James Riddle Hoffa dit Jimmy Hoffa, né le à Brazil dans l'Indiana et disparu le à Bloomfield Township dans le Michigan (déclaré officiellement mort le ), est un dirigeant syndicaliste américain, connu pour ses liens avec la mafia et figurant sur la liste des principaux suspects d'avoir été commanditaires de l’assassinat de John F. Kennedy. Il disparaît mystérieusement le .

Biographie

Jeunesse et famille Son père John Hoffa (d'ascendance allemande originaire de Pennsylvanie ou Pennsylvania Dutch. "Hoffa's father was a coal miner and of Pennsylvania Dutch (German) lineage.") qui travaillait dans les mines de charbon, meurt en 1920 et Jimmy Hoffa est alors élevé par sa mère Viola Riddle Hoffa. (d'ascendance irlandaise.). En 1924, la famille déménage à Détroit ; sa mère y travaille dans une usine automobile pour subvenir aux besoins de la famille. Jimmy Hoffa demeure à Detroit jusqu'à la fin de sa vie. À 15 ans, il arrête ses études pour travailler afin d'aider sa famille. À 17 ans, il est manutentionnaire, déchargeant des wagons de marchandises pour un salaire de misère, ce qui l'incite à mener sa première grève surprise pour prendre la défense des ouvriers..

Il attire l'attention des Teamsters (syndicat des conducteurs routiers américains) qui l'embauchent dans leur section de Détroit comme « organisateur », c'est-à-dire recruteur..

Leader charismatique, préférant les grèves éclair, les boycottages, les actions courtes, rapides, imprévisibles, il n’annonce pas à l’avance ses coups. De même, les négociations sont souvent menées de manière très violente.

Le à Bowling Green (Ohio), il épouse Josephine Poszywak, blanchisseuse d'origine polonaise de 18 ans ; il a fait sa connaissance lors d'une grève des blanchisseuses cinq ans plus tôt.. Le couple a deux enfants : une fille, Barbara Ann Crancer, et un fils, James.

En 1939, les Hoffa achètent pour une modeste maison du nord-ouest de Détroit. Plus tard, le couple achète un chalet au bord d'un lac à , au nord de Detroit. Son frère et un ami proche sont tués par des briseurs de grève engagés par le patronat.

Syndicalisme, commission McClellan et mafia Jimmy Hoffa grimpe rapidement la hiérarchie du syndicat des conducteurs routiers américains, alors le plus riche du monde avec une caisse évaluée à 3 milliards de dollars. Il devient son président en 1957 grâce au soutien actif de la mafia. ce qui attire l'attention du gouvernement fédéral qui depuis le conseil de la mafia d'Apalachin de la même année prend au sérieux l'existence du crime organisé.

La même année, il est placé sous le feu des projecteurs de l'opinion publique par l'action de la commission McClellan qui s'intéresse alors de très près à l'activité de la mafia dans les syndicats et qui a fait emprisonner son prédécesseur pour parjure. Le combat principal était mené par le jeune frère du sénateur John F. Kennedy, Robert Kennedy. Les deux hommes échangèrent des invectives au cours d'un interrogatoire public :

Robert Kennedy :

Hoffa :

Une véritable antipathie se développe alors entre les deux hommes.

Il n'est pas poursuivi mais inculpé de détention de documents illégaux, car la Commission n'a pas pu prouver que le syndicat des Teamsters entretenait des liens avec la mafia. La Commission estima que la concentration des pouvoirs entre les mains du seul président des Teamsters était une menace pour le fonctionnement non seulement du syndicat lui-même mais également de la démocratie.. Robert F. Kennedy vécut cette décision comme une défaite.

Il participe au blanchiment d'argent de l'Outfit de Chicago (famille mafieuse de Chicago dirigée par Sam Giancana), à travers un système complexe utilisant l'argent de la caisse de retraite des Teamsters, souvent investi à Las Vegas mais également pour blanchir l'argent issu des trafics de l'organisation criminelle. Il s'associe parfois au patronat, leur procurant des chauffeurs « occasionnels » peu payés et ne bénéficiant pas d'avantages sociaux (retraites, assurances maladie) pour leur permettre de ne pas enrôler de chauffeurs à temps complet. Certains responsables de sections syndicales sont eux-mêmes chefs d'entreprise.

