a été annoncée le .. est un ancien maire de Téhéran (entre mai et ). Il est un candidat officiel du . Sa candidature a été annoncée le .. Faezeh Hachemi Rafsandjani, ancien membre de l'Assemblée consultative islamique (1996-2000) et fille de l'ancien président Akbar Hashemi Rafsandjani.. Mohammad-Reza Aref, ancien vice-président du pays.. Shahin Mohammad Sadeghi, ancien député au sein du parlement iranien..

Candidats issus des gardiens de la révolution

Said Mohammad, membre du Corps des Gardiens de la Révolution Islamique et directeur de la fondation Khatam al-Anbiya (2018-2021). Il annonce sa candidature le .. Hossein Dehghan est un ancien officier de carrière du Corps des gardiens de la révolution, qui a servi dans l'armée de l'air du CGRI. Il a également été ministre de la Défense et de la Logistique des Forces armées de 2013 à 2017 dans l'administration de Hassan Rohani. Sa candidature a été annoncée pour la première fois le .. , ancien ministre du pétrole du gouvernement d'Ahmadinejad et ancien dirigeant de la fondation Khatam al-Anbiya de 2007 à 2011.

Indépendants est ancien membre de l'Assemblée consultative islamique (1996–2008). Il est économiste et se présente à l'élection présidentielle de 2017 mais n'est pas approuvé. Il annonce sa candidature le ... Mohammad Gharazi est ancien ministre de l'information et des communications et de la technologie (1985–1997) et ancien ministre du pétrole (1981–1985). Candidat à l'élection présidentielle de 2013 durant laquelle il a remporté , il annonce sa candidature le .. , ancien ministre des Sports et de la Jeunesse (2011-2013). Il annonce sa candidature le .. , ancien ambassadeur d'Iran en Pologne (2014 - 2018) et porte-parole du Ministère des Affaires étrangères d'Iran (2009 - 2013). Il annonca sa candidature le .. Abbas Nabavi, directeur de l'Institut de Civilisation et de Développement Islamique..

Personnalités ayant exprimé un intérêt Abbas Akhoundi, ancien ministre des Routes (2013-2018).. , membre du Majles et Ministre de l'éducation (2013-2014). Personnalités ayant renoncé à être candidates Mohammad Djavad Zarif, ministre des Affaires étrangères (depuis 2013), a annoncé en 2018, 2019 et 2021 qu'il ne se présenterait pas aux élections.... En , , un journal réformiste, le place néanmoins en tête d'une liste de 14 candidats potentiels pour le camp réformiste.. Mohammad Ghalibaf, homme politique iranien et président de l'Assemblée iranienne depuis , avait annoncé qu'il ne se présenterait pas si Ebrahim Raïssi le faisait. Il a renoncé quand ce dernier a annoncé sa candidature...

Campagne Une victoire du candidat conservateur Ebrahim Raïssi est attendue, celui-ci étant pressenti pour succéder au Guide de la Révolution Ali Khamenei. L'absence des principaux candidats réformistes, exclus du scrutin, devrait par ailleurs amener à un record d'abstention....