Le calendrier des anciens Basques est très spécifique car le mois était organisé selon les phases de la lune, et non selon une semaine fixe de sept jours. Chaque mois de 29 ou 30 jours était divisé en quatre périodes, chacune de sept ou huit jours. Les noms des jours reflétaient la lune, la nature et le travail agricole, plutôt que des numéros fixes. Ce calendrier luni-solaire servait à synchroniser les activités humaines avec les saisons.

Description Les mois de l'année, comme dans le reste du monde, suivaient le cycle de la lune, avec un treizième mois intercalaire.. Chaque mois commençant ou finissant à la pleine lune, avec des variations dialectales dans les noms des mois.

En basque, « jour » se dit egun et « nuit » se dit gau. Mais egun ne désigne pas une journée de 24 heures comme chez nous ; il signifie plutôt « lumière du jour ». On retrouve cette idée dans des mots dérivés comme eguantz (« aurore »), eguarte (« matin ou après-midi ») et eguzki (« soleil »). Le petit -n à la fin de certains mots est souvent ajouté pour des raisons grammaticales et apparaît dans des mots comme eguerri, eguberri (« Noël ») ou yoan, egin, erran. L'ancienne semaine basque avait trois jours ouvrés : astelehen (premier jour, lundi), astearte (jour du milieu, mardi) et asteazken (dernier jour, mercredi). Il est peu clair, mais logique du point de vue du découpage du mois lunaire de en sous-unités, si cette « semaine » était suivie d'un « jour du seigneur », ortzegun (jeudi, calque du latin Jovis dies ou jour d'Urtzi, « dieu du Ciel »).

La lumière artificielle se dit argi, et ce mot se retrouve dans des termes comme argidiri ou argialde pour parler de l'aurore, ou dans des noms de la lune comme ilargi (« clair de lune »). Le radical il ou hil évoque l'idée de disparaître ou de s'éteindre, ce qui se retrouve dans des mots comme ilhabethe (« mois »). La lune en basque est donc associée à la notion de mois, car le calendrier basque était lunaire, chaque mois commençant ou finissant à la pleine lune. De nombreux mots liés au soleil, à la lune et à la lumière reflètent ces liens entre le temps, la lumière et le cycle lunaire.

Chez les Basques, le calendrier était basé sur la lune, et non sur un système de semaine fixe de sept jours comme le nôtre. Les mois duraient généralement 29 ou 30 jours, et parfois un treizième mois intercalaire était ajouté pour ajuster l'année aux saisons et rester en accord avec le soleil. Chaque mois commençait ou se terminait à la pleine lune, et il était divisé en quatre périodes de sept ou huit jours, correspondant aux phases lunaires. Ce découpage en « quarts de lune » se reflète dans le nom du samedi, larunbat ou lauren bat, qui signifie littéralement « un quart » et désignait le dernier jour d'un quart de lune. Ainsi, le mois était structuré par les cycles naturels de la lune plutôt que par des semaines strictement fixes.

Les noms des jours montrent à la fois cette organisation lunaire et les activités humaines ou observations naturelles. Par exemple : astelehen (« lundi ») signifie « premier du commencement » astearte (« mardi ») signifie « milieu du commencement » asteazken (« mercredi ») signifie « dernier du commencement »

Ces noms reflètent la division du mois en périodes importantes selon la lune. D'autres noms comme eguazken, egubakoitz ou azkenegun désignaient des jours particuliers ou « isolés », tandis que igandea (« dimanche ») symbolisait l'agrandissement ou la croissance, possiblement lié au premier quartier de la lune. Certains noms étaient liés à la vie quotidienne ou aux phénomènes naturels, par exemple neskanegun était « jour des filles » et ortzegun le « jour du tonnerre ».