Face à l'offensive anti-mafia de Robert Kennedy Il devient, notamment du fait de ses liens avec la mafia, une des principales cibles de Robert F. Kennedy, devenu entre-temps ministre de la Justice du gouvernement de son frère, le président John F. Kennedy élu en Novembre 1960 face à Richard Nixon.

Jimmy Hoffa, conscient que son ennemi personnel a désormais les moyens de mener à terme son objectif d'empêcher les malversations du syndicat des Teamsters déclara à ce sujet : .

En effet, Robert F. Kennedy constate le peu d'empressement du FBI de J. Edgar Hoover à lutter contre la mafia, dont il avait contesté jusqu'à l'existence dans un premier temps. Il entre alors en opposition directe avec le FBIIl est également révélé, à la fin des années 1970, que le directeur du F.B.I entretenait des relations avec le groupe du parrain Meyer Lansky. Il fut envisagé de débaptiser le quartier général du FBI le Hoover Building à Washington à la suite de ses révélations. et renforce la section criminelle du département de la Justice en quadruplant son budget ce qui déboucha sur l'inculpation de plusieurs centaines de dirigeants du syndicat des camionneurs et sur l'inculpation directe de Jimmy Hoffa pour fraude fiscale, détournement de fonds et subornation de témoins. Il obtient également la coopération secrète du président du syndicat des Teamsters de l'État de Louisiane, Edward Partin. Ces témoignages permettent l'inculpation de Jimmy Hoffa. Ce dernier voit l'étau de la justice se resserrer avec un premier procès en Floride en , puis un second à Nashville en .

Par la suite, l'opération anti-mafia est étendue par le nouveau secrétaire à la justice à l'ensemble des organisations criminelles, dirigées alors par des parrains tels que Sam Giancana, John Roselli, Carlos Marcello ou encore Santo Trafficante malgré l'action préventive de son père, Joe Kennedy, qui avait recouru à leurs services pour faire élire son fils à la magistrature suprême des États-Unis. Dans son ouvrage paru en , Robert Kennedy déclare d'ailleurs : .

Pour contrer cette menace grandissante, Jimmy Hoffa cherche le moyen de faire pression sur les frères Kennedy en espionnant leurs vies privées afin de pouvoir proposer un marché : l'arrêt des poursuites contre le silence sur leurs aventures extra-conjugales. La villa de l'acteur Peter Lawford, beau-frère de la famille Kennedy, tout comme celle de la star Marilyn Monroe, sont placées sous étroite surveillance électronique afin de recueillir des preuves des écarts de conduite des deux frères. La mort de Monroe le , dans des circonstances non éclaircies, et la surveillance du FBI interrompirent le projet du président des Teamsters.

Implication supposée dans l'assassinat de John F. Kennedy

Edward Partin, soumis au détecteur de mensonges du F.B.I, déclara également que le président des Teamsters avait à de nombreuses reprises fait mention d'éliminer Robert F. Kennedy soit par arme à feu dans les États du sud des États-Unis soit en piégeant sa résidence à l'explosif.

Or en parallèle, au début de l'année , face à la pression constante et grandissante du ministère de la justice, et donc du F.B.I, qui était allée crescendo depuis notamment avec une surveillance électronique renforcée et plus de 2 000 poursuites pour fraude fiscale menées par l'Internal Revenue Service (IRS), le fisc américain, l'ensemble des organisations criminelles, qui avaient contribué à leur élection en 1960, réclamèrent l'élimination des Kennedy. Jimmy Hoffa tout comme Carlos Marcello, le parrain de La Nouvelle-Orléans, firent pression sur Sam Giancana, le parrain des parrains, afin de trouver une solution pour mettre fin définitivement à l'offensive du ministère de la Justice de Robert F. Kennedy.

