Le manoir de Mézarnou est un édifice du sur l'emplacement d'une bâtisse féodale plus ancienne. Le manoir est situé sur la commune de Plounéventer, dans le département du Finistère, en Bretagne.
Localisation Le manoir de Mézarnou est situé à l'entrée de Plounéventer, un peu en retrait de la route.
Historique
Le pillage de 1594 et l'enlèvement de Marie Le Chevoir en 1595 Le manoir de Mézarnou, entouré de douves, était au coeur d'un vaste domaine qui couvrait à l'origine 17 ha et était entouré d'un mur d'enceinte
Le , pendant les guerres de la Ligue, le seigneur de Mézarnou, Hervé de Parcevaux, reçoit à souper Yves du Liscouët au manoir de Mézarnou, pensant trouver un allié pour plaider sa cause et rallier le roi de France , il est trahi par celui-ci. Alors que son hôte, Hervé de Parcevaux, cousin d'Yves du Liscouët, le reçoit à souper, ce dernier tue deux domestiques et viole, avec ses hommes, les femmes présentesArthur Le Moyne de La Borderie, Le Pillage du château de Mézarnou en 1594, suivi de la requête d'Hervé Parcevaux, seigneur de Mézarnou], 1860..
Hervé de Parcevaux, sorti des prisons de Brest, dut remeubler sa maison au détriment de ses autres manoirs de La Pallue, Tihaudy et Kerascouet. Le château de Mézarnou avait à peine eut le temps de se relever de sa ruine qu'il reçut l'année suivante en juillet ou une visite de Guy Éder de La Fontenelle. vignette|redresse|J. Baudry, Manoir de Mézarnou : la grande cheminée (1905). Louis-Guillaume Moreau restitue :
vignette|redresse|Le manoir de Mézarnou vers 1900. Le , après avoir retenu Hervé de Parcevaux dans son manoir, il décide de l'envoyer en prison à Brest où il restera deux semaines et ne sera libéré qu'après avoir versé une rançon de et dut remeubler son manoir en prenant du mobilier dans ses autres manoirs de la Paluë, Thihaudy et Karascoët. vignette|redresse|J. Baudry, L'Escalier du manoir de Mézarnou (1905). Le manoir de Mézarnou, entouré de douves, était au cœur d'un vaste domaine qui couvrait à l'origine et était entouré d'un mur d'enceinte, fut pillé le par Yves du Liscouët pendant les guerres de la Ligue alors que son hôte, Hervé de Percevaux, et cousin d'Yves du Liscouët, le recevait à souper, tuant deux domestiques et violant, avec ses hommes, les femmes présentesArthur de La Borderie, Le Pillage du château de Mézarnou en 1594. [Signé : A. de La Borderie. Suivi de la requête de Hervé Percevaux, seigneur de Mézarnou.], 1860.. Alain de Parcevaux, qui s'était , désirait se ranger désormais sous la bannière royale d'Henri IV et comptait pour cela sur la médiation d'Yves du LiscouëtJean Lorédan, « La Fontenelle, seigneur de la Ligue », La Nouvelle Revue, (en lige sur Gallica). ; au lieu de cela, ce dernier le trahit en l'arrêtant, l'envoie en prison à Brest pendant deux semaines et il ne fut libéré qu'après le versement d'une forte rançon de .
Guy Éder de La Fontenelle, trompant la confiance de son hôte, enleva par surprise Marie Le Chevoir, riche héritière, et fille d'un premier mariage de Renée de Coëtlogon, seconde épouse d'Hervé de Parcevaux, alors âgée de selon les sourcesJean Lorédan, « La Fontenelle, seigneur de la Ligue », La Nouvelle Revue, (en ligne sur Gallica)., qu'il emmena peut-être dans un couvent d'Ursulines à Saint-MaloLe fait est contesté. avant de l'épouser quelque temps plus tard, malgré son jeune âge bien avant ses dans l'île TristanLouis-Guillaume Moreau, Le Brigand de la Cornouailles, chronique bretonne sous la Ligue, 1860 (en ligne sur Gallica)..
Une gwerz, dont plusieurs versions différentesJ. Baudry, La Fontenelle le ligueur et le brigandage en Basse-Bretagne pendant la Ligue : 1574-1602, 1920 (en ligne sur Gallica). existent d'ailleurs, dont certaines collectées par François-Marie Luzel, fait allusion à ces évènementsFrançois-Marie Luzel, Chants populaires de la Basse-Bretagne, de Kerdradraon et de la Villeneuve (en ligne sur Gallica).. Toutefois, un document datant de 1619Archives départementales des Côtes d’Armor, 53 J 11., prétend que ce sont Hervé de Parcevaux et Renée de Coëtlogon qui , sans préciser si c'était par contrainte ou par nécessitéinfobretagne.com.. Guy Éder de La Fontenelle réussit toutefois à se faire aimer de sa jeune épouse.
