La Maison dans laquelle (), paru en 2009, est un roman de l'auteure arménienne russophone Mariam Petrosyan.
Thématiques La Maison dans laquelle (en russe : Дом, в котором...), dépeint un étrange internat pour enfants et adolescents un peu spéciaux, qui vont vivre des aventures épiques, jusqu'à leurs dix-huit ans, l'âge de leur sortie. Là, ils seront confrontés à l’épreuve la plus douloureuse : retourner dans le monde et mettre fin à ces vies extraordinaires qu’ils se sont bâties.
Cette perspective les terrorise.
Dans ce roman, le thème de l'adolescence est central pour Mariam Petrosyan car, comme elle l'explique dans le journal espagnol La Vanguardia :
Le récit se concentre sur une dizaine de personnages. Parmi d’autres roulants (en fauteuil roulant), Fumeur est un des principaux narrateurs, dans la mesure où plus que d'autres il transite entre groupes et Sépulcre. Roux porte corset. Chacal Tabaqui est roulant et porte lunettes. Lord porte béquilles. Sauterelle est un sans bras au départ, puis pourvu de prothèses, mais toujours dépendant d'autrui pour de nombreux gestes quotidiens. Sphinx est sans bras et chauve. Chacun promène son monde mental - rêveries, obsessions, fantômes, cauchemars, jeux (regard brumeux, ouïe brumeuse, souvenir brumeux, inventions, collections, inscriptions...), mais chacun n'existe guère qu'en groupe, restreint ou élargi, le plus souvent en chambrée, mais aussi en clubs ou cercles (cuisiniers, poètes, culturistes, joueurs de cartes, astrologues, usuriers, sauteurs, tombants...). À un moment, une nouvelle Loi est établie, permettant d'inviter n'importe qui en chambrée, garçon ou fille, sous réserve de l'accord de la chambrée.
Tout se passe dans une Maison Grise, avec caves, greniers, étages, couloirs, chambres, croisements, réfectoire, «cafetière», salles d'eau, salles de soins, annexes. Et, pour ceux qui cherchent à tout savoir, ses Envers. Aussi, rares sont ceux qui en ont exploré les archives (depuis 1870). Tous parias, certains se revendiquent crevards pestiférés. « La Maison exige une forme d'attachement mêlé d'inquiétude » (p. 693). « Dans la Maison, le temps ne s'écoulait pas comme à l'Extérieur » (p. 918). À part de rarissimes tentatives d'évasion (parmi la centaine de pensionnaires), la communauté cherche à sanctuariser le territoire, par exemple en peignant les vitres donnant sur la rue. Les seules issues envisagées de cet «internat pour enfants handicapés», à 18 ans ou avant, semblent être la vie civile, l'asile, la morgue.
Personnages Seuls leurs surnoms importent : Enfants Groupe 1, Les Faisans : Djinn, Arghoul, Nif, Naf, Nouf, Brioche, Tap, Pie, Baleine, Snif, Pisseur, Morveux, Glouglou, Caquet, Groupe 2, Les Rats : Roux, Salomon, Mèche, Don, Viking, Macchab, Zèbre, Microbe, Macaque, Hybride, Ventre Blanc, Porc-épic, Rigolard, Miette, Moustique, Verdure, Feignasse, Groupe 3, Les Oiseaux : Vautour, Démon, Chérubin, Dodo, Cheval, Papillon, Cher Ami, Guppy, Bulle, Beauté, Éléphant, Crochet, Ficus, Buisson, Max, Rex, Bouboule, Pleurnichard, Sportif, Casse-Pieds, Gorbatchev, Groupe 4 : L’Aveugle, Sphinx, Chacal Tabaqui, Noiraud, Bossu, Lord, Larry, Le Macédonien, Gros Lard, Fumeur, Groupe 5 : ? Groupe 6, Les Chiens : Pompée, Laurier, Guenon, Babillard, Valet, Grand-duc, Tuk-Tuk, Gnome, Limace, Triton, Lapin, Étourdi, Trafic, Crochet, Poilu, Pustule, Loir, Pedigree, Crâne, Phare, Chauve-souris, Taré, Morse, hors groupes constitués : Sauterelle, Magicien, Rousse, Loup, Mort, Chenu, Maure, Clou, Beauté, Blanc, Cheval, Crabe, Snif, Laurier, Macchab, Échidné... anciens : Sanglier, Peuplier, Saure, Léopard (dessinateur/peintre), quelques filles : Sorcière, Rousse, Mouche, Aiguille, Sirène, Gaby La Longue, Rate, Bédouine, Typhus, Femme à Chats, Pacotille, Chimère... Adultes Requin, directeur de l'établissement, (et Le Vieux), Jan, Janus, médecin, au Sépulcre, des Araignées, hommes ou femmes, personnel médical sans doute, des infirmières, dont Agatha, et des aides-soignant(e)s, des professeurs anonymes, sauf Mastodonte, grâce à la Loi d'« intangibilité des professeurs et des éducateurs », des éducateurs, dont Écharde, Élan, Ralf le Noir, Shérif, Saurien ; et des éducatrices (dont Marraine, Petit Cœur, Brebis), des Futons, hommes à tout faire et/ou gardiens, dont Homère : et des Volantes (dont Rate), des anciens, dont Mère Anna (à l'époque de l’Hospice pour orphelins abandonnés), sœurs Maria et Ursula...
Table des matières Préface : Un roman-maison (de Tristan Garcia) Livre premier : Fumeur Livre deuxième : Journal de Chacal Livre troisième : Les nids vides Épilogues
Traductions Le livre a été traduit en plusieurs langues : français : La Maison dans laquelle, Monsieur Toussaint Louverture, Bordeaux, 2016, , . Réédition poche, même éditeur, 2020, . Réédition en trois volumes, même éditeur, 2025, , 304/304/344 pages ; espagnol (La casa de los otros, 2015) ; polonais (Dom, w którym..., 2013) ; hongrois (Abban a házban, 2012) ; italien (La casa del tempo sospeso, 2011) ; danois (à paraître) ; macédonien (à paraître) ; letton (à paraître) ; anglais (The Gray House, 2017).
Accueil Le lectorat francophone est très favorable...., et fait appel aussi bien à Tim Burton qu'à William Golding.
Côté russe, les références vont plutôt au réalisateur Vitali Kanevski (Bouge pas, meurs, ressuscite (1990), Une vie indépendante (1992), Nous, les enfants du XX siècle (1994). Il s'agit de regroupement d'enfants dans une structure éducative fermée, à la manière d'un Institut médico-éducatif (IMP), Institut médico-professionnel (SIFP) ou Institut thérapeutique, éducatif et pédagogique (ITEP), dans la mesure où ce sont tous des enfants, de 10 à 18 ans, rafistolés, éclopés, un zoo de monstres, malades et parfois mourants, dans un monde post-soviétique ou simplement contemporain, où l'on écoute Carlos Santana, Led Zeppelin, Iggy Pop, Yngwie Malmsteen.
Récompenses et distinctions
Le livre a été publié en 2009, et devint immédiatement un best-seller. Il fut nommé et lauréat de plusieurs prix : 2009 : Big Book Russian National Literary 2010 : Russian Student Booker Award 2010 : Russian Literary Award du meilleur roman 2010 : nommé pour le NazBest Literary Award 2010 : nommé pour le prix Booker russe 2016 : meilleur livre de l'année du magazine Lire : catégorie Fantastique
Références
Annexes Articles connexes Littérature russe Le Chemin de la vie (1931), film de Nikolaï Ekk sur l'encadrement d'enfants-orphelins selon la méthode d'Anton Makarenko
Liens externes
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