La Fin d'Illa est un roman court de l'écrivain français José Moselli paru en 1925.
Le roman débute par la découverte d'un manuscrit par des marins sur un atoll du Pacifique. Cet écrit révèle l'existence d'une civilisation avancée aujourd'hui disparue. Le narrateur, le chef militaire Xié, raconte les derniers jours de la cité d'Illa alors que celle-ci, dirigée par le dictateur Rair, entre en guerre contre la cité voisine de Nour.
Affilié à la littérature merveilleuse-scientifique et utopique, ce roman réinterprète le mythe de l'Atlantide. José Moselli aborde les thèmes des avancées technologiques et de leurs conséquences sociales. En effet, la mise en place d'une dictature et la décadence morale qui accompagne les progrès scientifiques conduisent progressivement à l'autodestruction de la brillante civilisation d'Illa.
Le récit, publié initialement en feuilleton dans la revue Sciences et Voyages entre le et le , est illustré par le dessinateur André Galland. Le roman fait l'objet de plusieurs rééditions en France pendant la seconde moitié du , mais n'est traduit en langue anglaise qu'au .
Genèse de l'œuvre vignette|droite|alt=couverture de Sciences et Voyages représentant un sous-marin aux allures de poisson|Lorsque les frères Offenstadt lancent Sciences et Voyages, ils font appel à José Moselli pour enrichir leur revue de romans conjecturaux. Après une carrière dans la marine marchande, José Moselli rencontre en 1910 un des frères Offenstadt, qui lui propose d'écrire un roman d'aventures.. Cette collaboration s'avère fructueuse et José Moselli devient rapidement un auteur phare des éditeurs Offenstadt.
Ainsi, durant sa carrière littéraire, il écrit près d'une centaine de romans à épisodes pour des revues publiées par les éditions Offenstadt, telles que L'Épatant, L'Intrépide, Le Petit Illustré ou encore Cri-Cri.. C'est pourquoi, lorsque les deux frères lancent le la revue Sciences et Voyages, ils le sollicitent en lui demandant des courts récits appartenant à la littérature de l'imaginaire. José Moselli commence ainsi la publication de La Prison de glace (1919-1920) à partir du premier numéro de la revue, puis fournit le journal pendant de nombreuses années avec Le rayon « Phi » (1921), Les Conquérants de l'abîme (1922), ou encore dans son supplément annuel, l’Almanach scientifique, avec Le Voyage éternel ou les prospecteurs de l'infini (1923) et Le Messager de la planète (1924).
Au moment de la publication de La Fin d'Illa, les frères Offenstadt intentent un procès en diffamation contre l'abbé Calippe, qui classait dans son journal la revue Sciences et Voyages dans la catégorie des revues dangereuses pour la jeunesse. Ce recours en justice s'inscrit dans la lignée d'actions similaires entreprises par les éditeurs afin de préserver Sciences et Voyages comme une revue bel et bien à destination d'un jeune public. Néanmoins, comme pour les recours précédents, le , le tribunal d'Amiens déboute les éditeurs, au motif que les romans et articles que la revue publiait n'avaient rien de scientifique, et pouvaient par conséquent avoir une action pernicieuse sur l'imagination et l'intelligence des enfants.. D'après l'essayiste de science-fiction Jacques Van Herp, ce nouvel échec pourrait avoir eu directement des répercussions sur l'écriture du roman de José Moselli, celui-ci devant s'autocensurer pour atténuer la portée des inventions décrites..
Par ailleurs, bien que les récits de science-fiction ne représentent qu'une partie de l'œuvre de Moselli, qui écrivait principalement des romans d'aventures, il publie dans Sciences et Voyages dix romans conjecturaux entre 1919 et 1929..