La paix revenue, Hervé de Parcevaux intenta en 1603 un procès à la veuve d'Yves du Liscouët. Dans sa requête, il exposa toutes les circonstances du pillage et fit monter la valeur de ce qui avait été pris chez lui à la somme de . Ce procès dura longtemps, puisque après, on voit Françoise de Parcevaux, petite fille d'Hervé, s'en occuper encore.
Le même inventaire fournit d'autres précisions :
La paix revenue, Hervé de Parcevaux intenta en 1603 un procès à la veuve d'Yves du Liscouët. Dans sa requête il exposa toutes les circonstances du pillage et fit monter la valeur de ce qui avait été pris chez lui à la somme de . Vingt ans après, Françoise de Parcevaux, petite fille d'Hervé, poursuivait encore la procéduremembres.multimania.fr..
Le manoir fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le ..
Propriétaires de la seigneurie et du manoir La famille de Parcevaux Mézarnou est depuis au moins le le fief de la famille de Parcevaux (leur devise est : ). La première trace dont l'histoire a gardé le souvenir date de 1091, année où Pierre André de Parcevaux épouse Sybille de Trogoff. La famille de Parcevaux reste seigneur de Mézarnou jusqu'à ce que ce fief tombe en quenouille lors du mariage de Françoise de Parcevaux avec René Barbier, du château de Kerjean, en 1630. Parmi les plus connus des membres de la famille de Parcevaux, reconnue d’extraction noble en Bretagne, par arrêté du parcevaux.org., qui furent seigneurs de Mézarnou, on relève : Ollivier de Parcevaux, qui en 1145 fait une fondation à l'abbaye du Relec, confirmée et augmentée ensuite par son fils Jehan de Parcevaux ; son fils, Pierre de Parcevaux, participe en 1250 à la septième croisade en Terre sainte, accompagnant Saint Louis. Il est fait prisonnier lors de la bataille de Mansourah ; son fils, de Parcevaux, fait partie du conseil du duc de Bretagne à Lesneven. Par la suite : de Parcevaux, vivant en 1360, comparaît aux montres de Bertrand du Guesclin à Pontorson, Bourges et Conches en 1371Dom Morice, Preuves, I, col. 1650-1654., ratifie le traité de Guérande en 1381Dom Morice, Preuves, II, col. 277., et est capitaine de Lesneven en 1395 et 1402M. de Kerdanet, Histoire de Lesneven, 1825, . ; son fils, Tanguy de Parcevaux épouse en 1392 Adélice de Kerlouan ; leur fils, Alain de Parcevaux (mort après 1434), est secrétaire du duc de Bretagne et capitaine de Lesneven. Il épouse Isoline de Kerlouan ; leur fils, François de Parcevaux épouse Jeanne de Prat-Hir ; leur fils, Maurice de Parcevaux (mort le ), est sénéchal de Léon en 1469 et épouse Tiphaine Campir le ; leur fils, Yvon de Parcevaux (mort en ), est sénéchal de Léon. Il épouse Marie Kergroannec, puis, en 1507, Jeanne de Kervern. Ils construisent le manoir actuel de Mézarnou, achevé en 1525 ; leur fils [de Marie Kergroannec], Maurice II de Parcevaux (1485-1571), épouse Jeanne de Kerouanec, dame de Prat-Hir. Il est sénéchal de Léon et conseiller au Parlement de Bretagne ; leur fils, Yves de Parcevaux (mort en 1558), seigneur de Prat-Hir et conseiller au Parlement de Bretagne, épouse le Jeanne de Boutteville, dame du Faouët, dont il a deux filles mortes en bas âge ; son frère, Jehan de Parcevaux (mort en ), conseiller au Parlement de Bretagne, qui recueille sa succession, seigneur de Mézarnou, de la Paluë, épouse Françoise de Kerlec'h, dame de Kerascoët ; leur fils, Hervé (prénommé aussi, à tort, Vincent dans de nombreux textesPar exemple Louis-Guillaume Moreau, Le Brigand de la Cornouailles, chronique bretonne sous la Ligue, 1860 (en ligne sur Gallica).) de Parcevaux (v.1560-1616), seigneur de Mézarnou, de la Paluë, de Kerascoët, épouse en secondes noces en 1591 Renée de Coëtlogon (1562-1624), veuve de Lancelot Le Chevoir, originaire de Prat (dans l'actuel département des Côtes-d'Armor) et propriétaire dans cette paroisse du manoir de Coadealanfr.topic-topos.com. ; leur fils, Alain de Parcevaux (v.1591-1617), épouse en 1613 Suzanne de Guémadeuc ; leur fille, Françoise de Parcevaux (morte en 1688), dame d'honneur de la reine Anne d'Autriche, épouse en 1630 messire René Barbier, du château de Kerjean leur fils Joseph René Barbier a une fille, Gabrielle Henriette Barbier, qui épouse en 1689 Alexandre de Coatanscour. Leurs héritiers vendent Mézarnou le au sieur de Poinçonneau et le château est ensuite vendu comme bien national pendant la Révolution française.