La langue basque montre que le temps était fortement lié à la lumière et aux cycles naturels. Le mot egun désigne la lumière du jour et non un jour de 24 heures, tandis que gau signifie la nuit. Le soleil se dit eguzki et la lune ilargi, et de nombreux mots dérivés relient directement le temps, la lumière et la lune, comme eguantz (« aurore ») ou eguarte (« matin ou après-midi »). Le radical il ou hil évoque la disparition ou l'extinction, et apparaît dans des mots comme ilhabethe (« mois »). Le suffixe grammatical « -n » est présent dans des mots comme eguerri, eguberri (« Noël »), ou dans des verbes tels que yoan, egin, erran, ce qui montre comment la langue structuraient le temps et les phénomènes naturels.

Le calendrier basque était donc luni-solaire : il suivait la lune pour le découpage des mois et des semaines, mais restait aligné avec le soleil pour marquer les saisons. L'année commençait à la pleine lune de l'équinoxe d'automne, et les Basques pouvaient ajouter un mois supplémentaire pour que les saisons restent synchronisées avec l'année solaire. Chaque mois et chaque jour avait donc un rôle concret : organiser l'agriculture, l'élevage, les récoltes, les semailles, et aussi déterminer les réunions communautaires ou festivités.

En résumé, ce calendrier était pratique et profondément lié à la nature. Chaque nom de jour et de mois racontait une histoire sur la lune, la lumière, la terre, les plantes et le travail humain, et non simplement sur le passage du temps, comme le font les calendriers modernes. Cette organisation montrait comment les Basques observaient attentivement la nature et adaptaient leur vie quotidienne aux cycles naturels, créant un système à la fois rigoureux et vivant, intégré à leur environnement et à leur culture.

Calendrier basque lunaire : exemple d'un mois Le mois basque était divisé en quatre périodes de 7 ou 8 jours, correspondant aux phases de la lune. Chaque jour avait un nom spécifique reflétant la nature, les activités humaines ou la position dans le mois.

Quart de lune Nom du jour Signification Commentaire Premier quart astelehen Premier du commencement Premier jour de la première période Premier quart astearte Milieu du commencement Deuxième jour du premier quart Premier quart asteazken Dernier du commencement Troisième jour du premier quart Deuxième quart ortzegun Jour du tonnerre Observation des phénomènes naturels Deuxième quart ortzirale Jour suivant le tonnerre Suite de l'observation météorologique Troisième quart egubakoitz Jour isolé ou particulier Souvent utilisé pour ajuster le mois Troisième quart azkenegun Dernier jour du mois Clôture du quart ou du mois Quatrième quart larunbat Un quart Dernier jour d'un quart de lune Quatrième quart igandea Agrandissement ou croissance Dimanche, lié au premier quartier de la lune Quatrième quart neskanegun Jour des filles Activité sociale ou observation communautaire

Le mois supplémentaire iraila Le mot basque iraila vient du radical ira, qui signifie « passage » ou « transition ». On retrouve ce radical dans des mots comme irabazi (« gagner »), iragan (« passer ») ou irauli (« renverser »). Le nom iraila signifie donc « mois de passage » ou « mois supplémentaire ». Il s'agissait d'un treizième mois que les Basques ajoutaient de temps en temps à leur année pour que le calendrier lunaire reste aligné avec les saisons.

Par exemple, si une année lunaire commençait à l'équinoxe d'automne, les pleines lunes suivantes donnaient douze mois de 29 ou 30 jours, totalisant 354 jours. L'année suivante commencerait donc avec un décalage de 11 jours par rapport à l'année solaire, et ce décalage pouvait atteindre 33 ou 34 jours en trois ans. Sans correction, le premier mois de l'année tombait à différentes périodes de l'année, comme le premier mois musulman qui peut tomber à n'importe quel moment de notre calendrier.

Pour résoudre ce problème, certains peuples, comme les Grecs ou les Hébreux, ajoutaient un mois supplémentaire à certaines années fixes. Les Basques devaient utiliser un système similaire. Les noms de leurs mois étaient liés à des phénomènes météorologiques ou à des habitudes agricoles et correspondaient seulement à une partie de nos mois actuels. Par exemple, belzilla ne concernait que décembre ou janvier. Le mois supplémentaire iraila se plaçait probablement avant le dernier mois de l'année.