Description Résumé Prologue : Grampus Island vignette|gauche|alt=dessin d'un vigie de baleinier|L'équipage du baleinier Grampus accoste une île inconnue et découvre le manuscrit qui raconte les derniers jours d'Illa. Le récit débute le alors qu'un baleinier américain du nom de Grampus navigue dans l'océan Pacifique sous le commandement du capitaine Ellis. Découvrant un îlot non répertorié, l'équipage débarque à la recherche d'eau potable. Pendant leur exploration de l'île, les marins découvrent, au milieu des vestiges d'une ancienne civilisation, une pierre violette d'une matière inconnue ainsi qu'un manuscrit rédigé dans un mystérieux alphabet. De retour à San Francisco, tandis que le capitaine Ellis raconte sa découverte que personne ne prend au sérieux, le manuscrit et la pierre sont vendus au docteur Akinson pour un prix dérisoire.
Pendant trente ans, le docteur travaille sur ces deux objets pour en découvrir le secret au point d'y épuiser toutes ses ressources financières. Ainsi, ce n'est qu'en qu'il parvient enfin à déchiffrer la première partie du manuscrit. Celle-ci raconte la vie d'un certain Xié, un habitant d'Illa, une cité antique technologiquement très avancée qui a totalement sombré dans l'oubli. Le docteur Akinson envoie son manuscrit traduit à un confrère de Washington le , reportant à plus tard la traduction de la seconde partie qui recèle toutes les formules mathématiques et les sciences inédites mises au point par la brillante civilisation d'Illa. Hélas, persuadée que son maître sombre dans la folie, la servante du docteur jette au feu le manuscrit original et le minerai violet. La combustion de l'étrange pierre provoque une énorme explosion qui détruit une grande partie de la ville de San Francisco. Pendant ce temps, la traduction arrive chez un professeur de l'université Harvard, le docteur Isambard Fullen. Cependant, le professeur décède avant même de lire le manuscrit, si bien que celui-ci est vendu à un bouquiniste de New York, avant d'être finalement livré tel quel aux lecteurs par le narrateur qui le lui a acheté.
Première partie : La guerre du sang Le narrateur, Xié, chef des armées de la cité d'Illa, entreprend la rédaction du manuscrit afin d'expliquer aux générations futures la fin d'Illa. Son récit débute par une réunion du Grand Conseil Suprême durant laquelle le chef d'Illa, Rair, informe l'assistance de sa volonté de livrer la guerre à la cité voisine de Nour. En effet, inventeur des machines à sang qui permettent de nourrir par ondes les habitants de la cité, Rair souhaite à présent alimenter ses machines avec des Nouriens à la place d'animaux, afin de rallonger considérablement l'espérance de vie des Illiens.
Écœuré par les projets de Rair, Xié rentre chez lui et découvre sur place que sa fille Silmée vient d'échapper à une tentative d'assassinat. Il discute avec Toupahou, le fiancé de sa fille , et les deux hommes concluent qu'ils doivent mettre un terme aux agissements de Rair, probable instigateur de cet attentat.
Décidé à ne pas se compromettre auprès de Rair, Xié rejoint Fangar, le chef aériste, pour préparer l'offensive contre la cité rivale. Il apprend que Rair a choisi d'utiliser des hommes-singes, des individus génétiquement modifiés pour effectuer les tâches les plus ingrates d'Illa, pour piloter les obus volants. Lorsqu'il rentre chez lui, sa fille Silmée a disparu.
Après quelques heures d'une insoutenable attente, Xié reçoit la visite du chef de la milice, Grosé, venu pour le mettre aux arrêts au motif de négligence. En effet, lors de la préparation de l'assaut contre Nour, il a été surpris par Limm, le chef de la police secrète de Rair, en train de manquer à certains de ses devoirs de vérification des armes. Il est alors emprisonné dans une minuscule cellule. Bien plus tard, alors qu'il a perdu toute notion du temps, Xié est secrètement délivré par Fangar. Cependant, alors que les deux hommes s'échappent à bord d'un engin volant, la machine cesse brutalement de voler et commence à chuter.
Grâce à l'habileté de Fangar, les deux hommes parviennent à atterrir sans dommage. Après avoir appris que sa détention de sept semaines a pu prendre fin grâce aux informations de Grosé, Xié rejoint un groupe de séditieux opposés à la dictature de Rair.