Dans son livre , l'avocat Frank Ragano témoigne qu'au début des années 1960, Sam Giancana, Santos Trafficante, Carlos Marcello et Jimmy Hoffa étaient impliqués dans la préparation de l'assassinat de John F. Kennedy et qu'il avait servi de messager entre eux tout au long de l'année .

À la suite de la disparition du président Kennedy, Hoffa déclare : , soit ..

Peu de temps avant sa disparition, il a également déclaré au sujet du procureur indépendant de la Nouvelle Orléans, Jim Garrison qui entreprit une enquête sur l'assassinat de John F. Kennedy à partir de 1967 et débouchant sur l'hypothèse d'une collusion entre le crime organisé, la sphère des anticastristes et des éléments de la sphère du renseignement : soit .

Inculpation, emprisonnement et libération Après l'assassinat de John F. Kennedy le et à la suite du procès à Nashville en , il est accusé d’avoir tenté d’acheter les membres du jury. Il est condamné à huit ans de prison et à une amende de . La même année, il est reconnu coupable et condamné à cinq ans de prison à Chicago pour fraudes et conspiration. Ayant épuisé tous les appels, il est envoyé le au pénitencier fédéral de Lewisburg en Pennsylvanie pour purger ses deux peines consécutives..

De sa cellule, il continue à assumer la présidence des Teamsters et à agir en coulisse. En , le président Richard Nixon, soutenu financièrement pendant ses campagnes électorales de 1960 et 1968 par les Teamsters, et qui cherche le soutien des Teamsters pour sa réélection de 1972, le gracie au bout de quatre ans de détention sur les seize années prévues à l'origine, et ce contre l'avis du ministère de la Justice et à condition qu'il ne participe pas à des actions syndicales durant dix ans, soit jusqu'en ..

Cependant à partir de l'année , il projette à nouveau de reprendre la direction du syndicat des Teamsters afin de reprendre le contrôle des finances du syndicat. Ce retour se fait néanmoins contre l'organisation criminelle qui préfère garder une présidence souple afin de pouvoir puiser librement dans les caisses du syndicat.

Disparition et probable assassinat Il disparaît mystérieusement le , à l'âge de 62 ans, à Bloomfield Township dans le comté d'Oakland (Michigan). Il est notamment aperçu brièvement pour la dernière fois sur le parking du restaurant Machus Red Fox.. où il avait rendez-vous avec le mafieux Anthony « Tony Jack » Giacalone.

On suppose qu'il est mort, peut-être assassiné par la mafia qui voyait d'un mauvais œil sa volonté de reprendre en main le syndicat.. Selon l'auteur américain dans son livre The Ice Man: Confessions of a Mafia Contract Killer qui est un recueil de ses entretiens avec le tueur à gages Richard Kuklinski, ce dernier aurait largement participé à la mort de Jimmy Hoffa et à la disparition de son corps. Il reprend la rumeur et dit qu'il aurait été enfermé dans un tonneau, mis dans le coffre d'une Toyota puis passé dans un broyeur avec d'autres véhicules et enfin expédié au bout du monde. Mais il n'en existe pas de preuve matérielle.

Frank Sheeran, un tueur à gages de la mafia, a confessé peu de temps avant de mourir à son biographe Charles Brandt dans un livre I heard you paint houses qu'il aurait le jour de sa disparition assassiné lui-même Jimmy Hoffa sur ordre de Russell Bufalino, un chef mafieux. Son corps aurait été clandestinement incinéré dans un crématoire. La mafia l'aurait fait assassiner parce que Jimmy Hoffa menaçait de révéler au grand jour les liens étroits qu'il entretenait avec l'organisation criminelle et qu'il songeait à redevenir le président des Teamsters Frank Sheeran tueur à gages assassin de Jimmy Hoffa.

Le , sept ans jour pour jour après sa disparition, Jimmy Hoffa est déclaré légalement mort.

En , son fils James devient président de l'.