Une autre particularité du calendrier basque est que l'année commençait à la pleine lune, et non à la nouvelle lune comme chez les Grecs ou les Hébreux. Le début de l'année était une fête importante. Les Basques appelaient ce jour « jour nouveau » eguberri, un nom encore utilisé pour Noël. Quand ils sont devenus chrétiens et ont adopté le calendrier latin, le mot eguberri a fini par désigner Noël, et un nouveau mot, urtharila, a été créé pour le début de l'année. Les anciens noms de janvier comme urthatsila ou urtarilla viennent donc d'une période relativement récente.

Les mois en basque Les noms des mois basques sont un mélange de mois latins (non traduits dans la liste ci-dessous) et proprement basques : Janvier Urtarril, janvier, « mois du commencement de l'année ». Dans les différents dialectes : urtharila, urtarilla, urtarrilla, urthatsila, illbeltza, ilbeltza (le « mois noir » ou « mois des ténèbres », du basque beltz « noir » ; utilisé pour désigner la période sombre de l'année), belltzila (variante dialectale apparentée à beltzila, mettant l'accent sur l'obscurité hivernale), urteilla et urteberrilla (formes composées autour de urte « année » et berri « nouveau », signifiant « nouveau mois de l'année »).

Chez les Basques, janvier n'est pas vécu comme une fête du renouveau visible mais comme un temps obscur et intérieur, au cœur de l'hiver, ce que révèlent des appellations comme ilbeltza ou illbeltza (« mois noir »), qui expriment à la fois la dureté de la saison, le repli sur la maison et l'idée d'une période à traverser plutôt qu'à célébrer. En même temps, à travers des noms comme urtarril, urteilla ou urteberrilla, construits sur urte (« année »), janvier marque l'existence déjà posée de la nouvelle année, non pas comme une renaissance immédiate, mais comme une gestation silencieuse du temps, un commencement encore invisible qui attend le retour de la lumière et de la vie au fil des mois suivants.

Février Otsail, février, « mois du loup ». Dans les différents dialectes : otsaila, otsailla, barandaila (le « mois de l'affût, de l'attente » – possible lien avec l'ancien nom lié à l'activité de chasse ou à l'attente des événements saisonniers), barantaila (forme liée possiblement à Parentalia, fêtes romaines de février), zezeila (« mois du taureau » — associé à l'observation d'animaux durant cette période).

Février chez les Basques est un mois marqué par la vigilance et la prédation, symbolisé par le loup (otso) et l'idée de l'affût, représentant une période où les Basques étaient particulièrement attentifs aux événements naturels comme la chasse et aux signes de l'arrivée du printemps. Des formes comme zezeila, « mois du taureau », et la possible influence de barantaila, lié aux Parentalia romaines, soulignent cette attention portée à la nature et aux animaux dans ce mois de transition.

Mars Martxo, mars. Dans les différents dialectes : martchou / marti (« forme dialectale liée à l'origine romaine Martius »), ephaila / epailla (« mois de la taille/coupe des branches», lié au verbe basque ebaki « couper »), ostaroa (« saison calme de croissance, mois du repos »).

Le mois de mars chez les Basques est riche en significations. Des formes comme martchou ou marti évoquent clairement l'héritage romain du mois de Mars (Martius). En parallèle, des appellations comme ephaila ou epailla, liées à l'activité de couper les branches (ebaki), et ostaroa, désignant une saison calme de croissance, montrent la transition vers le printemps, entre repos et préparation au renouveau végétal.

Avril Apiril, avril. Dans les différents dialectes : aphirila / apirilla (formes altérées localement), gorraila (« mois du sarclage/arraisonnement », lié à l'entretien des cultures), jorrailla (« mois de la bêche / du travail du sol », du basque jorrai « bêche »).