Cachés dans les étables qui abritent les animaux destinés à alimenter les machines à sang, Xié et Fangar sont rejoints par Grosé et Foug, un membre du Conseil Suprême, qui leur apprend que le chef des appareils électriques, Ilg, a déserté au profit de Nour, en s'emparant d'un fragment de pierre-zéro. Le vol de ce minéral, au potentiel extrêmement destructeur, incite Rair à chercher à s'allier à Xié afin de mettre au pas le plus rapidement possible les Nouriens. Négociant la libération de sa fille Silmée et pour protéger Illa d'un péril imminent, Xié accepte de reprendre le commandement de l'armée illienne.
Le lendemain, Xié lance l'offensive avec l'envoi d'obus volants dirigés par des hommes-singes en direction de Nour. Cependant, prévenu par Ilg, le roi Houno avait fait évacuer sa ville juste avant sa destruction. Alors qu'en représailles la flotte aérienne de Nour s'approche d'Illa, Xié envoie des obus volants à sa rencontre. Profitant de l'enthousiasme des Illiens qui assistent à l'échec de l'offensive nourienne, Rair annonce publiquement l'amélioration de son invention permettant de rallonger la vie d'un siècle grâce aux futurs prisonniers de guerre, et son souhait d'étendre le conflit aux cités voisines d'Aslur et Kisor. Alors qu'Illa s'endort dans l'allégresse, des cris et la panique gagnent les rues de la ville.
Attaquant par surprise depuis le sous-sol, les Nouriens diffusent des gaz asphyxiants dans les maisons. Déboussolé par la disparition de sa fille et après avoir réchappé de peu à l'explosion d'une torpille terrestre, Xié prend la direction des travaux d'excavation pour dénicher les Nouriens.
Face aux Illiens paniqués qui cherchent à se réfugier dans la Grande Pyramide, Rair envoie les hommes-singes abattre ses concitoyens, accentuant ainsi l'affolement et l'épouvante. Xié intervient pour neutraliser le dictateur et prend conséquemment le commandement de la cité. Grâce à son sang-froid, il parvient à décimer la flotte aérienne nourienne en utilisant des vibrations radio-actives. Il ne peut savourer cependant sa victoire, car il est aussitôt maîtrisé par des hommes-singes qui rétablissent Rair au pouvoir. Xié est alors condamné pour tentative d'assassinat sur la personne de Rair et envoyé dans les mines pour travailler aux côtés des hommes-singes.
Deuxième partie : Les mines Tandis que Xié est torturé puis envoyé dans les mines d'extraction de métal-par-excellence, Rair obtient la reddition complète des Nouriens, contraints de livrer des prisonniers de guerre pour alimenter les machines à sang.
Alors qu'il se résigne à sa nouvelle vie de labeur et de violence, Xié parvient néanmoins à s'attacher l'amitié d'un homme-singe du nom de Ouh. Celui-ci lui apprend le langage secret des esclaves et lui donne des astuces pour survivre. Pourvu d'alliés, il entreprend alors de préparer son évasion. Pour cela, l'ancien chef des armées parvient à inciter trois mille hommes-singes à se révolter. C'est donc au prix de nombreux morts que les insurgés prennent le contrôle de la mine.
Après en avoir pris le contrôle, les insurgés parviennent à sortir par le puits d'accès aux mines. Massacrant tout humain sur leur passage, dont les miliciens et les ingénieurs illiens responsables des machines à sang, Xié et seulement une dizaine d'hommes-singes gagnent la surface de la ville.
Lors de sa fuite, Xié rencontre Limm et l'assassine. Il s'empare alors de la plaque d'identification de l'espion et de son arme pour passer les contrôles. Au prétexte d'une inspection à effectuer, il prend la fuite à bord d'un aérion et quitte Illa en direction de Nour. Après avoir posé son engin volant, il poursuit à pied et se fait attaquer par un individu. Neutralisant facilement ce dernier, il découvre, abasourdi, qu'il s'agit de son ami Fangar, qui avait réussi à s'enfuir pour venir se cacher dans cette région nourienne. Agonisant, celui-ci lui raconte juste avant de mourir que Silmée et Toupahou sont encore en vie, cachés chez les Nouriens.