Les propriétaires au et Acheté en 1720 par Mathieu Poinconneau, maréchal héréditaire du Laonnais , le manoir est loué en 1745 à Jacques ToullecLe total de ses biens estimé lors de l'inventaire après décès s'élève à dont de toiles et fils (cf. freewebs.com)., issu d'une famille de julod (paysans riches, également marchands de toiles), puis à Yves Abhervé-Guéguen, également un julod, dont les descendants l'achètent en 1806fr.topic-topos.com.. Le manoir passe ensuite par alliance aux mains de la famille Martin, mais se dégrade progressivement dans le courant du : le manoir de Kergréguen est par exemple construit en réutilisant une partie des pierres de la partie sud-est du manoir de Mézarnou. 1806 : famille Abhervé-Guéguen, dont une fille épouse Jean-Marie Martin qui fait passer la demeure à ses enfants pour une partie des terres et des habitations jusqu'en 1985. L'autre partie habitable appartenant à mademoiselle Jaffrès, en religion sœur Marthe, religieuse de Saint-Joseph de l'Apparition de Lyon, est vendue en 1960 à Louis Appéré, qui revend en 1970 à Joseph Le Goff, de Poulmarch. 1995 : partage en trois propriétaires, la Société d'histoire et d'archéologie du Finistère et deux particuliers. 1996 : le nouveau propriétaire restaure le manoir en 2001..
Description Le manoir était à l'origine entouré de hauts et longs murs qui ceignirent un parc de et avant d'être démolis. À proximité du manoir se trouvait un vivier. L'entrée principale donnait sur l'avenue coupant la route de Plouédern en direction du sud-est sur la route de Saint-Servais. À la fin du existaient encore deux pavillons dont la maison du garde sur le côté de la route, près de la Croix de Mézarnou.
Mézarnou possédait un moulin à Penhoat, dont les eaux qui venaient des marais furent détournées pour l'alimenter, ainsi qu'un colombier qui n'existent plus.
À l'origine, le manoir était composé de deux corps de logis en triangle, fermés par des portes cochères. Ces deux corps de logis existent toujours, mais celui construit à l'ouest fut très endommagé et une partie fut démolie au pignon sud. Il se termine par un pavillon hexagonal dont il ne reste que quelques marches d'escalier. Les façades nord et ouest sont en moellons et le reste en pierres de taille. Les cheminées de la cuisine et de la salle-à-manger sont encore existantes. Entre ces deux corps de logis, un pavillon carré accosté d'une tourelle renferme un escalier dont chaque marche d'une seule pierre fait trois mètres de long
Dans la cour d'honneur se trouve une vasque d'une seule pierre de trois mètres de diamètre, avec un jet d'eau qui arrivait de la fontaine de Saint-Néventer.
Le manoir possédait une chapelle qui se trouvait à au sud, dans un pré qui porte aujourd'hui le nom de Park ar Japel. Elle n'existe plus, tout comme le colombier encore debout selon l'acte de vente de 1720.
En 1996, du fastueux manoir du , il ne reste plus qu'une ruine de pierres rongée par le lierre et qui menace de s'écrouler ; la toiture et les planchers sont effondrés depuis plusieurs décennies, le manoir étant inhabité depuis le début des années 1970. Les cuisines du manoir, épargnées par le temps, conservent deux cheminées colossales. Le nouveau propriétaire a entrepris depuis 2001 la restauration du manoir de Mézarnou, désormais classé depuis le par le ministère de la CultureDidier Déniel, Le Télégramme, , ..